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Définition: AVARICE, substantif féminin.

Publié le 01/11/2015

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Définition: AVARICE, substantif féminin. A.— Attachement excessif aux richesses, vice de l'avare. Une avarice sordide (Dictionnaire de l'Académie Française). Synonymes : avidité, ladrerie, lésine, parcimonie, pingrerie, rapacité : Ø 1. L'économie s'éloigne autant de l'avarice que de la prodigalité. L'avarice entasse, non pour consommer, non pour reproduire, mais pour entasser; c'est un instinct, un besoin machinal et honteux. L'économie est fille de la sagesse et d'une raison éclairée; elle sait se refuser le superflu pour se ménager le nécessaire, tandis que l'avare se refuse le nécessaire afin de se procurer le superflu dans un avenir qui n'arrive jamais. On peut porter de l'économie dans une fête somptueuse, et l'économie fournit les moyens de la rendre plus belle encore : l'avarice ne peut se montrer nulle part sans tout gâter. Un personne économe compare ses facultés avec ses besoins présens, avec ses besoins futurs, avec ce qu'exigent d'elle sa famille, ses amis, l'humanité. Un avare n'a point de famille, point d'amis; à peine a-t-il des besoins, et l'humanité n'existe pas pour lui. L'économie ne veut rien consommer en vain; l'avarice ne veut rien consommer du tout. La première est l'effet d'un calcul louable, en ce qu'il offre seul les moyens de s'acquitter de ses devoirs, et d'être généreux sans être injuste. L'avarice est une passion vile, par la raison qu'elle se considère exclusivement et sacrifice tout à elle. JEAN-BAPTISTE SAY, Traité d'économie politique, 1832, page 455. Ø 2. L'avarice de ces trois vieillards était si passionnée que depuis longtemps ils entassaient leur argent pour pouvoir le contempler secrètement. Le vieux Monsieur La Bertellière appelait un placement une prodigalité, trouvant de plus gros intérêts dans l'aspect de l'or que dans les bénéfices de l'usure. HONORÉ DE BALZAC, Eugénie Grandet, 1834, page 12. Ø 3. L'avarice caractérisée est un état nettement pathologique, bien que n'évoluant pas vers des troubles mentaux. Elle se greffe généralement sur une hérédité morbide. Ayant étudié des familles d'avares, Rogues de Fursac affirme que « l'avare est en quelque sorte noyé au milieu des aliénés ». EMMANUEL MOUNIER, Traité du caractère, 1946, page 536. — Collectivement. Les avares : Ø 4.... il [l'orgueil] brille dans le souris de l'envie, il éclate dans les débauches du libertin, il compte l'or de l'avarice,... FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND, Le Génie du christianisme, tome 1, 1810, page 82. — ICONOGRAPHIE. par métonymie " Femme qui enfouit une corne d'abondance. Femme âgée, maigre, hydropique, au teint pâle et livide, occupée à compter son argent, et tenant une bourse étroitement serrée " (Dictionnaire universel de la langue française (LOUIS-NICOLAS BESCHERELLE) 1845). — PSYCHANALYSE, PSYCHOLOGIE. " Perversion de l'instinct de conservation consistant dans une hypertrophie de la tendance à l'épargne " (Charles Bardenat dans Manuel alphabétique de psychiatrie clinique et thérapeutique (ANTOINE POROT) 1960). B.— Au pluriel. Manifestation d'avarice : Ø 5. Madame montrait aussi, au milieu du désordre de sa maison, parmi tout ce coulage effréné qu'elle tolérait, des avarices très bizarres et tout à fait inattendues... Elle chipotait la cuisinière pour deux sous de salade, économisait sur le blanchissage de l'office, renâclait sur une note de trois francs, n'avait de cesse qu'elle eût obtenu, après des plaintes, des correspondances sans fin, d'interminables démarches, la remise de quinze centimes, indûment perçus par le factage du chemin de fer, pour le transport d'un paquet. OCTAVE MIRBEAU, Le Journal d'une femme de chambre, 1900, page 343. Ø 6. Comme toute débilité intellectuelle, les avarices vont souvent de pair avec la vanité. EMMANUEL MOUNIER, Traité du caractère, 1946, page 649. C.— Au figuré. [Le complément désigne ce qui est susceptible d'être acquis ou ménagé] : Ø 7. Le comte se disait : je ne saurais passer qu'une demi-heure tout au plus dans sa loge, moi, connaissance de si fraîche date; si j'y reste davantage, je m'affiche, et grâce à mon âge et plus encore à ces maudits cheveux poudrés, j'aurai l'air attrayant d'un Cassandre. Mais une réflexion le décida tout à coup : si elle allait quitter cette loge pour faire une visite, je serais bien récompensé de l'avarice avec laquelle je m'économise ce plaisir. Il se levait pour descendre dans la loge où il voyait la comtesse; tout à coup il ne se sentit presque plus d'envie de s'y présenter. HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, La Chartreuse de Parme, 1839, page 96. Ø 8. Cocon est l'homme-chiffre. Il a l'amour, l'avarice de la documentation précise. A propos de tout, il fouine pour trouver des statistiques qu'il amasse avec une patience d'insecte, et sert à qui veut l'entendre. HENRI BARBUSSE, Le Feu, 1916, page 25.

« Fursac affirme que ? l'avare est en quelque sorte noy? au milieu des ali?n?s ?. EMMANUEL MOUNIER, Trait? du caract?re, 1946, page 536.

? Collectivement.

Les avares?: ? 4....

il [l'orgueil] brille dans le souris de l'envie, il ?clate dans les d?bauches du libertin, il compte l'or de l'avarice,... FRAN?OIS-REN? DE CHATEAUBRIAND, Le G?nie du christianisme, tome 1, 1810, page 82.

? ICONOGRAPHIE.

par m?tonymie " Femme qui enfouit une corne d'abondance.

Femme ?g?e, maigre, hydropique, au teint p?le et livide, occup?e ? compter son argent, et tenant une bourse ?troitement serr?e " (Dictionnaire universel de la langue fran?aise (LOUIS-NICOLAS BESCHERELLE) 1845).

? PSYCHANALYSE, PSYCHOLOGIE.

" Perversion de l'instinct de conservation consistant dans une hypertrophie de la tendance ? l'?pargne " (Charles Bardenat dans Manuel alphab?tique de psychiatrie clinique et th?rapeutique (ANTOINE POROT) 1960).

B.? Au pluriel.

Manifestation d'avarice?: ? 5.

Madame montrait aussi, au milieu du d?sordre de sa maison, parmi tout ce coulage effr?n? qu'elle tol?rait, des avarices tr?s bizarres et tout ? fait inattendues...

Elle chipotait la cuisini?re pour deux sous de salade, ?conomisait sur le blanchissage de l'office, ren?clait sur une note de trois francs, n'avait de cesse qu'elle e?t obtenu, apr?s des plaintes, des correspondances sans fin, d'interminables d?marches, la remise de quinze centimes, ind?ment per?us par le factage du chemin de fer, pour le transport d'un paquet. OCTAVE MIRBEAU, Le Journal d'une femme de chambre, 1900, page 343.

? 6.

Comme toute d?bilit? intellectuelle, les avarices vont souvent de pair avec la vanit?. EMMANUEL MOUNIER, Trait? du caract?re, 1946, page 649.

C.? Au figur?.

[Le compl?ment d?signe ce qui est susceptible d'?tre acquis ou m?nag?] : ? 7.

Le comte se disait?: je ne saurais passer qu'une demi-heure tout au plus dans sa loge, moi, connaissance de si fra?che date; si j'y reste davantage, je m'affiche, et gr?ce ? mon ?ge et plus encore ? ces maudits cheveux poudr?s, j'aurai l'air attrayant d'un Cassandre.

Mais une r?flexion le d?cida tout ? coup?: si elle allait quitter cette loge pour faire une visite, je serais bien r?compens? de l'avarice avec laquelle je m'?conomise ce plaisir.. »

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