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Définition du terme: COQUET, -ETTE, adjectif et substantif.

Publié le 19/11/2015

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Définition du terme: COQUET, -ETTE, adjectif et substantif. I.— Emploi adjectival. A.— [Appliqué à une personne] Qui a le souci de plaire. 1. Par une mine soignée, une toilette recherchée. Auguste était si bien mis, si joli, si coquet (HONORÉ DE BALZAC, L'Envers de l'histoire contemporaine, L'Initié, 1848, page 454 ). Une jolie femme doit être propre et coquette dès le matin en faisant son ménage, et briller comme une pièce d'argent dans un tas d'ordures (JULES RENARD, Journal, 1889, page 38) : Ø 1. Nana se montrait très coquette. Elle ne se lavait pas toujours les pieds, mais elle prenait ses bottines si étroites, qu'elle souffrait le martyre dans la prison de Saint-Crépin; et si on l'interrogeait, en la voyant devenir violette, elle répondait qu'elle avait des coliques, pour ne pas confesser sa coquetterie. ÉMILE ZOLA, L'Assommoir, 1877, page 709. 2. Par son esprit, ses manières, ses attitudes. Air, geste, regard coquet. Cette élégance allongée, ces poses coquettes, ces airs de tête penchés (THÉOPHILE GAUTIER, Guide de l'amateur au Musée du Louvre, 1872, page 101) : Ø 2. Cet amour-propre chatouilleux qu'il [le prince Henri de Prusse] avait pour lui l'avertissait de ce qu'il fallait ménager et toucher à point chez les autres; il était poli, il était adroit et insinuant; il était coquet d'esprit; il savait plaire. CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Causeries du lundi, tome 12, 1851-62, page 384. 3. En particulier. Qui est soucieux de plaire à une personne de l'autre sexe. Particulièrement, au féminin (souvent péjoratif). Qui cherche à séduire les hommes sans s'attacher à aucun. Elle était coquette, frivole, habile aux petits manèges des femmes (ÉMILE HERZOG, DIT ANDRÉ MAUROIS, Ariel ou la vie de Shelley, 1923, page 161) : Ø 3. — Je comprends. Vous n'avez été que légèrement coquette, et... — Coquette?... Je hais la coquetterie. Être coquette, Armand, mais c'est se promettre à plusieurs hommes et ne pas se donner. Se donner à tous est du libertinage. Voilà ce que j'ai cru comprendre de nos moeurs. HONORÉ DE BALZAC, La Duchesse de Langeais, 1834, page 260. Ø 4. Il croyait s'être retiré du monde, mais le monde n'avait cessé de venir à lui sous la forme de ces femmes coquettes et volages qui s'amusaient de son coeur éloquent, insatisfait et frénétique. Et sans y prendre garde, il était entré dans leurs moeurs et dans tous les mensonges. Il était dans de fausses amitiés. JEAN GUÉHENNO, Jean-Jacques, Roman et vérité, 1950, page 204. Remarque : Dans ce sens, construction fréquente : être coquet (te) avec quelqu'un. — Rare. [En parlant d'un homme] Être coquet. Manquer de simplicité dans certaines circonstances. Vous êtes coquet : vous ne trouvez pas tout ce que vous faites digne d'être montré (AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, Correspondance, tome 5, 1812-76, page 143 ). — Vieilli. Être coquet de (+ substantif). Être (exagérément) soucieux de. [Les] soldats qui sont si coquets de leurs équipements (MAXIME DU CAMP, En Hollande, 1859, page 81 ). Ces grandes petites filles, coquettes des dessous qu'elles montrent (GABRIELLE COLLETTE, DITE COLETTE, Claudine à l'école, 1900, page 247) : Ø 5.... Il [Rougon] était coquet de sa force, comme une femme l'est de sa grâce; et il aimait à recevoir les flatteries à bout portant, dans sa large poitrine, assez solide pour n'être écrasée par aucun pavé. ÉMILE ZOLA, Son Excellence Eugène Rougon, 1876, page 49. B.— Par extension. [Appliqué à une chose] 1. [À une toilette, un détail vestimentaire] Qui est inspiré par le goût de plaire et de séduire; élégant, soigné. Ah! que j'aime les militaires. Leur uniforme coquet (HENRI MEILHAC, LUDOVIC HALÉVY, La Grande-duchesse de Gérolstein, 1867, I, 8, page 200 ). 2. [À un objet, et plus généralement à une propriété, une maison, un jardin, un appartement, une pièce, etc.] Propre, bien arrangé, disposé avec goût ou raffinement. Elle entra dans un petit appartement, coquet, plein de bibelots, orné avec art (GUY DE MAUPASSANT, Contes et nouvelles, tome 1, Le Pardon, 1882, page 658) : Ø 6.... tout le terrain était divisé en petites propriétés soigneusement entretenues, plantées d'arbres fruitiers entre lesquels s'élançaient follement les pampres d'une branche à l'autre, et dans les massifs luisants des orangers et des citronniers ou suffocants des lauriers-roses on apercevait des habitations, genre petites villas de banlieue, simples, prétentieuses ou coquettes... BLAISE CENDRARS, Bourlinguer, 1948, page 95. C.— Au figuré, moderne et familier. [Appliqué à une somme d'argent] Qui peut séduire, est enviable par son importance assez considérable. Synonymes : une jolie somme, une somme rondelette. Coûter la coquette somme de (confer Serge Grandjean, L'Orfèvrerie au XIXe. siècle en Europe, 1962, page 56 ). Il possédait un petit magot, assez coquet (ROGER MARTIN DU GARD, Confidence africaine, 1931, page 1123) : Ø 7. Ader (1841-1925) fut le premier homme à s'élever dans les airs sans le secours d'un ballon. Ingénieur des PTT, il avait quitté l'administration pour la carrière plus aléatoire d'inventeur. Il y avait réussi, et amassé une coquette fortune quand il décida de la consacrer à l'étude du plus lourd que l'air. Il y dépensa environ un million, mais toucha au but. PIERRE ROUSSEAU, Histoire des techniques et des inventions, 1967, page 357. — Par analogie. [Appliqué à un autre ordre de grandeur] Malgré l'indifférence d'Angélo, le cheval prit une allure coquette (JEAN GIONO, Le Bonheur fou, 1957, page 244 ). II.— Emploi comme substantif (généralement au féminin) A.— Substantif masculin à valeur de neutre. Le coquet. Caractère de ce qui est élégant, de bon goût, plaisant à regarder. Un fantaisiste élégant, épris du joli, du coquet — et du Beau (PAUL VERLAINE, Œuvres posthumes, tome 3, Prose, 1896, page 192 ). B.— [Désigne une personne] 1. Personne et plus spécialement femme soucieuse de plaire par une mise élégante, une toilette soignée. Elle se lève et va chez les voisins, coiffée comme une vieille coquette, avec un pimpant bonnet et des bigoudis (JULES RENARD, Journal, 1907, page 1122 ). 2. Au féminin, péjoratif. Intrigante, femme frivole. Les rieuses et les coquettes, qui s'offrent d'un regard et se reprennent l'instant d'après (ÉMILE MOSELLY, Terres lorraines, 1907, page 10) : Ø 8. Il fallut m'asseoir et faire nombre, entendre beaucoup de méchantes plaisanteries, supporter le spectacle des manèges d'une coquette qui calmait celui-ci par un mot, provoquait celui-là par un regard, ménageait et encourageait tous ses adorateurs, distribuait à propos l'espoir ou excitait la jalousie; enfin, semblait mettre tout son art à ne préférer et à n'éconduire personne. LOUIS REYBAUD, Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale, 1842, page 408. · Faire le coquet, la coquette. User de manèges savants pour séduire quelqu'un. C'est tout de même agaçant qu'une femme (...) comme vous, ne puisse s'empêcher de faire la coquette dès qu'elle se trouve devant un homme jeune, bien fait (ROGER MARTIN DU GARD, Un Taciturne, 1932, II, 5, page 1286 ). Par extension. Manquer de simplicité dans ses actes, dans ses relations avec autrui. Au lieu de faire le coquet pour m'embrasser (...) il s'est jeté après ma robe (AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, Le Marquis de Villemer, 1861, page 206 ). Remarque : Dans ce sens, l'expression faire la coquette (appliquée à un homme) se substitue plus volontiers (avec accentuation de la valeur péjorative) à son équivalent faire le coquet. Il fait la coquette mais n'aie pas l'air de t'en apercevoir (GEORGE SAND, Correspondance, tome 3, 1812-76, page 226). — Au figuré. [Désigne une entité abstraite] Pourvu que la fortune nous protège! Je me méfie toujours d'elle. C'est une grande coquette (GUSTAVE FLAUBERT, Correspondance, 1846, page 289 ). 3. Spécialement. THÉÂTRE. La coquette, la grande coquette (vieilli). Principal rôle féminin de séductrice et d'intrigante dans certaines comédies de caractère, par exemple le rôle de Célimène dans le Misanthrope. Par métonymie. Actrice jouant ce rôle : Ø 9. Oh! non, pas de rôle de grande coquette. Il faut se parer pour ces sortes de rôles, et j'ai la toilette en aversion. Se parer pour jouer la comédie, cela à l'air de dire aux spectateurs : regardez comme je suis jolie. THÉODORE LECLERCQ, Proverbes dramatiques, La Manie des proverbes, 1835, page 27. — Par anthropomorphisme. L'étoile Vénus, la grande coquette de l'abîme, la Célimène de l'océan (VICTOR HUGO, Les Misérables, tome 2, 1862, page 644 ). C.— Au féminin, argot. Braguette. Je pensais qu'à ça, dans les petites rues pendant qu'elle m'ouvrait la coquette (LOUIS-FERDINAND DESTOUCHES, DIT CÉLINE, Mort à crédit, 1936, page 261 ). STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 997. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 1 549, b) 2 191; XXe. siècle : a) 1 519, b) 829.

« (souvent p?joratif).

Qui cherche ? s?duire les hommes sans s'attacher ? aucun.

Elle ?tait coquette, frivole, habile aux petits man?ges des femmes (?MILE HERZOG, DIT ANDR? MAUROIS, Ariel ou la vie de Shelley, 1923, page 161) : ? 3.

? Je comprends.

Vous n'avez ?t? que l?g?rement coquette, et... ? Coquette?...

Je hais la coquetterie.

?tre coquette, Armand, mais c'est se promettre ? plusieurs hommes et ne pas se donner.

Se donner ? tous est du libertinage.

Voil? ce que j'ai cru comprendre de nos moeurs. HONOR? DE BALZAC, La Duchesse de Langeais, 1834, page 260.

? 4.

Il croyait s'?tre retir? du monde, mais le monde n'avait cess? de venir ? lui sous la forme de ces femmes coquettes et volages qui s'amusaient de son coeur ?loquent, insatisfait et fr?n?tique.

Et sans y prendre garde, il ?tait entr? dans leurs moeurs et dans tous les mensonges.

Il ?tait dans de fausses amiti?s. JEAN GU?HENNO, Jean-Jacques, Roman et v?rit?, 1950, page 204.

Remarque?: Dans ce sens, construction fr?quente?: ?tre coquet (te) avec quelqu'un.

? Rare.

[En parlant d'un homme] ?tre coquet.

Manquer de simplicit? dans certaines circonstances.

Vous ?tes coquet?: vous ne trouvez pas tout ce que vous faites digne d'?tre montr? (AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, Correspondance, tome 5, 1812-76, page 143 ).

? Vieilli.

?tre coquet de (+ substantif).

?tre (exag?r?ment) soucieux de.

[Les] soldats qui sont si coquets de leurs ?quipements (MAXIME DU CAMP, En Hollande, 1859, page 81 ).

Ces grandes petites filles, coquettes des dessous qu'elles montrent (GABRIELLE COLLETTE, DITE COLETTE, Claudine ? l'?cole, 1900, page 247) : ? 5....

Il [Rougon] ?tait coquet de sa force, comme une femme l'est de sa gr?ce; et il aimait ? recevoir les flatteries ? bout portant, dans sa large poitrine, assez solide pour n'?tre ?cras?e par aucun pav?. ?MILE ZOLA, Son Excellence Eug?ne Rougon, 1876, page 49.

B.? Par extension.

[Appliqu? ? une chose] 1.

[? une toilette, un d?tail vestimentaire] Qui est inspir? par le go?t de plaire et de s?duire; ?l?gant, soign?. Ah! que j'aime les militaires.

Leur uniforme coquet (HENRI MEILHAC, LUDOVIC HAL?VY, La Grande-duchesse de G?rolstein, 1867, I, 8, page 200 ).

2.

[? un objet, et plus g?n?ralement ? une propri?t?, une maison, un jardin, un appartement, une pi?ce, etc.]. »

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