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s'est fondée au xvie siècle sur la rupture avec Rome et le rejet forcené des papistes puis, au xviie, sur la défaite de la dynastie qui voulait les rétablir au pouvoir (les Stuarts).

Publié le 06/01/2014

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s'est fondée au xvie siècle sur la rupture avec Rome et le rejet forcené des papistes puis, au xviie, sur la défaite de la dynastie qui voulait les rétablir au pouvoir (les Stuarts). Dans ce pays, au début du xixe siècle, militer pour plus de tolérance ne revient donc pas à se battre contre la religion en général, mais à défendre le droit des catholiques opprimés de pratiquer la leur. Il s'agit d'en finir avec les lois discriminatoires dont ils sont victimes. L'une d'entre elles leur interdisait par exemple, jusqu'aux années 1830, de se présenter aux élections. Dans un pays comme l'Allemagne, partagé entre catholiques et protestants, l'esprit de justice pousse plutôt à réussir à tenir la balance entre les deux, d'autant que le fléau a pu aller très loin d'un seul côté : dans les années 1870-1880, Bismarck lance le Kulturkampf, un combat brutal contre les catholiques. Il ne s'agit pas, comme en France à pareille époque, de contrer une Église en position de force. Il s'agit, pour le chancelier de fer, de s'assurer de la loyauté des fidèles à un empire dont l'unité s'est faite sous l'égide de prussiens luthériens. Dans notre pays, l'histoire de l'émancipation a donc pris la forme du combat contre le culte romain, parce qu'il était dominant, qu'il n'entendait rien perdre de ses prérogatives, et qu'il était très opposé au régime choisi par les citoyens. Ce combat a pu conduire, sous la Révolution ou au tournant du xxe siècle, à des excès. L'anticléricalisme des « bouffeurs de curés » a pu être féroce. Il est juste de souligner néanmoins que les hommes politiques qui pilotèrent la loi de 1905 et son application le firent avec beaucoup de modération. Ni Briand qui pensa le texte, ni Jaurès qui le soutint, ni les gouvernements qui eurent à le faire appliquer par la suite ne furent des forcenés de l'athéisme. Certains catholiques continuent à penser cette histoire comme celle de leur persécution. On doit plutôt la lire comme celle du souci permanent du compromis. Contrairement à ce qu'espéraient certains, les pères de la laïcité n'ont jamais cherché à déchristianiser la France, comme leurs aïeux avaient pu le tenter - de façon assez brève - au moment de la Révolution. On pourrait même, en toute équité, reprocher à la République de s'être arrêtée en chemin. Un pur laïque est parfaitement en droit de regretter par exemple que, dans un État qui se veut neutre sur le plan religieux, l'on continue à imposer à tous les citoyens tant de fêtes qui ne concernent qu'une partie d'entre eux, comme Noël, fête de la nativité du Christ, ou le 15 août, fête de la Vierge. Il n'empêche, au-delà des circonstances qui ont présidé à sa naissance, la laïcité a posé des principes qui doivent rester, aux yeux de tous, insurpassables, car ils sont à la base même de la démocratie. Quels sont-ils ? D'une part qu'aucune religion ne doit être en mesure d'imposer ses vues, sa morale, ses croyances à chacun. D'autre part - et cela doit s'entendre sur un même plan - que les vues, la morale, les croyances de toutes les religions doivent être respectées, et leur libre expression défendue, parce qu'elle contribue à l'enrichissement de tous. Ce que les catholiques pensaient de la laïcité Toutes les croyances doivent avoir un même droit de cité dans une démocratie laïque. Insistons sur ce point, il nous amène à notre deuxième remarque. Elle vise à contrer une idée qui se fait jour, dans notre pays et en Europe, depuis la fin du xxe siècle, qui voudrait que parmi toutes les religions, certaines soient moins égales que d'autres face à la laïcité. Ce serait le cas de l'islam, qui, à en croire certains essayistes et hommes politiques, serait par nature « incompatible avec la démocratie ». Pourquoi ? Parce que cette religion entend régenter la vie des individus. Et après ? Quelle religion n'y prétend pas ? Elles ont toutes été créées pour cela. Tout de même ! ajoutera-t-on alors, de nombreux interprètes de l'islam estiment eux-mêmes que leur religion ne veut pas séparer le spirituel du temporel. Et après ? D'autres exégètes de la tradition coranique estiment le contraire. Le propre de toutes les grandes religions est d'être assez souples pour se prêter à toutes les interprétations possibles. Souvenons-nous de ce qui s'est passé avec le christianisme. Aujourd'hui, sinon quelques intégristes, les chrétiens n'ont plus guère de problème avec l'idée laïque. Certains d'entre eux en arrivent même à penser qu'elle est fille du christianisme : cette religion n'a-t-elle pas posé dans son fondement même la différence entre ce qui est à Dieu et ce qui est à César ? Contentons-nous de rappeler qu'au moment où la République a cherché à défendre concrètement ce principe, l'Église pensait très officiellement qu'il n'en était pas de pire. Pour le catholicisme romain, il est vrai, le xixe siècle n'est pas une période facile. Tout, en ce temps, pousse à mettre à bas son vieux système de pensée : les idées pernicieuses issues de la Révolution française sèment dans les esprits les ferments de l'individualisme, cette horreur ; les progrès de la science ne cessent de troubler les croyances établies : que vaut l'histoire d'Adam et celle du Déluge quand les savants découvrent les dinosaures ? Et avec ça la politique va jusqu'à menacer quasi physiquement les pauvres papes eux-mêmes : au début du xixe, l'un d'entre eux a été prisonnier de Napoléon. À partir du milieu du siècle, ses successeurs ont maille à partir avec les promoteurs de l'unité italienne qui menacent leur « pouvoir temporel », c'est-à-dire le rôle de chef d'État qu'ils se sont arrogés depuis le Moyen Âge. Les Cavour, les Garibaldi ont décidé de chasser du pays tous ceux qui l'occupent indûment et de lui donner Rome comme capitale : le temps des États pontificaux est compté. Face à tant de périls, le catholicisme officiel n'aura qu'une réponse : la crispation. Sur le terrain, pour faire pièce au progrès du rationalisme, on en rajoute en sens inverse. L'époque est au renouveau de la dévotion populaire, des cultes piétistes, comme celui dévolu au Sacré Coeur de Jésus, ou des grandes apparitions : celle de la Vierge, à Lourdes, en 1858, très vite reconnue officiellement, est la plus célèbre. Au sommet de la pyramide, les pontifes se vivent comme des martyrs assiégés par l'impiété. Presque tous ceux du xixe sont réactionnaires, étroits, bornés. L'un d'entre eux, Pie IX, a donné l'exemple le plus révélateur de la tournure d'esprit de ses pairs avec un petit texte qui accompagne sa grande encyclique Quanta Cura de 1864 : le Syllabus. Le mot, à l'origine, signifie sommaire, ou catalogue. Celui-là, en effet, se contente d'énumérer de nombreuses propositions qui ne frappent guère quand on les lit : « il faut défendre la liberté de conscience » ; « la raison humaine est suffisante pour assurer le bien des hommes » ; « l'Église n'a pas le monopole de la vérité » ; « le pouvoir civil doit être supérieur au pouvoir religieux », etc. La stupéfaction arrive dans un deuxième temps, quand on comprend le sens de cette liste : le Syllabus fait la liste des « erreurs de notre temps », c'est-à-dire de tout ce qu'il est formellement interdit d'accepter ou de défendre quand on est catholique. En gros, toutes les idées qui forment aujourd'hui la base de la pensée commune à tous les démocrates sont rejetées alors comme filles de Satan. Le pape Jean-Paul II, à la fin du xxe siècle, passait dans les médias pour être le « pape des droits de l'homme ». Tous les défenseurs des libertés humaines ne pouvaient que se réjouir de trouver à leurs côtés un allié d'un tel poids. Il ne leur est pas interdit de se souvenir que, cent ans plus tôt, la juxtaposition même des termes « pape » et « droits de l'homme » aurait valu l'excommunication à qui l'aurait risquée. Les hommes n'ont pas de droits, disait le catholicisme du xixe siècle, ils ont des devoirs envers Dieu. Parmi les catholiques, certains refusent cette voie qui leur semble sans issue. Durant la première moitié du xixe siècle, le plus grand nom parmi ces rebelles est celui de Félicité de Lamennais. Dans sa jeunesse, il a été un prêtre ultramontain, c'est-à-dire un défenseur inconditionnel du pouvoir des papes - ceux qui règnent à Rome et sont donc, vus de France, au-delà des monts. Puis il évolue, et cherche en permanence à concilier sa foi avec les idées nouvelles. Obsédé par la question ouvrière, il ira jusqu'au socialisme. Dès 1830, il fonde L'Avenir, un journal qui a pour devise « Dieu et liberté », et cherche à défendre la liberté de la presse et la liberté de conscience tout en restant catholique. Il sera impitoyablement condamné par Rome. Cinquante ans plus tard, au début du xxe siècle, un théologien cherche lui aussi à faire évoluer son domaine de pensée. Il s'appelle Alfred Loisy (1857-1940). Il suggère que l'on peut faire de la Bible une lecture critique, qui tienne compte du contexte, de l'histoire. Une telle impudence déclenche les foudres vaticanes. Loisy est excommunié et déclaré « vitandus » (littéralement « à éviter »), c'est-à-dire qu'il est interdit expressément à tous les catholiques de lui parler. Les séminaires sont placés sous un contrôle très strict et les prêtres sous surveillance absolue, pour être bien sûr que le « modernisme », comme on appelle les thèses de Loisy, soit écrasé dans l'oeuf. Léon XIII, pape de 1878 à 1903, est le seul de l'époque que l'on peut considérer comme ouvert. Il publie Rerum Novarum. Cette grande encyclique sur le monde ouvrier est toujours le texte de référence du « catholicisme social », c'est-à-dire de la tendance de cette religion qui promeut un système économique plus humain, plus conforme aux espérances de l'Évangile. Léon est aussi celui qui pousse dans le sens du « ralliement », c'est-à-dire l'acceptation de la République par les catholiques. Son successeur, le terrible Pie X, renoue avec la tradition la plus réactionnaire. La Séparation a lieu à l'époque de son pontificat. Il condamne immédiatement et sans appel cette décision « funeste » par une encyclique enragée. Une société « ne peut prospérer ni durer longtemps lorsqu'on n'y fait point sa place à la religion... ». La démocratie ? La liberté individuelle ? Allons ! La multitude « n'a d'autre devoir que de se laisser conduire et, troupeau docile, suivre ses pasteurs ». Il faudra attendre le concile de Vatican II, dans les années 1960, pour que l'Église fasse son aggiornamento, sa « mise à jour », et qu'elle accepte les principes qui sont les nôtres. Elle y aura mis le temps. 38 La Première Guerre mondiale Au début du xxe siècle, la religion nationale est au plus haut. Tous les grands pays européens sont persuadés de représenter chacun le sommet indépassable de la civilisation, tous détestent un peu leurs voisins, mais ils en craignent certains tellement plus que d'autres qu'ils ont jugé utile de s'en protéger avec des alliances. Elles ont tourné beaucoup entre les uns et les autres. Elles ont fini par se fixer ainsi. D'un côté, l'Allemagne de l'empereur Guillaume II, l'Empire austro-hongrois du très vieux François-Joseph (il est sur le trône depuis 1848) et l'Italie : ils forment un trio qu'on appelle la « Triplice ». De l'autre, la France républicaine a fini par s'unir avec sa vieille ennemie l'Angleterre pour former « l'Entente cordiale ». L'une et l'autre avaient trouvé une amie pour prendre à revers les Empires centraux, la Russie tsariste : ce deuxième trio s'appelle « la Triple Entente ». Repères - 1914 (28 juin) : assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand - 1914 (28 juillet) : déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie ; puis entrée dans la guerre par le jeu des alliances de la Russie, l'Allemagne, la France et l'Angleterre - 1916 : « l'enfer de Verdun » ; offensive anglaise de la Somme - 1917 (avril) : entrée en guerre des États-Unis ; décembre : armistice signé entre les bolcheviques russes et l'Allemagne - 1918 (11 novembre) : armistice, fin de la Première Guerre mondiale Sans cesse, les rivalités entre toutes ces nations font trembler la paix. Souvent, les causes des crispations sont lointaines. La France et l'Allemagne rêvent toutes deux de mettre la main sur le Maroc. Par deux fois, en 1905 et en 1911, elles frôlent la guerre. Dans le Sud-Est de l'Europe, les Balkans sont un baril de poudre dont d'innombrables artificiers tiennent les mèches. La lente décomposition du vieil Empire ottoman, qui contrôlait jadis toute la région, y a réveillé les appétits. En 1912, en 1913, pour augmenter leur territoire ou jouer leur survie, les États et peuples locaux, bulgares, grecs, monténégrins, albanais, turcs, se sont affrontés plusieurs fois avec une rare atrocité dans des conflits que les chancelleries ont bien du mal à suivre : les alliances ne cessent de s'y renverser. D'autres grandes puissances sont à l'affût. La Russie rêve d'un accès aux mers chaudes. Elle soutient son allié local, le royaume de Serbie, qui aimerait fédérer sous sa coupe tous les « Slaves du Sud » qui peuplent les provinces s'étendant le long de l'Adriatique. Certaines appartiennent à l'Autriche-Hongrie. En 1908, l'empire de François-Joseph en a annexé une nouvelle, prise à l'Empire ottoman : la Bosnie-Herzégovine. Le 28 juin 1914, son héritier l'archiduc François-Ferdinand y est en visite officielle, il parade dans Sarajevo, sa petite capitale. Un extrémiste serbe de Bosnie tire plusieurs coups de feu sur la voiture découverte de l'Autrichien honni. L'héritier et sa femme sont tués. Le monde est au bord du gouffre. Il ne le sait pas encore. Des faits-divers sanglants dans les Balkans, les journaux de l'époque en sont pleins à intervalle régulier. Celui-là aurait pu n'être qu'un parmi d'autres. Par une mystérieuse alchimie, il va embraser l'Europe tout entière et l'entraîner dans la plus monstrueuse des guerres que l'humanité ait jamais connues. Pas grand monde n'aimait l'archiduc à Vienne, mais peu importe, l'Autriche-Hongrie se sert du prétexte pour régler ses comptes avec la Serbie : elle exige de Belgrade des châtiments exemplaires et le droit d'aller enquêter elle-même dans ce pays, sans quoi il y aura la guerre. Ultimatum le 23 juillet. Belgrade ne peut l'accepter. Le 28, la guerre est donc déclarée par l'Autriche-Hongrie à la Serbie. Par solidarité, les Russes se rangent au côté des Serbes : ils mobilisent contre l'Autriche-Hongrie, que l'Allemagne soutient en mobilisant le 1er août contre les Russes, puis en déclarant la guerre à la France, parce qu'elle déclare soutenir la Russie. C'est le billard fatal. Il ne manque dans le jeu que l'Italie, qui reste neutre, et l'Angleterre, qui fait tout pour arrêter cette escalade et n'y parvient pas. Le 3 août, l'Allemagne applique le plan de bataille qu'elle a prévu de longue date et entre en Belgique, pour contourner les Français par le nord. Le viol de la neutralité belge est, pour Londres, un casus belli sans appel. Voilà le Royaume-Uni dans la mêlée. Pourquoi cela a-t-il dégénéré cette fois plutôt qu'une autre ? Le saura-t-on jamais ? Après guerre a prévalu la version des vainqueurs. Elle était simple : tout était de la faute de l'Allemagne, qui avait poussé l'Autriche au pire, et s'était servi du conflit avec les Serbes comme d'un prétexte pour assouvir le bellicisme inné de son État-Major et de ses classes dirigeantes. La thèse n'est pas à exclure sans appel. De nombreux généraux, de nombreux dirigeants allemands étaient des militaristes forcenés. Posons-nous néanmoins la question : dans quel État-Major, dans quelle classe dirigeante n'y en avait-il pas ? Partout en Europe, des bellicistes rêvaient pareillement de ce qui leur semblait la solution : une bonne guerre, courte mais franche, qui clarifierait la situation, évacuerait les tensions, et permettrait de dire leur fait à ces barbares qu'on détestait. Chaque pays avait les siens. Il ne manquait pas non plus, ni en Allemagne ni partout ailleurs, de pacifistes. C'est l'autre aspect fascinant de ce grand dérapage. Quelques semaines avant l'été 1914, les partisans de la paix en Europe se comptaient par centaines de milliers. Toute la gauche, tous les syndicats, tous les partis ouvriers, au nom de l'internationalisme,

« Sur leterrain, pourfairepièce auprogrès durationalisme, onenrajoute ensens inverse.

L’époque estau renouveau deladévotion populaire, descultes piétistes, commeceluidévolu auSacré Cœur deJésus, oudes grandes apparitions : celledelaVierge, àLourdes, en1858, trèsvitereconnue officiellement, estlaplus célèbre. Au sommet delapyramide, lespontifes sevivent comme desmartyrs assiégés parl’impiété.

Presquetousceux du xix e sont réactionnaires, étroits,bornés.

L’und’entre eux,Pie IX, adonné l’exemple leplus révélateur dela tournure d’espritdeses pairs avecunpetit texte quiaccompagne sagrande encyclique Quanta Cura de 1864 : le Syllabus . Le mot, àl’origine, signifiesommaire, oucatalogue.

Celui-là,eneffet, secontente d’énumérer de nombreuses propositions quinefrappent guèrequand onles lit : « ilfaut défendre laliberté deconscience » ; « la raison humaine estsuffisante pourassurer lebien deshommes » ; « l’Églisen’apas lemonopole delavérité » ; « le pouvoir civildoit être supérieur aupouvoir religieux », etc.Lastupéfaction arrivedansundeuxième temps, quand oncomprend lesens decette liste : le Syllabus fait laliste des« erreurs denotre temps », c’est-à-dire de tout cequ’il estformellement interditd’accepter oudedéfendre quandonest catholique.

Engros, toutes lesidées qui forment aujourd’hui labase delapensée commune àtous lesdémocrates sontrejetées alorscomme fillesde Satan.

Lepape Jean-Paul II, àla fin du xxe  siècle, passait danslesmédias pourêtrele« pape desdroits de l’homme ».

Touslesdéfenseurs deslibertés humaines nepouvaient queseréjouir detrouver àleurs côtés unallié d’un telpoids.

Ilne leur estpas interdit desesouvenir que,centansplus tôt,lajuxtaposition mêmedestermes « pape » et« droits del’homme » auraitvalul’excommunication àqui l’aurait risquée.

Leshommes n’ontpasde droits, disaitlecatholicisme duxixe  siècle, ilsont des devoirs enversDieu. Parmi lescatholiques, certainsrefusent cettevoiequileur semble sansissue.

Durant lapremière moitiédu xix e  siècle, leplus grand nomparmi cesrebelles estcelui deFélicité deLamennais.

Danssajeunesse, ila été un prêtre ultramontain , c’est-à-dire undéfenseur inconditionnel dupouvoir despapes –ceux quirègnent àRome et sont donc, vusdeFrance, au-delà desmonts . Puis ilévolue, etcherche enpermanence àconcilier safoi avec lesidées nouvelles.

Obsédéparlaquestion ouvrière, ilira jusqu’au socialisme.

Dès1830, ilfonde L’Avenir , un journal quiapour devise « Dieu etliberté », etcherche àdéfendre laliberté delapresse etlaliberté de conscience toutenrestant catholique.

Ilsera impitoyablement condamnéparRome. Cinquante ansplus tard, audébut duxxe  siècle, unthéologien chercheluiaussi àfaire évoluer sondomaine de pensée.

Ils’appelle AlfredLoisy(1857-1940).

Ilsuggère quel’onpeut fairedelaBible unelecture critique, qui tienne compte ducontexte, del’histoire.

Unetelle impudence déclenchelesfoudres vaticanes.

Loisyest excommunié etdéclaré « vitandus » (littéralement « àéviter »), c’est-à-dire qu’ilestinterdit expressément à tous lescatholiques deluiparler.

Lesséminaires sontplacés sousuncontrôle trèsstrict etles prêtres sous surveillance absolue,pourêtrebien sûrque le« modernisme », commeonappelle lesthèses deLoisy, soitécrasé dans l’œuf. Léon XIII, papede1878 à1903, estleseul del’époque quel’onpeut considérer commeouvert.Ilpublie Rerum Novarum . Cette grande encyclique surlemonde ouvrier esttoujours letexte deréférence du« catholicisme social », c’est-à-dire delatendance decette religion quipromeut unsystème économique plushumain, plus conforme auxespérances del’Évangile.

Léonestaussi celuiquipousse danslesens du« ralliement », c’est-à-dire l’acceptation delaRépublique parlescatholiques.

Sonsuccesseur, leterrible Pie X,renoue aveclatradition laplus réactionnaire.

LaSéparation alieu àl’époque deson pontificat.

Ilcondamne immédiatement etsans appel cette décision « funeste » parune encyclique enragée.Unesociété « nepeut prospérer nidurer longtemps lorsqu’onn’y fait point saplace àla religion… ».

Ladémocratie ? Laliberté individuelle ? Allons !Lamultitude « n’ad’autre devoir quedeselaisser conduire et,troupeau docile,suivresespasteurs ».

Ilfaudra attendre leconcile deVatican II, dans lesannées 1960,pourquel’Église fassesonaggiornamento, sa« mise àjour », etqu’elle accepte les principes quisont lesnôtres.

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