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Intérêt que présentent, pour la connaissance de l’homme, la psychologie de l'enfant, l’étude des sociétés inférieures et la psychologie pathologique.

Publié le 12/11/2016

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des objets, etc. Les membres inférieurs, ayant moins souvent l’occasion d'entrer dans son champ visuel, ne l'« intéressent » pas, si l’on peut ainsi parler. Dans la période qui va de 6 à 12 mois, progressivement, par le phénomène du double-contact (la main étant par excellence l'instrument privilégié, à la fois sentant et sentie) l'individualisation du corps se réalise...
 
Parallèlement, les influences de l’entourage humain immédiat vont jouer un rôle capital. Un certain nombre de sons vocaux entendus prendront la valeur de signes, et s’enregistreront dans la mémoire. Le langage va naître, vers le 12e mois, avec, d'abord, quatre ou cinq mots plus ou moins bien articulés. La progression est rapide. En moyenne, on a calculé : à 15 mois, i3 mots ; à 18 mois, 48 ; à 21 mois, 174, etc...
 
L’imitation est le mécanisme naturel decet apprentissage. (Rappelons, à ce propos que le sourd-muet n'a ras deux infirmités : c'est simplement un sourd de naissance) ... L'enfant va passer du mot-phrase (c’est-à-dire du mot seul, mais avec gestes ou intonation et mimique marquant l'intention, le désir, etc.) à la phrase plus ou moins construite. Ce langage est souvent utilisé comme jeu... En même temps, il y a une évolution de l'affectivité, un éveil de ce que l’on nomme les « intérêts » : regarder, attraper, palper, porter à sa bouche ; puis, plus tard, construire, questionner.
 
Arrivons à l’étape qui n'est plus celle du bébé, mais du tout petit garçon, de la toute petite fille, jusqu'aux environs de la 7e année. Piaget a noté comme attitude psychologique, l'égocentrisme. Le sujet rapporte tout à soi. Il n’a aucun sens de l'objectivité. D'autre part, ses notions sont globales,
I. — REMARQUES PRÉLIMINAIRES.
 
Comme nous l’avons indiqué déjà, l’étude de l'Homme adulte, noral, civilisé, fut longtemps le seul objet de la Psychologie ; et l’introspection, longtemps aussi, sa seule méthode.
 
L’intérêt que présentent, pour la connaissance de l’Homme — si nous reprenons les termes mêmes du Programme — la Psychologie de l’enfant, l’étude des sociétés inférieures et la Psychologie pathologique, est précisément de nous faire réfléchir, à la lumière des faits, sur les conditions biologiques et sociales de notre formation, de notre « équilibre ». Les trois thèmes qui nous sont proposés ne doivent donc pas être traités comme autant d’objets de « curiosité ». Il ne s’agit pas de considérer le petit enfant, le Primitif, le malade comme des êtres singuliers, présentant telles ou telles particularités pittoresques. Ce que nous sommes invités à examiner, au contraire, c’est comment et pourquoi leur étude nous apporte de précieux enseignements pour nous connaître nous-mêmes.
 
Nous verrons que le lent passage qui va de la naissance à l'adolescence puis à l'état adulte représente un tiers de la durée moyenne d’une existence. Des facultés acquises, il y aurait ingratitude à nous enorgueillir, oubliant ce que nous devons à notre environnement social, à toutes les générations disparues qui nous ont faits ce que nous sommes.
 
Nous verrons encore — par une sorte d’application de la méthode des « variations concomitantes » — comment le Primitif (c’est-à-dire le sauvage) qui, biologiquement, nous est semblable, reflète la mentalité du groupe au sein duquel il est élevé. Plus ce groupe est inculte, se bornant à quelques techniques rudimentaires, se bornant à la transmission monotone sans caractère « additif », ni rectificatif, de coutumes, de rites superstitieux (etc.), — moins l’individu sera capable d’un raisonnement logique (proprement dit) et d’une pensée conceptuelle.
 
Il nous sera facile, ensuite, de comprendre pourquoi, même en des pays civilisés, l’individu qui, à cause de circonstances diverses (éducation, milieu, etc.) n’acquiert pas un suffisant bagage de savoirs demeure, à bien des égards, proche voisin du Primitif.
 
Enfin, la Psychologie pathologique nous rappelle, si nous l’avions oublié, combien les fonctions biologiques ont une importance essen-

« 13 2 PHILOSOPHIE DES SCIE-'ICES tielle dans ce que nous appelons fièrement notre intelligence, notre raison, notre caractère ...

Le R.

P.

VERDUN (cf.

lect.) évoque fort opport unément le vœu de Leibniz : « Plût au Ciel que les philosophes médicinassent ».

Les troubles légers ou graves qui font l'objet de la psycho-pathologie nous instruisent indirectement sur les fonc tions du • normal » ••• Un dernier mot: notre Programme comporte, un peu plus loin, des rubriques concernant les tendances de la vie hÙ maine ; la personne (dans quelle mesure la société contribu e-t-elle à sa form ation ?).

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Ces divers points sans faire exactement double emploi avec ce que nous allons étudier maintenant, s'y relient, de toute évidence.

Il ne sera pas inutile d'être attentifs à ce rapprochement.

II .

- PSYCHOLOG IE DE L'ENFANT.

Il faut arriver à la fin du xrxe siècle et au début du xxe, pour que l'étude psychologique de l'enfant soit méthodiquement abordée.

PREYER (L'âme de l'enfant, 1881), Alfred BINET (vers 1905), puis CLAPARÈDE , Henri WALLON, Henri PIERON, Jean PIAGET (cf.

lect.) y ont apporté un esprit scientifique jusque-là négligé.

Passons assez rapidement sur la période des premiers mois de l'en fant.

Initialement, elle relève davantage de la Physiologie que de la Psycholog ie.

Le nouveau-né vit sur son « équi pement héréditaire » (PIERON).

Équipement de réflexes et d'instincts élémentaires : activités de succion, mouvements de préhension du sein, réflexe d'agrippement, etc ...

A ce stade, un grand nombre de voies nerveuses ne fonctionnent pas encore -les conducteurs n'étant pas revêtus de leur gaine de myéline, - et les centres supérieurs de l'écorce cérébrale n'inter- viennent pas.

· · La conscience de soi est relativement tardive.

Les auteurs s'accordent pour la situer entre trente mois et trois ans.

Il y a, au préalable, graduelle discrimination entre ce qui est le Moi et ce qui n'est pas lui.

D'ailleurs, n'oublions pas que la perception proprement dite des êtres et des objets ne peut être instantanée.

Il a fallu au bébé un véritable apprentissage (analogue, pour les perceptions visuelles, à ce que l'on observe chez les aveugles-nés que l'on opère à l'âg e adulte et qui ne voient d'abord, après l'opération, que des taches colorées, en un ensemble disparate.

Encore ces sujets ont-ils, à ce moment-là, une longue expérience tactile, musculair e, auditive, olfactive, etc., qui fait défa ut, évidemment, chez le bébé.) Vers le 3e mois, (H.

WALLON) le bébé tâtonne vers des objets, bien que, manif estement, il ne les identifie pas encore.

C'est seulement un peu plus tard que commencent à se faire jour des associations inter­ sensorielles et qu'il cherche du regard les personnes de son entourage.

Le rôle de la main , dans lesdites associations, prend une importance croissante.

L'enfant suit des yeux le déplacement de ses mains, saisit. »

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