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Acte V - Scene 4-5-6 de Dom Juan

Publié le 12/09/2006

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juan

Introduction :

Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, dramaturge, a écrit toutes sortes de pièces, mais il excelle dans la mise en scène de comédies grinçantes et féroces, dans lesquelles il épingle les travers de la société. Molière utilise en effet le rire comme une arme avec laquelle il dénonce les moeurs: Castigat ridendo mores.C'est en effet ce qu'utilise Molière dans Dom Juan, la pièce étudiée.Il s'agira donc de démontré comment Molière s'étend sur le dénouement de cette pièce. Tout d'abord on analysera les différentes tentative de mise en garde envers Dom Juan qui finiront par un Châtiment de Dom Juan enfin nous étudieront le bouleversement de ce dénouement. I) Les tentatives de mise en garde A. Première mise en garde, par Sganarelle Exceptionnellement le valet joue un rôle peu comique ici. Il lance un avertissement répété à son maître. Il respecte les convenances, avec l'attaque respectueuse comme le montre : "Monsieur" ; il use d'une question rhétorique "Quel diable de style prenez vous là?", à valeur de constat exclamatif, et joue sur l'expression "diable de style" ,l'hypocrisie irrémédiable, et la présence diabolique n'est pas utilisée par hasard. Tout en soulignant le jeu, il s'inquiète. Le valet souligne le plus haut degré de la provocation. Cette réplique de mise en garde se clôt sur deux effets pour une fois réussis chez Sganarelle : passage d'"espérer" à "désespérer", et prédiction sur le Ciel dans un autre effet de répétition "qui a souffert", "ne pourra souffrir du tout cette dernière horreur". L'indignation du valet ici ne fait pas rire et paraît même plutôt éloquente, comme si Sganarelle était un premier porte-parole de l'au-delà.La mise en garde est balayée par le héros, qui s'exprime avec des expressions négligentes "Va, va..." et de l'ironie sur le Ciel "pas si exact que tu penses...". L'argument de Dom Juan "Et si toutes les fois que les hommes" est, pour une fois, interrompu par le valet, preuve que Dom Juan ne maîtrise plus tout à fait sa supériorité verbale sur son valet. C'est le cri du coeur en effet de Sganarelle : "Ah, Monsieur, c'est le Ciel qui vous parle..." - et le mot "avis" a bien sa valeur d'"avertissement".L'ironie est là mais le doute aussi, et la demande implicite de confirmation qui va suivre.

B. Deuxième mise en garde par le Spectre Apparition immédiate, le Spectre, intervient.. Et la scène se fait le lieu d'un espace visuel. Le dernier avertissement est solennel, à la troisième personne - dernière chance donnée au pécheur, contre ses péchés : "Dom Juan n'a plus qu'un moment à pouvoir profiter de la miséricorde du Ciel...". C'est l'appel au repentir, à la demande d'amnistie, dans une tradition chrétienne - la confession finale de ses péchés avant de mourir, pour obtenir le pardon , parole appuyée par l'intervention de Sganarelle : "Entendez-vous, Monsieur..". L'incrédulité de Dom Juan se manifeste par ses interrogations, l'impression d'une reconnaissance "je crois connaître cette voix" le retour du passé, l'image d'une femme voilée, figure du temps, mais qui pourrait suggérer aussi le souvenir d'une femme connu. On assiste au grand spectacle des métamorphoses. La figure de femme se fait figure de la mort.

II) Le châtiment de DJ

Les trois scènes sont simultanément chaotiques. On assiste ainsi à une série de duos, de plus en plus terribles, Dom Juan et Sganarelle, Dom Juan et le Spectre, Dom Juan et la Statue. C'est ainsi que l'on découvre le châtiment de Don Juan en passant par les commentaires de son valet Sganarelle.

1. Dom Juan et la Statue Le héros ne se rend qu'au dernier appel, en homme d'honneur - c'est en homme d'honneur qu'il tirait son épée. Pour la troisième fois la Statue apparaît et c'est donc la dernière fois. L'engagement du repas est respecté dans la dernière scène. Dom Juan, en gentilhomme, respecte les usages et son Invité. il accepte de donner la main, et la main donnée est le signe de cet engagement dont, par fierté, on ne se défait pas. Le crescendo de menaces puis leur exécution traduisent une logique implacable, celle du châtiment : la présence de plus en plus menaçante, mobile et éloquente de la statue de pierre à la fin des actes III, IV et V manifeste cette progression de la mort. La fin de la pièce constitue elle-même une gradation d'avertissements que le héros refuse d'entendre. Le dernier jeu de scène est suggéré par les didascalies, jusqu'à la mort du héros que le personnage formule, pour la faire ressentir au public. Les flammes sont conformes à l'image attendue de l'enfer. Elle est la sanction de son "endurcissement" au péché, de son refus de toutes ses dernières chances de pardon. Il faut se repentir avant de mourir ; Dom Juan a refusé son statut. La représentation du châtiment passe ici par les mots, pour faire ressentir au public une agonie: la mort sur scène se trouve dans les mots, dans le jeu des signes de théâtre, mais aussi de la vie de Dom Juan. On note l'interjection, l'invocation, les exclamations, le langage émotif et l'expression pathétique d'une douleur foudroyante. Dom Juan est l'action d'un héros pris dans le coup final de la foudre. La longue didascalie souligne l'usage nécessaire de l'espace , ouverture du sol, bruitage, éclairage très lumineux, de nature à fasciner le public.

2. Les commentaires de Sganarelle Le mot de la fin est confié à Sganarelle. Celui-ci ne laisse pas le public sous l'effet de l'émotion et veut le ramener rationnellement au bilan de l'action, au verdict final. Il s'agit de rappeler au spectateur qu'il vient bien d'assister à un spectacle. D'où l'énumération d'une série d'Actions qui montrent l'ampleur du préjudice passé et donc la nécessité de la réparation qui vient d'avoir lieu : ""Ciel offensé, lois violées...". L'allitération en "é" à la fin soulignes bien les infractions punies de Dom Juan, pour arriver à la réparation des outrages : "Tout le monde est satisfait". On remarquera que Sganarelle récapitule les infractions à toutes les lois, divines - "Ciel offensé" - et humaines - "lois violées". Dom Juan est puni pour avoir été à la fois pécheur et hors-la-loi. La Statue de pierre du Commandeur vient venger le double manquement à la justice des hommes et à la justice de Dieu. Le Commandeur apparaît ainsi, dans le récapitulatif de Sganarelle, comme le juste vengeur de toutes les causes, familiales, morales et religieuses. Ce dernier mot de comédie (censuré à cause de son inconvenance) redonne ses droits au rire. "Mes gages !", exclamation incongrue dans sa répétition elle-même. Les destinataires mêmes sont incertains : Dom Juan ? Le Ciel ? Le public ? Molière, dans la pièce, refuse de laisser le dernier mot au sacré et veut revenir à un langage de comédie. Mais la préoccupation pour une récompense matérielle apparaît comme totalement décalée par rapport à ce qui vient de se produire, la mort dans un contexte surnaturel. III) Le bouleversement du dénouement

1. Une fin atypique Une comédie se termine, en principe, par le mariage : c'est ici un curieux mariage que cette ultime rencontre avec une femme voilée, dans cette main donnée à la Statue qui entraîne la mort violente. Dom Juan est une comédie atypique, de cinq actes en prose, et qui ne se termine pas comme les autres comédies de Molière. Cette pièce a des résonances judiciaires graves et lourdes. C'est le Libertin qui comparaît devant la justice divine, et qui est châtié de manière grandiose. Pourtant Molière, par rapport à ses prédécesseurs, a délibérément expédié ce dénouement. Le rire veut reprendre en effet avec les derniers mots incongrus de Sganarelle. On ne peut laisser le public sur l'émotion et il faut commenter le spectacle qui vient d'avoir lieu: ultime clin d'oeil au spectateur. Curieux retour à des préoccupations bassement matérielles, mais qui porte une symbolique de l'oeuvre jusqu'au bout, Dom Juan est celui qui ne paie pas ses gages, qui ne veut pas honorer ses dettes.

juan

« les mots, dans le jeu des signes de théâtre, mais aussi de la vie de Dom Juan.

On note l'interjection, l'invocation, les exclamations,le langage émotif et l'expression pathétique d'une douleur foudroyante.

Dom Juan est l'action d'un héros pris dans le coup final dela foudre.

La longue didascalie souligne l'usage nécessaire de l'espace , ouverture du sol, bruitage, éclairage très lumineux, denature à fasciner le public. 2.

Les commentaires de SganarelleLe mot de la fin est confié à Sganarelle.

Celui-ci ne laisse pas le public sous l'effet de l'émotion et veut le ramener rationnellementau bilan de l'action, au verdict final.

Il s'agit de rappeler au spectateur qu'il vient bien d'assister à un spectacle.

D'où l'énumérationd'une série d'Actions qui montrent l'ampleur du préjudice passé et donc la nécessité de la réparation qui vient d'avoir lieu : ""Cieloffensé, lois violées...".

L'allitération en "é" à la fin soulignes bien les infractions punies de Dom Juan, pour arriver à la réparationdes outrages : "Tout le monde est satisfait".

On remarquera que Sganarelle récapitule les infractions à toutes les lois, divines -"Ciel offensé" - et humaines - "lois violées".

Dom Juan est puni pour avoir été à la fois pécheur et hors-la-loi.

La Statue de pierredu Commandeur vient venger le double manquement à la justice des hommes et à la justice de Dieu.

Le Commandeur apparaîtainsi, dans le récapitulatif de Sganarelle, comme le juste vengeur de toutes les causes, familiales, morales et religieuses.

Ce derniermot de comédie (censuré à cause de son inconvenance) redonne ses droits au rire.

"Mes gages !", exclamation incongrue dans sarépétition elle-même.

Les destinataires mêmes sont incertains : Dom Juan ? Le Ciel ? Le public ? Molière, dans la pièce, refusede laisser le dernier mot au sacré et veut revenir à un langage de comédie.

Mais la préoccupation pour une récompense matérielleapparaît comme totalement décalée par rapport à ce qui vient de se produire, la mort dans un contexte surnaturel. III) Le bouleversement du dénouement 1.

Une fin atypiqueUne comédie se termine, en principe, par le mariage : c'est ici un curieux mariage que cette ultime rencontre avec une femmevoilée, dans cette main donnée à la Statue qui entraîne la mort violente.

Dom Juan est une comédie atypique, de cinq actes enprose, et qui ne se termine pas comme les autres comédies de Molière.

Cette pièce a des résonances judiciaires graves etlourdes.

C'est le Libertin qui comparaît devant la justice divine, et qui est châtié de manière grandiose.

Pourtant Molière, parrapport à ses prédécesseurs, a délibérément expédié ce dénouement.

Le rire veut reprendre en effet avec les derniers motsincongrus de Sganarelle.

On ne peut laisser le public sur l'émotion et il faut commenter le spectacle qui vient d'avoir lieu: ultimeclin d'oeil au spectateur.

Curieux retour à des préoccupations bassement matérielles, mais qui porte une symbolique de l'oeuvrejusqu'au bout, Dom Juan est celui qui ne paie pas ses gages, qui ne veut pas honorer ses dettes.. »

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