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Albert Camus « Les justes »

Publié le 02/08/2010

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Les Justes est une pièce de théâtre en 5 actes écrite par Albert Camus. (Écrivain, dramaturge, essayiste et philosophe français, il est né le 7 novembre 1913 en Algérie ; et meurt le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture. Il écrit de nombreuses œuvre comme l’étranger, la peste, le malentendu ou encore la chute. Albert camus reçu un prix Nobel de littérature en 1957 pour couronne une œuvre tout entière tourné vers la condition des hommes et qui, partant de l’absurde trouve une issue dans l’absurde. ) Les Justes, créés à Paris en 1949 alors que la ville peinait à se remettre du choc De la Deuxième Guerre mondiale, s’inspirent d’événements qui se sont déroulés En février 1905, à Moscou. L’écrivain est soucieux de présenter des personnages d’assassins qui éprouvent des sentiments comme tout le monde : la peur, l’amour, La pitié. Cette pièce expose les justifications politiques, philosophiques et parfois amoureuses, qui poussent les révolutionnaires à agir avec violence. La pièce « Les Justes « consiste en une protestation contre la barbarie. Il est important de préciser que l’expression « Justes « n’existe que depuis les années 1950, et désigne depuis lors les hommes et les femmes non juifs qui, pendant la dernière guerre, au péril de leur vie, on eut le courage de secourir des personnes en danger, en les cachant ou en les aidant à fuir. En 1949, lorsque Camus présente les justes comme des individus animés par un réel idéal politique et prêt à sacrifier leurs vies en son nom  Personnages : Les personnages s’interrogent sur leurs idéologies, qui, se mêlant au terrorisme, recèlent un caractère destructeur concourant à la perte de leur innocence. Celle-ci est remise en question par l’acte mortel qu’ils vont exécuter, et se questionnent sur la véritable signification de ce qu’ils s’apprêtent à faire, après de long mois d’attente : tuer serait le seul et unique moyen de parvenir à un monde meilleur, ou n’est-ce qu’une possibilité facultative ? Prendre la vie de personnes allant à l’encontre de ses idéologies est un acte héroïque compte tenu d’une situation intenable, ou n’est-ce qu’un moyen abominable de plus pour frapper fort et tenter de bouleverser l’ordre établi ?  Kaliayev C'est le héros des "Justes", celui que Camus a choisi pour livrer sa pensée Il n'a rien d'un révolutionnaire tel qu'on se l'imagine : il est jeune, amoureux de la vie, veut le bonheur, a beaucoup de fantaisie. L'amour qu'il porte au peuple le mène au terrorisme et en fait un meurtrier : sa hâte à lancer sa bombe n'a d'équivalent que sa hâte à mourir pour racheter sa faute qu'il assume pourtant pleinement. Son romantisme révolutionnaire, son idéalisme entraînent chez lui des contradictions qui minent sa joie de vivre, son tempérament trop sensible. Mais il résistera à toutes les tentations dans sa cellule : il sera donc un "meurtrier innocent".  Stepan Il est l'antithèse de Kaliayev. Personnage d'invention, il se présente comme un activiste infatigable, n'ayant d'autre but que l'efficacité. C'est un personnage excessif qui n'agit que pour échapper au désespoir. Il affirme d'ailleurs : "Pour nous qui ne croyons pas en Dieu, il faut toute la justice, ou c'est le désespoir". Son désespoir ne tient pas seulement à son athéisme, mais à une douleur personnelle, celle que lui ont causée les coups de fouet reçus jadis et dont il a conservé les marques sur sa peau. Vers la fin de la pièce, sa dureté s'atténue. La mort de ce Kaliayev qu'il enviait semble l'avoir à la fois soulagé et quelque peu ému.  Annenkov Chef du groupe terroriste, Boris Annenkov possède toutes les qualités nécessaires à cette fonction. Il entraîne l'estime par sa pondération, son désir d'éviter dans le groupe les scissions, les excès et le découragement. On devine qu'il a goûté le plaisir et la vie facile avant d'être entré dans l'Organisation. Il reste néanmoins un homme plein de tourments et de doutes  Voinov Harcelé de doutes sur lui-même, c'est un révolutionnaire qui ne peut se maintenir dans les groupes d'action directe. Il se dit heureux de lancer la bombe mais avouera qu'il a toujours eu peur et qu'il n'est pas fait pour la terreur. Impressionné par le charisme de Kaliayev, il reviendra finalement au sein du groupe. Il représente un peu l'humanité moyenne prise dans la tourmente révolutionnaire.  Dora Camus a toujours dit que Dora était un personnage qu'il appréciait particulièrement. Chez elle, tout vient de l'amour, que ce soit les sentiments ou les idées. L'amour du peuple l'a conduite au socialisme révolutionnaire mais elle s'aperçoit bien vite qu'il s'agit d'un amour sans appui, d'un amour malheureux, parce que non payé en retour. Elle a parfois besoin d'un autre amour, fait de dialogue, de douceur, de tendresse. Elle découvre que, comme Kaliayev, elle est humaine et amoureuse, que la beauté est aussi importante que la justice, et le bonheur aussi valable que la révolution. Elle se ressaisit mais elle vit dans une véritable communion avec Kaliayev : la mort de celui-ci signifiera sa propre mort.  La pièce est découpée en 5 actes qui entretiennent le récapitulatif des 5 parties que compose l’attentat. Dans l’acte I, l’idée d’élaborer un attentat est exprimée, et même projetée par les révolutionnaires. La totalité de leurs actes semble être pensée, profondément analysée, et ces réflexions semblent avoir animées les personnages d’une envie encore plus folle de commettre l’irréparable. Ainsi, la situation de l’œuvre est posée, et un futur incertain assuré.  Dans l’acte II, après l’assurance de Kaliayev et de Voinov à jeter respectivement la première et la seconde bombe, et tandis que Dora et Yannenkov visualisent l’évènement de l’appartement situé non loin du lieu du drame, ils s’aperçoivent que l’attentat n’a pas bel et bien été commis, et que Kaliayev en est le responsable : effectivement, après un temps d’attente, celui-ci revient les avertir qu’il n’a pu tuer le grand-duc par le simple fait qu’il y avait la présence d’enfants dans la calèche. Fou de colère, Stepan réagit violemment à ce manque de froideur qu’il considère comme de la lâcheté. C’est véritablement le premier problème qui se pose à leurs yeux, et le tout premier rebondissement dans cette « aventure meurtrière. «  L’acte III est littéralement la poursuite de l’acte II : ces actes s’enchaînent à une vitesse ahurissante, et ne sont pas même entrecoupés d’un minuscule laps de temps. Ainsi, Voinov quitte le groupe en se rendant compte qu’il ne parviendra jamais à être à la hauteur, et intègre alors le groupe de propagande du parti. Là où intervient l’attente qu’ils connurent durant la préparation de l’attentat, c’est au travers des deux jours qui comportent le premier et l’ultime attentat. Entre ces deux intervalles, la conversation se poursuit entre les membres du parti, à la recherche d’une quelconque faille, et au perfectionnement de leur plan. Cette deuxième attente marque le milieu de cette pièce de théâtre, et la dernière phase avant le dénouement final.  Ce dénouement final approche dans l’acte IV. Effectivement, Kaliayev est emprisonné pour avoir attenté à la vie d’autrui, et a « écopé « la peine capitale. L’acte se déroule donc dans la prison, autour du personnage central de kaliayev. Interviennent alors trois autres personnages qui se succèdent autour du prisonnier : Foka le prisonnier nettoie le sol et discute avec Kaliayev ; Skouratov, qui est le directeur, demande à Kaliayev de se repentir, et ainsi de trahir ses compagnons et ses convictions ; et la duchesse lui propose de se confesser sur l’humanité de son acte. C’est le seul et unique acte qui fait intervenir avec autant de rapidité et d’efficacité différents personnages qui soutiennent par leurs oppositions le point de vue de Kaliayev et sa détermination à expier son acte…  La nuit de l’exécution regroupe l’acte V dans sa totalité : tous les terroristes – sans exception - attendent l’annonce de la mort de leur « fraternel. « L’hypothèse de la trahison de Kaliayev est évoquée, puis réfutée par les nouvelles de sa mort par décapitation. Le choc est brutal, et Dora prend alors une attitude semblable à celle de Stepan pour crier sa colère, et désire se jeter dans un terrorisme absolu pour venger « son « Kaliayev et le rejoindre de la même atroce manière. Cet acte finit par ce tragique destin d’une âme qui s’était jurée d’abolir la tyrannie des grands et des puissants ; mais aussi par la dernière phrase de Dora, et ainsi de la pièce : « Yanek * ! Une nuit froide, et la même corde ! Tout sera plus facile maintenant. «  * Yanek est le diminutif russe de Kaliayev. Un diminutif en russe est bien souvent la réduction d’un prénom, voire un second prénom. Ainsi, en russe, lorsque le même prénom figure deux fois dans un même groupe, le diminutif est utilisé pour qu’aucune personne ne soit confondue. A noter que chaque prénom possède son diminutif, et que celui-ci possède la même valeur qu’un prénom : cela implique que le diminutif est bel et bien un prénom, et non un pseudo ou un surnom.  5. Les thèmes de la pièce.  La pièce s'articule autour de deux thèmes principaux qui se combattent et qui arrivent à un équilibre instable, voire impossible.  - la justice : les révolutionnaires se sont fixé un but qu'ils se doivent d'atteindre: délivrer la population russe de l'oppression exercée par le régime tsariste. Ils veulent la liberté et un idéal de justice qui constitue pour eux un devoir à remplir. Ils sont assoiffés de justice et sont pour cela obligés de recourir à des moyens violents.  - la violence : c'est le délicat problème de la fin et des moyens : peut-on employer tous les moyens pour arriver à ses fins? Les avis sont partagés. Deux phrases importantes à ce niveau : "Je ne puis te laisser dire que tout est permis" (p.61) Annenkov encore dit : "Des centaines de nos frères sont morts pour qu'on sache que tout n'est pas permis".  Le problème est le suivant : admettre les excès et l'injustice des moyens, c'est condamner la révolution à un échec spirituel, donc fondamental. Exiger la pureté des moyens, refuser certaines actions salissantes, c'est compromettre le succès de la révolution. Il semble que Camus ait cru trouver un juste milieu, une solution même, dans l'attitude suivante : il y a des cas où l'excès de l'injustice oblige à recourir à la violence. Il faut alors que la violence obéisse non à une doctrine ou à une raison d'Etat, mais aux valeurs humaines. On est ainsi, pense Camus, dans le sens de la vie. Concluons cette petite approche par une parole de Dora : "C'est facile, c'est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre".

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« assuré. Dans l'acte II, après l'assurance de Kaliayev et de Voinov à jeter respectivement la première et la seconde bombe,et tandis que Dora et Yannenkov visualisent l'évènement de l'appartement situé non loin du lieu du drame, ilss'aperçoivent que l'attentat n'a pas bel et bien été commis, et que Kaliayev en est le responsable : effectivement,après un temps d'attente, celui-ci revient les avertir qu'il n'a pu tuer le grand-duc par le simple fait qu'il y avait laprésence d'enfants dans la calèche.

Fou de colère, Stepan réagit violemment à ce manque de froideur qu'ilconsidère comme de la lâcheté.

C'est véritablement le premier problème qui se pose à leurs yeux, et le tout premierrebondissement dans cette « aventure meurtrière.

» L'acte III est littéralement la poursuite de l'acte II : ces actes s'enchaînent à une vitesse ahurissante, et ne sontpas même entrecoupés d'un minuscule laps de temps.

Ainsi, Voinov quitte le groupe en se rendant compte qu'il neparviendra jamais à être à la hauteur, et intègre alors le groupe de propagande du parti.

Là où intervient l'attentequ'ils connurent durant la préparation de l'attentat, c'est au travers des deux jours qui comportent le premier etl'ultime attentat.

Entre ces deux intervalles, la conversation se poursuit entre les membres du parti, à la recherched'une quelconque faille, et au perfectionnement de leur plan.

Cette deuxième attente marque le milieu de cettepièce de théâtre, et la dernière phase avant le dénouement final. Ce dénouement final approche dans l'acte IV.

Effectivement, Kaliayev est emprisonné pour avoir attenté à la vied'autrui, et a « écopé » la peine capitale.

L'acte se déroule donc dans la prison, autour du personnage central dekaliayev.

Interviennent alors trois autres personnages qui se succèdent autour du prisonnier : Foka le prisonniernettoie le sol et discute avec Kaliayev ; Skouratov, qui est le directeur, demande à Kaliayev de se repentir, et ainside trahir ses compagnons et ses convictions ; et la duchesse lui propose de se confesser sur l'humanité de sonacte.

C'est le seul et unique acte qui fait intervenir avec autant de rapidité et d'efficacité différents personnagesqui soutiennent par leurs oppositions le point de vue de Kaliayev et sa détermination à expier son acte… La nuit de l'exécution regroupe l'acte V dans sa totalité : tous les terroristes – sans exception - attendent l'annoncede la mort de leur « fraternel.

» L'hypothèse de la trahison de Kaliayev est évoquée, puis réfutée par les nouvellesde sa mort par décapitation.

Le choc est brutal, et Dora prend alors une attitude semblable à celle de Stepan pourcrier sa colère, et désire se jeter dans un terrorisme absolu pour venger « son » Kaliayev et le rejoindre de la mêmeatroce manière.

Cet acte finit par ce tragique destin d'une âme qui s'était jurée d'abolir la tyrannie des grands etdes puissants ; mais aussi par la dernière phrase de Dora, et ainsi de la pièce : « Yanek * ! Une nuit froide, et lamême corde ! Tout sera plus facile maintenant.

» * Yanek est le diminutif russe de Kaliayev.

Un diminutif en russe est bien souvent la réduction d'un prénom, voire unsecond prénom.

Ainsi, en russe, lorsque le même prénom figure deux fois dans un même groupe, le diminutif estutilisé pour qu'aucune personne ne soit confondue.

A noter que chaque prénom possède son diminutif, et que celui-ci possède la même valeur qu'un prénom : cela implique que le diminutif est bel et bien un prénom, et non un pseudoou un surnom. 5.

Les thèmes de la pièce. La pièce s'articule autour de deux thèmes principaux qui se combattent et qui arrivent à un équilibre instable, voireimpossible. - la justice : les révolutionnaires se sont fixé un but qu'ils se doivent d'atteindre: délivrer la population russe del'oppression exercée par le régime tsariste.

Ils veulent la liberté et un idéal de justice qui constitue pour eux undevoir à remplir.

Ils sont assoiffés de justice et sont pour cela obligés de recourir à des moyens violents. - la violence : c'est le délicat problème de la fin et des moyens : peut-on employer tous les moyens pour arriver àses fins? Les avis sont partagés.

Deux phrases importantes à ce niveau : "Je ne puis te laisser dire que tout estpermis" (p.61) Annenkov encore dit : "Des centaines de nos frères sont morts pour qu'on sache que tout n'est paspermis". Le problème est le suivant : admettre les excès et l'injustice des moyens, c'est condamner la révolution à un échecspirituel, donc fondamental.

Exiger la pureté des moyens, refuser certaines actions salissantes, c'est compromettrele succès de la révolution.

Il semble que Camus ait cru trouver un juste milieu, une solution même, dans l'attitudesuivante : il y a des cas où l'excès de l'injustice oblige à recourir à la violence.

Il faut alors que la violence obéissenon à une doctrine ou à une raison d'Etat, mais aux valeurs humaines.

On est ainsi, pense Camus, dans le sens de lavie.

Concluons cette petite approche par une parole de Dora : "C'est facile, c'est tellement plus facile de mourir deses contradictions que de les vivre".. »

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