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Anna Freud, le Traitement psychanalytique des enfants (extrait) Fille de Sigmund Freud, Anna Freud entre à son tour dans le mouvement psychanalytique dans les années vingt par ses travaux sur la psychanalyse des enfants.

Publié le 27/04/2013

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Anna Freud, le Traitement psychanalytique des enfants (extrait) Fille de Sigmund Freud, Anna Freud entre à son tour dans le mouvement psychanalytique dans les années vingt par ses travaux sur la psychanalyse des enfants. Elle applique une pédagogie du moi, comme dans ce cas d'analyse d'un petit garçon de dix ans, chez qui elle provoque « une scission dans le moi intime de l'enfant « qui apparaît comme une « phase préliminaire du traitement «. Ce texte est extrait d'une série de conférences faites à l'Institut psychanalytique de Vienne, rassemblées et publiées en 1927 dans son ouvrage traduit en français en 1951, le Traitement psychanalytique des enfants. Le Traitement psychanalytique des enfants d'Anna Freud On me proposa d'analyser un autre garçon de dix ans qui, depuis quelque temps, présentait un symptôme très désagréable et très inquiétant pour son entourage. Il se livrait à des accès de colère et de méchanceté, qui se produisaient chez lui sans cause extérieure compréhensible, et qui étaient d'autant plus frappants que l'enfant était d'ordinaire plutôt timide et craintif. La confiance de l'enfant fut, dans ce cas, facile à obtenir, car je lui étais déjà connue d'autre part. Le recours à une analyse s'accordait aussi tout à fait avec ses propres intentions, car sa petite soeur était déjà ma patiente, et la jalousie qu'il ressentait des avantages qu'elle en tirait au sein de la famille contribuait à diriger ses désirs du même côté. Malgré cela, je ne trouvai aucun point d'attaque pour l'analyse. Mais l'explication ne fut pas longue à venir. Le garçon considérait bien ses craintes comme une sorte de maladie, et faisait effort pour s'en débarrasser. Mais il n'en était pas de même quant au plus important de ses symptômes, ses accès de fureur. Il en était positivement fier et les considérait comme quelque chose qui le distinguait aux yeux d'autrui, quoique pas précisément de la manière la plus favorable. Il jouissait du souci qu'il causait ainsi à ses parents. Il se sentait par là, en quelque sorte, attaché à ce symptôme et aurait probablement résisté à toutes les tentatives de l'en délivrer, par l'analyse. Ici encore, je me servis d'un moyen détourné et pas très droit. Je résolus de le mettre en opposition avec cette partie de lui-même, je lui fis décrire ses accès aussi souvent qu'ils se produisaient, je me montrai soucieuse et grave à leur sujet. Je m'informai en quelle mesure il était en somme encore maître de ses actes dans de tels moments, et comparai sa colère à celle d'un fou pour lequel mon aide pouvait à peine être prise en considération. Il en fut surpris et déconcerté, car il ne convenait plus à son amour-propre d'être considéré comme fou. Il chercha alors de lui-même à dominer ses accès, il commença de s'opposer à eux, au lieu de les surestimer comme précédemment, et, constatant sa réelle impuissance à les réprimer, il éprouva une aggravation de sa souffrance et de son mécontentement de lui-même. Finalement, après plusieurs essais infructueux, le symptôme ne fut plus considéré comme un avantage précieux, mais comme un défaut gênant, dont il devait se corriger, et il se montra tout prêt à accepter mon aide pour cela. [...] Source : Freud (Anna), le Traitement psychanalytique des enfants, trad. par Élizabeth Rochat et Anne Berman, Paris, PUF, 1951. Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

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