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Commentaire composé - Émile Zola- L'Oeuvre

Publié le 04/11/2012

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Émile Zola est un écrivain et journaliste de la seconde moitie du XIXème siècle. C'est un ami proche et défenseur de nombreux peintres tels qu'Édouard Manet, Paul Cézanne, Claude Monet et autres paysagistes. L'Oeuvre, écrit en 1886, est le quatorzième volume du cycle des Rougon-Macquart, décrivant le monde des arts et plus particulièrement le monde de la peinture, et mettant en scène des artistes a la personnalité fragile et aux tempéraments exacerbés. C'est d'ailleurs le roman de réflexion sur l'art le plus approfondi de Zola, qui met en avant son savoir de critique d'art. Il dit a propos de son ouvrage: “C'est un roman ou mes souvenirs et mon c½ur ont débordé”. Le roman appartient au courant naturaliste, Zola étant un fervent défenseur et chef de file du mouvement. Le passage étudié se déroule a la fin du chapitre 3, lorsqu'après une journée pleine d'ardeur artistique entre camarades, Claude pars de chez Sandoz très tard dans la nuit, et flâne en compagnie de Bongrand dans le Paris nocturne, où la tranquillité des rues est propice a l'essor artistique. Ce passage est également pleinement marqué par la ferveur, l'enthousiasme, l'espoir, et l'idéal artistiques. Il fait également écho avec le début du chapitre, offrant un grand contraste : Claude tout d'abord désespéré de “ne pouvoir accoucher de son génie” au début du chapitre: “Il était tombé dans un de ces doutes qui lui faisaient exécrer la peinture, d'une exécration d'amant trahi, accablant l'infidèle d'insultes, torturé du besoin de l'adorer encore”, se voit maintenant submergé du désir de créer. Cet extrait peut de plus être divisé en trois parties. La première décrivant l'état d'âme de Claude, la seconde illustrant le point de vue sur l'art de Bongrand, la troisième brossant une légère description du Paris qui s'éveille. On assiste aussi a une différente intensité de l'action, selon ces trois parties :l'atmosphère parait tout d'abord paisible ( silence des rues désertées), puis va en s'intensifiant, lorsque Claude exprime sa soif de retourner a sa peinture. Bongrand fait monter le “dialogue” d'un cran, en affirmant a son compagnon d'une manière quelque peu violente que “cette sacrée peinture est un métier du tonnerre de Dieu”. Cette intensité baisse alors avec l'arrivée des maraichers, qui crée une sorte d'apaisement avec l'arrivée d'un jour nouveau. En quoi dans ce passage, Zola reflète t-il l'univers et les tempéraments des peintres de son époque? Nous verrons tout d'abord que Claude et Bongrand sont deux amis aux horizons artistiques a la fois proche et lointains, puis que les deux artistes exercent une relation passionnelle et charnelle avec leur art, et qu'enfin, l'atmosphère décrite est propice a l'épanouissement artistique des peintres. Claude et Bongrand sont avant tout deux amis aux horizons artistiques a la fois proches et lointains. Claude est l'incarnation du peintre fougueux et onirique. En effet, emporté par une “bonne journée de camaraderie”, il se sent alors prêt a créer, a dévoiler au monde son génie,bouillonnant d'impatience et d'excitation a l'idée de se retourner a sa toile, après avoir traverse une rude période d'incertitude. L'adverbe “enfin” marque d'ailleurs le terme d'une longue attente. Ainsi, ce premier mouvement est marque par l'ardeur, la passion et l'exaltation artistiques du moment, comme l'indique le champ lexical de l'enthousiasme: “il ne voulait pas se coucher”, “rage d'impatience”, “certain de faire un chef-d'½uvre”, “exalté”, “la tête douloureuse et grosse d'un monde”, “enfin il avait trouve la peinture”, “le c½ur battant a grands coups”, “il réalisait son rêve”. Cependant, le terme “cette fois” nous indique que Claude a eu auparavant plusieurs accès d'enthousiasme pendant lesquels il était convaincu d'accoucher de son génie. Celui-ci bascule donc entre un doute certain et un enthousiasme quelque peu inconstant. Il affirme néanmoins qu'il est maintenant “certain” de pouvoir créer, et éloigne tout doute. En outre, Claude est un peintre au tempérament rêveur , car finalement, tout son désir de créer est exprime par sa rêverie, notamment avec l'emploi du verbe “il se voyait”, qui nous indique qu'il s'imagine en train de réaliser “son rêve”. De plus, l'imparfait employé ne fait pas référence au passé; mais a une action imaginaire. De son cote, Bongrand représente le peintre expérimenté et pragmatique, doutant toutefois de son art. Selon lui, la peinture n'est pas un acquis, et personne ne la maitrisera jamais parfaitement. Il révèle a Claude qu' “a chaque ½uvre nouvelle, il débutait”. Le “chaque” marquant la répétition, certifie ses propos. Cette révélation étonne et surprend alors le lecteur, car Bongrand étant qualifie comme un peintre d'expérience, nous divulgue soudainement qu'il ne domine pas “encore” la peinture, sous entendant qu'il lui reste tout a apprendre de son art, ce qui renvoie a l'idée que l'artiste ne peut lutter contre la nature. On note une antithèse entre “malin” et “n'y entendait rien”, ainsi que la structure idiomatique “avoir beau être”, qui permettent de souligner ce paradoxe. L'action est également saccadée par ses réflexions déconcertantes, exprimées par des phrases sèches, entrecoupées de virgules. Même si tous deux semblent échanger leurs multiples idées concernant leur art, ils n'entreprennent cependant qu'un pseudo dialogue. On observe effectivement une progression du pronom personnel “il” de Claude, au “il” de Bongrand. Il n'y a toutefois pas de fusion entre les deux, illustrant leur différente perception de la peinture. De plus, ils ne s'écoutent même pas, car il est indiqué que tous deux continuent a marcher, “chacun parlant pour lui”. Ils expriment a voix haute leurs “rêves”, qui sont cette fois-ci deux occurrences qui se rejoignent. Mais si Claude et Bongrand diffèrent dans leurs idées, il éprouvent tous deux la même relation charnelle et avec leur art. Il semble en effet que la peinture appartient a Claude, comme Claude appartient à la peinture, cette passion provoque chez lui des réactions similaires a celles que provoque l'amour, notamment le doute et l'enthousiasme. On remarque cela lorsque celui-ci “se voyait rentrant dans son atelier, comme on retourne chez une femme adorée”. Cette comparaison tire la ressemblance entre le fait de rentrer chez la “femme adorée” et de rentrer dans son atelier. Claude peint de plus des femmes, comme si celles-ci (représentées sur la toile) étaient vivantes. Son but est en effet de donner la vie a ses ½uvres. Il se rend donc effectivement chez son amante la peinture, ce qui fait le cas ici d'une personnification. Celui-ci, également transporté par la passion artistique retrouvée s'imagine qu' “en une séance”, il lui sera possible de réaliser “son rêve”. Or, ce rêve qu'il s'approprie par un déterminant possessif et qui est également rêve de tous les artistes, montre bien que l'artiste n'a qu'un seul objectif dans sa vie, et qu'il est a jamais marié a son art. Comme le montre “une rage d'impatience”, Zola personnifie le désir qu'éprouve Claude a retravailler son tableau, afin de crédibiliser cette soif de créer, la rendant presque féroce. On remarque en outre une tonalité sacrée et presque divine de la peinture. En affirmant que que “cette sacrée peinture était un métier du tonnerre de Dieu”, Bongrand fait allusion a la religion. Il loue et damne ainsi son art, employant le double sens du terme “sacrée”, usant aussi d'un registre de langue familier, dû à son emportement. Or, même si il éprouve un profond respect pour son art, il n'hésite pas a l'offenser, ainsi que la religion. Il s'avèrerait ainsi que l'épanouissement artistique dépend d'une force supérieure au peintre, ce qui renvoie a l'idée de créateur que se doit d'incarner l'artiste. Les rapports de force sont donc posés. Le peintre, malgré sa persévérance ne peut égaler la force divine qu'est la nature. L'atmosphère décrite est assurément propice a l'épanouissement artistique. La nuit noire plonge l'artiste ainsi que le lecteur dans l'ambiance du moment. On peut ainsi imaginer le son des cloches troubler le silence nocturne. “Les rues” sont de plus “désertes”, ce qui maintient une certaine sérénité, car les deux amis sont surs que personne ne viendra perturber leur échange anime par la fièvre artistique, s'offrant ainsi le luxe de parler sans se soucier que quelqu'un ne les écoute. On hésite aussi entre rêve et réalité, entre la cécité réelle de la nuit et la cécité symbolique de la “passion qui rend aveugle”. L'atmosphère typiquement parisienne renforce cet aspect de calme et de sérénité, notamment par la description finale “des maraichers qui commençaient a descendre vers les halles”. La descente des maraichers adoucit d'autant plus cette quiétude du temps qui “coule”. Le lecteur ne perd ainsi pas ses repères spatio-temporels, tout en étant transporté par la description du Paris qui s'éveille, avec la venue du jour décrite par les périphrases “le ciel s'éclairait” et les “étoiles pâlissantes”. Paris est bien la ville artistique par excellence. C'est dans cette ville que Claude, comme de nombreux peintres de son époque, et comme Zola, flâne amoureusement, afin d'y puiser l'inspiration dans des lieux typiques tels que “les Halles”, ville de la gloire artistique.
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« Cette intensité baisse alors avec l'arrivée des maraichers, qui crée une sorte d'apaisement avec l'arrivée d'un jour nouveau. En quoi dans ce passage, Zola reflète t-il l'univers et les tempéraments des peintres de son époque? Nous verrons tout d'abord que Claude et Bongrand sont deux amis aux horizons artistiques a la fois proche et lointains, puis que les deux artistes exercent une relation passionnelle et charnelle avec leur art, et qu'enfin, l'atmosphère décrite est propice a l'épanouissement artistique des peintres. Claude et Bongrand sont avant tout deux amis aux horizons artistiques a la fois proches et lointains.

Claude est l'incarnation du peintre fougueux et onirique.

En effet, emporté par une “bonne journée de camaraderie”, il se sent alors prêt a créer, a dévoiler au monde son génie,bouillonnant d'impatience et d'excitation a l'idée de se retourner a sa toile, après avoir traverse une rude période d'incertitude.

L'adverbe “enfin” marque d'ailleurs le terme d'une longue attente.

Ainsi, ce premier mouvement est marque par l'ardeur, la passion et l'exaltation artistiques du moment, comme l'indique le champ lexical de l'enthousiasme: “il ne voulait pas se coucher”, “rage d'impatience”, “certain de faire un chef-d'½uvre”, “exalté”, “la tête douloureuse et grosse d'un monde”, “enfin il avait trouve la peinture”, “le c½ur battant a grands coups”, “il réalisait son rêve”.

Cependant, le terme “cette fois” nous indique que Claude a eu auparavant plusieurs accès d'enthousiasme pendant lesquels il était convaincu d'accoucher de son génie. Celui-ci bascule donc entre un doute certain et un enthousiasme quelque peu inconstant.

Il affirme néanmoins qu'il est maintenant “certain” de pouvoir créer, et éloigne tout doute. En outre, Claude est un peintre au tempérament rêveur , car finalement, tout son désir de créer est exprime par sa rêverie, notamment avec l'emploi du verbe “il se voyait”, qui nous indique qu'il s'imagine en train de réaliser “son rêve”.

De plus, l'imparfait employé ne fait pas référence au passé; mais a une action imaginaire. De son cote, Bongrand représente le peintre expérimenté et pragmatique, doutant toutefois de son art.

Selon lui, la peinture n'est pas un acquis, et personne ne la maitrisera jamais parfaitement.

Il révèle a Claude qu' “a chaque ½uvre nouvelle, il débutait”.

Le “chaque” marquant la répétition, certifie. »

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