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Diderot.

Publié le 02/02/2013

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Diderot. Un individu entre chez Diderot. Celui-ci ne l'a jamais vu. Il ignorait même son existence. « Il commence à parler, mais d'abord si bas et si vite, que, quoique je sois auprès de lui, dit cet individu, j'ai peine à l'entendre et à le suivre. Je vois dans l'instant que tout mon rôle dans cette scène doit se borner à l'admirer en silence, et ce parti ne me coûte pas à prendre. Peu à peu, sa voix s'élève et devient distincte et sonore ; il était d'abord presque immobile ; ses gestes deviennent fréquents et animés. Il ne m'a jamais vu que dans ce moment, et lorsque nous sommes debout, il m'environne de ses bras ; lorsque nous sommes assis, il me frappe sur la cuisse, comme si elle était à lui. Si les liaisons rapides et légères de son discours amènent le mot de lois, il me fait un plan de législation ; si elles amènent le mot théâtres, il me donne à choisir entre cinq ou six plans de tragédies et de drames. A propos des tableaux qu'il est nécessaire de mettre sur le théâtre où l'on doit voir des scènes et non pas entendre des dialogues, il se rappelle que Tacite est le plus grand peintre de l'antiquité, et il me récite ou me traduit les Annales on les Histoires. Il me joue une scène entière de Térence ; il chante presque plusieurs chansons d'Horace. Beaucoup de monde entre alors dans son appartement. Le bruit des chaises qu'on avance et qu'on recule, le fait sortir de son enthousiasme et de son monologue. Il me distingue de la compagnie, et vient à moi comme à quelqu'un que l'on retrouve après l'avoir vu autrefois avec plaisir. En nous séparant, il me donne deux baisers sur le front, et arrache sa main de la mienne avec une douleur véritable. « (Garat.)

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