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Etude analytique - Albert Camus : L'Etranger, le meutre

Publié le 23/05/2012

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Commentaire chp 6 : « Le meutre » - L'Etranger d'Albert Camus

 

 

Introduction :

 

Situé à la fin de la première partie du romain, cet extrait constitue un moment clé du texte : avec le meurtre de l'Arabe, c'est tout le destin de M. qui, d'un coup, va basculer.

On étudiera comment l'omniprésence du soleil contribue à enfermer M. ds un engrenage tragique au bout duquel, l'irrémédiable accompli, s'amorce la transformation du pers.

I . L'omniprésence du soleil :

 

Soleil → presque le 3pers. de l'extrait → domine de toute sa présence

anaphore du mot soleil : 5fois

→ soleil = doublement insupportablechaleur puis chaleur intense.

→ « brûlure », « brûlante » → reprenne cette idée (déjà présente ds les pages précédentes)

« souffle épais et ardent » (du lat. ardere → brûler) + « pleuvoir du feu » → renforce cette idée → soleil = brasier.

 

soleil → « lumière » (10) ; intensité de celle là aussi insupportable que la chaleur → « étincelante » et « éclatant »

 

Présence doublement hostile → soleil exerce une emprise à laquelle il est impossible d'échapper : « je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas »

→ on peut que en subir les effets pénibles → M. = être sensoriel → ressent intensément cette force qui pèse sur lui.

 

Présence du soleil → source de souffrance pour M.

→ « me faisait mal », « douloureux », « m'atteignait », « je ne pouvais plus supporter »

malaise → idée d'agression → images qui assimilent la lumière à une « lame », « glaive » « épée »

Caractère agressif de la lumière → vbs exprimant actions brutales/instantanées

→ « giclé », « jailli »

→ souffrance → torture → vbs « rongeait », « fouillait » → souffrance taraudante.

En plus de ce malaise → celui provoqué par la sueur.

→ évoqué 2fois directement (l.12-27) + 1 fois à travers l'image du « rideau de larmes et de sel »→ ressentie comme une gène.

 

Sur le visage de M. que se concentre les effets pernicieux de la chaleur et du soleil.

→ manière dont st détaillés avec un soin minutieux les composants du visage → chaque millimètres = souffrance : il sent « les veines » de son « front » battant « ensemble sous la peau »

par 2 fois → question du « front » (12-17), des « yeux » (15-20) + 1 fois « sourcils » (13) « cils »(19) et des paupières (14)

 

Sensation visuelles/ tactiles → + sensation auditive tout aussi pénible : « Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front » (16-17)

M.→ submergé par la douleur physique que provoque le soleil en lui.

→il reconnaît le malaise + les effets nocifs qu'il ressent : «  C'était le même soleil […] le front surtout me faisait mal » (l. 1-3)

M. n'a qu'une enviese débarrasser de cette souffrance en avançant « vers la source »

besoin irrépressible + geste instinctif qui va suivre → la tragédie.

 

II : L'engrenage tragique :

 

A cause du soleil → M. va accomplir le geste qui va précipiter les choses : «  A cause de cette brûlure[...]un mouvement en avant » (4-5)

mvt infime → un simple « pas » → avoir une dimension énorme : répétition du mot : « Je ne me débarrasserais pas du soleil […] un seul pas en avant » (6-8)

A noter → M. décompose minutieusement son geste : « j'ai fait un pas, un seul pas en avant » (7-8)

Ce pas va fait pénétrer le pers. ds le domaine de la tragédie.

→M. sait que ce pas ne devrait pas avoir lieu → « Je savais […] pas du soleil » ( 5-7)

→M. sait même que c'est une erreur → Je savais que c'était stupide » (5-6)

C'est justement une erreur qui déclenche inéluctablement le mécanisme tragique.

 

Ce geste → mécanisme inéluctable → se met un engrenage à 4 étapes nettement marquées.

→ 1ère : le pas en lui même

→ 2ème : double conséquence immédiate de l'étape 1 → « Et cette fois » (8), « Au même instant » (12) : insistent sur le mvt de l'Arabe + sur la sueur sur le visage de M.

→ 3ème : « C'est alors que tout a vacillé » (20) → effet de progression

→ 4ème : ultime étape « et c'est la […] que tout à commencer » (25-27)

Une fois « l'erreur » commisse → M. pris ds un engrenage :comme le héros tragiquemanipulé par le destin.

véritable embrassement de l’univers moment d'apocalypse

la mer puis le ciel deviennent du feu : « La mer a charrié un souffle épais et ardent […] pleuvoir du feu » (23-24)

M. n'agit pas de façon volontaire/consciente → le pas était déjà comme un geste instinctif.

→ encore un espèce de réflexe face à cette impression d'embrasement.

tension/ crispation encore + involontaire que conscientes/voulues : « Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le révolver » (23-24)

Comme si les objets agissaient d'eux même → « La gâchette a cédé » (24)

Résumé de l'acte de M. par « j'ai tiré » est absente → remplacé par « la gâchette a cédé » + « J'ai touché le ventre poli de la crosse » : instant exact du coup de feu pas rapporté.

ellipse alors que l'action ne dure qu'une fraction de secondeM. n'agit pas vraiment mais « est agi »

 

M. comme tout H. tragique → dominé tt le long de cette sc. par le destin.

→ symbolisé par son aveuglement

double originelumière éblouissante : « Cette épée brûlante […] mes yeux » (19-20)

sueur : « a coulé d'un coup […] tiède et épais » (13-14)

→ le texte insiste sur l'image du « voile » : « Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel » (15-16)

cécité (déficience visuelle totale) de M. se prolonge jusqu'au moment fatidique du meurtre → c'est après avoir tiré qu'il retrouve la vue : « J'ai secoué la sueur et le soleil » (27)

coïncidence très symbolique aussi → semble que son geste fait pdt sa période d'aveuglement débouche sur une prise de conscience finale.

 

Acte → cassure irrémédiable ds sa vie → la transformation progressive du pers.

III : Meursault : le début d'une transformation :

 

Fait que M. retrouve la vue transformation psychologique

→ geste → perte irrémédiable de ce qu'il avait été juste là ds son existence : « détruire » (28)

→ c'est au moment où il les perd qu'il prend mesure des choses qu'il avait : « l'équilibre du jour » (28), « le silence exceptionnel de la plage où j'avais été heureux » (28-30) → souligne le prix que prends les choses à ses yeux avant c'était une évidence.

 

Instant après le coup de feu fatal → prise de conscience de M.

→ vb «  J'ai compris » (27-28)

→ peut expliquer la suite des ses actes → Pourquoi tirer un nv coup de feu ?

attitude restée incomprise pdt le procès → vivement reprochée

→ semble que M. conscient maintenant du caractère irréversible de son geste → souligne pour lui même un retour impossible.

→ « Ces 4coups bref » frappés « sur la porte du malheur » → va au bout de ses actes + se prépare ainsi pour son avenir : image de la porte → valeur symboliquefranchir un seuil.

 

Ultime geste → M. qui a été jusque là le jouet du destin le prend en charge en assumant.

→ rappel H. tragique (cf pers. de Sisyphe évoqué par Camus)

 

Processus psychologique new → l'amorce d'une évolution qui se poursuit ds la 2ème partie

→ transformation assez nette → se marque ds le langage de M. → changement de style

→ récit ds lequel il semble s'efforcer à décrire de manière très détaillée les sensations.

rapidité relative de l’évènement contraste avec la longueur du récit.

phrases longues bcp + présentent phrases habituelles/ caractéristiques de M.

transformation ds le voc. : plus de répétition, bcp + travaillé que ds les chp précédents

métaphores + comparaison → met en valeur les thèmes principaux de l'extrait : liés à la présence du soleil : « cymbales du soleil » (16-17), « pleuvoir du feu » (23), « souffle épais et ardent » + sueur et aveuglement à travers « ce rideau de larmes et de sel » (15-16), « un voile tiède et épais » (14).

 

La lumière → réfléchie par le couteau de l'Arabe → assimilée à une arme → grâce à des jeux de synonymes → « une longue lame étincelante »(11), « le glaive éclatant » (17-18), « une épée brûlante »

 

M. pratique des alliances entre les domaines sensoriels différents

→ sensation auditive avec une impression visuelle et tactile : « les cymbales du soleil » (16-17)

Plus jeux d'allitérations pour souligner une phrase clé comme ds : « J'ai secoué la sueur et le soleil » (27)

A la fin du texte → langage de M. a une certaine grandiloquence (emphatique, pompeux) : « l'équilibre du jour » (28), «  silence [...] j'avais été heureux » (28-30), « porte du malheur » (33)

→ Soudain son style est bcp + solennel → lui qui était incapable de dire « je t'aime » prononce de « grands mots » comme adj « heureux »

 

Très loin de la neutralité et de l'économie de moyens qui caractérisés les chp précédents → ce tel changement témoigne lui aussi de la transformation lié au geste qu'il a accomplit

 

 

 

CONCLUSION :

Ce passage est à plusieurs titres un moment crucial du texte. Avec la mort d'un homme, il met en jeu quelque chose d'essentiel. De plus, ce geste de M. est irréversible : rien ne peut faire qu'il ne l'ait pas accompli, rien ne peut l'effacer. Pour la première fois, M. qui répugnait tant à s'engager, se trouve entièrement, impliqué ds une action aux conséquences considérables. Du même coup, sa propre vie, elle aussi, est tranchée. Son geste provoque une coupure irrémédiable dont il prend lui même conscience. Quand à Camus, il la souligne clairement par la construction de son roman : c'est sur le meurtre de l'Arabe que s'achève, en effet, la première partie du livre. Dès lors rien ne sera plus comme avant, car cet acte par lequel M. se perd est aussi l'amorce d'une prise de conscience progressive qui, au fil des chps de la seconde partie, conduira le lecteur jusqu'à la conclusion du roman.

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