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La politique de 1920 à 1929 : Histoire

Publié le 01/01/2019

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L’AMÉRIQUE FERVENTE. Hollywood, le charles-ton, les gratte-ciel, la Ford T, ce sont les gay twenties, les Années folles d’une Amérique triomphante mais frileuse qui se replie sur elle-même. Imbue de ses valeurs, profondément conservatrice, elle rejette toute idée contestataire. Deux anarchistes d’origine italienne, Sacco et Vanzetti, soupçonnés d’un crime qu’ils ont toujours nié, sont condamnés à mort et exécutés en 1927, malgré les campagnes internationales de protestation. Dans l’opinion, inquiète de tous ces bouleversements sans doute trop  rapides, de nombreuses voix s’élèvent contre toute atteinte à l’ordre moral. Les ligues de tempérance obtiennent gain de cause avec l’instauration de la loi sur la prohibition. Les fondamentalistes, partisans d’une interprétation à la lettre de la Bible, mènent campagne. Le Ku Klux Klan rallie de nombreux adeptes résolus à défendre cette «terre blanche protestante et puritaine». Dans ce climat de ferveur, le krach de Wall Street et la Grande Dépression qui s’ensuit viendront cruellement décevoir les illusions d’une Amérique qui se croyait exemplaire et inébranlable.

L’ÈRE RÉPUBLICAINE. C’est à la fois contre le principe de sécurité collective défendu par le démocrate Woodrow Wilson et pour le nationalisme républicain que se prononcent les Américains lors de l’élection présidentielle de 1920. Candidat victorieux, Warren Harding concentre ses efforts sur la réorganisation de l’administration, bouleversée par les années de guerre. Lé programme économique résolument libéral mis en œuvre et l’adoption de mesures protectionnistes permettent aux États-Unis de retrouver le chemin de la prospérité. L’État se dé- sengage, laissant fleurir les concentrations financières.

 

L’impôt foncier et l’impôt sur les gros revenus sont réduits. Les salaires et le niveau de vie augmentent régulièrement à partir de 1923, année de la mort de Warren Harding. Son successeur Calvin Coolidge sait, par son image d’homme intègre, faire oublier les scandales qui avaient entaché la réputation du précédent gouvernement. A l’élection présidentielle de 1928, c’est un autre républicain, Herbert Hoover, qui l’emporte. Le succès des républicains fondé en partie sur la prospérité retrouvée sera mis à mal par la crise d’octobre 1929.

 

LA PROHIBITION. Sous la pression des ligues de tempérance et de l’Église presbytérienne, la prohibition est étendue à l’ensemble des États-Unis par la loi du 1er janvier 1920. Selon la loi Volstead ou 18e amendement à la Constitution américaine, quiconque consomme, fabrique ou vend de l’alcool est passible d’une amende ou d’une peine de prison. Deux mille agents fédéraux doivent faire appliquer ces mesures. Il en faudrait 250 000 selon le démocrate Fiorello La Guardia pour faire respecter une loi transgressée par des millions d’Américains qui y viennent boire de l’alcool dans les innombrables tripots clandestins, les speakeasies. Les gangs, les boo-tleggers, s’assurent le monopole prodigieusement lucratif de la vente d’alcool et prolifèrent dans les grandes villes comme Chicago ou New York. L’alcoolisme augmente. En 1931, une commission gouvernementale conclut à l’échec de la loi Volstead. En vigueur jusqu’en 1933, cette loi très décriée vient aggraver la corruption au grand dam de l’Amérique puritaine. De fait, plus qu’à l’image d’une société saine et austère, la prohibition reste associée à quelques figures criminelles, dont le légendaire Al Capone.

LE KRACH DE WALL STREET. Alors que l eu phorie devant la prospérité quasiment ininterrompue depuis 1921 semble générale et que Herbert Hoover vient d’accéder à la présidence des États-Unis après avoir dressé un bilan optimiste de la décennie, les cours de la Bourse de New York se mettent brusquement à baisser à l’automne 1929. Au mois de septembre, la tendance, orientée à la hausse, s’était stabilisée. C’est dans la dernière semaine d’octobre qu’une véritable panique s’empare de

 

Wall Street. Le jeudi 24 octobre, treize millions de  titres sont vendus. Le 29, l’indice des valeurs industrielles perd 43 points. La spéculation pure, liée à un recours excessif au crédit et qui excède largement la valeur réelle des entreprises, explique cette réaction en chaîne qui va se répercuter sur toutes les places financières. Cette crise boursière que d’aucuns trouvaient normale est immédiatement suivie d’une crise bancaire et, malgré l’intervention des banques, la chute va se poursuivre, détruisant le système de crédit très indiscipliné et se diffusant à l’ensemble de l’industrie et de l’agriculture américaines puis à l’économie mondiale.

 

CHINE: LA LUTTE DU KOUO-MIN-TANG. La contestation intellectuelle couronnée par la révolte estudiantine du 4 mai 1919 permet de relancer le processus révolutionnaire mis à mal par l’échec de la République face aux seigneurs de la guerre. Aux antipodes du confucianisme mais aussi du modèle capitaliste, deux courants rencontrent un accueil favorable: le marxisme-léninisme, avec la fondation du parti communiste en juillet 1921, et le Kouo-min-tang, qui sous l’égide de Sun Yat-sen aspire à l’indépendance nationale, à l’instauration  d’un régime démocratique. Unis en un front commun, le Kouo-min-tang et le parti communiste parviennent à conquérir le nord et le centre du pays. Mais en 1927, Tchang Kaï-chek, qui a remplacé Sun Yat-sen à la tête du Kouo-min-tang, rompt avec le principe de révolution nationale au profit d’une stratégie d’ordre et de réunification qui exclut les communistes. Ces derniers se replient dès lors vers les campagnes, où les principes révolutionnaires de Mao Tsé-toung trouvent leur application. Malgré la conquête de Pékin en 1928, le pouvoir de Tchang Kaï-chek reste fragile.

LE TEMPS RETROUVÉ DES VOYAGES. La guerre finie, les voyages d’agrément et les croisières reprennent. Les classes fortunées affluent à bord de paquebots fastueux; véritables villes flottantes aux noms évocateurs: le Paris, l'Ile-de-France, l'Atlantic, le Léviathan... Les compagnies maritimes internationales se livrent à une «guerre du luxe» et l’on peut ainsi côtoyer, le temps d’une croisière transatlantique, Claudette Colbert, Gloria Swanson ou Douglas Fairbanks. En France, «les grands de la capitale» peuvent désormais rejoindre la  Riviera, été comme hiver, à bord du fameux Train bleu, qui offre à ses passagers confort et faste exceptionnels. D’autres, plus téméraires, traversent le pays en limousines ou en automobiles de série. Citroën vient en effet de lancer son premier modèle populaire, issu de la série 10 CV, suivi de peu par la 6 CV «Trèfle» de chez Renault. Quant au Parisien sédentaire, il dispose du métropolitain, de l’autobus et même d’un service de transport en commun par voie fluviale, qui dessert Paris par la Seine. Ses déplacements sont gérés par la Société des transports en commun de la région parisienne née en 1921.

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