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l'amitié est elle la forme idéale de rapport à autrui ?

Publié le 26/01/2011

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Qu’Est-ce que l’amitié ? S’il apparaît que tout homme se retrouve un jour confronté à autrui, il apparaît en revanche que les rapports que chacun entretient avec cet « autre » diffèrent. Autrui, c’est cet être troublant dont la présence nous bouleverse, nous contrarie, influe sur notre comportement. Cependant, il est nécessaire pour chaque homme de devoir faire face à cet autre : ainsi, ce peut être un rapport de domination (maître/esclave) ou au contraire un rapport qui vise à un respect mutuel, ou bien encore un rapport basé sur des sentiments que l'on ressent l'un envers l'autre.  Parmi ces différents rapports à autrui, l‘un d‘eux se détache : c‘est l‘amitié, souvent perçue comme la relation la plus pure et la plus vraie. Par définition, l’amitié est un attachement profond et désintéressé qui unit deux personnes, en dehors de liens familiaux ou amoureux. Là se pose alors une question, l’amitié est elle réellement la forme idéale de rapport avec autrui ? Un idéal, c’est un modèle de perfection. Dans la question posée, idéal est associée à un rapport avec autrui. Que signifie cette alliance ? Est elle possible ? Il s’agira ici d’étudier l’apparente perfection de l’amitié, puis tout à fait l’inverse : le face cachée de l’amitié, qui n’est pas une forme idéale de rapport avec autrui. Mais l’amitié réelle, l’amitié idéale, existe-t-elle réellement ?      Définir l’amitié n’est pas mince affaire, mais cette tache est essentielle avant de débuter toute étude. Pour parler d’amitié, il faut à la fois de la sympathie et de la compassion réciproque pour autrui. L’ami est celui qui tout à la fois aime et veut sincèrement le bien de l’autre… en un mot, l’amitié est alors une vertu. Cette formule peut surprendre, dans notre société moderne qui ne voit pas l‘amitié sous cet angle là. Nous la voyons comme une sorte de convivialité plaisante, et confondons le « copain » ou le « camarade » avec le véritable « ami ». L’amitié désigne une relation humaine plus profonde, plus essentielle. C’est cette amitié que nous étudierons ici. Tout d’abord, il parait important de préciser le caractère important (avant d’être idéal) selon le proverbe « du pain, de l‘eau, de l‘amitié » d’une amitié. En observant autour de moi, je peux remarquer que les personnes les plus chères de mon entourage sont mes amis. Évidemment un mère pourra répondre qu’il s’agit de ses enfants… mais en dehors des liens familiaux qui ne peuvent rentrer dans l’étude, l’amitié semble être la relation à autrui la plus agréable que l’on puisse souhaiter. Cette dernière, à l’inverse de l’amour est distincte de toute passion et ne fait fi ni de mesure ni de raison. Ainsi, et c'est précisément ce que dit Épicure, « de tous les biens que la sagesse nous procure pour le bonheur de toute notre vie, celui de l’amitié est de beaucoup le plus grand ». L’amitié apporte joie, divertissement et satisfaction qui font de ce rapport à autrui le plus agréable de tous. Aristote, lui, précise en disant que « sans l’amitié nous serions seuls ». Ils affirme alors que l’amitié est la seule relation à autrui stable et durable, à l’inverse d’autre pouvant se montrer passionnelles (et ainsi « orageuse ») ou intéressée. Car, il me semble que l’amitié à l’inverse d’autres rapports est désintéressée. Seule l’amitié est à la base libre, je ne cherche pas à tirer des avantages de mes amis. Je les ai choisi, ils ne m’ont pas été « attribués ». Ainsi, les rapports que j’entretiens avec eux, à l’inverse de ceux que je peux avoir avec personnes de ma famille, ne sont pas égoïste. Ils reposent sur la sincérité et la raison. Dans l’Histoire, de nombreuses amitiés sont restées très célèbres. Parmi celles ci, nous pouvons penser à Montaigne et La Boétie dont les liens sont biens connus. A ce sujet, Montaigne dira en 1588 « si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Montaigne célèbre ici l’extraordinaire amitié qui le liait à La Boétie. Amitié douce et sincère pour un ami librement choisi, amitié constante, amitié désintéressée. L’ami est bel et bien « l’alter ego », l’autre moi. Il insiste sur le fait qu’il avait rencontré La Boétie par hasard, et qu’il s’était trouvé s’entendre à merveille avec lui. Ainsi l’amitié est un sentiment pur, qui fait de lui un rapport idéal à autrui.  Mais je remarque que Montaigne se méfiait de l’amitié commune et n’avait en fait qu’un seul et véritable ami… Si je généralise cette pensée, j’entends très souvent l’expression « c’est mon meilleur ami ». Ainsi, la réelle amitié serait exceptionnelle. En effet, cette dernière doit répondre de tant de critères qu’elle se caractérise par sa rareté. Aristote dira à ce sujet que « la parfaite amitié est celle des hommes bons et semblables en vertu ». Ainsi, il pose les limites de la perfection de cette relation à autrui… On ici vu en quoi certains hommes peuvent être amenés à penser que l’amitié est la forme idéale de relation avec autrui. Nous avons montrer le caractère indispensable d’autrui sous la figure particulière de l’ami : il m’est précieux parce qu’il peut m’être utile. D’autre part, il m’est cher parce que sa compagnie est un agrément irremplaçable Enfin, il remplit une fonction éthique dans la mesure où il peut m’inciter à la vertu. Ces trois types d’amitié mettent en évidence l’omniprésence d’autrui dans mon existence, et rendent l’amitié idéale en tant que rapport à autrui car c’est la seule relation capable de m’offrir autant. Mais les rapports avec autrui ne doivent pas dépendre de nos inclinations et de nos goûts, qui sont inconstants et qui peuvent être dictés par l’intérêt. Comme vu précédemment, il se trouve que finalement l’amitié pourrait ne pas être aussi idéale que décrite dans la première partie de cette analyse. Derrière son apparente perfection se trouvent un certain nombre de défauts qu’il parait important d’étudier ici…  Premièrement, il me semble que contrairement à la définition donnée de l’amitié, celle çi est intéressée. J’entends par la que les hommes cherchent finalement toujours à obtenir un quelconque avantage ou intérêt de leurs relations amicales avec autrui. Ainsi, je remarque que chacun ne sera ami qu’avec un autre capable de lui faire des compliments, de l’admirer. Je serai ami avec autrui parce que ce dernier est agréable, bon avec moi et non le contraire. Il est courant d'observer (bien que cela soit honteux…) une amitié se détruire lorsque l'un des deux amis souffre d'une maladie grave ou est victime d'un accident de la vie… il est alors moins enfreint à renvoyer une image positive a son ami. La RocheFoucauld, à ce sujet, écrira une maxime très célèbre : « ce que les hommes ont nommé amitié n’est qu’une société, qu’un ménagement réciproque d’intérêts et qu’un échange de bons offices. Ce n’est qu’un commerce où l’amour propre se propose toujours quelque chose à gagner ». Ainsi, l’amitié ne peut en aucun cas être le lien idéal à autrui. N’a t-on jamais entendu dire dans notre entourage, après une quelconque dispute, « je le croyais mon ami ? » La question posée ici se rapproche du problème de la connaissance d’autrui. Comme le prouve l’observation précédente, peut être que je connais jamais assez bien autrui. Comme vu précédemment, autrui, c’est les autres. Autrui, c’Est-ce qui n’est pas moi. Ainsi je ne connais jamais autrui aussi bien que moi-même. Mais une relation idéale ne devrait elle pas fournir une connaissance parfaite entre les individus en question ? Il me semble que si. Pascal partage ce pessimisme et énoncera d’ailleurs que « Si tous les hommes savaient ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde ». Il sous entend ici que l’amitié est hypocrite et ne peut en aucun cas être un idéal recherché par les hommes. Enfin, il parait important de souligner un dernier point. Moi, en tant que sujet, suis censée me connaître mieux que personne. Mais il est vrai que autrui à un jugement sur moi qui peut m’influencer dans ma quête « de ma connaissance personnelle ». Un ami, aura de toutes façons un avis sur ce que je suis. Ainsi, si je donne une mauvaise image de moi à mon ami, il peut me le dire ; et je tiendrai compte de ses paroles dans mon jugement personnel. En clair, quoi que je dise sur moi, le jugement d'autrui entrera toujours dedans. Ce qui veut dire que si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance de mes amis et alors, il me semble que cette amitié n’est pas appréciable. Et ainsi n’est pas un rapport idéal à autrui. A ce sujet on peut penser à une célèbre phrase écrite par Sartre dans sa pièce Huit Clos, « l’enfer, c’est les autres ». Cette phrase (en effet) se rapporte à autrui en général, et pas seulement aux amis. Mais il me semble que pour les raison énoncées si dessus (je parle de la confiance que l’on a en notre ami, et ainsi l’influence qu’il a sur notre jugement), elle est encore plus vrai dans ce dernier cas de l’amitié. Ainsi, nous avons ici vu que l ‘amitié n’est en aucun cas la relation idéale à autrui. Premièrement car, contrairement aux apparences, l’amitié est intéressée et l’amitié est hypocrite. Peut être pouvons nous également dire que l’amitié n’est pas satisfaite du fait de l’individualité de chacun, nous ne serons jamais « à l’unisson » qu’avec nous même. Nos réponses obtenues jusqu’à présent nous permettrait de conclure en disant que l’amitié peut être une relation idéale… mais dans un nombre très restreint de cas. Il me parait tout de même étonnant que l’on parle d’un caractère « idéal » d’un relation à autrui, car un question subsiste… un rapport idéal à autrui ne serait il pas une utopie ? Peut on envisager un rapport à autrui réellement idéal ? Il me semble que comme tout idéal, il est impossible à atteindre réellement. En effet un idéal à un caractère utopique, qui par définition est juste l’imagination, l’invention d’un monde parfait au yeux d’une personne. Donc il me semble que de toutes façons, l’amitié véritable est un idéal rarement réalisée dans le réel. Premièrement, l’homme (bien plus social que l’animal) aime se leurrer à ce sujet. En effet il est doux de penser que l’on est entouré d’amis sincères. L’amitié est alors un rapport tissé d’illusions, des illusions que nous entretenons volontairement pour ne pas devoir nous avouer notre solitude. D’où l’expression paradoxale et désabusée de Kant : « mes chers amis, il n’y pas d’amis ». Je remarque ensuite que même si je peux être touchée et influencée par les paroles d’autrui, très souvent j’accepte très mal ses reproches. Je sui à la fois blessée par le sentiment d’être incomprise, et celui (tout aussi désagréable) de perdre l’estime de mon ami. Ainsi, la liberté de parole qui est supposée dans la relation d’amitié n’est finalement qu’illusion et hypocrisie. De même, l’amitié perdrait tout son charme si on ne pouvait espérer être soutenu par ses amis en cas de besoins… et pourtant, on pressent qu’il vaut mieux ne pas mettre à l’épreuve cette amitié de peur d’être déçu. L’amitié se nourrit donc d’illusions… Beaucoup de philosophes et de moralistes, notamment dans l’antiquité, ont considéré l’amitié comme un des plus grands biens. L’amour considéré comme une passion rendant dépendant, était regardé avec suspicion. L’amitié était donc pour eux un bien d’autant plus précieux qu’il était rare. C’était un plaisir élitiste , réservé à l’homme age. Notre conception de l’amitié a-t-elle tellement changé ? Pas vraiment. Nous avons peu de vrais amis. Il faut donc peut être distinguer l’amitié, qui est un rapport privilégié exceptionnel, de l’altruisme, qui est l’attitude de principe que l’homme de bien doit adopter vis-à-vis de ses semblables. L’on ne peut prétendre être ami avec tout le monde (cela enlèverait tout prix à l’amitié) : l’amitié ne saurait donc ns servir de modèle dans nos rapport avec autrui. De plus, nous nous sommes posés la question de savoir si une amitié véritable peut exister dans la vie réelle, et il semblerait que non car il ne s’agit que d’une relation utopique.

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