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l'amitié est-elle la forme idéale du rapport à autrui ?

Publié le 20/10/2005

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L'amitié n'est pas en apparence un thème philosophique classique. Pourtant, ce texte permet de comprendre toute son importance pour développer la réflexion sur autrui. D'une part, l'extrait montre le caractère indispensable d'autrui sous la figure particulière de l'ami : il m'est précieux parce qu'il peut m'être utile. D'autre part, il m'est cher, parce que sa compagnie est un agrément irremplaçable. Enfin, il remplit une fonction éthique, dans la mesure où il peut m'inciter à la vertu. Ce sont les trois types fondamentaux d'amitié chez Aristote : ils mettent en évidence l'omniprésence d'autrui dans mon existence. D'autre part, il convient de remarquer que l'amitié et donc la relation avec autrui sont inhérentes à la nature humaine. Premièrement, elles sont fondées sur une sociabilité naturelle qui fait plus généralement de l'homme « un animal par nature politique « (Politique). Elles sont également le moyen indispensable à l'accomplissement de l'homme : sans autrui pas de bonheur possible et donc pas de vie véritablement humaine.

L'amitié est le seul lien à autrui qui soit fondé, non sur l'égoïsme et la violence, mais sur l'estime et l'altruisme. L'amitié est un sentiment libre et désintéressé, il est donc la forme idéale du rapport à autrui. Mais, nos rapports aux autres ne doivent pas dépendre de nos préférences et de nos inclinations. Seul le respect de la dignité humaine doit, moralement, dicter nos relations à autrui.

  • I) L'amitié est la forme idéal du rapport à autrui.

a) L'amitié est fondée sur l'estime. b) L'amitié est désintéressée. c) Sans l'amitié, nous serions seuls.

  • II) L'amitié n'est pas la forme idéale du rapport à autrui.

a) Il faut être bienveillant par principe. b) L'amitié est intéressée. c) L'amitié n'est pas satisfaisante.

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« L'amitié fondée sur la vertu est exceptionnelle. C'est pourquoi les grands hommes n'ont jamais eu qu'un grandami, à l'instar de Montaigne , dont l'amitié pour La Boétie est bien connue. Montaigne se méfiait de l'amitié commune et ne s'ouvrait pleinement qu'à La Boétie. « Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en répondant : "Parceque c'était lui ; parce que c'était moi." » Montaigne , Essais, 1580-1588. Montaigne célèbre ici l'extraordinaire amitié qui le liait à La Boétie. Amitié douce et sincère pour un ami librement choisi, amitiéconstante, que n'est venue troubler aucune dispute ; amitié par le moyen de laquelle leurs âmes se tiennentunies, « se mêlent » et se confondent. L'ami est bel et bien l'alter ego, « l'autre moi ». Sans l'amitié, nous serions seuls« L'amitié est une certaine vertu ou ne va pas sans vertu; de plus, elle est ce qu'il y a de plus nécessairepour vivre. Car sans amis, personne ne choisirait de vivre, même s'il avait tous les autres biens. Et de faitles gens riches, et ceux qui possèdent autorité et pouvoir semblent bien avoir, plus que quiconque, besoind'amis : à quoi servirait une pareille prospérité, une fois ôtée la possibilité de répandre des bienfaits, laquellese manifeste principalement et de la façon la plus digne d'éloge à l'égard des amis. Ou encore, commentcette prospérité serait-elle gardée et préservée sans amis? Car, plus elle grande, plus elle est exposée aurisque. Et, dans la pauvreté comme dans toute autre infortune, les hommes pensent que les amis sontl'unique refuge. L'amitié est d'ailleurs un secours aux jeunes gens, pour les préserver de l'erreur; auxvieillards pour leur assurer des soins et suppléer à leur manque d'activité dû à la faiblesse; à ceux qui sontdans la fleur de l'âge pour les inciter aux nobles actions. » ARISTOTE. L'amitié n'est pas en apparence un thème philosophique classique. Pourtant, ce texte permet de comprendretoute son importance pour développer la réflexion sur autrui. D'une part, l'extrait montre le caractèreindispensable d'autrui sous la figure particulière de l'ami : il m'est précieux parce qu'il peut m'être utile. D'autrepart, il m'est cher, parce que sa compagnie est un agrément irremplaçable. Enfin, il remplit une fonctionéthique, dans la mesure où il peut m'inciter à la vertu. Ce sont les trois types fondamentaux d'amitié chezAristote : ils mettent en évidence l'omniprésence d'autrui dans mon existence.D'autre part, il convient de remarquer que l'amitié et donc la relation avec autrui sont inhérentes à la naturehumaine. Premièrement, elles sont fondées sur une sociabilité naturelle qui fait plus généralement de l'homme« un animal par nature politique » (Politique). Elles sont également le moyen indispensable à l'accomplissementde l'homme : sans autrui pas de bonheur possible et donc pas de vie véritablement humaine. Le regard del'autre est comme une exigence de réalisation de soi. "L'amitié semble aussi constituer le lien des cités, et les législateurs paraissent y attacher un plus grand prixqu'à la justice même : en effet, la concorde, qui paraît bien être un sentiment voisin de l'amitié, est ce querecherchent avant tout les législateurs, alors que l'esprit de faction, qui est son ennemi, est ce qu'ilspourchassent avec le plus d'énergie. Et quand les hommes sont amis il n'y a plus besoin de justice, tandisque s'ils se contentent d'être justes ils ont en outre besoin d'amitié, et la plus haute expression de la justiceest, dans l'opinion générale, de la nature de l'amitié." ARISTOTE L'homme étant par nature un être social, la bonne marche de la cité ne peut reposer sur un principe abstrait,aussi noble soit-il. A la seule justice doit donc se joindre l'amitié, sentiment concret et vécu. Ce texte estcourt, mais chaque mot compte. Analysez avec précision les diverses notions, en particulier celle,fondamentale d'amitié. Utilisez au mieux vos connaissances de cours sur ce sujet. Toute cité repose sur la justice. Mais la justice suffit-elle à définir l'ordre de la cité ? Une cité fondée sur unealliance établie en vue d'empêcher les injustices réciproques et de favoriser les échanges remplit-elle toutesles fins de la cité ? Aristote affirme l'insuffisance de la justice et la nécessité politique de l'amitié. L'amitién'est pas un supplément, un moyen de vivre agréablement dans des cités qui pourraient se passer d'elle, maisquelque chose d'essentiel à la cité elle-même, tout en étant au-delà de l'ordre juridique strict.Toute cité est faite d'hommes divers. Toute cité suppose donc un lien entre les individus qui la composent. Celien, selon Aristote, est l'amitié. Mais l'amitié n'est-elle pas purement d'ordre affectif ? Ici, l'amitié apparaîtcomme l'effet d'une nécessité politique même le législateur s'en préoccupe, comme s'il fallait rechercherquelque chose qui est plus et autre que politique, l'amitié, de préférence à ce qui est purement politique, pourque l'ordre politique lui-même puisse exister. C'est que la cité est « une communauté du bien-vivre », et nonune communauté strictement juridique, défensive et économique.Il existe certes une amitié contingente et particulière, qui naît entre certains individus dans la cité sans avoirrapport à la cité. Ainsi peuvent se constituer des groupes qui sont comme étrangers au reste de la cité et seconstituent contre elle. C'est ainsi que naissent les factions.Ce que veut le législateur sous le nom de concorde, c'est une sorte d'amitié coextensive à la cité elle-même :une amitié entre tous les citoyens comme tels, non une amitié entre certains citoyens qui les séparerait desautres, et un accord de tous sur leurs intérêts communs : en un mot la volonté de bien-vivre ensemble, cequi est la fin même de la cité. La justice est insuffisante, car s'il n'y a que la justice, l'homme chercheral'amitié dans des groupes distincts de la cité, et celle-ci ne réalisera pas la communauté du bien-vivre : le liende réciprocité exige en plus un lien de concorde, c'est-à-dire un lien d'amitié. Mais, inversement, l'amitiésemble faire l'oeuvre de la justice et remplir sa fonction : ce n'est pas par stricte justice mais par amitié que »

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