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"Le travail n'est-il qu'une contrainte ?"

Publié le 20/04/2014

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travail
« Le travail n'est-il qu'une contrainte » I- Montrer que le travail est essentiellement une contrainte à un double niveau : Pour l'espèce humaine Comme d'autres « animaux sociaux » (castors,fourmis ect.) l'humanité est condamnée à transformer la nature environnante pour survivre, ce qu'elle fait en inventant diverses techniques. Donc le travail est d'abord la transformation intelligente de son milieu par l'homme dans le but de créer des richesses afin de survivre et ensuite de vivre bien. Mais le travail a évolué avec les techniques et les contraintes ont changé. De très physiquement fatigant, il est devenu depuis quelques siècles, avec la révolution du machinisme, surtout nerveusement fatigant. L'humanité a su amoindrir le temps de travail mais a rendu ce dernier bien plus stressant. De plus, le travail crée de nouvelles contraintes : il pollue, il épuise les ressources naturelles, et comme il demande de plus en plus démunis de chômage ou des emplois très mal payés. Pour l'individu Le travail est aussi une contrainte, c'est à dire une perte de liberté, pour la plupart des individus sur la terre. En effet la plupart des gens ne sont pas riches de naissance et doivent gagner leur vie. Ils apprennent donc très tôt qu'il faudra chercher plus tard du travail et qu'il faut s'y préparer par des diplômes, d'où de longues études pour les jeunes et la contrainte de devoir réussir à l'école. Mais une fois le travail trouvé, il faut s'y tenir pendant de longues années, et comme il y a du chômage, les gens doivent faire beaucoup d'efforts dans la crainte de perdre leur emploi : respecter les horaires, obéir à des supérieurs, supporter parfois une ambiance pénible et tout cela pour rapporter éventuellement un faible salaire à la maison. En faite beaucoup de métiers sont mal payés, surtout dans les pays pauvres où le droit du travail n'est pas vraiment appliqué : il y a peu, au Bengladesh, des centaines d'ouvriers sont morts dans l'effondrement de leur usine parce que le patron n'avait pas respecté les règles élémentaires de construction et que les moteurs très lourds de l'usine ont fait s'effondrer le bâtiment. Une dernière contrainte liée au monde du travail est qu'en fait le travail est socialement révélateur de la valeur que les gens vont associer à un individu. Plus le métier exercé est peu qualifié et mal payé, plus les conditions de travail et de loisir sont restreintes, et plus la personne se sentira regardée comme « inférieur ». Et le risque est grand que cela se transmette à ses enfants, car le travail engendre un déterminisme social qui fait que les enfants des classes laborieuses ont bien plus de mal à réussir à l'école que ceux des classes favorisées. Ainsi la contrainte se transmet de génération en génération. Je viens de montrer la terrible contrainte, la perte de liberté que représente le monde du travail. Mais le travail n'est-il pas aussi un formidable instrument de libération ? II- Le travail libère les hommes en même temps qu'il les contraint. 1)Pour l'espèce humaine, c'est bien son travail, sa technique qui l'ont peu à peu libérée de son pire ennemi : la nature brute. Tout cela à pris des centaines de milliers d'années sans doute, mais aujourd'hui le monde entier s'active à dominer les forces de la nature. Or si cela est possible, c'est d'abord grâce au travail forcené de grands inventeurs, de grands scientifiques aussi. « On ne commande à la nature qu'en lui obéissant » disait le philosophe anglais Francis Bacon. Sans le travail de ces savants, nous vivrions encore dans les conditions du 17ème siècle, avec des techniques harassantes et des famines à la clé. Bref le travail est contraignant mais il est bien fait, s'il est fait au nom d'un vrai désir de progrès, il débouche éventuellement sur une libération de l'humanité. Cette libération existe aussi pour chaque individu s'il a un peu de chance et s'il s'en donne les moyens. Aujourd'hui chaque individu, surtout dans les pays développés, peut saisir sa chance et utiliser la contrainte du travail et des études pour progresser. En fait il s'agit de transformer volontairement ce qui est au départ une perte de liberté en un instrument extraordinaire de libération. Seul le désir peut accomplir cela. Par exemple un jeune peut regarder les études non comme une corvée mais comme un tremplin et s'emparer d'elles comme une chance. De même un employé peut progresser dans son entreprise s'il accepte de suivre des cours du soir, ou de prendre des responsabilités importantes. Si quelqu'un déteste son travail, il peut peut être ne changer, prendre des risques, aller travailler ailleurs. Ainsi la contrainte de devoir se plier à un horaire et de se discipliner peut nous rendre au contraire plus forts, plus aguerris. Et si nous réussissons nos études ou montons dans la hiérarchie, c'est une fierté considérable, donc une force qui peut nous en revenir. III- On peut à présent se demander si la vraie contrainte aujourd'hui n'est pas l'absence de travail, donc le chômage. Il est temps de dépasser l'opposition de la liberté contre la contrainte. J'ai pu montrer que la contrainte du travail, une fois consentie, peut nous libérer, car la force de la supporter nous rend plus aguerris et prêts à d'autres progrès. Or cette force est assez absente chez les personnes qui n'ont aucune tâche à accomplir et sont soumise à l'oisiveté et à l'ennui. La plus terrible contrainte aujourd'hui n'est donc peut être pas le travail, sauf s'il a encore lieu dans des conditions inhumaines comme parfois dans les pays en voie de développement. Le pire, la plus grande privation de liberté, c'est, dans les pays riches surtout, le chômage forcé, subi et désespérant. Ainsi le travail est une contrainte, même quand on l'aime, car il est une activité sociale qui demande des efforts importants. Mais il est le plus grand outil de libération possible face à la nature et à la mort, il permet aux individus l'autonomie financière, il peut assurer la libération des femmes, il donne les moyens de vivre et de bien vivre quand il est correctement payé. Par contre l'oisiveté forcée est un fléau moderne qu'il faut combattre pas tous les moyens possibles, car l'homme n'est certainement pas venu au monde pour ne rien faire de ses journées. Hegel a bien montré que chaque homme désir être reconnu pas mes autres comme ayant de la valeur, et il semble bien qu'il soit surtout le monde du travail qui permette d'assurer une telle reconnaissance.

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