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L'histoire nous rend-elle plus modeste ?

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La science nous apprend que ce que nous appelons l'homme n'est que la dernière forme prise par l'évolution de l'espèce humaine.Cette forme actuelle, provisoire et relativement récente, succédant à celle des premiers hommes, plus proches du singe que de nous, a été « modelée » par l'influence de certaines religions et en particulier, pour Nietzsche, par le christianisme, qui a cherché à réprimer les instincts par l'apprentissage du renoncement, la condamnation des manifestations du corps et le rejet des passions.La politique aussi a contribué à ce modelage, notamment par l'entremise de ceux des événements qui ont favorisé le brassage et le métissage des peuples et des cultures. Or, ce que les hommes ne veulent pas comprendre concerne le fait que cet homme soi-disant porteur d'une « essence » ou nature éternelle, n'est en réalité que « le résultat d'un devenir ».Cet oubli, Nietzsche l'appelle « manque de sens historique », péché de tout philosophe qui prétend se placer toujours « du point de vue de l'éternité » ou qui, comme Kant ou Hegel, ne nous parle en guise d'histoire que de sa « portion » la plus récente et que l'on fait remonter à l'Antiquité. ¦ Ce à quoi s'oppose cet extrait: Nietzsche s'oppose ici à toute la tradition philosophique en général, mais surtout à celles des doctrines qu'on a appelées « philosophies de l'histoire », comme la philosophie de Hegel.Contrairement à ce dernier, Nietzsche affirme ici qu'il nous faut étendre ce que l'on appelle l'histoire à des temps bien plus reculés, car « tout l'essentiel de l'évolution humaine s'est déroulé dans la nuit des temps, bien avant ces quatre mille ans que nous connaissons à peu près »Al ne faut donc plus opposer, comme le faisait Hegel, la nature et ses cycles, qui existaient bien avant l'apparition de l'homme, et l'histoire, réduite à l'histoire humaine.En effet, et c'est là l'enseignement des théories de l'évolution, la nature possède aussi une histoire, en continuité avec la nôtre. Dans cette frange de temps très partielle que l'homme appelle « l'histoire » et où il « n'a sans doute plus changé beaucoup », les philosophes ont la prétention de lire des vérités éternelles. Ils prennent la partie pour le « grand tout » que constitue la véritable histoire, celle de l'évolution.

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