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Louis est-il encore vivant ou est-il métaphoriquement déjà mort ?

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« Proposition de correction de la dissertation Louis est-il encore vivant ou est-il métaphoriquement déjà mort ? I. Au sens le plus évident, empirique, Louis est vivant : a) Bien sûr, Louis narre l’histoire et/ou s’y meut, depuis le prologue et jusqu’à l’épilogue. C’est un personnage incarné (de chair et de sang), il a un corps et – bien qu’on l’entende peu – une voix. b) C’est un personnage qui a une histoire (un passé dont il est nostalgique, un présent au sein de sa famille et un avenir qu’il craint) c) Il semble redonner vie aux membres de sa famille par son unique apparition. Sa sœur, par exemple, ou son frère, laissent éclater leur colère, donc le retour de la parole vivante dans des vies qui étaient comme atrophiées par le départ de Louis. Non seulement Louis est la voix du texte, mais il est aussi celui qui provoque tous les dialogues et toutes les actions. II. Mais il est métaphoriquement déjà mort : a) Oui, car l’auteur est mort. Qui est Louis dans l’esprit du lecteur ? C’est Jean-Luc Lagarce. Avec un peu de culture ou suite à quelques recherches, on sait que Lagarce est mort du sida en 1995, soit 5 ans après avoir écrit la pièce. Donc, par extension, ce Louis-Lagarce est déjà mort dans l’esprit du lecteur. b) Le personnage de la pièce se sait mourant, donc il vit en anticipant son propre départ. Il se place dans la situation du mort, dans une boucle obsessionnelle (dans le prologue, « de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini » + la répétition constante de « l’année d’après », jusqu’à donner l’impression qu’on se transporte dans cette année-là, bientôt rattrapée par un « je meurs quelques mois plus tard » de l’épilogue, qui est curieusement au présent. c) Aspect fantomatique de Louis : il parle peu, même à l’écrit et il ne touche (au sens propre, puisqu’il n’a pas l’initiative de toucher les siens) pas. Il est avant tout une pensée. III. La question de la mort et de la vie sont en réalité brouillées dans le texte : a) La famille n’est pas plus vivante que Louis. Elle est aveugle au désir que ce dernier a de s’exprimer et sourde à ses tentatives de libérer la parole. En parlant sans discontinuer pour meubler le silence, elles empêchent toute possibilité, pour cette dernière, de se développer et, donc, de vivre. La famille court-circuite l’existence d’un message. En cela, elle est l’inverse de la vie. b) Louis parle comme un mort : « Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai » dit-il dans l’épilogue, comme si, une fois mort, il pourrait regretter quelque chose – donc penser, donc être vivant. »

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