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mafia italienne

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La mafia Italienne: _Lors des vêpres Sicilienne, en 1282, aurait été adopté le sigle M.A.F.I.A pour Morte Ai Francesci Italia Anela, c'est-à dire: «L'Italie aspire à la mort des Français«, en référence au soulèvement en cours contre le roi de Sicile, Charles Ier, issu de la maison Française d'Anjou, et frère du roi de France, Louis IX. Mais certains historiens pensent que ce mot viendrait plutôt d'une déformation de termes arabes, étant donné que des musulmans avaient occupé l'Italie jusqu'au XIème siècle. Ces mots pourraient être «mahfa« (assemblée), «mahyas« (protéger, défendre), ou encore «mu'afak« (protection des pauvres). C'est au cours du XIXème siècle que le mot «Mafia« se généralise. « La mafia est une société secrète, unissant une coalition de "familles", dotée de hiérarchies élaborées, et de règles dont on ne dévie qu'au péril de sa vie. « Une Mafia est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d'infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux. Les membres sont appelés mafiosi (au singulier, mafioso). Le terme mafia est souvent utilisé pour désigner n'importe qu'elle organisation criminelle, mais la mafia est avant tout italienne.Dès qu'on parle de Mafia, on voit les films de gangsters montrant la Cosa Nostra aux États Unis mais les mafias sont influentes partout dans le monde et si on en entend moins parler qu'avant elle reste toujours aussi influente et n'a cessé d'étendre son pouvoir depuis l'après guerre par une puissance de plus en plus accrue.D'une manière générale, les mafias ne sont pas des organisations terroristes. Leurs motivations sont de nature essentiellement financière, et les poussent généralement à utiliser et corrompre les structures politiques existantes, plus qu'à en recréer de nouvelles. Elles s'inscrivent donc rarement dans un processus révolutionnaire, même si la nature clandestine de leurs activités les conduit souvent à collaborer avec des mouvements révolutionnaires.Les grandes mafias italiennes: Il existe trois grands groupes dans la Mafia italienne, différenciés par leur fonctionnement et leur position géographique : La Cosa Nostra: Cosa Nostra (= «Ce qui est à nous« ou «Notre chose«) est une organisation criminelle qui s'est développée en Sicile au XIX ème siècle. Elle est aussi souvent surnommée «La Piovra« (la pieuvre) pour ses réseaux tentaculaires et sa capacité à renouveler ses réseaux. En Sicile, à ses débuts, elle été surnommée la «Società onorata« (l'honorable société). Ceci est dû aux règles d'honneur très strict qu'elle employait, tel que le fait de ne pas s'en prendre aux femmes ni aux enfants. La Camorra: __La Camorra («la protection«) est une organisation criminelle née à Naples au XVIe siècle. La première preuve officielle de l'existence de la Camorra date de 1820, à Naples. C'est dès 1860 qu'on établie que la Camorra pratique l'extorsion et la contrebande, qui sont encore ses grandes spécialités à l'heure actuelle. Les structures de la Camorra ont toujours été définies comme instables, surtout à cause de ses guerres de gangs incessantes. Le grand tournant se produit au cours des années 1970-1980, avec l'initiative de Raffaele Cutolo, qui tenta d'unifier les différents groupes autour de l'autorité d'un même chef. Contrairement à Cosa Nostra qui est issu d'un milieu rural, la Camorra est une mafia urbaine. Ces deux mafias ont des influences partout dans le monde, en Europe et ailleurs. Elle est implantée en Italie, en France, en Espagne, en Allemagne, en bref dans toute l'Europe, et aux États Unis, au Canada et même en Australie pour la 'Ndrangheta. Bien sur il existe ailleurs dans le monde d'autres formes de crime organisé : la Mafia Russe, les triades chinoises, les Yakuzas au Japon, tous les différents gangs de rue, le Mitan en France...etc...etc... Mais il faut bien comprendre que même en n'évoquant pas le cas des Yakuzas ou des Russes, toutes les formes de crime organisé coopèrent toujours plus ou moins ensemble pour organiser une coalition qui permet un contrôle mondial. La Cosa Nostra Sicilienne par exemple entretient des liens avec les Cartels d'Amérique du Sud pour le trafic de cocaïne, avec des mouvements terroristes et des groupuscules politiques. C'est le principe même de la Mafia : un mouvement d'infiltration de la société civile. Comme le disait un militant de l'anti mafia à Naples, l'arme la plus puissante de la Mafia n'est pas les pistolets, mais l'Omerta, la loi du silence. C'est elle qui régit tout... De manière générale la Mafia dirige tout ce qui a attrait à la drogue, aux jeux, à la prostitution, les boites de nuit... en bref, là où il y a de l'argent, il y a la Mafia. Si ces deux mafias ont une si grande influence, c'est surtout parqu'elles possèdent un grand pouvoir qui leur permet de contrôler différents secteurs mondiaux. De plus, ces organisations prélèvent-toutes deux un impôt aux habitants de leurs secteurs (la Sicile pour Cosa Nostraaet Naples pour la Camorra), le «pizzo«, qui consiste à collecter des fonds afin de financer leurs activités, et en contrepartie à protéger les personnes qui paient cet impôt. En cas de non paiement, elles font preuve de différentes formes de violence pour arriver à leur fin. Vincenzo Conticello fut le premier à avoir désigné Cosa Nostra comme racketteur dans une salle d'audience. Des partisans de cette mafia étaient venu lui réclamé 50 000 EUR puis 500 EUR tous les mois. Selon les estimations italiennes, 80% des entrepreneurs siciliens paient le pizzo que leur réclame Cosa Nostra. La hiérarchie des familles italiennes: LE PARRAIN: Chef du clan, de la Famille, principal bénéficiaire de toutes les entrées financières et gérant de l'Organisation. Dans une Mafia, le Don arrive à cette place par hérédité, par le sang, il est rare qu'un second couteau monte les échelons jusqu'à une place telle (ce qui a existé, voir le cas d'Al Capone qui avait commencé portier puis est devenu chef de sa propre organisation). Il détient le pouvoir sur son clan, ordonne à ses capos, aux soldats. Il a une autorité incontestable dans sa Famille. Le CONSIGLIERE : Il Conseille le Don. Un Rôle très important, c'est un rôle, non un grade. Le Consigliere peut être un simple soldat, mais il est là pour montrer des choses au Parrain qu'il n'aurait peut être pas forcément vu. Il est là en tant que bras droit, en tant qu'assistant dans ses affaires, c'est un homme de confiance, très respecté dans la Famille. Des Sous Boss : Le Parrain peut avoir un immense territoire à diriger, c'est pourquoi il nomme des sous-boss qui sont un peu ses représentants et qui peuvent prendre des décisions pour lui sur un territoire bien précis. Ils récoltent les fruits financiers des activités sur leur territoire et remettent son tribut au Boss. Ils ont une autorité immense sur leur territoire mais il ne faut pas en oublier pour autant que c'est Le Parrain qui tient les reines. Les Sous boss sont un peu dans une sorte de féodalisation de la Mafia où ils sont comme des Seigneurs exerçant leur pouvoir sur leurs fiefs mais toujours aux ordres du Roi, Parrain. Les CAPOS: Ils sont le liens direct entre la haute société mafieuse et les exécutants, ils s'occupent de gérer les affaires et remettent les tribus au chef de la Famille. Ils ont un peu le même rôle qu'un Sous boss mais sont plus des hommes qui agissent sur le terrain. Un Sous Boss dirigera son fief sans pour autant être à disponibilité. Le Capo lui est le chef de terrain, il est là, il dirige les soldats et les lieutenants et récupèrent les tributs. Ils gèrent les équipes mafieuses et sont chargés de remettre leur salaire aux affranchis sur le terrain. LIEUTENANTS ET SOLDATS : Sur les territoires, les affranchis sont organisés en plusieurs équipes, équipes affiliées à son Capo. Le Soldat est le premier pas dans l'échelle de l'Organisation, le Soldat fait partie de la Famille, c'est à la base un externe qui a fait ses preuves ou un "Giovane d'honore" (terme de la Ndrangheta), qui appartient déjà à la Famille par naissance. Le lieutenant est juste un soldat un peu plus élevé qui dirige un peu l'équipe sur le terrain et qui a la confiance du Capo. À l'inverse de Cosa Nostra qui possède une structure très codifiée, la Camorra possède une hiérarchie en «étoile«, c'est-à-dire qu'il n'y a ni chefs ni hiérarchie précise. Pourtant, au XIXème siècle, sa hiérarchie été assez précise: à la base on trouvé les petits voleurs et les mendiants, tandis que la haute Camorra été constituée de plusieurs grades dont le plus élevé était «camorrista«. La structure actuelle de la Camorra est donc une structure horizontale. Elle est composée d'environ 236 familles, 7200 camorristes et 8200 associés à l'Organisation mafieuse, sur Naples et la région de Campanie. La Camorra est répartie en 83 clans, qui chacun règne indépendamment sur son territoire, en nouant des alliances selon leurs intérêts. La hiérarchie de la Camorra est souvent comparée à une Hydre: en effet, dès qu'un clan est décimé, des dizaines sont prêts à le remplacer. Un clan de la Camorra est organisé autour de dealers, devigies, et il dispose de nombreux «groupes de feu« constitués de 4 à 5 tueurs chacun. Des tentatives de transformation de la structure de la Camorra en structure verticale ont déjà eu lieu (en 1980 et en 1990 par exemple), mais elles n'ont pas abouti et furent des échecs. On ne peut donc définir plus précisément la structure de cette organisation. La Camorra contrairement à Cosa Nostra, autorise l'entrée des femmes dans son organisation.Emina Guliano a marqué l'histoire de la Camorra pour avoir figurée dans la liste des 30 mafieux les plus recherchés. Comme Cosa Nostra, la Camorra dispose d'un code d'honneur. -Il faut respecter l'Omertà -Respecter et appliquer la «loi de l'infâme«: si un individu est considéré par son clan comme étant un infâme, son clan dispose de 5 jours pour le supprimer. Si le clan ne parvient pas à ce but à l'expiration du délai, il applique la «vendetta transversale«: tous les proches de l'individu deviennent alors des cibles potentielles à éliminer. -Ne jamais poser de questions -Ne jamais se présenter soit même comme homme d'honneur même à d'autres hommes d'honneurs Système de valeurs: À la base de chaque famille, le parrain agit comme le pilier, le gardien des valeurs. Il aime la hiérarchie, la famille, les rites et la religion. Il est en général très peu réformiste et contre les révolutions. Il base en effet son pouvoir surtout sur la médiation qu'il applique sur ses concurrents directs, les autorités et au sein même de sa famille. Son charisme et sa maîtrise de l'art de la médiation lui permettent de garder son autorité sans se baser seulement sur l'intimidation et sur le sens de l'ordre. Pour les hommes d'honneur, comme pour tous les mafieux, le pouvoir est basé sur l'intimidation et la violence. Il leur faut, en tout temps, joindre la parole à l'acte sans quoi ils seront perçus comme faibles. La mafia représente la protection et se base sur la loi du silence, l'Omerta. Comme mentionné plus haut, les mafieux sont grandement religieux ce qui est perceptible dans le rite initiatique des hommes d'honneur. « En effet, c'est en tenant entre ses mains une image pieuse, barbouillée de son sang et à laquelle on a mis le feu, que l'invité prononce son serment solennel : il jure de ne pas trahir les règles de la Cosa Nostra, sauf à brûler lui aussi comme cette image. « (2) On reconnaît dans la présence de tous leurs rites, traditions et valeurs que la mafia compose une véritable société, regroupant toutes les caractéristiques nécessaires. La base de l'économie mafieuse se situe dans le système de collecte du « pizzo « : les mafieux imposent aux commerçants des revenus en échange d'une « protection « mais aussi sous peine de voir leurs vitrines brisés et leurs marchandises disparues ou brûlées. Bien qu'elle soit l'une des techniques les plus importantes en matière d'économie mafieuse, les revenus ont des centaines d'origines différentes. Il faut d'abord préciser que l'économie mafieuse se divise en trois parties : l'économie illégale, légale et légale-mafieuse. Ces trois circuits sont intimement liés. Ainsi, par exemple, les revenus de l'économie illégale (« economia sommersa «) permettent de créer de nouvelles entreprises cette fois-ci totalement légales. De même la production peut être légale mais la vente illégale et inversement. Ce sont ces liens étroits qui posent les difficultés énormes qu'affronte le gouvernement italien pour débusquer les entreprises mafieuses, notamment en vérifiant les mouvements et les dépôts bancaires ou les appels d'offre. Le recyclage d'argent sale est une activité à part entière. On connaît les grandes filières classiques des trafics illégaux : drogues, armes, oeuvres d'art volées. Mais nous avons aussi à faire à des affaires moins connues tels que le trafic de déchets industriels, la fraude aux subventions alimentaires, les grands travaux d'infrastructure et ainsi de suite. La liste des secteurs est longue voire illimitée cela va du proxénétisme aux contrôles des casinos, de la fausse monnaie au trafic d'êtres humains mais aussi plus récemment de la cybercriminalité (piratage et détournement de fonds sur Internet). Tous ces réseaux se sont bien évidemment étendus aujourd'hui au niveau international et même planétaire. Code d'honneur de la Cosa Nostra: Afin d'entrer dans Cosa Nostra il faut respecter ces conditions : -Il faut être un catholique convaincu. -De sexe masculin ayant un parent Sicilien. -Il ne faut pas être communiste, homosexuel, athée, divorcé ou encore fils illégitime. -Avant de devenir un homme d'honneur, un prétendent mafioso est soigneusement observé, surveillé et mis à épreuve. Les membres de Cosa Nostra sont repérés dans le quartier pour leurs qualités (courage, fidélité, efficacité, etc.) Lors de l'entrée d'un nouveau membre dans le «clan«, une cérémonie initiatique a lieu. Un discours est prononcé par un mandarin. Son discours porte sur l'injustice sociale, la nécessité de défendre la veuve et l'orphelin, puis l'officiant en vient à parler de Cosa Nostra et de ses règles: -Ne pas désirer les femmes d'autres hommes d'honneur -Ne pas voler, ne pas se livrer au proxénétisme -Ne pas tuer d'autres hommes d'honneur sauf sous ordre de la «Coupole« -Ne jamais poser de question -Ne jamais parler de Cosa Nostra en public -Ne jamais se présenter soit même comme homme d'honneur même à d'autres hommes d'honneurs -Respecter l'Omertà (loi du silence), la rupture de l'omertà est punie de mort Ce code ressemble aux commandements bibliques, Cosa Nostra étant une organisation très catholique. L'aspirant donne alors son accord pour entrer dans Cosa Nostra, puis choisit un parrain et subit le rituel du «sacrement«: une entaille au doigt pour faire couler le sang. Ce sang est ensuite répandu sur une image sainte, et l'officiant doit prononcer son serment dont le message est très clair: «Que mes chairs brûlent comme cette image pieuse si je ne respecte pas mon serment. « Ces informations proviennent de Tommaso Buscetta (1928-2000), qui fut le premier repenti de la Cosa Nostra. De rares mafias comportent un code d'honneur, mais c'est le cas de Cosa Nostra. En effet, lors de l'arrestation de Provenzano (ancien chef de Cosa Nostra, fugitif depuis 1963 et arrêté le 11 avril 2006), la police italienne a trouvé un document qui s'intitulé «Interdictions et devoirs«. Cependant, les autorités italiennes n'ont pas la certitude qu'il s'agisse bien du code d'honneur de cette mafia car il pourrait s'agir d'un serment que Lo Piccolo Provenzano comptait faire prêter à de nouvelles recrues, dans le cadre de sa campagne pour prendre la tête de Cosa Nostra. Dans ce texte figure: «un bon mafieux ne doit fréquenter ni taverne, ni cercle de jeu, et ne pas s'approprier l'argent des autres familles. Il s'engage également à ne pas convoiter les femmes des autres mafieux et à respecter la sienne.« Le texte précise aussi qu'un mafieux doit être disponible à toute heure, «même si sa femme est en train d'accoucher.«. Enfin, ce texte interdit de rencontrer un autre mafieux sans tierce personne, ou de faire des affaires avec les forces de l'ordre. II) Le rôle de la mafia en Italie : 1) Dans le domaine politique : ?L'infiltration mafieuse dans la politique La mafia en Sicile représente un électorat important. Par une technique rodée, elle force la population à voter pour certains partis, certaines personnes. Les politiciens, en échange de cette faveur, garantissent la protection de la mafia et de son commerce une fois au pouvoir. C'est ainsi que des pro-mafias, ou des mafieux même, accèdent à des rangs tels que celui de maire, préfet ou conseiller municipal. C'est surtout lorsqu'elle a affaire aux tribunaux que la mafia réclame son soutien aux hommes politiques. Aucune préférence en général n'est remarquée chez les mafieux en matière de partis excepté un anticommunisme fervent. Le parti de la Démocratie-chrétienne italienne fut largement sollicité par la mafia car elle occupa le pouvoir de 1947 à 1990 sans discontinuer. À ce titre, le nom de Giulio Andreotti fut cité plusieurs fois lors de procès, mais aucune preuve n'a pu être retenue contre lui, même si des représentants de la DC sur place ont été arrêtés. 2) La grande influence économique: Pier Luigi Vigna, le procureur national anti-Mafia a récemment affirmé que «le chiffre d'affaires annuel brut de la Mafia, d'après les dernières études disponibles, serait de 100 milliards d'euros. Le quotidien précise que «ce chiffre prend uniquement en compte les secteurs des stupéfiants, des appels d'offres publics, de la prostitution, des extorsions et du trafic d'armes. Il s'agit en effet d'une somme par défaut, dans la mesure où «elle ne prend pas en compte le chiffre d'affaires des nouvelles mafias«. On comprend mieux les luttes internes à la Camorra, le groupe de crime organisé de Naples, pour le pouvoir sur le très rémunérateur trafic local de drogue, estimé à environ 500 000 euros par jour.Le procureur national anti-Mafia intervenait devant l'assemblée nationale des délégués des organisations syndicales italiennes. Il a ajouté que «le prochain objectif de la criminalité mafieuse est de bouleverser les règles du marché. Dans certaines zones du Sud, on ne trouve plus par exemple que certains produit et certaines marques«. Vigna fait référence, explique le Corriere della Sera, «à Parmalat, qui, dans, la province de Caserte, avait payé d'énormes pots-de-vin pour que seuls ses produits soient distribués sur le marché«. Pier Luigi Vigna a conclu son discours par une mise en garde : «Il faut protéger l'économie pour défendre la démocratie, parce que si l'économie réelle tombe entre les mains de la criminalité, il n'y a plus de démocratie. Il faut également contrecarrer la principale stratégie de la Mafia : détourner la confiance que les citoyens ont en leurs institutions«. Optenir le silence de la population: Grâce à leurs moyens d'influence, la Camorra et Cosa Nostra parviennent à obtenir le silence de la population sur leurs méthodes, leurs pratiques. Le silence des membres de la mafia s'obtient par la loi de l'Omertà, dont le non-respect est puni de mort. Mais certains membres ne la respectent pas. Ce sont les repentis. Le premier à dévier cette loi fut Tommaso Buscetta, en 1984. Il livra de nombreuses informations à la justice, ce qui permit d'arrêter et de juger 465 mafieux lors du « maxi-procès « de Palerme en 1986-1987. Les repentis sont vite placés sous protection et sont contraints à vivre cachés, étant donné que la mafia cherche à les assassiner. En revanche, pour obtenir le silence de la population, les mafias doivent parfois acheter les commerçants, les ouvriers, menacer les habitants, donner du travail à certains afin qu'ils se sentent redevables. La population vit avec la peur, mais le montre rarement. Beaucoup de personnes préfèrent quitter ces quartiers dirigés par la mafia pour éviter tous risques, tandis que d'autres essaient de lutter contre la mafia par leur propre moyens, sachant qu'en combattant la mafia, ils risquent leur vie. Divers moyens d'engagement contre la mafia existent : refuser une demande de la mafia comme de payer le pizzo, créer des pétitions contre la mafia, écrire un livre ou un article de journal dénonçant ses méthodes, etc. Cosa Nostra et la Camorra n'obtiennent donc pas toujours le silence de la population, et voient leurs activités menacées par les révoltes des habitants. III) Comment mettre fin à ce fléau : 1) la lutte contre la mafia : Selon une idée répandue, la lutte contre la mafia en Sicile n'aurait commencé qu'après les tragédies de Capaci et de la rue d'Amelio en 1992, où avec huit gardes du corps, ont péri les Juges Giovanni falcone, Francesca Morvillo et Paolo Borsellino. En réalité, la lutte contre la mafia et aussi vieille que la mafia elle-même ; elle a commencé dans les années 1980, avec la première vague du mouvement des paysans. Jusqu'à la fin des années 1950, la lutte contre la mafia en Sicile se présentait comme un conflit social ; ces dernières années, elle devient sous forme de combat civil. Le nouveau mouvement de lutte contre la mafia est né d'une part de l'émotion et de l'indignation provoquées par les grands crimes commis et d'autre part du refus de voir la mafia envahir la vie quotidienne et vider la vie démocratique de toute substance. Il procède surtout de motivations éthiques. Divisé en de nombreux groupes, ce n'est qu'en certaines occasions qu'il parvient à se donner une certaine unité d'action. Dans ce mouvement toutes les classes sociales se retrouvent, mais la classe moyenne (étudiants, professionnels et tout particulièrement enseignants) est la plus active. Quelques commerçants et hommes d'affaires participent aussi à la lutte contre le racket : en effet la mafia, qui a toujours pratique les extorsions de fonds, cherche aujourd'hui à mettre la main sur des entreprises «propres« pour couvrir des activités illégales et blanchir de l'argent. Pour atteindre cet objectif, beaucoup d'hommes d'affaires ont été assassines ces dernières années. 2) Arrêter la corruption : Aujourd'hui, tout les pays souffrent de la corruption. Cette corruption contribue au développement de l'organisation mafieuse au détriment de l'économie nationale. Ainsi ce fléau se manifeste de deux formes : la manière « tendre « c'est-à-dire accepter la demande du mafieux contre une somme d'argent ou contre un service ( protection, transport...), et la manière « forte « comme la violence par la menace verbale ou physique. Pour contrer ces tentatives de corruption le gouvernement peut envisager plusieurs solutions parmi elles augmenter le salaire des fonctionnaires qui risquent d'être confrontés pendant l'exercice de leurs fonctions au chantage ou aux menace de la part de l'organisation criminelle mafieuse. 3) Contrôler les frontières : Il faut savoir que le plus gros transit de marchandise illégale se fait à travers les frontières. Ainsi après questionnement de plusieurs employés de douanes on a fini par comprendre qu'il existe des dizaines de manières illégales pour faire passer de la marchandise non toléré. Parmi elles des techniques dite de « camouflage « qui consiste à faire passer des quantités plus ou moins grandes dans les coques des bateaux sous forme de marchandises emballées, dans des équipements ménagées ou plus étonnant dans des corps d'animaux que l'on ouvre.

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