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nuit noire et matin blême

Publié le 17/11/2012

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Nuit noire et matin blême Au bord des toits, une nuit sans lune, asphyxiée par l'odeur abjecte de la ville, je me promène, ivre de solitude. Il y a comme un gout de bile dans l'atmosphère, je suffoque essoufflée, la bouche entrouverte, les yeux cinglés. J'ai décidé de mourir ici, face au monde, la gueule à l'envers, pourvu que je tombe. Et je crache. Je tache. Complètement déréglée. Et plus j'avance, plus l'univers semble tanguer à son tour. Tu traines ton ennui dans le cimetière de l'errance, tu pris pour l'amnésie quand la ville vomit son excès d'impuissance. C'est le moment, il faut sauter, peut-être qu'on planera qui sait ? Les couleurs criardes des luminaires m'oppressent et je ne sais plus quoi faire de ces visions fébriles qui me tirent, qui m'attirent vers le bas. Tout est rouge vif, jaune pétant, bleu océan. Je divague. Je dis bye. On jouera dans un autre monde et la puanteur de l'air ne me brulera plus le nez. Ca y est, la chute libre, c'est ca. La liberté. On me retrouvera, les pieds dans la tombe, le sourire écorché. Mais le matin mon réveil résonne. Pas tout à fait lucide encore sous acide, l'évidence évincée par mes névroses, J'en suis sûre, je ne suis jamais montée là haut. A demi ivre morte J'ai fermé les yeux si fort en m'endormant que je me suis perdue. Soulée comme tout le monde, je suis rentrée un peu éméchée et j'y voyais plus comme tout l'monde, je me suis couchée, effondrée et là j'ai rêvé comme jamais. J'ai rêvé d'un ciel phosphorescent et d'étoiles lubriques. C'est pas mon lit ce n'est pas mes draps. Et ça danse et ça tourne autour de moi.

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