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Wiesel, Elie - écrivain.

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Wiesel, Elie - écrivain. 1 PRÉSENTATION Wiesel, Elie (1928- ), écrivain américain d'origine roumaine et d'expression française, lauréat du prix Nobel de la paix, dont l'oeuvre est centrée sur l'histoire du peuple juif et sur l'expérience des camps de concentration. 2 « UNE NUIT LONGUE ET SEPT FOIS VERROUILLÉE « Né à Sighet, en Transylvanie, ville frontalière entre la Roumanie et la Hongrie, Elie Wiesel (son prénom originel, Eliezer, signifie : « Dieu est mon aide «) entre très jeune au heder, l'école juive traditionnelle. Sa langue maternelle est le yiddish. Le 3 juin 1944, il est déporté au camp d'Auschwitz, en Pologne, avec sa famille et tous les autres Juifs de leur communauté ; à son arrivée le 6 juin, il est séparé de sa mère et de sa soeur cadette qu'il ne reverra jamais. Au mois de janvier 1945, il est transféré à Buchenwald avec son père Shlomo, qui meurt peu de temps après. Le camp est libéré au mois d'avril par l'armée du général Patton. Elie Wiesel est recueilli au mois de juin par la France dans une maison de l'OSE (OEuvre de secours aux enfants), avec d'autres enfants rescapés, en Normandie puis à Paris. Il apprend le français, étudie la philosophie à la Sorbonne, puis travaille comme journaliste pour des publications françaises et israéliennes. En 1955, il rencontre François Mauriac, qui l'incite à écrire et à livrer son témoignage. 3 L'ÉCRITURE COMME SURVIE L'année suivante, Elie Wiesel est renversé par une voiture à New York ; contraint de s'y installer, il finit par demander la nationalité américaine, qu'il obtient en 1963. Entre-temps, il publie au Brésil son premier texte en yiddish, Et le monde se taisait (Und die Velt hot gehsvign, 1956), dans lequel il évoque directement sa vie dans les camps. Il tire de ce récit une version condensée en français, la Nuit (1958), préfacée par François Mauriac. Cette oeuvre poignante est le premier volet de ce qu'on a présenté comme une trilogie se poursuivant avec l'Aube (1960) et le Jour (1961). Dans ce dernier volet, il évoque l'accident de New York par lequel il a, à nouveau, été confronté à la mort. En 1965, il effectue son premier séjour en URSS à la recherche des Juifs russes, et en rapporte un témoignage, les Juifs du silence. Cette expérience fait également naître deux autres textes, Zalmen ou la folie de Dieu (1967), pièce en trois actes, et le Testament d'un poète juif assassiné (1980), qui reçoit le Prix international de la paix. La guerre des Six Jours en 1967 lui inspire le Mendiant de Jérusalem, dédié à son épouse Marion Erster Rose, pour lequel il reçoit le prix Médicis 1968. 4 L'ACTION POUR LA MÉMOIRE ET POUR LA PAIX Nommé professeur au département d'Études juives du City College de New York (1970), puis professeur de sciences humaines à l'université de Boston (1976), Elie Wiesel occupe de 1980 à 1986 la présidence de la Commission présidentielle américaine sur l'Holocauste. La médaille d'honneur du Congrès lui est remise en 1984. En 1986, le prix Nobel de la paix lui est décerné, et il crée l'année suivante la Fondation Elie Wiesel pour l'humanité. Suivent des rencontres avec Lech Walesa, Andreï Sakharov, Václav Havel, Nelson Mandela. François Mitterrand, avec lequel il préside la première Conférence mondiale des prix Nobel (1988), lui remet la Légion d'honneur (1990) et lui confie plusieurs missions, dont celle de concevoir, d'organiser et de diriger l'Académie universelle des cultures, inaugurée à Paris en 1993. Il préside ensuite plusieurs colloques, à Hiroshima, à Prague, ainsi qu'à Paris à l'Unesco, dans le cadre de l'Académie universelle des cultures. 5 UNE OEUVRE ABONDANTE Elie Wiesel s'attaque à tous les genres littéraires : romans, essais, pièces de théâtre, légendes, dialogues, etc. Mais ce sont surtout ses romans qui retiennent l'attention du public et de la critique. Outre ceux déjà mentionnés, citons la Ville de la chance (1962), les Portes de la forêt (1964), le Serment de Kolvillàg (1973), le Cinquième Fils (1983, Grand Prix du roman de la Ville de Paris), le Crépuscule, au loin (1987), l'Oublié (1989), le Golem (1998), les Juges (1999), le Roi Salomon et sa baguette magique (2000), le Temps des déracinés (2003) et Un désir fou de danser (2006). Sa cantate Ani Maamin : un chant perdu et retrouvé, mise en musique par Darius Milhaud, est créée au Carnegie Hall de New York en 1973. Elie Wiesel a également écrit un recueil de nouvelles, le Chant des morts (1966), ainsi que des recueils de légendes, de récits, de dialogues ou d'essais comme Entre deux soleils (1970), Un Juif, aujourd'hui (1977), Paroles d'étranger (1982), Signes d'exode (1985), Silences et mémoire d'hommes (1989), D'où viens-tu ? (2001) et la série des célébrations : Célébration hassidique (1972 et 1981), Célébration biblique (1975), Célébration talmudique (1991), Célébration prophétique (1998). Outre une pièce en trois actes, le Procès de Shamgorod (1979), il a encore publié les deux tomes de ses mémoires : Tous les fleuves vont à la mer (1994), ... Et la mer n'en est pas remplie (1996), ainsi que des ouvrages écrits à deux mains, avec PhilippeMichael de Saint-Chéron (le Mal et l'Exil, 1988), Josy Eisenberg (Job ou Dieu dans la tempête, 1986), Jorge Semprún (Se taire est impossible, 1995), et François Mitterrand (Mémoires à deux voix, 1995). 6 LE PROCÈS INTENTÉ À DIEU Dès la sortie des camps, Elie Wiesel rejette Dieu, responsable à ses yeux du massacre, coupable de ne pas avoir protégé son peuple. « La Nuit « est le terme qu'il choisit pour nommer l'expérience de la Shoah ; « Jamais je n'oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée «, écrit-il dans son premier texte en français. Sa foi en un Dieu tel qu'il se le représentait est anéantie. D'où l'étrange procès qu'il intente à Dieu, où il est à la fois l'accusateur, le juge et le défenseur, et où l'accusé refuse de comparaître. Chacun des livres d'Elie Wiesel apparaît comme un acte de cet interminable procès, et comme autant d'étapes dans un processus de deuil : « Toutes ces histoires n'en font qu'une. Je les ai construites en cercles concentriques. Le centre en est le même et se trouve dans la Nuit. « Mais au coeur de son écriture, une crise profonde apparaît progressivement ; il se rend compte qu'il ne peut réellement parler de l'horreur vécue ; il se plaint de ne pouvoir transmettre le message qu'il porte en lui : « J'essaie en vain de dire l'indicible pour exprimer mon impossibilité à dire. « 7 ÉCRIVAIN, TÉMOIN ET MESSAGER Assumant totalement sa judéité, Elie Wiesel traque partout l'antisémitisme et récuse le mythe du « martyre « auquel serait condamné son peuple. On a parfois vu en lui davantage un témoin qu'un écrivain et on lui a reproché sa trop grande présence dans les médias. Il demeure cependant l'auteur d'une des oeuvres les plus marquantes du XXe siècle ; par le témoignage qu'elle apporte, elle apparaît comme un manifeste en faveur des droits de l'homme. Le prix Nobel en 1986 a récompensé tout à la fois l'homme et l'écrivain, « l'un des plus importants leaders et guides spirituels à l'époque où la violence, la répression et le racisme continuent de dominer le monde. « Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

« Assumant totalement sa judéité, Elie Wiesel traque partout l’antisémitisme et récuse le mythe du « martyre » auquel serait condamné son peuple. On a parfois vu en lui davantage un témoin qu’un écrivain et on lui a reproché sa trop grande présence dans les médias. Il demeure cependant l’auteur d’une des œuvres les plus marquantes du XXe siècle ; par le témoignage qu’elle apporte, elle apparaît comme un manifeste en faveur des droits de l’homme. Le prix Nobel en 1986 a récompensé tout à la fois l’homme et l’écrivain, « l’un des plus importants leaders et guides spirituels à l’époque où la violence, la répression et le racisme continuent de dominer le monde. » Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. »

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