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Analyses économiques de la crise alimentaire mondiale

Publié le 10/12/2012

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Crise alimentaire : quelles analyses économiques ? Introduction Actuellement, la population mondiale a atteint les 7 milliards d'habitants, mais parmi eux, 2 milliards sont mal nourris, vivant avec moins de 2 dollars par jour et avec un apport énergétique inférieur à 2700 kilocalories. En 2008, des émeutes de la faim se sont déclenchées aux quatre coins du monde (à Haïti, au Bangladesh, en Egypte, au Burkina Faso...) pour dénoncer la dramatique flambée des prix des denrées alimentaires. Ainsi, au cours du premier trimestre de 2008, les prix nominaux des principaux produits agricoles ont atteint leur plus haut niveau en près de 50 ans, tandis que les prix réels atteignaient leur niveau record en près de 30 ans. Cette flambée des prix alimentaires a mené le nombre de personnes souffrant de malnutrition en 2009, à travers le monde, à plus d'un milliard, soit une augmentation de 100 millions de personnes par rapport à 2008. Ce chiffre représente un fait un sixième de l'humanité (FAO 2009). Dans la situation actuelle, où la crise alimentaire mondiale ne s'est pas encore résorbée, il apparaît peu probable que l'on atteigne le premier objectif du millénaire pour le développement, visant à réduire la proportion de la population souffrant de la pauvreté et de la faim. PB : En quoi le système productif mondial a-t-il généré une crise alimentaire de grande ampleur que les instances internationales peinent à solutionner ? I- La crise alimentaire mondiale a de multiples origines. La flambée des prix, point de départ d'une série de facteurs de la crise alimentaire. 1/ Une flambée des prix spectaculaire mais prévisible La crise alimentaire mondiale résulte en premier lieu d'une hausse massive de prix, en particulier pour les denrées de base. Ainsi les prix du blé, du riz et du soja ont augmenté de plus de 40% (60% dans le cas du riz) depuis le début de 2007 (cf graphique) et, en un mois, en juillet 2012, le prix du blé et du maïs ont subi une hausse de plus de 20%. Pourtant les agriculteurs au niveau mondial ont eu une production record de 2,3 milliards de tonnes de céréales en 2007, soit 7% de plus que l'année précédente. Comment expliquer cette hausse des prix ? De 1975 à 2005 environ, le prix des matières agricoles a été divisé par 6 sur le marché international : en 1975, 1 tonne de céréales valait 600 euros, avant de passer à 100 euros en 2005. Les stocks internationaux se sont donc vidés petit à petit, en céréales ils étaient tombés à moins de 16% de la production et de la consommation mondiale. A ce stade, il suffit d'un rien pour que les prix explosent : une mauvaise récolte dans un pays exportateur comme l'Australie ou dans un pays importateur comme la Chine par exemple. La raison de la flambée des prix des matières agricoles est donc la baisse des stocks internationaux, causée par la baisse constante des prix des matières agricoles de ces 25 dernières années. Un cycle se forme, et se retrouve plusieurs fois au cours de l'Histoire (entre 1945, où il existait une certaine pénurie mondiale, et 1970-71 les prix des matières agricoles ont également chuté avant de remonter en 1975). Ainsi, la crise était prévisible. En effet, la libéralisation des échanges agricoles internationaux a imposé à tous les paysans et agriculteurs du monde le prix des exportateurs les plus compétitifs, provoquant partout une baisse des prix agricoles. Les stocks se vident alors : une pénurie mondiale survient. Cette flambée des prix n'est pas la première, mais elle se distingue des précédentes du fait qu'elle a touché des grandes parties du monde et s'est exprimée sur presque toutes les denrées vivrières de base et matières premières agricoles, dans un contexte où les pays en développement se sont intégrés à la fois financièrement et commercialement à l'économie mondiale. 2/ Les racines de cette hyperflation sont diverses et se croisent. Tout d'abord, le volume de l'offre est peu prévisible : les aléas climatiques affectent fortement les récoltes et inciter les pays producteurs à limiter leurs exportations (sécheresses récentes dans des pays fournisseurs de premier plan...). Dans la décennie de 2000, on a compté trois fois plus de catastrophes hydrométéorologiques (tempêtes, inondations, sécheresse, etc) que dans la décennie de 1980. La faible élasticité de la demande participe également à entretenir cette inflation : ce n'est parce que les cours des prix agricoles sont élevés que les individus sont en capacité de réduire significativement leur alimentation, surtout ceux qui n'arrivent déjà pas à manger à leur faim en temps normal. Un autre des facteurs est l'afflux de capitaux spéculatifs dans le secteur des produits de base (donc des denrées alimentaires) dans un marché mondial interconnecté. En effet, les instabilités qu'ont connues les marchés financiers, hypothécaires et immobiliers mondiaux ont poussé les spéculateurs à la recherche d'actifs dont les prix allaient augmenter. Mais qu'est-ce que la spéculation ? En s'inspirant de N. Kaldor, on peut définir la spéculation comme une opération d'achat (ou de vente) d'un actif, en vue d'une revente (ou d'un rachat) ultérieur, lorsque cette opération est motivée par la recherche d'un gain sur la base d'une anticipation de variation du prix de l'actif. <...

« se retrouve plusieurs fois au cours de l’Histoire (entre 1945, où il existait une certaine p énurie   mondiale, et 1970­71 les prix des mati ères agricoles ont  également chut é avant de remonter en   1975). Ainsi,   la   crise   était   pr évisible.

  En   effet,   la   lib éralisation   des   échanges   agricoles   internationaux a impos é à tous les paysans et agriculteurs du monde le prix des exportateurs   les   plus   comp étitifs,   provoquant   partout   une   baisse   des   prix   agricoles.

  Les   stocks   se   vident   alors : une p énurie mondiale survient. Cette flamb ée des prix n’est pas la premi ère, mais elle se distingue des pr écédentes du   fait  qu’elle  a  touch é des  grandes  parties  du  monde  et  s’est  exprim ée  sur  presque  toutes  les   denr ées  vivri ères de  base  et mati ères  premi ères agricoles, dans un  contexte  o ù les pays  en   d éveloppement   se   sont   int égrés   à  la   fois   financi èrement   et   commercialement   à  l’économie   mondiale.  2/  Les racines de cette hyperflation sont diverses et se croisent. Tout   d’abord,   le   volume   de   l’offre   est   peu   pr évisible   :   les   al éas   climatiques   affectent   fortement les r écoltes et inciter les pays producteurs  à limiter leurs exportations (s écheresses   r écentes   dans   des   pays   fournisseurs   de   premier   plan…).

  Dans   la   d écennie   de   2000,   on   a   compt é  trois   fois   plus   de   catastrophes   hydrom étéorologiques   (temp êtes,   inondations,   s écheresse, etc) que dans la d écennie de 1980.  La   faible   élasticit é  de   la   demande   participe   également   à  entretenir   cette   inflation   :   ce   n’est parce que les cours des prix agricoles sont  élev és que les individus sont en capacit é de   r éduire significativement leur alimentation, surtout ceux qui n’arrivent d éjà pas  à manger  à leur   faim en temps normal.  Un autre des facteurs est l’afflux de capitaux sp éculatifs dans le secteur des produits   de base (donc  des denr ées alimentaires) dans un march é mondial interconnect é. En effet, les   instabilit és qu’ont connues les march és financiers, hypoth écaires et immobiliers mondiaux ont   pouss é les sp éculateurs  à la recherche d’actifs dont les prix allaient augmenter.  Mais qu’est­ce que la sp éculation   ? En s’inspirant de N. Kaldor, on peut d éfinir la sp éculation   comme une op ération d’achat (ou de vente) d’un actif, en vue d’une revente (ou d’un rachat)   ult érieur,   lorsque   cette   op ération   est   motiv ée   par   la   recherche   d’un   gain   sur   la   base   d’une   anticipation de variation du prix de l’actif. Selon   la   CNUCED,   le   montant   des   investissements   sp éculatifs   plac és   dans   les   march és   de   produits de base est pass é de 5 milliards de dollars US en 2000  à 175 milliards en 2007.  La   hausse   des   prix   de   l’ énergie   a   également   contribu é à  majorer   le   co ût   de   la   production   agricole,   notamment   dans   les   pays   en   d éveloppement.

  Cette   hausse   s’est   r épercut ée   sur   le   co ût   de   la   transformation   et   distribution   alimentaire.

  En   effet,   la   part   de   l’ énergie dans le co ût de production agricole s’ élève  à 4% environ dans la majorit é des pays   d évelopp és tandis qu’elle varie de 8  à 20% dans certains pays en d éveloppement comme le   Br ésil, la Chine et l’Inde. Enfin,   l’OMC   en   condamnant   les   stocks   de   grains   conserv és   par   les   grandes   puissances agricoles est aussi une des causes de la crise  à moyen terme. Ainsi, depuis 1992,   l’UE   s’est   progressivement   d ébarrass é  des   stocks   qu’elle   avait   accumul és.

  Or,   ces   stocks  . »

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