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C omposé « anormal » sur le plan physico-chimique (chaleur spécifique et viscosité élevée, forte aptitude à dissoudre d'innombrables substances), l'eau constitue, par essence, la molécule indispensable à la vie.

Publié le 26/10/2013

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C omposé « anormal « sur le plan physico-chimique (chaleur spécifique et viscosité élevée, forte aptitude à dissoudre d'innombrables substances), l'eau constitue, par essence, la molécule indispensable à la vie. Elle représente aussi une ressource naturelle à la fois rare et irrégulièrement répartie à la surface des terres émergées. En outre, les eaux continentales sont l'objet de nombreuses pollutions, qui rendent encore plus difficile l'approvisionnement des agglomérations urbaines, des industries, de l'agriculture, et exigent de coûteuses opérations d'épuration. L'eau est l'oxyde d'hydrogène, corps composé formé de deux atomes d'hydrogène liés de façon covalente à un atome d'oxygène, de formule chimique H2O et de masse moléculaire 18,016. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats sciences (histoire des) - La matière - L'atome des chimistes, objet de mesures Les propriétés physico-chimiques de l'eau Propriétés physiques . Les principales caractéristiques physiques de l'eau pure sont les suivantes : point de fusion 0 o C ; point d'ébullition 100 o C ; densité maximale 1,00 g/cm3 à 3,98 o C ; densité à l'état solide (glace) 0,92 g/cm3 à 0 o C. Les valeurs élevées des points de fusion et d'ébullition pour un composé de masse moléculaire si faible sont dues essentiellement à l'existence de liaisons par « pont hydrogène « qui assurent une forte association des différentes molécules d'eau entre elles. Les points de fusion et d'ébullition de l'eau ont été choisis comme références 0 et 100 de l'échelle centigrade de mesure des températures. L'eau est un des rares composés dont la solidification se traduit par une diminution de la densité et donc par une augmentation de volume. Cela n'est pas sans conséquences importantes, ne serait-ce que par l'éclatement des conduites d'eau exposées au gel. L'existence d'un angle voisin de 105 o C entre les deux liaisons oxygène-hydrogène confère à la molécule d'eau un moment dipolaire permanent qui explique, en partie, son pouvoir solvant vis-à-vis des ions. L'eau est en effet le solvant le plus employé et dissout un grand nombre de composés minéraux. Elle est également miscible avec de nombreuses substances organiques. L'eau pure est légèrement dissociée en ions hydronium et hydroxyde selon l'équation : 2H2O ® H+3O + OH-. Le produit [H+3O]·[OH-] est une constante appelée produit ionique de l'eau dont la valeur est très voisine de 10 -14 à 2 5 o C. Les concentrations en ions hydronium et hydroxyde étant égales, il en résulte que le pH (voir acide) de l'eau pure est égal à 7 : pH = - log [H3O +] = - log 1O-7. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats acide densité - 1.PHYSIQUE dipôle électrique glaciologie - La glace hydrogène ion liaison chimique - La liaison hydrogène oxygène pH Propriétés chimiques. L'eau est un composé particulièrement stable qui ne peut être dissocié en ses éléments qu'à très haute température. Cette dissociation peut être réalisée plus aisément par électrolyse en ajoutant à l'eau une faible quantité de base ou d'acide ; on observe alors un dégagement d'hydrogène à la cathode et un dégagement d'oxygène à l'anode. Les réactions de l'eau avec un certain nombre de composés peuvent être spontanées : réactions avec le fluor, les métaux alcalins, les hydrures alcalins ou alcalino-terreux, les composés organométalliques, ou nécessiter la présence de catalyseurs : réactions avec les halogènes autres que le fluor, le silicium, le carbone, les carbures métalliques, un certain nombre d'oxydes et de sels métalliques. En chimie organique et en biochimie, l'eau intervient dans de nombreux processus d'hydrolyse, tels que l'hydrolyse des esters qui donne un acide et un alcool et qui constitue la réaction inverse de l'estérification. Voir alcool. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats alcool électrolyse hydrolyse phase - 3.CHIMIE L'eau distillée. C'est de l'eau théoriquement pure, mais contenant pratiquement moins de 1 mg/l de sels en solution. Elle est obtenue à partir de plusieurs méthodes de distillation ; par exemple : distillation simple en alambic, distillation par compression de vapeur, distillation solaire, etc. Cette eau est utilisée principalement dans l'industrie pharmaceutique. Voir distillation. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats distillation L'eau de mer. Elle représente presque 98 % de la masse totale d'eau existant sur Terre. Sa composition ionique est variable selon qu'il s'agit d'une eau provenant d'une mer fermée ou d'une mer ouverte. De nombreux procédés de dessalement de l'eau de mer ont été imaginés et testés ; ce sont les méthodes par échange d'ions, par précipitation de produits insolubles, par électrodialyse, par osmose inverse, par distillation, par congélation, etc. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats désalinisation océanographie - L'eau de mer et les mouvements de la mer - Introduction océanographie - La connaissance de l'océan salinité L'eau lourde. Oxyde de deutérium, D2O, c'est une eau dans laquelle l'isotope normal de l'hydrogène est remplacé par l'hydrogène lourd, ou deutérium. Elle représente 0,02 % de l'eau naturelle. Les caractéristiques physiques de l'eau lourde sont les suivantes : point d'ébullition 101,42 o C ; point de congélation 3,81 o C ; masse volumique maximale 1,106 g/cm 3 à 11,23 o C. L'eau lourde se prépare par électrolyses répétées de l'eau ordinaire. En raison de la faible masse atomique du deutérium et de sa faible tendance à absorber les neutrons, elle constitue un excellent ralentisseur de neutrons et pour cela est utilisée dans les réacteurs nucléaires. Par combinaison du deutérium avec les isotopes lourds de l'oxygène (17 O et 18 O), on peut obtenir des eaux plus lourdes encore. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats combustible nucléaire deutériation deuton modérateur réacteur - 3.INDUSTRIE NUCLÉAIRE Urey Harold Clayton L'eau oxygénée. C'est une solution aqueuse de peroxyde d'hydrogène (H2O 2). Les solutions concentrées explosent facilement. L'eau oxygénée est un oxydant énergique (par exemple, oxydation de dioxyde de soufre en acide sulfurique : SO2 + H2O 2 ® H2SO4). Dans le commerce, l'eau oxygénée est dite à 10 ou 12 volumes, car elle peut libérer de 10 à 12 fois son volume d'oxygène. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats peroxyde d'hydrogène Thenard (Louis Jacques, baron) Les eaux de Javel. On désigne sous le nom d'eaux de Javel des solutions aqueuses, plus ou moins concentrées, d'hypochlorite de sodium ClONa. Les eaux de Javel sont préparées par action du chlore gazeux sur des solutions de soude. Elles sont très largement utilisées comme agents de blanchiment et de désinfection. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats blanchiment - 1.INDUSTRIE désinfection hypochlorite Javel (eau de) L'eau et la vie L'eau représente le constituant majeur de la matière vivante. Chez la plupart des êtres vivants, la teneur en eau est de l'ordre de 70 %, voire davantage. Elle peut dépasser 95 % chez certaines méduses acalèphes. À l'opposé, quelques espèces végétales ou des animaux primitifs (nématodes, rotifères, tardigrades, mais aussi certains collemboles...) peuvent survivre à l'état d'anhydrobiose, c'est-à-dire de déshydratation totale. Dans de telles conditions, ils peuvent supporter des températures inférieures à - 200 o C. Toutefois, il faut remarquer qu'ils sont alors en vie ralentie, donc incapables de toute activité métabolique, ce qui démontre a contrario la nécessité de la présence d'eau cellulaire pour toute forme de vie active. Dans l'univers, la vie n'est possible que là où l'eau est à l'état liquide, donc dans une zone de température comprise entre 0 o C et 100 o C (en réalité, pour la majorité des végétaux et la plupart des animaux terrestres, ce domaine se restreint à un intervalle compris entre 0 o C et 60 o C). L'étude des planètes telluriques montre que, par excès de chaleur (Vénus) ou de froid (Mars), la vie n'a pu évoluer à leur surface, l'eau n'y étant pas liquide ou n'ayant pu être retenue dans leur atmosphère. Depuis qu'il a été possible de la photographier de l'espace, la Terre a été dénommée la planète bleue par référence à la prépondérance de l'eau à sa surface. L'hydrosphère représente la partie de la biosphère occupée par les eaux océaniques et continentales. L'océan mondial couvre 360 millions de km 2, soit plus de 71 % de la surface du globe. Compte tenu de l'énorme volume qu'il représente, il joue un rôle majeur dans la régulation des climats terrestres, car les courants marins amènent les masses d'eaux chaudes aux hautes latitudes qu'ils réchauffent (cas du Gulf Stream), tandis que les courants froids modèrent les températures des zones côtières tropicales. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats anhydrobiose bioastronomie biosphère - La composition de la biosphère déshydratation hydrosphère Mars nutrition océanographie - Les masses d'eau et les courants océaniques Vénus Le cycle biogéochimique de l'eau La vapeur d'eau constitue la forme à partir de laquelle s'effectue le cycle de ce composé. Pourtant, la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère est dérisoire : condensée, elle atteindrait une hauteur moyenne d'à peine 3 cm à la surface de la Terre. Le déplacement des masses d'air chargées de vapeur d'eau assure la distribution des précipitations. Leur refroidissement ramène l'eau à la surface sous la forme de pluies, neige ou grêle. Cependant, la majorité des précipitations retombent sur l'océan : 22,8 % seulement atteignent la surface des continents, qui occupent pourtant 29 % de la surface totale de la planète. À la surface des continents, l'eau subit trois phénomènes différents : l'évaporation, l'infiltration et le ruissellement. L'évaporation s'effectue directement ou par évapotranspiration due aux plantes. Ce dernier phénomène est très important, car une forêt dégage dans l'air de 20 à 50 tonnes d'eau par hectare et par jour selon les conditions météorologiques locales et la nature du sol. L'infiltration est un autre phénomène très important, car c'est d'elle que dépendent la réhydratation des sols et l'approvisionnement des nappes phréatiques, des rivières souterraines et des résurgences. Enfin, le ruissellement alimente les cours d'eau, et donc boucle le cycle par retour des fleuves à l'océan. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats brouillard climat - Les éléments du climat endoréisme évaporation évapotranspiration forêt - Les richesses de la forêt grêle hydrogéologie météorologie - Nuages et précipitations neige nuage pluie résurgence ruissellement source transpiration - 2.BOTANIQUE Les médias énergie - bilan terrestre de l'énergie solaire Les livres eau - le cycle de l'eau, page 1545, volume 3 Les ressources en eau L'océan mondial représente, avec un volume de 1,38 milliard de km3, quelque 97,4 % de la totalité de l'eau existant dans la biosphère. Bien que les eaux douces ne représentent que 2,6 % de l'hydrosphère, seule une faible fraction de ce total est réellement accessible, l'essentiel étant piégé dans les calottes de glaces polaires. La seule fraction disponible pour les activités humaines correspond au débit d'écoulement stable estimé à 14 000 km3 par an - c'est-à-dire au débit des fleuves hors crue -, soit moins de 0,01 % du total. De plus, la masse hydrique réellement utilisable est encore plus faible - elle est évaluée à 9 000 km 3 par an - et correspond aux cours d'eau traversant des zones habitées. Les précipitations ne sont pas également réparties à la surface des continents. En effet, sur environ 150 millions de km 2 que couvrent les terres émergées, 40 millions sont occupés par des déserts. Comme en outre 37 millions de km 2, situés aux hautes latitudes, sont perpétuellement gelés, l'eau fait défaut sur la moitié de la surface continentale. Les précipitations sont maximales dans les zones équatoriales et sur les façades occidentales des continents aux moyennes latitudes. À l'opposé, elles sont très faibles dans les zones situées au niveau des tropiques des deux hémisphères, qui sont de ce fait désertiques. Comme la majorité des terres émergées sont situées aux latitudes moyennes de l'hémisphère nord, c'est aux mois de mars-avril que la quantité d'eau retenue par les continents sous forme de neige et de glace est la plus grande. La disponibilité de l'eau pour les écosystèmes terrestres - et donc pour l'agriculture - n'est en effet pas seulement conditionnée par l'abondance des précipitations mais aussi par l'évapotranspiration. Cette dernière est directement liée aux conditions climatiques locales : températures et vents. De la sorte, 600 mm/an correspondent à un apport d'eau de pluies très satisfaisant pour l'agriculture en Europe atlantique, alors qu'ils marquent un climat avec une saison aride en Afrique subsaharienne. Même en Camargue, alors que les précipitations sont de l'ordre de 500 mm/an, l'évapotranspiration atteint 1 600 mm/an, ce qui entraîne un déficit hydrique très fort pendant la période estivale. En définitive, mieux que les précipitations, c'est la répartition de leur excédent ou de leur déficit par rapport à l'évapotranspiration qui permet de connaître la distribution géographique de la disponibilité de l'eau douce à la surface des continents. À l'instar des précipitations, la distribution des eaux superficielles et souterraines est fort inégale. Les zones humides (lacs, étangs, marais, lagunes) sont distribuées de façon très irrégulière à la surface du globe. Leur maximum d'extension se situe dans la zone intertropicale et aux latitudes tempérées et subarctiques de l'hémisphère nord (ci-dessus). Ainsi, le lac Baïkal, situé en Russie asiatique, renferme à lui seul 23 000 km 3, soit 10,2 % du volume total des eaux douces superficielles de la planète ! Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Baïkal désert - Les milieux désertiques - Les conditions climatiques évapotranspiration hydrosphère pôles - Les zones ou régions polaires précipitation - 2.MÉTÉOROLOGIE ressources naturelles tropiques - Les caractères climatiques - Une forte humidité Les médias eau - les ressources mondiales Les livres eau - la répartition géographique de l'eau disponible, page 1546, volume 3 eau - volume d'eau douce disponible annuellement dans le monde, page 1546, volume 3 eau - répartition des zones humides dans le monde, page 1547, volume 3 Les usages de l'eau La plus forte consommation d'eau est le fait des usages industriels et agricoles. Certaines industries consomment des quantités considérables d'eau : il en faut par exemple 300 m3 pour fabriquer une tonne de pâte à papier et 6 000 m3 pour produire une tonne d'engrais azotés. En agriculture, l'irrigation nécessite des volumes également considérables : un hectare de maïs consomme 20 000 m3 d'eau pendant la période végétative, et un hectare de rizière, 40 000 m3. La consommation d'eau varie par habitant dans de fortes proportions d'un pays à l'autre. Le record est détenu par les États-Unis, où elle est de 6 300 litres/habitant/jour, tous usages confondus, l'eau étant répartie également entre les emplois domestiques et industriels ; en France, elle est de l'ordre de 1 700 litres/habitant/jour. À l'opposé, dans les pays les plus démunis, cette consommation est à peine d'une centaine de litres par jour et par habitant, usages agricoles inclus ! Un autre aspect préoccupant est la croissance par habitant de la consommation d'eau ; celle-ci est passée, entre 1950 et 1980, de 300 à 800 m 3/habitant/an en moyenne mondiale. En outre, de graves problèmes qualitatifs se posent en ce qui concerne l'approvisionnement en eau potable. Selon les normes françaises, une eau n'est potable que si elle renferme plus de 4 g d'oxygène dissous par litre, si sa demande biochimique d'oxygène est inférieure à 5 mg/litre et enfin si sa charge microbiologique est inférieure à 50 coliformes par cm 3. De plus, l'eau ne doit pas renfermer de micropolluants toxiques audelà des concentrations maximales admissibles définies par la CEE. On estime que 1,2 milliard de personnes, soit près du quart de la population mondiale, ne disposent pas d'un accès à l'eau potable. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats agriculture - Les différents systèmes d'agriculture consommation - Les comportements de consommation en France engrais environnement environnement - La biosphère menacée irrigation maïs nitrate pollution - Les polluants : de l'environnement à l'homme - Introduction riz source Les médias eau - irrigation et culture La pollution des eaux À la différence de divers phénomènes de pollution qui ne constituent qu'une menace potentielle susceptible d'affecter à l'avenir les activités humaines, la crise de l'eau sévit depuis longtemps déjà et avec une gravité sans cesse accrue. La pollution des eaux se traduit par des effets particuliers liés aux spécificités écologiques propres aux milieux aquatiques. L'eau peut dissoudre, souvent avec facilité, de nombreuses substances chimiques minérales ou organiques ; de plus, elle met en suspension les matières insolubles et les déchets solides. De sorte que tout polluant de l'eau va se trouver entraîné par le jeu du cycle hydrologique fort loin en aval de la source de contamination. À l'opposé, comme les gaz, entre autres, l'oxygène - élément indispensable à la respiration des animaux - est peu soluble dans l'eau ; les milieux aquatiques sont donc pauvres en oxygène dissous, et leur pollution par des matières organiques fermentescibles, dont la biodégradation exige une grande quantité d'oxygène, va se traduire par une anoxie de leurs eaux ainsi polluées. Les conséquences s'avèrent catastrophiques pour leur faune, qui sera asphyxiée lors des périodes les plus défavorables. Une dernière particularité des habitats aquatiques est la forte chaleur spécifique de l'eau. En conséquence, les variations de température des biotopes lacustres ou des cours d'eau sont beaucoup plus faibles qu'en milieu terrestre. Il en résulte que les poissons et autres organismes aquatiques sont beaucoup plus sensibles à une variation rapide - même de faible amplitude - de la température des eaux où ils vivent que les êtres vivants terrestres. Ils sont donc exposés localement à une pollution thermique des eaux due au rejet d'eaux chaudes par des installations industrielles. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats biodégradable (substance) dystrophisation eutrophisation poissons - Anatomie et physiologie - Les organes respiratoires poissons - Biologie et écologie - Introduction pollution - Les conséquences écologiques des principaux types de pollution Les principaux types de polluants des eaux. En fonction de leur nature, on peut distinguer plusieurs catégories de polluants des eaux. Tout en soulignant le caractère arbitraire de toute typologie, on peut classer les diverses causes de pollution des eaux (voir tableau ci-dessus). L'importance que celle-ci revêt a crû considérablement depuis le début des années soixante dans l'ensemble du monde. Certes, la progression de la contamination des eaux continentales par le rejet d'effluents chargés de matières organiques fermentescibles a été arrêtée dans de nombreux pays, mais elle a été remplacée par celle des pollutions chimiques, en particulier par des traces de métaux toxiques et de composés organiques de toxicité aiguë ou (et) chronique très élevée. Cette pollution est le fait d'émissaires urbains et industriels, ainsi que de sources diffuses, dispersées sur de vastes territoires. Elle concerne de plus en plus non seulement les eaux superficielles mais aussi les nappes phréatiques. Comme la France dispose d'un territoire plus étendu que celui des autres pays européens les plus industrialisés, d'une industrie plus dispersée et de vastes cours d'eau, l'acuité du problème y a longtemps été moindre qu'ailleurs en Europe. Cependant, le temps est loin où l'on pêchait des esturgeons dans le cours inférieur de la Seine ; le dernier spécimen y fut, en effet, capturé au tout début du XXe siècle ! Actuellement, la pollution des eaux de surface atteint des niveaux considérables dans l'ensemble du monde. À titre d'exemple, les rejets industriels et urbains s'élevaient en France au milieu des années quatre-vingt à quelque 8 800 tonnes par jour de matières oxydables. Aux États-Unis, la situation est comparable à celle de l'Europe dans la partie orientale du pays, la plus peuplée. La situation des Grands Lacs est particulièrement catastrophique. À titre d'exemple, la rivière Cuyahoga, qui déverse ses effluents dans le lac Érié, y rejetait en 1987, chaque jour, 333 tonnes de métaux lourds et 43 tonnes de PCB et autres redoutables contaminants organiques de synthèse. Dans ce même pays, l'EPA (Environmental Protection Agency, équivalent américain du ministère de l'Environnement) estimait au début des années quatre-vingt que, sur quelque dix mille sites de décharges industrielles de produits chimiques dangereux recensés, plus de deux mille contaminaient directement les eaux souterraines ! Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats effluent Érié (lac) Grands Lacs industrie pollution - Les principales causes de pollution - La pollution par les industries Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats contamination effluent environnement eutrophisation pollution - La circulation des polluants dans la biosphère pollution - Les conséquences écologiques des principaux types de pollution pollution - Les principales causes de pollution Les médias eau - principales causes de pollution des eaux eau - solubilité de l'oxygène dans l'eau eutrophisation Les livres déchets, page 1395, volume 3 Le traitement des eaux L'importance de la pollution des eaux exige de nos jours une épuration de ces dernières, non seulement pour l'approvisionnement en eau potable des agglomérations, mais aussi pour éviter que les effluents pollués des égouts urbains et industriels ne provoquent une destruction totale des écosystèmes aquatiques. Les stations de traitement. Les stations de traitement des eaux résiduaires peuvent comporter divers degrés d'épuration. On peut distinguer, en première approximation, des traitements primaires, secondaires et tertiaires. Les traitements primaires consistent en un simple filtrage et en une décantation des déchets solides et en suspension. Les traitements secondaires, les plus répandus, visent à réaliser une épuration biologique des eaux. Celle-ci a pour objet principal d'éliminer la pollution par des matières organiques fermentescibles en faisant appel à des bactéries aérobies qui dégradent rapidement par voie oxydative les composés organiques (glucides, lipides, protides) contaminant les eaux. Ce procédé permet d'éliminer la demande biologique d'oxygène, cause de l'asphyxie des rivières polluées par des effluents organiques. La méthode consiste à oxygéner au maximum les effluents et à les faire passer sur des lits activés renfermant un « floc « bactérien, mélange d'espèces de micro-organismes sélectionnés pour leur pouvoir biodégradant. Les traitements tertiaires ont pour objet d'éliminer des contaminants résiduels - micropolluants (certains métaux lourds, composés organiques de synthèse). Ils font appel à des techniques variées, microbiologiques ou chimiques, et ne sont généralement utilisés que dans des stations d'épuration spécialisées pour traiter des effluents industriels. Ainsi, on peut éliminer les phénols des eaux usées des raffineries de pétrole par passage sur des lits bactériens adaptés. Souvent, ces traitements mettent en jeu des réactions chimiques spécifiques du type de contaminant à éliminer. Cependant, un type de traitement tertiaire de plus en plus répandu dans les grandes stations urbaines est celui qui a pour objet d'éliminer les sels minéraux nutritifs, résidus inévitables de l'épuration des eaux polluées par des matières organiques (nitrates et phosphates), cause de la dystrophisation des milieux aquatiques. Il s'effectue selon divers procédés, en particulier le lagunage. Celui-ci, selon des recherches en cours, permettrait également d'éliminer les métaux toxiques en faisant appel à des végétaux aquatiques adaptés qui les concentrent dans leurs tissus (jacinthes d'eau, par exemple). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats bactérie décantation dystrophisation eichhornia épuration des eaux phénol station d'épuration Les médias eau - Le traitement des eaux Les livres Burkina Faso - station de traitement des eaux à Ouagadougou, page 781, volume 2 La production d'eau potable. Elle est aujourd'hui en partie fondée sur le traitement d'eaux de surface, car les nappes phréatiques ne permettent pas toujours de répondre à la demande (cas des grandes cités, comme Paris, Marseille, etc.). Ici, un traitement chimique permet l'épuration totale de l'eau pour éliminer la plupart des contaminants toxiques, et est complété par passage sur des charbons actifs afin de la débarrasser des micropolluants organiques (pesticides, PCB par exemple) non dégradés par les réactions précédentes. Enfin, le traitement s'achève par une chloration, par une ozonisation ou, mieux, par les deux, afin d'éliminer les germes pathogènes des eaux destinées à la consommation humaine. Il n'en reste pas moins que, dans des conditions climatiques exceptionnelles, des micro-organismes (actinomycètes) peuvent sécréter dans l'eau une substance, la géosmine, qui confère à l'eau potable un goût de vase. Le dessalement de l'eau de mer est indispensable pour la production d'eau potable dans les zones désertiques. Il sert actuellement à l'alimentation de nombreuses villes du golfe Arabo-Persique. Deux procédés sont utilisés : la distillation, très coûteuse en énergie, et l'osmose inverse. Cette dernière méthode consiste à utiliser des fibres creuses percées par un microcanalicule et dont les parois sont constituées par un matériau synthétique spécial, imperméable aux sels mais qui laisse passer les molécules d'eau. L'eau de mer est injectée sous pression dans d'énormes faisceaux de ces fibres, ce qui permet d'en extraire de l'eau pure. Certaines usines ont une capacité suffisante pour assurer l'approvisionnement de centaines de milliers d'habitants. Le Moyen-Orient venait, avec l'Afrique du Nord, nettement en tête des quantités produites dans les années quatre-vingt-dix avec environ 3,8 millions de m 3 par jour, soit quelque 69 % du total mondial, suivi par les États-Unis (12 %), mais dont la production atteignait plus de 1 million de m3 par jour. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats adoucissement des eaux chlore désalinisation épuration des eaux Javel (eau de) o zone salinité Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats adoucissement des eaux boue active échangeurs d'ions effluent égout épuration des eaux station d'épuration Les livres eau - vue aérienne de la station d'épuration des eaux d'Achères, page 1548, volume 3 eau - schéma d'une station de traitement des eaux, page 1549, volume 3 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats hydrographie hydrologie Les livres eau - les chutes de Kaieteur, page 1544, volume 3 eau - la rivière Yellowstone, page 1544, volume 3 Les indications bibliographiques Le Grand Livre de l'eau, cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette et La Manufacture, Paris, 1995. M. Lamy, l'Eau de la nature et des hommes, Presses universitaires de Bordeaux, 1995. F. Ramade, « l'Hydrosphère «, in Écologie des ressources naturelles, Masson, Paris, 1981.

« Propriétés chimiques. L'eau est un composé particulièrement stable qui ne peut être dissocié en ses éléments qu'à très haute température. Cette dissociation peut être réalisée plus aisément par électrolyse en ajoutant à l'eau une faible quantité de base ou d'acide ; on observe alors un dégagement d'hydrogène à la cathode et un dégagement d'oxygène à l'anode. Les réactions de l'eau avec un certain nombre de composés peuvent être spontanées : réactions avec le fluor, les métaux alcalins, les hydrures alcalins ou alcalino-terreux, les composés organométalliques, ou nécessiter la présence de catalyseurs : réactions avec les halogènes autres que le fluor, le silicium, le carbone, les carbures métalliques, un certain nombre d'oxydes et de sels métalliques. En chimie organique et en biochimie, l'eau intervient dans de nombreux processus d'hydrolyse, tels que l'hydrolyse des esters qui donne un acide et un alcool et qui constitue la réaction inverse de l'estérification. Voir alcool . Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats alcool électrolyse hydrolyse phase - 3.CHIMIE L'eau distillée. C'est de l'eau théoriquement pure, mais contenant pratiquement moins de 1 mg/l de sels en solution. Elle est obtenue à partir de plusieurs méthodes de distillation ; par exemple : distillation simple en alambic, distillation par compression de vapeur, distillation solaire, etc. Cette eau est utilisée principalement dans l'industrie pharmaceutique. Voir distillation . Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats distillation L'eau de mer. Elle représente presque 98 % de la masse totale d'eau existant sur Terre. Sa composition ionique est variable selon qu'il s'agit d'une eau provenant d'une mer fermée ou d'une mer ouverte. De nombreux procédés de dessalement de l'eau de mer ont été imaginés et testés ; ce sont les méthodes par échange d'ions, par précipitation de produits insolubles, par électrodialyse, par osmose inverse, par distillation, par congélation, etc. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats désalinisation océanographie - L'eau de mer et les mouvements de la mer - Introduction océanographie - La connaissance de l'océan salinité L'eau lourde. Oxyde de deutérium, D 2O, c'est une eau dans laquelle l'isotope normal de l'hydrogène est remplacé par l'hydrogène lourd, ou deutérium. Elle représente 0,02 % de l'eau naturelle. Les caractéristiques physiques de l'eau lourde sont les suivantes : point d'ébullition 101,42 oC ; point de congélation 3,81 oC ; masse volumique maximale 1,106 g/cm 3 à 11,23 oC. L'eau lourde se prépare par électrolyses répétées de l'eau ordinaire. En raison de la faible masse atomique du deutérium et de sa faible tendance à absorber les neutrons, elle constitue un excellent ralentisseur de neutrons et pour cela est utilisée dans les réacteurs nucléaires. Par combinaison du deutérium avec les isotopes lourds de l'oxygène (17 O et 18 O), on peut obtenir des eaux plus lourdes encore. »

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