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MARCEL (Gabriel), philosophe

Publié le 24/01/2019

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MARCEL (Gabriel), philosophe et auteur dramatique français (Paris 1889-id. 1973). Il a beaucoup contribué à faire connaître, entre les deux guerres, la philosophie phénoménologique allemande. Lui-même fait de l'accès à l'être le problème fondamental de la conscience. Sa doctrine, considérée comme un existentialisme chrétien, se veut plutôt un « essai d'ontologie concrète » à partir d'une méditation sur le corps et l'incarnation qui aboutit à une métaproblématique, distinguant entre le problème (objectivable et relevant de la technique) et le mystère (où l'être est engagé tout entier). Outre ses écrits proprement philosophiques (Existence et Objectivité, 1914; Journal métaphysique, 1914-1923; Être et Avoir, 1918-1933 ; Du refus à l'invocation, 1940 ; le Mystère de l'être, 1951 ; la Dignité humaine et ses assises existentielles, 1964), son théâtre, dans la double lignée d’Ibsen et de François de Curel, rythme l'évolution de sa pensée à travers des pièces plus « engagées » (le Dard, 1936 ; le Signe de la croix, 1938 ; l'Émissaire, 1945; Rome n'est plus dans Rome, 1951) ou plus proches de la tradition de l'analyse psychologique [Un homme de Dieu, 1925 ; la Chapelle ardente, 1931 ; le Chemin de crête, 1936 ; la Soif, 1938 ; les Cœurs avides, 1953).

« d’une même exigence du concret et d’une même expérience de l’incarnation. A cette pensée incarnée qui, ayant renoncé à occuper la position du spectateur, a renoncé à la prétention d’universalité et de vérification, ni Dieu ni autrui ne peuvent plus apparaître comme des objets.

Dans le Journal Métaphysique , à mesure que la méditation sur la possibilité de l’acte de foi s’approfondit, Dieu apparaît de plus en plus comme un “ Invérifiable absolu ” ; mais cet Invérifiable ne doit pas être compris comme un inconnaissable, une limite que rencontrerait la pensée objective, il se révèle au contraire comme “ méta-problématique ”. De la notion négative “ d’invéritable absolu ”, on passe à celle de “ Toi absolu ”.

L’Etre divin comme l’être d’autrui ne se révèle que dans le dialogue des personnes, dans la communication, où la pensée objective ou technique cède la place à une affirmation qui est témoignage, reconnaissance active d’une présence, “ attestation créatrice ”. Ce n’est pas par hasard que Gabriel Marcel a toujours éprouvé le besoin, parallèlement à son œ uvre philosophique, de créer des personnages vivants en s’exprimant par le théâtre ; c’est que le théâtre est dialogue, où se révèlent dans leur pureté et les rapports humains et le mystère des personnes.

C’est que Gabriel Marcel a toujours pensé, selon une parole de E.-M.

Forster qu’il aimait à citer, que “ c’est la vie privée et elle seule qui présente le miroir où l’infini vient se refléter ” .

Si l’Être divin et les êtres humains ne sont, l’un et les autres, saisis que dans l’expérience du “ Toi et du nous ”, c’est parce que Gabriel Marcel n’a jamais séparé ses deux préoccupations majeures : “ l’exigence de l’être ” d’une part, et d’autre part “ la hantise des êtres saisis dans leur singularité et en même temps dans les mystérieux rapports qui les lient ” .

Il pense au contraire, que, “ plus nous saurons reconnaître l’être individuel en tant que tel, plus nous serons orientés et comme acheminés vers une saisie de l’être en tant qu’être ” . Ainsi, tous les chemins de son œ uvre, même ceux qui paraissent le plus étrangers à la philosophie, conduisent à la reconnaissance de ce qu’il appelle “ le mystère ontologique ”.

Ce qui est central chez lui, c’est la célèbre distinction entre “ problème et mystère ” : “ le mystère est un problème qui empiète sur ses propres données ” , qui transcende donc l’opposition du sujet et de l’objet et que la pensée ne peut pas se donner. »

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