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V oir la carte État insulaire d'Europe occidentale, densément peuplé et fortement urbanisé, le Royaume-Uni est une vieille monarchie parlementaire qui fait partie de l'Union européenne.

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V oir la carte État insulaire d'Europe occidentale, densément peuplé et fortement urbanisé, le Royaume-Uni est une vieille monarchie parlementaire qui fait partie de l'Union européenne. Naguère pays pionnier de la révolution industrielle, devenu la première puissance mondiale grâce à la stabilité de la livre sterling, au poids de son empire colonial et à la suprématie de sa marine, il est entré, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une période de difficultés économiques et de tensions sociales. Mais le rayonnement international de sa culture et de sa langue est toujours aussi grand. Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, en anglais United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, est un État insulaire d'Europe. Ce royaume a été formé en mai 1707 par l'union de l'Angleterre - à laquelle était déjà rattaché le pays de Galles - et de l'Écosse, puis s'y est ajoutée l'Irlande le 1er août 1800. Toutefois, l'Irlande ayant été séparée en deux en 1921 avec la création de l'État libre d'Irlande, seul le nord de l'île (l'Ulster) resta dans le Royaume-Uni. Les îles AngloNormandes et l'île de Man, possessions de la couronne britannique, ne font pas partie du Royaume-Uni. Le monarque n'a pas de pouvoirs politiques, mais il symbolise l'unité et la continuité historique ; il « règne mais ne gouverne pas ». Le système repose sur trois éléments : le Parlement, le mode de scrutin, les partis. Le Parlement comprend deux Chambres. La Chambre des lords, dont les membres ont des statuts divers (ils siègent soit à titre héréditaire, soit ès qualités - certains archevêques et évêques de l'Église anglicane -, soit ils sont nommés à vie), a peu de prérogatives. Au contraire, celles de la Chambre des communes sont très étendues : vote de la loi, contrôle du cabinet (le gouvernement). Les députés (Members of the Parliament) sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. Le mode de scrutin est le suffrage universel à un tour par circonscription (659 au total). Ce type de scrutin donne au parti le plus fort en nombre de voix une prime en nombre de sièges ; il tend au bipartisme (depuis la Seconde Guerre mondiale, le parti conservateur et le parti travailliste sont les seuls à se partager le pouvoir) et rend difficile l'apparition de nouveaux partis. Le leader du parti qui a remporté les élections devient Premier ministre : en cas de changement de leader dans le parti, on change de Premier ministre. Celui-ci peut dissoudre la Chambre des communes, ce qui lui permet de choisir le meilleur moment d'une nouvelle élection pour son parti. Comme dans la plupart des démocraties occidentales, le pouvoir du chef de gouvernement (que le régime soit parlementaire comme en Grande-Bretagne, présidentiel comme aux États-Unis ou semi-présidentiel comme en France) a tendu à se renforcer au détriment du Parlement. Il n'existe pas de Cour constitutionnelle et la Constitution n'est pas un texte écrit unique, mais un ensemble de traditions et de documents de références. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Irlande - Introduction Géographie Les conditions naturelles Situé sur la plate-forme continentale européenne, le Royaume-Uni est entièrement bordé d'étendues marines (Manche, mer du Nord, Atlantique) qui ont très fortement conditionné son climat, son histoire et son économie. Le climat tempéré et océanique est régi par l'opposition des masses d'air polaire et tropical, et par le passage des perturbations qui se forment à leur contact. Il se caractérise par la faible amplitude des températures au cours de l'année (moyenne annuelle : + 8 o C au nord, et + 11 o C au sud) et par une forte humidité atmosphérique. Les précipitations ne sont jamais inférieures à 550 mm par an (ces minima se rencontrent dans le Sud-Est), et connaissent des maxima de 2 100 mm sur les massifs écossais. Elles sont très régulières et bien réparties : 165 jours à Londres, plus de 200 sur les massifs montagneux. Le degré d'humidité se traduit aussi par l'importante nébulosité et par la fréquence des brumes et des brouillards. La combinaison de ces phénomènes naturels (fog) avec les émissions de fumées (smoke) provoqua les célèbres brouillards polluants ( smog) dans les agglomérations industrielles. Une action énergique des pouvoirs publics, depuis 1956, a permis, en contrôlant l'usage du charbon, de réduire considérablement cette forme de pollution. Le climat varie aussi beaucoup d'une année à une autre. Si l'enneigement durable n'existe que dans les montagnes d'Écosse, des chutes abondantes peuvent perturber, momentanément, les régions plus méridionales. En été, des périodes de sécheresse ne sont pas rares et justifient l'arrosage des cultures. Des pluies exceptionnelles, se conjuguant avec de fortes marées, peuvent entraîner des inondations dans de nombreuses villes côtières. La survenue de vents très violents, au cours des récentes années, a gravement endommagé le patrimoine forestier. Le relief conditionne les contrastes de ce climat généralement très modéré. Les massifs montagneux, aux altitudes modestes (Ben Nevis, 1 343 m ; Snowdon, 1 085 m), sont localisés à l'ouest et au nord, où ils accentuent pluviosité et rigueur hivernale. Constitués de roches anciennes érodées, puis soulevées à plusieurs reprises, ils se présentent généralement sous forme de plateaux aux formes lourdes. Le relief ne prend d'intensité que là où l'érosion glaciaire a laissé sa marque, en particulier dans les vallées profondes, en forme d'auge ( glen, strath), en Écosse. Celles-ci sont souvent occupées par des lacs, formés en retrait d'un barrage de moraines, comme dans le Lake District, autour du Snowdon au pays de Galles, et en Écosse, dont le littoral est entaillé par de grandes vallées à versants raides, pénétrées par la mer ( loch, firth). Le reste du territoire est formé de terrains sédimentaires ou fluvio-glaciaires, déterminant des topographies très calmes ( lowlands) que n'interrompent que des talus calcaires comme ceux des Chiltern Hills, des Cotswold Hills et des Downs en Angleterre. Ainsi, à l'est et au sud de la Grande-Bretagne et en Irlande du Nord, les communications et l'urbanisation ne rencontrent aucun obstacle naturel. Un climat relativement plus sec et ensoleillé y favorise une large gamme d'activités agricoles, s'étendant de la culture des céréales à celle des plantes fourragères. Sur le reste du territoire, le milieu naturel est assez peu favorable. Dans les régions montagneuses (highlands), les conditions naturelles ont toujours contraint l'habitat permanent à se maintenir au-dessous de 600 m d'altitude, la forêt ne dépassant guère cette altitude en raison de la violence des vents. Ces territoires quasiment inhabités, couverts de landes et de tourbières et où ne sont pratiqués que l'élevage extensif du mouton et la chasse, couvrent 57 % de l'Écosse, 33 % du pays de Galles et environ 25 % de l'ensemble du Royaume-Uni. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Ben Nevis Cheviot Hills Downs Highlands Lake District loch Lomond (loch) Lowlands Manche Ness (loch) Pennine (chaîne) Snowdon Tamise Les livres Europe - le cap Royaume-Uni Royaume-Uni Royaume-Uni Royaume-Uni - Land's End, en Grande-Bretagne, page 1799, volume 4 le Ben Nevis, en Écosse, page 4497, volume 8 la côte de Cornouailles, page 4497, volume 8 le Firth of Forth, en Écosse, page 4500, volume 8 paysage des Highlands, page 4500, volume 8 Royaume-Uni - la plaine du Sussex, page 4500, volume 8 Royaume-Uni - Upper Slaughter, dans le Gloucestershire, page 4500, volume 8 Les aspects humains Le Royaume-Uni a l'une des plus fortes densités humaines moyennes en Europe, avec plus de 240 habitants au km2, et 355 pour la seule Angleterre, qui abrite 80 % des Britanniques. Le chiffre global de population est presque stabilisé : le taux de natalité, relativement élevé jusque dans les années soixante, n'assure plus, aujourd'hui, le renouvellement naturel des générations, tandis que l'allongement de l'espérance de vie entraîne le vieillissement général de la population. Les courants d'échanges migratoires avec le reste du monde sont équilibrés : de tradition, les Britanniques émigrent vers l'Amérique du Nord et l'Australie, tandis que les immigrants du tiers-monde anglophone affluent vers le Royaume-Uni. Mais, depuis 1962, ces flux, étant régulés, ne portent que sur des effectifs réduits, élargis exceptionnellement, notamment aux habitants de Hongkong. On estime aujourd'hui à deux millions et demi les Britanniques appartenant à des minorités ethniques. Les Indiens (36 % du total), les Antillais anglophones, de la Jamaïque, de la Barbade (23 %), sont établis pour l'essentiel dans l'agglomération de Londres (quartiers de Lambeth, de Paddington) ; les Pakistanais (18 %) sont rassemblés dans les villes textiles du Yorkshire comme Bradford. En l'absence d'une politique officielle d'assimilation, chaque minorité tend à s'organiser et à entretenir ses spécificités culturelles. On observe néanmoins une intégration socio-économique progressive, inégale toutefois selon les communautés. La population britannique s'est très fortement urbanisée, dès le XIX e siècle, tandis que l'industrialisation favorisait la naissance de grosses agglomérations (conurbations) ; ces phénomènes eurent pour corollaire la précoce désertification des campagnes. Cependant, un vaste mouvement de déconcentration urbaine, amorcé entre les deux guerres et amplifié depuis, réduit le nombre des habitants des centres-villes et ne cesse de faire croître celui des zones périurbaines, constituant des aires métropolitaines (metropolitan areas), comme celle de Londres, qui rassemble plus de dix millions d'habitants dans un rayon d'une centaine de kilomètres. La crise des vieilles régions industrielles périphériques (Écosse, Lancashire, pays de Galles) a engendré, depuis une cinquantaine d'années, d'importants flux migratoires intérieurs vers les régions plus prospères du sud de l'Angleterre. Si ces migrations sont aujourd'hui très atténuées, il n'en subsiste pas moins un déséquilibre socio-économique, entre le Nord et le Sud, que les politiques régionales n'ont jamais réussi à résoudre et qui se traduit par des taux de chômage différents et des revenus plus élevés dans le Sud, notamment dans la région londonienne. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Barbade Jamaïque Londres - L'organisation spatiale migrations de populations Yorkshire Les livres Royaume-Uni - le Derby d'Epsom, page 4496, volume 8 Royaume-Uni - le centre de Glasgow, page 4502, volume 8 Royaume-Uni - Bradford, dans le Yorkshire, page 4502, volume 8 Royaume-Uni - le centre commercial de la ville nouvelle de Milton Keynes, dans le Buckinghamshire, page 4502, volume 8 Royaume-Uni - le bassin houiller au Pays de Galles, page 4502, volume 8 Royaume-Uni - jeunes punks à Covent Garden, page 4503, volume 8 Royaume-Uni - le Derby d'Epsom, page 4503, volume 8 La vie économique Depuis le début des années quatre-vingt, le Royaume-Uni est passé d'un système d'économie mixte à un système fortement libéral, caractérisé par la privatisation de la plupart des secteurs nationalisés : énergie, sidérurgie, industrie aérospatiale, transport aérien et ferroviaire (s'accompagnant de la fermeture de 45 % des lignes de chemin de fer), distribution de l'eau... Entré dans la CEE en 1973, le Royaume-Uni y prône l'exemple de la flexibilité de l'emploi, qui a certes permis de réduire le chômage, mais en agissant également à la baisse sur les salaires et en multipliant les salariés occupant deux emplois à temps partiel (1 100 000 personnes en 1994). Les échanges extérieurs se sont nettement réorientés vers les membres de l'Union européenne, au détriment des États-Unis et du Canada, alors que ces deux derniers pays continuent d'être la principale destination des investissements britanniques. Le potentiel énergétique. Après avoir bénéficié d'une abondance en charbon, qui a favorisé son essor industriel, le Royaume-Uni dispose aujourd'hui des plus importantes ressources d'hydrocarbures d'Europe occidentale, et celles-ci l'emportent sur le charbon dans le bilan énergétique national. La prospection en mer du Nord a été suivie, en 1964, d'un accord de partage des ressources avec les pays riverains, notamment la Norvège. Tous ces gisements offshore sont exploités, souvent dans des conditions naturelles difficiles, par des compagnies privées, britanniques ou étrangères. Les gisements du secteur sud (Leman, Viking) produisent surtout du gaz naturel ; ceux qui sont situés au nordest de l'Écosse (Brent, Forties) produisent du pétrole. Dans tous les cas, des canalisations sous-marines acheminent les produits vers les terminaux et les raffineries du littoral. 40 % de la production annuelle de pétrole sont exportés. La production de charbon est au troisième rang en Europe. Elle se concentre sur les importantes réserves situées dans le Yorkshire et le Nottinghamshire, exploitées dans des mines très mécanisées. Les autres bassins (pays de Galles, Lancashire, Écosse) sont presque épuisés après deux siècles d'exploitation et souffrent de la sévère concurrence des charbons d'importation, meilleur marché. L'essentiel du charbon est converti en électricité dans une douzaine de grosses centrales thermiques, mais il est confronté à la compétition du gaz naturel, abondant et d'utilisation plus souple. La production électronucléaire a débuté dès les années cinquante ; elle fournit 25 % de la consommation en électricité, à partir d'une quinzaine de sites, situés pour la plupart sur le littoral. La production hydroélectrique est, en revanche, très faible et ne concerne que les montagnes écossaises. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Lancashire Nord (mer du) Yorkshire Les livres Royaume-Uni - plate-forme pétrolière en mer du Nord, page 4504, volume 8 Royaume-Uni - la centrale nucléaire de Wylfa, sur l'île d'Anglesey, au pays de Galles, page 4504, volume 8 Les activités industrielles. Naguère puissante et diversifiée, l'industrie emploie aujourd'hui moins de 30 % des actifs. Les restructurations récentes ont engendré une nouvelle assise industrielle. Des secteurs sans avenir ont vu disparaître une grande partie de leur capacité de production, tels la filature et le tissage du coton en Lancashire, la construction navale à Belfast ou à Glasgow. D'autres secteurs se sont réorganisés. C'est le cas de la sidérurgie, gérée par le groupe privé British Steel, qui n'utilise que des minerais importés et fonctionne à partir de cinq grands complexes intégrés proches du littoral, comme Port Talbot, Llanwern au pays de Galles, ou Teesside. C'est également le cas de l'industrie automobile, qui a pris un nouvel essor ; elle est entre les mains d'un grand groupe privé national, Rover, établi à Birmingham et à Oxford, de multinationales américaines (Ford et GMC-Vauxhall) et de firmes japonaises implantées depuis peu, comme Nissan à Sunderland. Les industries lainières, basées dans le Yorkshire et secondairement en Écosse, ont pu maintenir leur niveau d'activité en améliorant la qualité des produits. Il en est de même de l'industrie du vêtement, localisée surtout à Londres, où elle trouve une main-d'oeuvre travaillant souvent dans l'illégalité. Par ailleurs, les industries de haute technologie connaissent une croissance rapide : elles sont implantées dans des parcs scientifiques, généralement associés à des universités. C'est le cas de la technopole de Cambridge pour les biotechnologies, de celle qui est située entre Édimbourg et Glasgow pour l'électronique, et de celle de Bristol pour l'aérospatiale. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Birmingham Bristol Cambridge Édimbourg Glasgow Nissan Motor Co Ltd Oxford Port Talbot Sunderland technopôle Les livres Royaume-Uni - deux aspects de l'industrie britannique, page 4504, volume 8 Royaume-Uni - deux aspects de l'industrie britannique, page 4504, volume 8 Royaume-Uni - l'assemblage du satellite Olympus dans les ateliers de British Aerospace à Stevenage, près de Londres, page 4505, volume 8 Les activités de services. Ce secteur est prépondérant ; il emploie les deux tiers des actifs et, par son rayonnement international, équilibre le déficit permanent de la balance commerciale, en particulier avec les revenus des placements à l'étranger et les nombreux produits financiers ou d'assurances des établissements de la City et du West End londonien. Londres reste l'une des trois premières places financières dans le monde, avec T? ky? et New York ; elle est surtout réputée pour les transactions sur les devises, les émissions d'euro-obligations, l'assurance (Lloyd's), les marchés des matières premières et des métaux précieux, ainsi que celui des valeurs boursières (International Stock Exchange). Si la balance touristique est déficitaire du fait des nombreux séjours des Britanniques à l'étranger, le Royaume-Uni reçoit d'importants flux de visiteurs (environ 16 millions par an), ce qui explique l'intensité des liaisons aériennes et le premier rang que Londres occupe en Europe en tant que place aéroportuaire. Mais c'est le secteur de la distribution qui domine les activités de services, avec plus de deux millions d'emplois. Jusque dans les années quatre-vingt, la distribution est demeurée presque entièrement en centre-ville, car, pour protéger l'environnement naturel, les grandes surfaces étaient rarement autorisées à s'établir en périphérie urbaine. Des assouplissements à cette législation protectrice ont cependant conduit à la création de centres commerciaux périurbains (plus de 2 millions de m2 de surface depuis 1990). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Lloyd's (Corporation of) Londres - Une métropole économique et financière Les livres Londres - siège social de la Lloyd's, dans la City, page 2905, volume 6 Royaume-Uni - hydroglisseurs, à Douvres, page 4505, volume 8 Royaume-Uni - opérations à la Bourse de Londres, page 4506, volume 8 Royaume-Uni - la City de Londres, page 4506, volume 8 Agriculture, forêt et pêche. L'agriculture britannique n'occupe guère que 2 % des actifs, mais est très industrialisée, et dépendante de la puissante filière agroalimentaire. Elle couvrait la totalité des besoins du pays en viande jusqu'au déclenchement de la crise de la « vache folle », qui devrait coûter 0,1 % du PIB en raison notamment des abattages massifs destinés à rassurer les partenaires européens. L'essentiel de la production, sauf en Irlande du Nord, provient de très grosses exploitations. Tandis que les lowlands sont le domaine des bovins, les massifs écossais et gallois sont celui du cheptel ovin. Quelques régions sont spécialisées, compte tenu de conditions naturelles favorables : légumes de plein champ dans le Fenland, arbres fruitiers dans le Kent, fleurs dans l'archipel des Scilly. La forêt ne couvre que 10 % du territoire britannique, atteint 15 % en Écosse, mais partout trouve sa limite à moyenne altitude, du fait de la rigueur des conditions bioclimatiques. Toutefois, la politique continue de reforestation, menée depuis un demi-siècle par un organisme étatique, la Forestry Commission, a permis le reboisement de vastes étendues de landes. La pêche, notamment celle du hareng en mer du Nord, qui avait perdu de son importance, du fait de l'épuisement des bancs, reprend lentement. La pêche lointaine, à partir de Hull, Grimsby, Aberdeen, souffre des restrictions imposées aux chalutiers britanniques par des pays comme l'Islande. Le Royaume-Uni doit importer le tiers de sa consommation, mais l'aquaculture, notamment celle du saumon, est en rapide progrès sur les côtes de l'Écosse. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aberdeen Scilly (isles of) Solway Firth Les livres Royaume-Uni - élevage ovin, au nord du pays de Galles, page 4505, volume 8 Royaume-Uni - culture de céréales et élevage bovin, dans le Kent, page 4505, volume 8 L'organisation de l'espace Les disparités régionales. Bien que relativement peu étendu, le territoire du Royaume-Uni est un espace contrasté, marqué par de forts déséquilibres régionaux dans la répartition de la population et des activités économiques. Le principal clivage réside entre les régions peu développées ou en crise et les régions dotées d'une économie plus dynamique. Ce contraste, de nature économique, s'observe de part et d'autre d'une ligne diagonale reliant l'estuaire de la Severn (au fond du canal de Bristol) à l'Humber, estuaire de l'Ouse et de la Trent, sur la côte est de l'Angleterre. Le vaste territoire situé au nord et à l'ouest de cette ligne est donc marqué par une certaine langueur économique. Il rassemble les espaces périphériques non anglais - Écosse, pays de Galles, Irlande du Nord - et quatre régions du nord de l'Angleterre (Northumberland-Durham, Yorkshire-Humberside, Lancashire et Midlands de l'ouest, avec Birmingham). Mais ce vaste espace présente lui-même de nombreux contrastes entre les vieilles régions industrielles très urbanisées (les pays noirs du nord de l'Angleterre ; les Lowlands écossais entre Glasgow, Dundee et Édimbourg ; le sud du pays de Galles avec ses industries lourdes ; la région de Belfast en Irlande du Nord) et les contrées plus peuplées et rurales. Parmi ces dernières, les Highlands d'Écosse, hautes terres aux rudes conditions climatiques, sont les moins propices à l'agriculture. Les régions vertes de l'ouest et du nord du pays de Galles (monts Cambriens) ou encore les Pennines en Angleterre offrent, quant à elles, des possibilités de développement touristique assez vastes. Au sud de la ligne Severn-Humber se situent les régions dotées d'une plus forte vitalité économique. Le Sud-Ouest englobe des hautes terres couvertes de landes (Devon et Cornouailles) et un littoral très fréquenté, avec un seul pôle industriel, Bristol. Les Midlands de l'est associent des secteurs agricoles actifs et des centres industriels dynamiques (Leicester, Nottingham), ainsi qu'un des pôles intellectuels les plus célèbres, Cambridge. L'East Anglia (Norfolk, Suffolk), avec ses espaces faiblement accidentés, son climat moins humide et ses sols fertiles, est le véritable grenier du royaume. Le Sud-Est s'identifie avec la région de Londres. La gigantesque agglomération étend son influence sur des villes-satellites au-delà de la ceinture verte. La densité de peuplement atteint des chiffres élevés avec les villes nouvelles, les villes anciennes admirablement conservées (Oxford), les villages qui comptent de nombreuses résidences secondaires et, surtout, une prolifération d'établissements industriels et d'activités de services. Le littoral de la Manche, qui a toujours été très attractif, va en outre être transformé par la mise en service du tunnel le reliant au littoral français. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Belfast Birmingham Bristol Cambridge Cornouailles Devon Dundee Durham Écosse Édimbourg Galles (pays de) Glasgow Highlands Irlande du Nord Lancashire Leicester Midlands Norfolk Northumberland Nottingham Pays noir Pennine (chaîne) Suffolk Yorkshire L'action des pouvoirs publics. Devant une telle diversité, une politique d'aménagement du territoire était nécessaire, et le Royaume-Uni a été un pionnier dans ce domaine ; dès la crise de 1929, les premières mesures d'aide aux régions d'industries traditionnelles ont été prises. Elle a connu une réactivation au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Dans le cadre de la planification régionale (Town Country Planning), l'État a construit, de 1946 à 1971, une trentaine de villes nouvelles (new towns), telles que celle de Milton Keynes, afin de répondre à la croissance démographique et économique de cette époque. Après 1971 furent créées les expanded towns (Swindon par exemple), qui associent quartiers neufs et noyaux anciens. Simultanément, des ceintures vertes (green belts) ont été aménagées autour des principales agglomérations pour freiner l'expansion excessive des banlieues. Les difficultés socio-économiques survenues depuis les années soixante-dix ont conduit les autorités à accorder la priorité au réaménagement urbanistique des quartiers anciens abritant des populations défavorisées et des activités dépassées. C'est l' inner city policy (politique du centre-ville), qui cherche à favoriser la création d'emplois nouveaux en association avec des opérations de réhabilitation, comme celles de l'ancien port de Londres (docklands) et de celui de Liverpool, ou de l'East End de Glasgow. En même temps, la protection des espaces naturels est assurée principalement par les Parcs naturels (23 600 km 2), par les Aires d'exceptionnelle beauté (16 000 km2) et par l'action d'un organisme privé, le National Trust. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats green belt Liverpool Swindon ville nouvelle Complétez votre recherche en consultant : Les livres Cambridge, page 819, volume 2 Londres - les gardes de la tour, page 2904, volume 6 Londres - Tower Bridge (le « pont de la Tour »), construit de 1886 à 1894, page 2904, volume 6 Londres - Picadilly Circus, avec sa statue d'Éros, page 2905, volume 6 Londres - siège social de la Lloyd's, dans la City, page 2905, volume 6 Londres - sports nautiques dans les anciens bassins du port, page 2906, volume 6 Londres, ville de l'outre-mer, page 2906, volume 6 Londres - Soho, page 2906, volume 6 Londres - les Horse Guards, page 2907, volume 6 Londres - le quartier Mayfair, page 2907, volume 6 Oxford, page 3655, volume 7 Europe - docklands et métro aérien à Londres, page 1807, volume 4 Europe - le quartier de la gare à Birmingham, page 1809, volume 4 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Anglesey Angleterre Ascot Berkshire Bolton Brighton Canterbury Cardiff Cheshire Chester Cheviot Hills Chichester Coventry Douvres Eastbourne Écosse Epsom Exeter Folkestone Galles (pays de) Gloucester Hampshire Inverness Irlande - Géographie Irlande du Nord Leeds Luton Manchester Margate Newcastle upon Tyne Newhaven Newport Northampton Oldham Perth Peterborough Poole Portsmouth Preston Ramsgate Reading Rochester Rugby Salisbury Severn Sheffield Shetland (îles) Shrewsbury Solway Firth Southampton Southern Uplands Stockton-on-Tees Stoke-on-Trent Stratford-on-Avon Surrey Sussex Swansea Tamise Winchester Windsor Wolverhampton Worcester Yarmouth York Histoire L'actuel territoire du Royaume-Uni est occupé depuis au moins 400 000 ans. Au cours de la transgression flandrienne, vers 6 000 avant J.-C., il fut séparé du continent par la montée des eaux marines. Au IIIe millénaire avant J.-C. s'y développa une culture néolithique particulière, dite de Windmill Hill, qui du sud de l'Angleterre se répandit jusqu'à l'Écosse et à l'Irlande. On connaît également de nombreux monuments mégalithiques, dont les plus célèbres sont ceux de Stonehenge. C'est au cours du Ier millénaire avant J.-C., à l'âge du fer, que les îles Britanniques furent peuplées par les Celtes, qui y développèrent une civilisation très proche de celle de la Gaule. Momentanément occupée par César en 55 avant J.-C., la Bretagne (la Grande-Bretagne actuelle) fut conquise par Claude à partir de 43 après J.-C. et protégée des incursions des Pictes par l'érection de lignes de fortifications : le mur d'Hadrien (122), de la Tyne au golfe de Solway, et le mur d'Antonin (142), plus au nord, de la Forth à la Clyde. De la riche civilisation urbaine qui s'épanouit au IIIe siècle autour de Londinium (Londres) et d'Eburacum (York), il ne reste aujourd'hui que de rares vestiges. Les Bretons se révoltèrent contre l'empereur Constantin III en 409 ; cette date marque la fin de la domination romaine. La Bretagne, qui avait été évangélisée vers le IIIe siècle, fut bientôt submergée par les envahisseurs anglo-saxons, et les populations celtes se réfugièrent en Armorique et dans les confins des îles Britanniques (pays de Galles, Cornouailles), tandis que l'Écosse était envahie par les Scots, population celtique venue d'Irlande. En Angleterre, sept royaumes anglo-saxons (l'Heptarchie) se constituèrent au VIe siècle. Évangélisés vers la fin du siècle sous l'impulsion du pape Grégoire le Grand, ils passèrent peu à peu sous le contrôle du Wessex. Malgré la résistance d'Alfred le Grand, roi de Wessex (871/878), puis roi des Anglo-Saxons (878/899), qui amorça l'unification politique du pays, les Danois prirent progressivement possession du territoire entre le IX e et le Xe siècle. Ils instaurèrent en Angleterre une rivalité durable entre Normands (généralement alliés aux populations celtiques) et Saxons, tandis que l'Écosse se constituait en royaume unitaire et que l'Irlande, puissant foyer du monachisme, demeurait divisée en royaumes rivaux. La dynastie anglo-saxonne fut toutefois rétablie quand Édouard le Confesseur accéda au trône en 1042. Mais la mort d'Édouard, en 1066, donna au duc de Normandie, le Normand Guillaume, l'occasion d'intervenir en Angleterre. Sa victoire sur le roi Harold à Hastings, en 1066, entraîna une profonde transformation de la société anglaise. Soumise à une noblesse de langue française, elle fut organisée sur le modèle de la féodalité centralisée en vigueur dans le duché de Normandie, tandis qu'apparaissait un pouvoir souverain fort, financé par l'impôt et servi par une administration régulière. Lorsqu'en 1154 la couronne d'Angleterre revint à Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, duc de Normandie et époux d'Aliénor d'Aquitaine, qui entama par ailleurs la conquête de l'Irlande, la plus grande partie de la France occidentale appartint dès lors au roi d'Angleterre. Cette situation devait être à l'origine de longues séries de conflits entre les deux royaumes. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Alfred le Grand Angleterre - Histoire Anglo-Saxons Celtes Claude - Claude Ier Édouard - Édouard le Confesseur Grégoire - Grégoire Ier Guillaume - ANGLETERRE et GRANDE-BRETAGNE - Guillaume Ier le Conquérant Harold - Harold II Hastings Henri - ANGLETERRE - Henry II heptarchie Mathilde d'Angleterre Mercie Normandie Normandie - De l'indépendance à la vassalité Pictes Scots Stonehenge Wessex Les livres Royaume-Uni - Harold prêtant serment à Guillaume, duc de Normandie, page 4507, volume 8 Royaume-Uni - le couronnement de Guillaume le Conquérant à Westminster (1066), page 4507, volume 8 Le long duel franco-anglais Philippe Auguste parvint à confisquer une partie des domaines continentaux du roi d'Angleterre Jean sans Terre et, après la victoire française de Bouvines (1214) sur les alliés de Jean, celui-ci dut accepter de sa noblesse révoltée la Grande Charte, qui constitue le fondement des libertés politiques de l'Angleterre (1215). Bien qu'une tentative d'invasion française fût mise en échec, le règne d'Henry III (1216/1272) fut marqué par un affaiblissement du pouvoir royal. Après qu'Édouard Ier (1272/1307) eut soumis le pays de Galles, Édouard II (1307/1327) échoua dans sa tentative pour conquérir l'Écosse, mais le règne d'Édouard III (1327/1377) marqua le redressement de la monarchie anglaise. À la mort du dernier souverain capétien (1328), Édouard III revendiqua la couronne de France (sa mère Isabelle était la fille de Philippe IV le Bel), mais il fut exclu de la succession au profit de la branche collatérale des Valois. Cette prétention au trône de France et le lien de vassalité qui unissait le roi d'Angleterre au roi de France en Aquitaine furent à l'origine de la guerre de Cent Ans (1337-1453). Sous le règne d'Henry V (1413/1422), l'Angleterre, alliée à la faction des Bourguignons, parut sur le point de triompher : Henry V fut reconnu comme héritier du trône de France par le traité de Troyes en 1420. Mais la campagne de Jeanne d'Arc (1429-1431) suscita un sursaut national qui permit l'éviction définitive des Anglais de France en 1453. La défaite extérieure entraîna le pays, profondément transformé par un siècle de guerre, dans l'anarchie de la guerre des Deux-Roses (1455-1485), qui opposa deux branches des Plantagenêts, les maisons d'York et de Lancastre. La noblesse, décimée, ne put s'opposer à l'autorité royale restaurée par Henry Tudor, héritier des Lancastre, qui régna sous le nom d'Henry VII (1485/1509). C'est au XVIe siècle que naquit vraiment la puissance anglaise, avec ses traits caractéristiques : essor économique fondé sur l'industrie lainière, le commerce maritime et, bientôt, la colonisation. Henry VIII (1509/1547) renforça l'unité du pays et l'autorité monarchique sans sacrifier les institutions parlementaires. Sa rupture avec Rome, pour motifs politiques, entraîna bientôt l'Angleterre vers un protestantisme qui conservait une hiérarchie ecclésiastique, tandis que l'Irlande demeurait catholique et que l'Écosse adhérait au presbytérianisme. Aux conflits de nationalités s'ajoutèrent dès lors de profondes divergences religieuses. Le règne d'Élisabeth I re (1558/1603) fut marqué par le conflit dramatique avec l'Espagne, championne du catholicisme et rivale redoutable sur les mers : la marine anglaise anéantit en 1588 l'Invincible Armada, grande flotte d'invasion lancée par Philippe II d'Espagne. L'Angleterre était redevenue une grande puissance européenne, tandis que commençait le processus d'union avec l'Écosse. Le calvinisme, introduit en Écosse par John Knox, triompha, obligeant la reine catholique Marie Stuart à abdiquer en 1567 en faveur de son fils Jacques VI. Réfugiée en Angleterre, Marie fut impliquée dans plusieurs complots contre Élisabeth, qui la fit exécuter en 1587. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Acte de suprématie anglicane (Église) armada Bedford (Jean de Lancastre, duc de) Bosworth Bouvines calvinisme Cent Ans (guerre de) Deux-Roses (guerre des) Édouard - Édouard Ier Édouard - Édouard II Édouard - Édouard III Élisabeth - ANGLETERRE - Élisabeth Ire Galles (pays de) Galles (pays de) - Histoire Grande Charte (la) Henri - ANGLETERRE - Henry III Henri - ANGLETERRE - Henry V Henri - ANGLETERRE - Henry VII Henri - ANGLETERRE - Henry VIII Isabelle - ANGLETERRE - Isabelle de France Jacques - ÉCOSSE - Jacques VI Jean - ANGLETERRE - Jean sans Terre Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans Knox John Lancastre (maison de) Marie - ANGLETERRE - Marie Ire Tudor Marie - ÉCOSSE - Marie Ire Stuart Philippe - FRANCE - Philippe II Auguste Plantagenêt presbytérianisme Richard - Richard III Stuart Troyes Troyes - Le traité de Troyes Tudor York (duc d') Les livres Bayeux (tapisserie de), page 579, volume 2 Élisabeth Ire, page 1627, volume 3 Royaume-Uni - le sacre d'Henry VI d'Angleterre comme roi de France (1431), page 4507, volume 8 Royaume-Uni - la bataille de Poitiers (1356), page 4507, volume 8 Royaume-Uni - Le camp du Drap d'or, de Boutewerk, page 4508, volume 8 Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne À la mort d'Élisabeth, le fils de Marie Stuart, Jacques VI d'Écosse, devint roi d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier , réalisant l'union personnelle des deux royaumes. L'intolérance des Stuarts à l'égard des non-conformistes, c'est-à-dire des protestants qui ne faisaient pas profession d'anglicanisme, leur prétention à exercer un pouvoir absolu, non seulement de fait, comme sous le règne des Tudors, mais en vertu des principes de la monarchie de droit divin, devaient bientôt soulever l'hostilité de la nation, puis susciter un conflit ouvert, sur le plan politique comme sur le plan religieux. Le Parlement entra en lutte contre le roi, et les puritains firent de même contre l'Église officielle. Leur triomphe aboutit à l'exécution de Charles Ier , en 1649, à la proclamation de la république, à la dictature militaire d'Oliver Cromwell (1649/1658). Celui-ci renforça la puissance maritime de l'Angleterre en promulguant l'Acte de navigation (1651), qui eut pour objet d'attribuer aux navires nationaux le monopole des transports maritimes en provenance ou à destination du pays, et en menant une guerre victorieuse contre les Pays-Bas (1652-1654). Cependant, la politique des Stuarts et la révolution eurent une autre conséquence, d'une très grande portée : le peuplement des colonies d'Amérique du Nord, où se réfugièrent d'abord les puritains (en Nouvelle-Angleterre), puis les royalistes (en Virginie). En 1660, après la mort de Cromwell et la démission de son fils Richard, la monarchie fut restaurée en la personne de Charles II, fils de Charles Ier . Mais Jacques II (1685/1688) ranima contre lui l'opposition protestante et parlementaire, avant d'être chassé par la seconde révolution d'Angleterre, dite la Glorieuse Révolution (1688-1689). La fille de Jacques II, Marie, et son gendre, Guillaume d'Orange, furent proclamés souverains (Guillaume III). Cependant, ils durent souscrire à la Déclaration des droits qui consacra le triomphe de la monarchie constitutionnelle et du régime représentatif, et assura la liberté des cultes protestants. Anne Stuart, seconde fille de Jacques II, succéda à Guillaume III. Sous son règne (1702/1714), l'Acte d'union réunit l'Angleterre et l'Écosse en un seul royaume, appelé la Grande-Bretagne. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Acte d'union Anne Stuart Bill of Rights Buckingham (George Villiers, duc de) Charles - GRANDE-BRETAGNE - Charles Ier Stuart Charles - GRANDE-BRETAGNE - Charles II Stuart Commonwealth Commonwealth - Commonwealth compagnies de commerce et de navigation Cromwell Oliver États-Unis - Histoire - Les treize colonies jusqu'à la guerre d'Indépendance Guillaume - ANGLETERRE et GRANDE-BRETAGNE - Guillaume III d'OrangeNassau Irlande - Histoire - La progressive mainmise anglaise Jacques - ANGLETERRE - Jacques II Jacques - ÉCOSSE - Jacques VI Marie - ANGLETERRE - Marie II Stuart navigation (Actes de) puritains Restauration anglaise Révolution d'Angleterre (Première) Révolution d'Angleterre (Seconde) Stuart Union (actes d') Les livres Révolution Révolution volume 8 Révolution volume 8 Révolution d'Angleterre (Première) - Olivier Cromwell, page 4361, volume 8 d'Angleterre (Première) - exécution du roi Charles Ier, page 4361, d'Angleterre (Seconde) - le roi Jacques II Stuart, page 4362, d'Angleterre (Seconde) - la bataille de la Boyne, page 4362, volume 8 Royaume-Uni - Charles Ier dictant une dépêche à son secrétaire d'État, page 4508, volume 8 Royaume-Uni - la reine Anne recevant l'Acte d'union entre l'Angleterre et l'Écosse (1707), page 4509, volume 8 De la monarchie parlementaire à la révolution industrielle À la mort de la reine Anne, l'avènement d'une dynastie d'origine étrangère, celle de Hanovre, favorisa le développement du régime parlementaire. En 1714, l'Électeur de Hanovre, George Ier (1714/1727), veuf de la reine Anne, monta en effet sur le trône de Grande-Bretagne. De nationalité allemande, il ne résida guère dans son nouvel État et laissa gouverner un cabinet, dirigé par un Premier ministre, qui était responsable devant le Parlement, devenu septennal en 1717. Son fils George II (1727/1760) laissa au cabinet les mêmes prérogatives. Le pouvoir passa donc aux mains des grands propriétaires fonciers de la nobility (Chambre des lords) et de la gentry (Chambre des communes). Placée au sommet d'une société extrêmement hiérarchisée, la classe dirigeante sut gouverner avec habileté et éviter ainsi les tensions sociales. L'impôt indirect, mieux accepté que l'impôt direct, constitua ainsi l'essentiel de l'effort fiscal. La presse et le théâtre (l'Opéra du gueux, 1728) favorisèrent le développement d'une opinion publique critique. La Grande-Bretagne devint alors un modèle institutionnel qui fascina aussi bien Montesquieu que Voltaire, quoique le jeu politique fût faussé par le système électoral, fondé sur des circonscriptions inchangées depuis le Moyen Âge (les bourgs pourris) et par la corruption. Les whigs, appelés ultérieurement les libéraux, furent les premiers bénéficiaires de la monarchie parlementaire. Robert Walpole, chancelier de l'Échiquier (1715-1717 et 1721-1742) restaura la confiance en l'État, qui avait été ébranlée par le scandale financier de la Compagnie des mers du Sud (1721). Mais le rapprochement avec la France inquiéta les négociants londoniens, car la présence française dans l'Atlantique et en Inde menaçait le commerce extérieur anglais. Dans un contexte d'essor national et religieux (méthodisme de John Wesley), William Pitt (le Premier Pitt) engagea son pays dans la guerre de Sept Ans (1756-1763). La Grande-Bretagne aida financièrement ses alliés continentaux (Prusse) et mena une fructueuse guerre navale et coloniale. Le traité de Paris (1763) lui attribua l'Inde, le Canada, une partie de la Louisiane, les Antilles et le Sénégal. Peu après, le capitaine Cook reconnut les côtes de l'Australie et la NouvelleZélande (1768-1779). Le pays était alors le maître des mers et l'arbitre des conflits sur le continent. Mais les tentatives du roi George III (1760/1820) pour restaurer son pouvoir et imposer au Parlement des Premiers ministres par l'intermédiaire desquels il entendait gouverner (lord Bute, 1762-1763 ; lord North, 1770-1782) faillit remettre en cause les acquis politiques du siècle. Le choc que provoqua la perte des treize colonies américaines permit l'installation d'un ministère conservateur (tory) alors dirigé par le Second Pitt (1783-1801). George III, proche de la folie, dut alors accepter la réduction définitive des pouvoirs de la couronne. Quoique faiblement peuplé (5 millions d'habitants vers 1700 ; 8 millions vers 1790), le Royaume-Uni connut, à la fin du XVIIIe siècle, une transformation économique radicale, qui fit de lui la première nation industrielle du monde. Il y eut d'abord des inventions techniques décisives : la machine à vapeur de Thomas Newcomen (1708), améliorée par James Watt, le haut fourneau à coke d'Abraham Darby (1709) ou le métier à tisser mécanique (1784). L'exploitation de ces découvertes fut favorisée par l'existence d'importantes ressources minérales (Lancashire, Yorkshire, Lowlands) et par l'accumulation de capitaux venant de la rente foncière ou des revenus du commerce extérieur. Les industries naissantes (métallurgie, coton) purent enfin bénéficier d'un réseau de voies navigables en perpétuelle amélioration et de l'expansion de la production agricole, qui permit de nourrir une population ouvrière croissante. L'ensemble de ces facteurs, associés à un climat intellectuel favorable à l'esprit d'entreprise (Adam Smith : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations , 1776), explique que le Royaume-Uni ait été, dans les années 1780, le premier pays à connaître un véritable essor économique, dont l'une des principales conséquences fut une ouverture progressive de la société britannique. Une bourgeoisie industrielle et une classe moyenne de fonctionnaires et d'employés se constituèrent, intermédiaires entre l'aristocratie et le prolétariat agricole ou urbain. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats bourg pourri Chambre des lords États-Unis - Histoire - Les treize colonies jusqu'à la guerre d'Indépendance gentry George - George Ier George - George II George - George III Hanovre haut fourneau Indes (Compagnie des) Irlande - Histoire - La progressive mainmise anglaise Lancashire lord Louisiane Lowlands machine à vapeur méthodisme métier Montesquieu (Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de) Pitt - Pitt (William, dit l'Aîné) Pitt - Pitt (William, dit le Jeune) révolution industrielle - Les débuts de la révolution industrielle Sept Ans (guerre de) Smith Adam tory Voltaire (François Marie Arouet, dit) Walpole (Robert, comte d' Orford) Watt James whig Wilkes John Yorkshire Les livres Royaume-Uni - un quai de Londres, au XVIIIe siècle, page 4509, volume 8 Royaume-Uni - les taudis de Londres, page 4510, volume 8 La suprématie britannique En 1789, les premiers signes de la Révolution française n'inquiétèrent guère le Royaume-Uni. Mais William Pitt entra en lutte contre la France dès que celle-ci exporta à travers l'Europe ses principes démocratiques et menaça les intérêts anglais en occupant les Pays-Bas autrichiens (1795). Le Royaume-Uni, agrandi administrativement de l'Irlande en 1800 (il prit alors officiellement le nom de Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande), fut l'âme de toutes les coalitions contre la France révolutionnaire, puis impériale. Il souffrit du blocus imposé par Napoléon et s'endetta considérablement. Mais il trouva les ressources financières pour vaincre la France en 1815. Régent depuis 1811, George IV (1820/1830) favorisa d'abord les conservateurs. Robert Stewart Castlereagh fut ainsi le principal artisan de la reconstruction européenne lors du congrès de Vienne (1815). Une série de lois protectionnistes (corn laws) protégèrent, dès lors, les intérêts des landlords. Mais la disparition de la petite propriété paysanne au profit des grands domaines (enclosures) et les inquiétudes des ouvriers face à l'essor du machinisme attisèrent une crise sociale, dont les manifestations furent parfois violemment réprimées (massacre de Peterloo, à Manchester, 1819). À partir de 1822, George IV dut nommer des ministres plus libéraux (George Canning). L'octroi du droit de grève (1824), l'émancipation des catholiques (1829) et surtout la réforme de 1832, engagée lors du règne de Guillaume IV (1830/1837), qui ouvrit le corps électoral aux classes moyennes aisées, rétablirent pour un temps la cohésion de la nation. Les premières années du règne de Victoria (1837/1901) marquèrent l'apogée du Royaume-Uni, qui produisait alors la moitié du fer et du charbon mondiaux, et possédait le premier réseau ferré d'Europe (6 000 km de voies en 1850). Le libre-échange, instauré par le Premier ministre Robert Peel (1846), permettait à la fois de nourrir une population croissante (21 millions d'habitants en 1850) et d'exporter les produits finis et les capitaux britanniques dans le monde entier. Les ouvriers du factory system , déçus par l'échec politique du mouvement ouvrier chartiste, se réunirent au sein de syndicats (trade unions). Leur sort s'améliora lentement sous l'effet de la hausse des salaires et de l'adoption de lois sociales, en particulier sur le travail des enfants ou sur la journée de dix heures. Les cabinets libéraux (Gladstone) et conservateurs (Disraeli) qui se succédèrent à partir de 1868 surent habilement gérer les affaires intérieures. Disraeli doubla le corps électoral (1867) et assura, par le Ballot Act de 1872, le secret du vote. Il favorisa également l'accès de tous à l'enseignement primaire. Les difficultés vinrent de l'Irlande, où la famine de 1846-1847 avait entraîné la mort ou l'exil de millions d'Irlandais de souche. Peu satisfaits par les réformes agraires qui suivirent, les mouvements nationalistes (le Fenian, puis celui qui fut conduit par Charles Stewart Parnell) réclamèrent alors une autonomie interne (Home Rule), que Gladstone accepta en 1886. Mais, parce que le terrorisme du Sinn Fein (mouvement nationaliste créé au début du XX e siècle) s'intensifiait en Irlande, certains libéraux « unionistes » refusèrent de soutenir le Premier ministre britannique et acceptèrent de gouverner avec les conservateurs. Le Home Rule ne fut voté qu'en 1914 et fut aussitôt suspendu en raison de la déclaration de guerre. L'expansion coloniale, à partir de 1830, fut à l'origine d'autres tensions. Le Royaume-Uni octroya à ses colonies de peuplement européen (Canada, NouvelleZélande, Australie) le statut de dominion, qui les dota de gouvernements autonomes. La présence britannique se renforça en Inde, après la « révolte des cipayes » (18571858), en Chine (guerres de l'Opium) et en Afrique. Cette expansion suscita l'hostilité des autres puissances coloniales, en partie apaisée lors du congrès de Berlin (1878). Elle rencontra aussi des résistances acharnées en Afgh?nist?n, au Soudan et, surtout, en Afrique du Sud lorsque le Royaume-Uni s'empara des richesses minières du Transvaal et de l'État libre d'Orange (guerre des Boers, 1899-1902). À l'aube du XXe siècle, le Royaume-Uni était la première puissance coloniale mondiale. Mais sa position économique s'était fortement dégradée. L'apparition de nouveaux concurrents (États-Unis, Allemagne), qui fondaient leur prospérité sur de nouveaux produits (électricité, acier, chimie), ébranla un pays dont l'appareil industriel était obsolète. La part du Royaume-Uni (41 millions d'habitants en 1911) dans les exportations de produits manufacturés passa ainsi de 38 % à 25 % entre 1880 et 1914. Le maintien du libre-échange, alors que la plupart des pays s'étaient ralliés au protectionnisme sous l'effet de la crise de 1873, accentua le retard de l'économie britannique. Les tensions sociales qui en résultèrent conduisirent à la création du parti travailliste (Labour Party, 1906) et à la promulgation de réformes sociales majeures (lois instaurant la journée de huit heures dans les mines et un système de retraite). Politiquement, Victoria et ses successeurs, Édouard VII (1901/1910) et George V (1910/1936), ne remirent jamais en cause les règles du régime parlementaire. En 1911, le droit de veto fut retiré à la Chambre des lords, quasiment réduite à un rôle judiciaire, puis des réformes électorales successives instaurèrent le suffrage universel (en février 1918, ce dernier fut adopté pour les hommes de 21 ans et plus et pour les femmes de 30 ans et plus). Malgré l'effacement définitif de l'aristocratie foncière, la grande inégalité des rangs et des fortunes resta néanmoins une des caractéristiques de la société britannique. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique - Histoire - Afrique noire - Pénétration européenne et partage colonial aristocratie Asquith (Herbert Henry, comte d'Oxford et d') blocus Boers bourg pourri Canning George Castlereagh (Robert Stewart, vicomte) chartisme chemin de fer - Introduction cipayes colonisation - Le second système colonial : l'impérialisme - La nouvelle distribution coloniale Corn Laws Disraeli Benjamin Édouard - Édouard VII fenian (mouvement) George - George IV George - George V Gladstone William Ewart Guillaume - ANGLETERRE et GRANDE-BRETAGNE - Guillaume IV Home Rule Inde - Histoire - La domination britannique (1818-1947) Indes (Empire des) Irlande - Histoire - La progressive mainmise anglaise machinisme Melbourne (William Lamb, lord) Napoléon Ier (Napoléon Bonaparte) Nigeria - Histoire - Le Nigeria britannique Nouvelle-Zélande - Histoire - Introduction Opium (guerre de l') Palmerston (Henry John Temple, 3e vicomte) Parnell Charles Stewart Peel (sir Robert) Pitt - Pitt (William, dit le Jeune) Salisbury (Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil, marquis de) Sinn Féin trade-union travailliste (parti) unioniste Victoria Ire Vienne (congrès de) Wolseley (sir Garnet Joseph, vicomte) Les livres guerres mondiales - tank britannique, page 2269, volume 4 guerres mondiales - signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces, le 28 juin 1919, page 2271, volume 4 Inde - prise de Delhi par les troupes britanniques en 1803, page 2487, volume 5 Royaume-Uni - la reine Victoria et Disraeli en 1877, page 4510, volume 8 Royaume-Uni - soldats britanniques de retour de la guerre des Boers, en 1902, page 4511, volume 8 Royaume-Uni - les « volontaires d'Ulster » contre la loi du Home Rule, en 1914, page 4511, volume 8 Royaume-Uni - attentat contre lord Harding, vice-roi des Indes, en 1913, page 4511, volume 8 De la puissance mondiale au partenaire européen Devant la montée en puissance de l'Allemagne impériale, le Royaume-Uni mit fin à son « splendide isolement » et se rapprocha de la France (Entente cordiale) et de la Russie (Triple-Entente). Mené à la victoire par le libéral Lloyd George (1916-1922), il sortit humainement affaibli de la Grande Guerre, qui avait fait cinq cent mille morts. La plupart de ses investissements à l'étranger furent sacrifiés pour financer le conflit, et nombre de ses clients, en Amérique du Sud ou en Asie, se tournèrent vers les pays neutres ou les États-Unis. Afin de redevenir la première puissance financière du monde, le Royaume-Uni s'engagea dans une politique monétariste et, en 1925, la livre sterling redevint convertible en or. Mais la surévaluation de sa monnaie, aux dépens de la modernisation de l'appareil industriel, entraîna une chute de ses exportations et une douloureuse crise de reconversion. Après l'échec du premier ministère travailliste dirigé par Ramsay MacDonald (1924), le conservateur Stanley Baldwin (1924-1929) maintint la priorité monétaire et, en 1926, brisa la première grève générale, déclenchée à l'initiative des syndicats des mineurs. Alors que les indices de production industrielle retrouvaient lentement leur niveau de 1913, la crise de 1929 frappa de plein fouet le Royaume-Uni. Un gouvernement de coalition, placé sous la direction de James Ramsay MacDonald, fut mis en place en 1931. Il dévalua la livre (21 septembre 1931) et rompit avec le libre- échange en instaurant la préférence impériale (accords d'Ottawa, 1932). L'empire britannique demeurait en effet un des plus sûrs appuis du Royaume-Uni. La création de l'État libre d'Irlande en 1921 avait mis un terme provisoire à la guerre civile meurtrière commencée en 1916. Seuls les six comtés protestants du Nord demeurèrent au sein du Royaume-Uni. Mais la Grande Guerre avait prouvé la fidélité des dominions, réunis par les accords de Westminster (1931) au sein du Commonwealth. Le traité de Versailles avait confié à Londres un certain nombre de mandats coloniaux, qui consolidèrent sa présence au Moyen-Orient (Palestine, Irak), en Afrique et dans le Pacifique. Alors que Neville Chamberlain conduisait un redressement économique rapide, le Royaume-Uni réagit à la dégradation de la situation internationale par une politique de non-intervention. Les accords de Munich en 1938 furent le résultat de « l'apaisement » prôné par Chamberlain face aux revendications territoriales de l'Allemagne nazie, et auquel se rallia la France. L'invasion de la Pologne amena cependant le Royaume-Uni à déclarer la guerre à l'Allemagne hitlérienne. Il supporta même seul le poids de la guerre de juin 1940 à mars 1941 et fut durement éprouvé par des bombardements massifs (Londres, Coventry). Galvanisé par le conservateur Winston Churchill et rassemblé autour du roi George VI (1936/1952), le Royaume-Uni, représenté à Yalta par son Premier ministre, fut un des grands vainqueurs de la guerre. V oir le dossier Guerres mondiales. Les souffrances endurées pendant le conflit conduisirent les Britanniques à préférer, en 1945, le projet travailliste d'un Welfare State (État-providence). Clement Attlee (1945-1951) procéda à une série de nationalisations (Banque d'Angleterre, charbon, gaz, transports). Il mit en place la Sécurité sociale (National Insurance) et le Service national de santé (National Health Service ). En 1951, un renforcement excessif du pouvoir de l'État par les travaillistes favorisa le retour des conservateurs au pouvoir. Winston Churchill (1951-1955) et Anthony Eden (1955-1957) cherchèrent encore une fois à restaurer la puissance de la livre avant de moderniser, grâce au plan Marshall, l'appareil industriel. En politique extérieure, le Royaume-Uni, dont le souverain était Élisabeth II depuis 1952, lia son destin à celui des États-Unis. Il adhéra à l'OTAN et participa à la création de la plupart des pactes régionaux formés pour contrer la menace soviétique (OTASE, pacte de Bagdad). Les problèmes liés à la décolonisation en Inde (1947), en Palestine (1949), puis en Égypte (1956) conduisirent Harold MacMillan (1957-1963), puis Alec Douglas-Home (1963-1964) à préférer, pour l'Afrique, un retrait concerté et progressif. La plupart des nouveaux États rejoignirent le Commonwealth. L'engagement atlantiste du Royaume-Uni alla de pair avec son nationalisme économique (création de l'Association européenne de libre-échange, 1959). Mais le programme déflationniste du travailliste Harold Wilson (1964-1970) n'empêcha pas les difficultés économiques d'empirer. Et le conservateur Edward Heath (1970-1974) dut faire entrer le Royaume-Uni dans la Communauté européenne (1973). Les gouvernements travaillistes de Harold Wilson (1974-1976), puis de James Callaghan (1976-1979) ne réussirent pas à amortir les deux chocs pétroliers. Les conservateurs revinrent au pouvoir avec Margaret Thatcher en 1979. En partie grâce aux revenus tirés du pétrole de la mer du Nord, elle entreprit de remodeler l'économie dans un sens plus libéral. Après avoir brisé l'influence du Trade Union Congress (12 millions d'adhérents), elle engagea un vaste programme de privatisations. Elle valorisa la notion de profit et réduisit le poids de l'État. Le Royaume-Uni retrouva alors un taux de croissance supérieur à ceux de ses concurrents européens. Ses succès économiques et la reconquête des îles Falkland sur les Argentins (1982) expliquèrent la large victoire de la « Dame de fer » lors des élections générales de 1983 et, dans une moindre mesure, de 1987. Mais elle commença à être contestée par ses propres partisans. Sa méfiance envers la construction européenne, la dégradation des grands services sociaux (santé, éducation) et sa politique fiscale, symbolisée par l'impopulaire poll tax sur les loyers, avaient suscité le mécontentement parmi les classes moyennes, soutien traditionnel du parti conservateur, tandis que sa politique économique laissait de côté un nombre croissant de pauvres. Margaret Thatcher céda, en novembre 1990, la place de Premier ministre à John Major. Celui-ci, dès janvier 1991, offrit un soutien sans faille aux États-Unis engagés militairement aux côtés du Koweït contre l'Irak. Par ailleurs, prenant de court les « europhobes » de son parti, il décida d'ancrer le Royaume-Uni à l'Union européenne en faisant ratifier le traité de Maastricht qui en consacre l'intégration politique, alors même que les élections au Parlement européen de 1994 avaient traduit dans les faits le regain de faveur dont bénéficiaient les travaillistes menés par Tony Blair. Atlantiste par nature, la diplomatie du Premier ministre se voulait aussi tournée vers l'Europe, où la France de Jacques Chirac devenait un partenaire privilégié, associé à une initiative commune, en 1995, sur la question bosniaque. En ce qui concerne le conflit spécifique d'Irlande du Nord, il relança en 1996 le processus en vue d'un règlement politique grâce à un rapprochement avec son homologue de Dublin. C'est alors que la crise dite de la « vache folle » ( voir encéphalopathie spongiforme bovine) éclata en raison de l'embargo européen sur la viande et ses dérivés d'origine britannique. Traduisant la force des pressions exercées par l'agro-industrie, elle a poussé le gouvernement conservateur à tenter de jouer des rouages européens pour se sortir de l'embargo. Avant même les élections générales de 1997, il avait perdu sa majorité parlementaire et, au terme de celles-ci, les deux tiers des sièges, dont tous ceux de l'Écosse et du pays de Galles, allèrent aux travaillistes, qui, sous l'autorité de Tony Blair, abordaient une nouvelle ère de leur histoire. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Angleterre (bataille d') Attlee Clement Richard, comte Attlee of Dorking Bagdad Bagdad - Le pacte de Bagdad Baldwin (Stanley, 1er comte) Balfour (Arthur James, 1er comte) Bevan Aneurin Callaghan James Leonard Chamberlain (sir Arthur Neville) Churchill (sir Winston) Commonwealth Commonwealth - Commonwealth of Nations conservateur (parti) Douglas-Home (sir Alexander Frederick, dit Alec) Eden (sir Robert Anthony ) Élisabeth - ANGLETERRE - Élisabeth II encéphalopathie spongiforme bovine Entente (Triple-) Entente cordiale État-providence George - George VI guerres mondiales - La Première Guerre mondiale guerres mondiales - La Seconde Guerre mondiale Heath Edward Hoare (sir Samuel) Inde - Histoire - La domination britannique (1818-1947) Indes-Occidentales (États associés des) Irlande - Histoire - La progressive mainmise anglaise Irlande - Histoire - La République d'Irlande Irlande du Nord Israël - Histoire - L'indépendance libéraux (partis) Lloyd George David, comte Loyd-George of Dwyfor MacDonald James Ramsay Macmillan Harold Malouines (îles) Munich (accords de) Ottawa Thatcher Margaret Wavell Archibald Percival Wilson (sir Harold) Wilson (sir Henry Hughes) Les livres Chamberlain (sir Arthur Neville), page 967, volume 2 Churchill (sir Winston), page 1103, volume 2 guerres mondiales - les offensives alliées en Occident entre 1942 et 1945, page 2272, volume 4 guerres mondiales - le rembarquement des troupes alliées à Dunkerque, page 2273, volume 4 guerres mondiales - le Premier ministre britannique Winston Churchill au QG du général Alexander, page 2275, volume 4 guerres mondiales - les trois Grands à Yalta, en Crimée, le 9 février 1945, page 2277, volume 4 syndicalisme - grève des mineurs au pays de Galles, en 1985, page 4995, volume 9 Royaume-Uni - la cathédrale Saint Paul illuminée par les incendies, page 4512, volume 8 Royaume-Uni - Winston Churchill encadré par la famille royale saluant la foule du balcon de Buckingham Palace, le jour de la victoire dur l'Allemagne nazie, page 4512, volume 8 Royaume-Uni - le couronnement d'Élisabeth II, le 2 juin 1953, page 4512, volume 8 Royaume-Uni - un quartier populaire catholique, à Belfast, page 4513, volume 8 Royaume-Uni - Margaret Thatcher recevant Mikhaïl Gorbatchev en 1987, page 4513, volume 8 Royaume-Uni - La victoire de Tony Blair aux élections législatives de 1997, page 4513, volume 8 Royaume - la victoire de Tony Blair aux élections législatives de 1997, page 4513, volume 8 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Angleterre Angleterre - Histoire Écosse Écosse - Histoire Galles (pays de) Indes (Compagnie des) Arts Beaux-arts Terre de paradoxes, le Royaume-Uni assimila de façon originale les influences étrangères, en cultivant un difficile compromis entre les deux extrêmes de sa tradition culturelle : le moralisme puritain et l'esthétisme aristocratique. L'architecture, le portrait et la peinture de paysage furent privilégiés, au détriment de la statuaire et de la peinture religieuses. Le gothique anglais. Dès le XIVe siècle, les influences françaises qui avaient inspiré les cathédrales romanes (Canterbury, 1070) et les premières cathédrales gothiques (Salisbury, vers 1250) évoluèrent vers un style gothique original, propre à l'Angleterre, qui privilégia les lignes horizontales et les volumes massifs. Ce « style perpendiculaire », caractérisé par le panneautage des baies en rectangle et l'emploi de la voûte en éventail, se retrouve notamment dans la cathédrale de Gloucester (1337-1378), où le chevet plat du choeur est percé d'une immense verrière au quadrillage rigoureux. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Canterbury Gloucester gothique - Architecture Salisbury Les livres Royaume-Uni - le Diptyque Wilton, peinture anonyme sur bois du XIVe siècle, page 4514, volume 8 Le style Tudor. Au XVIe siècle, la Réforme mit un terme aux grands programmes d'architecture religieuse. Alors que Hans Holbein, qui séjourna à Londres de 1526 à 1543, donnait à l'art du portrait ses lettres de noblesse, le souverain et l'aristocratie encouragèrent la construction de vastes demeures privées, qui mêlèrent l'héritage du gothique et l'apport de la Renaissance. Les influences française, italienne et flamande se retrouvèrent ainsi au château de Nonsuch (1538), conçu par Henry VIII comme une réplique de Chambord, et dans la plupart des châteaux construits par l'aristocratie entre 1570 et 1590 (Burghley House, Longleat House, Wollaton Hall, Hardwick Hall). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Chambord Holbein - Holbein (Hans, dit le Jeune) Tudor Les livres Royaume-Uni - Nicholas Hilliard, Jeune Homme près d'un rosier (vers 1590), page 4514, volume 8 La période Stuart. Sous le règne de Jacques Ier , Inigo Jones (1573-1652) imposa à l'architecture un classicisme d'inspiration antique, hérité d'Andrea Palladio. Avec Queen's House à Greenwich (1616) et le Banqueting Hall de Whitehall (1619-1622), Jones fournit les prototypes dont s'inspirèrent la plupart des constructeurs des XVIIe et XVIIIe siècles. À cette sévérité classique sir Christopher Wren (1632-1723) opposa un style plus orné, où se retrouvaient les accents du baroque. Pour la cathédrale Saint Paul (16751710), Wren associa une façade classique à colonnades superposées, une grande coupole « à la romaine » et deux clochers baroques. En peinture, la sensibilité baroque s'exprima dans l'art du portrait, à qui Van Dyck, installé à Londres dès 1632, avait donné un nouvel élan. À la cour, l'héritage de Van Dyck fut recueilli par Peter Lely (1618-1680), qui devint en 1661 le peintre officiel de Charles II. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Jones Inigo Palladio (Andrea di Pietro dalla Gondola, dit) Stuart Van Dyck Anton Whitehall Wren (sir Christopher) Le palladianisme. Au XVIIIe siècle, alors que le baroque avait triomphé dans de nombreux pays d'Europe, l'Angleterre adopta le néoclassicisme avec le palladianisme, qui poursuivit la voie ouverte par Inigo Jones. Mécène et amateur éclairé, Richard Boyle (16941753), comte de Burlington, fut un des inspirateurs du mouvement. Il réunit la plus grande collection de dessins de Jones et de Palladio (Royal Institute of British Architects). Après avoir voyagé en Italie pour récolter des souvenirs antiques, Burlington confia à l'architecte William Kent (1685-1748) la construction de sa maison de Chiswick, près de Londres (1720-1725). À Holkmam Hall (1734), Kent et Burlington se servirent d'étroits passages pour relier quatre pavillons au corps central du bâtiment. Éditeur du Vitruvius Britannicus (1715), l'architecte écossais Colin Campbell (mort en 1729) reproduisit quant à lui le modèle de la Rotonda de Palladio pour construire la villa de Mereworth Castle, dans le Kent. À Bath, ville d'eau fréquentée par la haute société, il revint à John Wood père (1704-1754) et fils (1728-1781) d'appliquer la géométrie palladienne au plan du Queen's Square (1729), du Forum, du Circus (1754) et du Royal Crescent (1767-1775). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bath Burlington (Richard Boyle, comte de) Jones Inigo néoclassicisme - Le style anglais Palladio (Andrea di Pietro dalla Gondola, dit) Thornhill (sir James) Wood - Wood (John l'Aîné) Wood - Wood (John le Jeune) Portrait et paysage. Jusque-là tributaire des modèles étrangers, la peinture anglaise affirma son originalité au XVIIIe siècle en développant ses deux genres de prédilection : le portrait et le paysage. Souvent considéré comme le fondateur de l'école nationale, William Hogarth (1697-1794) décrivit avec férocité les moeurs de ses contemporains dans des tableaux moralisateurs (le Mariage à la mode, 1743). Dans un autre registre, plus flatteur, Joshua Reynolds (1723-1793), Thomas Gainsborough (1727-1788) et Thomas Lawrence (1769-1830) poursuivirent la voie ouverte par Van Dyck en célébrant dans leurs portraits les fastes de l'aristocratie. Dès la fin du XVIII e siècle, les premiers élans du romantisme insufflèrent un nouvel élan à l'art du paysage. Dans leurs aquarelles, John Robert Cozens (1752-1797), Thomas Girtin (1775-1802) et John Sell Cotman (1782-1842) s'employèrent à rendre les atmosphères fugitives et les jeux de lumière, avant que les oeuvres de John Constable (1776-1837), de William Turner (1775-1851) et de Richard Parkes Bonington (1802-1828) ne consacrent le succès des paysagistes anglais auprès des artistes européens. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bonington Richard Parkes Constable John Gainsborough Thomas Hogarth William Lawrence (sir Thomas) peinture - Les techniques - La peinture à l'eau Reynolds (sir Joshua) romantisme - Peinture - En Angleterre Romney George Stubbs George Turner Joseph Mallord William Les livres Royaume-Uni volume 8 Royaume-Uni volume 8 Royaume-Uni Royaume-Uni volume 8 - Hogarth, le Contrat de mariage (vers 1743), page 4514, - Gainsborough, Mr. and Mrs. Andrews (1750), page 4515, - Constable, Stoke by Nailand (1836), page 4515, volume 8 - Turner, Pluie, vapeur et vitesse (1844), page 4516, Le XIXe siècle. Avec l'éclosion du romantisme, l'art britannique s'engagea sur les voies du rêve et de l'imagination. Les visions oniriques de William Blake (1757-1827) et de Johann Heinrich Füssli (1741-1825), fixé à Londres en 1779, précédèrent le lyrisme idéaliste des préraphaélites, rassemblés autour de Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), et de leurs principaux continuateurs, William Morris (1834-1896) et Edward Burne-Jones (1833-1898). En architecture, la volonté de renouer avec un Moyen Âge mythique suscita la diffusion du style néogothique, dont le Parlement de Londres (1839-1852), bâti par Charles Barry (1795-1868), constitua l'aboutissement. Dès le milieu du siècle, le rationalisme triompha pourtant dans l'architecture de fer et de verre : en 1851, Joseph Paxton (1803-1865) se servit pour la première fois d'éléments préfabriqués pour le Crystal Palace de l'Exposition universelle. Mais l'Angleterre ne pouvait rompre tout à fait avec la tradition. Au tournant du siècle, le mouvement Arts and Crafts (1888) de William Morris et les cités-jardins d'Ebenezer Howard (1850-1928) cherchèrent à adapter l'artisanat et la tradition de l'architecture rurale à l'évolution de la société industrielle. À la suite de William Morris, l'Écossais Charles Rennie Mackintosh (1868-1928) contribua à son tour à la rénovation des arts décoratifs et apporta une contribution essentielle à l'évolution de l'Art nouveau. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Arts and Crafts Barry (sir Charles) Blake William Burne-Jones (sir Edward Coley, dit) cité-jardin Crystal Palace Füssli Johann Heinrich Howard (sir Ebenezer) Mackintosh Charles Rennie Morris William Paxton (sir Joseph) préraphaélisme romantisme - Architecture romantisme - Peinture - En Angleterre Rossetti Dante Gabriel victorien Westminster (palais de) Les livres Royaume-Uni - Rossetti, Dantis Amor (1859), page 4516, volume 8 Le XXe siècle. Animé par Wyndham Lewis (1884-1957), le vorticisme (voir ce mot) fut le premier mouvement d'avant-garde à s'exprimer en Grande-Bretagne. Ralliés au mouvement, le Français Henri Gaudier-Brzeska (1891-1915) et l'Américain Jacob Epstein (18801959) ouvrirent les voies de la modernité à la sculpture britannique. En peinture, le ralliement à l'abstraction de Ben Nicholson (né en 1894) et de Victor Pasmore (né en 1908) n'empêcha pas le maintien d'un important courant figuratif. À la suite de Francis Bacon (1909-1992), la figuration fut diversement illustrée par Lucian Freud (né en 1922), Leon Kossof (né en 1926), Michael Andrews (né en 1928) et Frank Auerbach (né en 1931). À partir de 1955, le pop'art, mouvement d'abord britannique avant de devenir américain, consacra à nouveau la tradition réaliste en rassemblant autour de Richard Hamilton (né en 1922) Ronald B. Kitaj (né en 1932), Peter Blake (né en 1932), Patrick Caulfield (né en 1936), David Hockney (né en 1937), Allan Jones (né en 1937) et Peter Phillips (né en 1939). Dans les années soixante, Gilbert et George (Gilbert Proersch, né en 1943, et George Passmore, né en 1942) puisèrent à leur tour leur inspiration dans la banalité de la vie quotidienne. Héritière de la tradition paysagiste, la sculpture britannique fut, de la même façon, partagée entre l'abstraction et le réalisme. Si les oeuvres stylisées d'Henry Moore (1898-1986) et de Barbara Hepworth (1903-1975) restèrent sensibles à l'inspiration naturaliste, les assemblages de matériaux manufacturés d'Anthony Caro (né en 1924) se portèrent du côté du minimal art. La génération suivante a été confrontée au même dilemme. Alors que Barry Flanagan (né en 1941), élève de Caro, travaille les matériaux pauvres et que Richard Long (né en 1945) poursuit ses expériences de land art, Bill Woodrow (né en 1948), Tony Cragg (né en 1949) et Richard Deacon (né en 1949) utilisent les technologies de l'industrie ou ses rebuts. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Art pauvre Bacon Francis Caro Anthony Cragg Tony Epstein (sir Jacob) Flanagan Barry Freud Lucian Gaudier-Brzeska (Henri Gaudier, dit Henri) Hepworth Barbara Hockney David land-art Long Richard minimal art Moore Henry Nash Paul Nicholson Ben pop'art - Le pop'art en Grande-Bretagne préfabriqué sculpture - La sculpture au XXe siècle : un art en constante mutation Sutherland Graham Vivian vorticisme Les livres Londres - la salle hellénistique du British Museum, page 2907, volume 6 Royaume-Uni - Sutherland, Forme debout (1952), page 4517, volume 8 Royaume-Uni - Hockney, la Sorcière qui vole sur un nuage (1960), page 4517, volume 8 Littérature Les oeuvres en prose les plus anciennes écrites en Angleterre furent rédigées en latin et portaient sur des sujets scientifiques et religieux. Bède le Vénérable (672-735) écrivit ainsi une histoire de son pays intitulée Histoire ecclésiastique de la nation anglaise ( 731732). C'est au Xe siècle que le bénédictin Ælfric (vers 955-vers 1020) mit au point un programme d'éducation en anglais comprenant des oeuvres hagiographiques et des livres d'enseignement du latin. En ce qui concerne la poésie, il faut remonter au VIIe siècle pour trouver les Hymnes de Cædmon, poème chrétien à la gloire de Dieu. Les thèmes de la damnation et du salut eurent une grande influence sur la poésie de l'époque. L'oeuvre la plus marquante en vieil anglais est Beowulf, grand poème épique anonyme écrit vers le VIIIe siècle, qui mêle des éléments chrétiens et païens : Beowulf est à la fois le héros germanique qui défie la mort et l'instrument de Dieu dans la bataille contre le mal. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bède le Vénérable Beowulf La littérature médiévale. La conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant (1066) eut une influence considérable sur la littérature et la culture du pays. Le latin devint la langue officielle des institutions, tandis que la noblesse parlait le français et que l'anglais devenait la langue des classes roturières et populaires. Une littérature de cour se développa avec des auteurs tels que John of Salisbury ou Robert Wace, qui écrivirent donc en latin et en français. Lorsque l'Angleterre perdit la Normandie (1204), l'usage du français recula, jusqu'au XIVe siècle, période à laquelle l'anglais fut rétabli comme langue officielle du pays. Les oeuvres en prose de l'époque étaient principalement des sermons et des homélies interprétant les textes bibliques. Nombre de poèmes étaient des paraphrases des épisodes de la Bible ou des traités à coloration morale. Dans la littérature narrative, la « romance » héroïque, dont les personnages principaux étaient des figures légendaires anglaises, connut un essor important. Certaines de ces oeuvres étaient des traductions en anglais de Marie de France ou de Chrétien de Troyes. Le XIV e siècle représenta un tournant décisif dans la culture nationale anglaise, grâce notamment à Geoffrey Chaucer (1340-1400). Influencé par Boccace et la littérature française, auteur des Contes de Cantorbéry (commencé en 1387), du Livre de la duchesse (1369), de Troilus et Cressida (1382), Chaucer sut créer une oeuvre riche et complexe, ironique et pleine d'humanité, avec un souci du détail psychologique qui fait de lui l'ancêtre des romanciers modernes. Il influença des auteurs tels que John Lydgate (vers 1370-vers 1450). Parallèlement, les aventures chevaleresques inspirées des légendes arthuriennes continuaient d'être populaires. Sir Thomas Malory (mort en 1471) écrivit la Mort d'Arthur (publiée en 1485), oeuvre charnière qui sécularisa les mythes médiévaux inspirés de la religion chrétienne. Dans les années qui suivirent le renversement de Richard III (1485), la cour devint un centre culturel de première importance et la littérature prit de nouvelles formes et dimensions. Sir Thomas Wyatt (1503-1542) composa les premiers sonnets anglais, inspirés de Pétrarque. John Skelton (1460-1529) écrivit des satires contre les courtisans et des élégies. L'humaniste sir Thomas More (1478-1535) écrivit Utopia (1517), qui prônait une société démocratique et la liberté du culte. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats anglais Arthur (légende d') Chaucer Geoffrey français Jean de Salisbury latin More Thomas Skelton John Wace Robert Renaissance et période élisabéthaine. Avec la Renaissance et l'âge élisabéthain, on vit éclore de nouveaux talents. Edmund Spenser (1522-1599) donna la Reine des fées (1590-1596-1609), poème lyrique et pastoral à vocation moralisatrice où chaque vice et chaque vertu sont allégoriquement représentés. Sir Philip Sydney (1554-1586) écrivit une apologie de la poésie qui proclame que le rôle du poète est d'enseigner des vérités profondes par l'intermédiaire d'images dont le pouvoir dépasse celui des simples mots. Son oeuvre Arcadia (publiée en 1590) présente une analyse de sentiments inspirée de Pétrarque dans une prose imagée puissamment évocatrice. Le théâtre connut un nouvel essor avec Gorboduc (1560) de Thomas Sackville (1536-1608) et Thomas Norton (1532-1584). En 1576, le premier théâtre public fut construit aux alentours de Londres. Des auteurs comme Robert Greene (vers 15601592) ou George Peele (1556-1597) créèrent un style et un langage dramaturgique, qui s'épanouirent chez Christopher Marlowe (1564-1593) et William Shakespeare (1564-1616), dont les pièces pleines d'ironie, de « bruit et de fureur » présentent un monde incontrôlable et riche en paradoxes. Sa pièce dramatique Hamlet (vers 1601) représente une limite entre l'âge élisabéthain et l'esprit qui domina la période jacobéenne (1603-1625), dans la mesure où cette oeuvre remet en question les valeurs de l'époque, tout comme les problem plays t els que Mesure pour mesure (1604) ou la Tempête (1611). Des dramaturges tels que John Webster (15801624), Cyril Tourneur (1575-1626), George Chapman (1560-1634) ou Ben Jonson (vers 1572-1637), auteur de Volpone (1605), reprirent ces interrogations. En poésie, la figure dominante de l'époque fut John Donne (1572-1631), dont l'expression poétique intellectuellement complexe est fondée sur le trait d'esprit ( wit) et la figure rhétorique du conceit, image qui permet de réunir dans la même expression des niveaux différents de réalité. Il influença des poètes tels que Richard Crashaw (1612-1649), Henry Vaughan (1622-1695) et Andrew Marvell (16211649), initiateurs d'un mouvement qui reçut plus tard le nom de « poésie métaphysique » et qui devait prendre fin avec Abraham Cowley (1618-1667). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Chapman George Cowley Abraham Crashaw Richard Donne John Heywood Thomas Jonson (Benjamin, dit Ben) Lodge Thomas Marlowe Christopher Marvell Andrew Sackville Thomas Shakespeare William Sidney (sir Philip) Spenser Edmund Vaughan Henry Webster John Les livres théâtre - l'architecture du théâtre élisabéthain, page 5168, volume 9 Royaume-Uni - Macbeth, de Shakespeare, page 4518, volume 8 De la satire au classicisme. La période qui s'étend de 1625 à 1660 comprend la guerre civile, le renversement et l'exécution de Charles Ier et l'établissement du Commonwealth puritain de Cromwell. John Milton (1608-1674), qui le soutenait, écrivit Paradis perdu (1667), poème biblique devenu une oeuvre majeure de la littérature anglaise. Après la Restauration, la littérature connut une période de plus grande liberté. Samuel Butler (1612-1680) fustigea les puritains avec Hubridas (1663-1664-1678), John Dryden (1631-1700) écrivit des vers satiriques, William Congreve (1670-1729) fit jouer des comédies caustiques. L'esprit satirique domina la première moitié du XVIIIe siècle, qui correspond à un nouveau classicisme fondé sur la primauté de la raison humaine et l'élaboration du style. Avec Alexander Pope (1688-1744), auteur de la Boucle volée ( 1712) et de la Dunciade (1728), et Jonathan Swift (1667-1745) dans les Voyages de Gulliver (1726), la satire atteignit son apogée. L'idéal classique fut incarné par Samuel Johnson (1709-1784), dont l'Écossais James Boswell (1740-1795) fut le biographe. Tournant capital, cette période fut aussi marquée par la naissance du roman avec les oeuvres de Daniel Defoe (1660-1731), de Henry Fielding (1707-1754) et de Samuel Richardson (1689-1761). Dans la Vie et les opinions de Tristram Shandy, gentleman (1759-1767), Laurence Sterne (1713-1768) fit les premières expériences sur la forme romanesque (parodie du genre, digressions, récits enchâssés). Il revient surtout à Jane Austen (1775-1817) d'avoir développé et approfondi la forme du roman psychologique (Orgueil et préjugé, 1813), contribuant ainsi à la naissance du réalisme, auquel s'opposaient les romans historiques de Walter Scott (1771-1832) ou les récits fantastiques de Mary Shelley (1797-1851), célèbre pour son Frankenstein (1818), ou les romans gothiques d'Ann Radcliffe (1764-1823). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Austen Jane Boswell James Butler Samuel Congreve William Defoe (Daniel Foe, dit Daniel) Dryden John Fielding Henry Johnson Samuel Milton John Pope Alexander Radcliffe Ann Richardson Samuel Scott (sir Walter) Shelley (Mary Godwin, née Wollstonecraft, dite Mary) Smollett Tobias George Sterne Laurence Swift Jonathan Young Edward Les livres Royaume-Uni - Paradis perdu (1667), de John Milton, page 4518, volume 8 Royaume-Uni - Ivanhoé, de Walter Scott (1820), page 4518, volume 8 Du romantisme à l'épanouissement du roman. Tournant le dos à la rationalité classique, le poète William Blake (1757-1827) créait sa propre mythologie. Artiste mêlé à la tourmente révolutionnaire, il laissa une oeuvre baroque et visionnaire qui inspira les romantiques. Ceux-ci fondèrent leur esthétique sur le refus d'une société trop rationnelle qui s'éloigne de la nature, comme en témoignent l'oeuvre de William Wordsworth (1770-1850) et les Ballades lyriques (1798) de Samuel Taylor Coleridge (1772-1834). Selon Wordsworth, l'expression poétique doit être pure et fondée sur l'émotion. De ce point de vue, lord Byron (1788-1824), Percy Bysshe Shelley (1792-1822) et John Keats (1795-1821) furent des figures essentielles du mouvement romantique. Moins lyrique, l'ère victorienne fut marquée par l'affirmation du roman. William Thackeray (1811-1863) écrivit Vanity Fair (1848), roman satirique sur la période qui suivit Waterloo. Anthony Trollope (1815-1882) donna une vision panoramique de la société victorienne. George Eliot (1819-1880) pénétra les milieux humbles et étudia les interactions entre l'individu et la société. Les soeurs Brontë (Charlotte, Emily, Anne) composèrent une oeuvre romanesque puissante, haute en couleur. Mais l'auteur le plus inventif et le plus prolifique de la période, grand feuilletoniste, fut sans aucun doute Charles Dickens (1812-1870) : Oliver Twist (1838) et David Copperfield (1850) sont devenus des classiques du roman réaliste. Ses mélodrames sociaux (tels que Bleak House, 1853) mêlant sentimentalité, humour et critique sociale attirèrent l'attention du public sur la misère des grandes métropoles de l'Angleterre en pleine industrialisation. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Blake William Brontë (les soeurs) Byron (George Gordon, lord) Coleridge Samuel Taylor Dickens Charles Eliot (Mary Ann Evans, dite George) Keats John Meredith George romantisme - Littérature - En Angleterre Shelley Percy Bysshe Stevenson (Robert Louis Balfour) Swinburne Algernon Charles Tennyson (Alfred, lord) Thackeray William Makepeace Wordsworth William Les livres Royaume-Uni - David Copperfield, de Charles Dickens, page 4519, volume 8 La littérature contemporaine. Le déclin de l'Angleterre rurale, l'industrialisation et ses injustices, les soubresauts de l'Empire britannique, ainsi que la Première Guerre mondiale suivie de la dépression des années trente et de la Seconde Guerre mondiale créèrent un état d'esprit général assez sombre que l'expression littéraire a reflété jusqu'à nos jours. Le poète T.S. Eliot (1888-1965) associa le monde moderne à un gigantesque vide moral dans la Terre vaine (1922). D.H. Lawrence (1885-1930), dont l'Amant de lady Chatterley ( 1928) provoqua un scandale retentissant, explora le thème de la société qui corrompt les impulsions vitales de l'homme. Les anti-utopies d'Aldous Huxley, de George Orwell et de William Golding se sont opposées au roman utopique de Herbert George Wells fondé sur l'idée de progrès. Le nouveau théâtre des années cinquante (John Osborne) a stigmatisé les injustices et l'hypocrisie. Les pièces de Harold Pinter ont exploré l'absurdité de l'existence. C'est avec Ulysse (1922), de l'Irlandais James Joyce (1882-1941), que toute la littérature de langue anglaise a pris un nouveau tournant : le jeu stylistique et la représentation subjective du monde l'ont emporté sur la description réaliste de la réalité quotidienne. Les romans de Virginia Woolf (1882-1941) ont abandonné l'intrigue classique, jouant sur les points de vue subjectifs des personnages par la technique du flux de conscience. La recherche d'une expression personnelle à travers laquelle se manifeste le vrai « moi » traverse l'oeuvre d'auteurs contemporains comme A. Carter, Ian Mc-Ewan ou S. Hill. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bond Edward Eliot Thomas Stearns Golding William Huxley Aldous Leonard Joyce James Lawrence David Herbert Lowry Malcolm Orwell (Eric Arthur Blair, dit George) Osborne John James Pinter Harold P owys Priestley John Boynton Richardson (Dorothy Miller) Sitwell Edith Stoppard Tom Tabori George Thomas Dylan Marlais Ulysse Waugh Evelyn Webb Mary Gladys Wells Herbert George White Kenneth Wilson (Angus Frank Johnstone-Wilson, dit sir Angus) Wodehouse (sir Pelham Grenville) Woolf Virginia Les livres Royaume-Uni - Harold Pinter, chez lui, à Londres, page 4519, volume 8 Royaume-Uni - T.S. Eliot et Virginia Woolf, page 4519, volume 8 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Irlande - Littérature Les médias Royaume-Uni - littérature nationale et recherche du paradis perdu Musique Dans l'histoire de la musique anglaise, on peut repérer la continuité d'une tradition qui a su se démarquer des influences étrangères tout en résistant aux grands courants nationalistes du XIXe siècle. Injustement qualifiée alors de « pays sans musique », l'Angleterre a pourtant développé de tout temps de solides institutions musicales de renommée internationale, qui ont largement contribué à l'épanouissement de cet art. La continuité d'une tradition. Au Moyen Âge déjà, la polyphonie anglaise portait des signes distinctifs avec la pratique du « gymel », chant doublé à la tierce ou à la sixte, contrairement à l'usage (quarte ou quinte). C'est dans le manuscrit de Old Hall (1420) que l'on trouve réunis des musiciens anglais, dont Henry V lui-même et Leonel Power (?-1445), le plus éminent compositeur de l'époque avec John Dunstable (vers 1400-1453). Tous deux étaient membres de la chapelle royale, comme le furent plus tard Thomas Tallis (vers 1505-1585), William Byrd (1543-1623) - dont les « ayres » (chanson accompagnée au luth ou par un « consort » de violes) étaient « modelés à la vie des mots » -, John Dowland (1563-1626), reconnu comme le plus grand luthiste de son temps, et Henry Purcell (1659-1695). Créateur de l'opéra anglais, ce dernier en donna avec Didon et Énée (1689) un exemple unique à une époque où le « masque » (sorte de ballet de cour) et le drame parlé avaient gagné les faveurs du public anglais ; il réussit à endiguer le flot d'opéras italiens à la mode en Europe et élabora des « semiopéras » (The Fairy Queen, 1962) qui engendrèrent le « ballad opera » (The Beggar's Opera, du poète John Gay, 1728). Ce fut Georg Friedrich Haendel (16851759) qui importa le modèle italien dès son arrivée à Londres (1710), pour créer un genre spécifique accueillant la tradition chorale anglaise : l'oratorio. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Byrd William Dunstable John Haendel Georg Friedrich polyphonie Purcell Henry Tallis Thomas Taverner John Tomkins Thomas Tye Christopher viole Les livres Royaume-Uni - Didon et Énée, d'Henry Purcell, interprété par Jessye Norman, page 4520, volume 8 Les institutions musicales. Recevant peu à peu les techniques et les formes pratiquées par les musiciens étrangers attirés par le succès considérable des concerts publics à Londres (instaurés par John Banister dès 1672), les Anglais s'inclinèrent devant les grands maîtres étrangers. C'est ainsi que Covent Garden vit le jour en 1847 sous le nom de Royal Italian Opera. Quant à la musique symphonique, elle était principalement allemande au XIXe siècle et largement diffusée par la Philharmonic Society, fondée en 1813 par des admirateurs de Beethoven. Mais la tradition de l'oratorio avait suscité la formation de sociétés chorales (la Royal Choral Society de Charles Gounod en 1871), tandis que les festivals (Birmingham, Leeds, Norwich) stimulaient la création musicale chez les compositeurs. Sir Edward Elgar (1857-1934) sut par son oeuvre pour l'orchestre raviver la tradition musicale anglaise. Encore très actives au XXe siècle, où sont apparus les festivals de Cheltenham (1945), consacré au répertoire contemporain, et d'Aldeburgh (1948), essentiellement centré sur la personnalité de Benjamin Britten, ces institutions ont exercé une influence déterminante sur les compositeurs anglais, sollicités par les commandes et les enregistrements effectués par la BBC (fondée en 1922), autre facteur important de la vie musicale en Grande-Bretagne et de son renouveau avec Ralph Vaughan Williams (1872-1958), intéressé par le folklore, Humphrey Searle (1915-1982) et Alexander Goehr (né en 1932), adeptes de la musique sérielle, et l'éclectique Benjamin Britten (1913-1976). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats BBC (British Broadcasting Corporation) Britten Edward Benjamin Covent Garden Elgar (sir Edward) oratorio Searle Humphrey Stanford (sir Charles Villiers) Storace Stephen Sullivan (sir Arthur) Tippett Michael Vaughan Williams Ralph Walton (sir William Turner) Les livres Royaume-Uni - Royal Opera House, Covent Garden (Londres), page 4520, volume 8 Royaume-Uni - Benjamin Britten au théâtre des Champs-Élysées, en 1952, page 4520, volume 8 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Dowland John Rattle Simon Simpson (Thomas, dit Tom) Cinéma Tout le problème du cinéma britannique, au cours de son histoire, a été d'acquérir, puis d'imposer un style et une personnalité susceptibles de le différencier de son concurrent américain. Il n'y est parvenu que rarement, et nombre de ceux, cinéastes et acteurs, qui auraient pu contribuer à préserver cette identité se sont empressés, le succès aidant, d'exiler leur talent à Hollywood, où les conditions de travail étaient meilleures. Le cinéma d'outre-Manche a pourtant connu des périodes fastes durant lesquelles sa spécificité et ses qualités n'ont rien eu à envier à son éternel rival. Ainsi, au début du siècle, les courts métrages de « l'école de Brighton » (Robert-William Paul, George Albert Smith) témoignèrent d'une avance technique considérable par rapport à la production mondiale de l'époque. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Brighton Des périodes fastes. Dans les années trente, l'équipe du GPO (General Post Office), conduite par John Grierson, produisit d'intéressants documentaires : Drifters (1929), Night Mail (1936). Au lendemain de la guerre, la « comédie anglaise » connut son âge d'or, grâce à l'impulsion d'un producteur dynamique, Michael Balcon, et à des metteurs en scène de talent tels que Charles Crichton, Robert Hamer, Alexander Mackendrick : Passeport pour Pimlico (1948), Whisky à gogo (1948), Noblesse oblige (1949), l'Homme au complet blanc (1951)... Parallèlement, le cinéma britannique fut irrigué par un riche courant « fantastique », du film collectif Au coeur de la nuit (1945) au Voyeur (Michael Powell, 1960), en passant par l'étrange Dame de pique (Thorold Dickinson, 1948) et la série des « Horror Pictures » de Terence Fisher. Au seuil des années soixante, devançant la Nouvelle Vague française, les jeunes réalisateurs du « free cinema » (Lindsay Anderson, Karel Reisz, Tony Richardson) imposèrent un style neuf, contestataire avec Samedi soir et dimanche matin (1961), la Solitude du coureur de fond ( 1962), I f... ( 1968), style dont Kenneth Loach a perpétué l'actualité et la virulence dans son oeuvre, de Family Life ( 1971) à Raining Stones (1993). En dehors de ces périodes de créativité, le cinéma britannique permit à quelques fortes personnalités d'acquérir une renommée internationale : Alfred Hitchcock, qui tourna en Grande-Bretagne une vingtaine de films remarquables (dont les TrenteNeuf Marches , 1935) ; David Lean, qui passa de la comédie intimiste (Brève Rencontre, 1945) à la superproduction ( Lawrence d'Arabie, 1962) ; Carol Reed, qui adapta à l'écran le roman de Graham Greene le T roisième Homme ( 1949) ; sans oublier des hommes de théâtre comme Laurence Olivier et Peter Brook, qui ont oeuvré avec bonheur pour le cinéma. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Brook Peter fantastique fantastique - Le fantastique au cinéma Fisher Terence Greene Graham Hitchcock Alfred Lean David Loach Kenneth Olivier (sir Laurence Kerr, dit Laurence) Powell Michael Reed (sir Carol) Reisz Karel Richardson (Cecil Antonio, dit Tony) Les livres Royaume-Uni - Noblesse oblige (1949), de Robert Hamer, page 4521, volume 8 Royaume-Uni - If..., de Lindsay Anderson (1968), page 4521, volume 8 Un avenir incertain. À partir des années soixante, la télévision, comme partout ailleurs, fit chuter la fréquentation des salles, entraînant la fermeture de nombre d'entre elles et l'arrêt quasi total de la production de films. Il a fallu, au début des années quatre-vingt, l'initiative de chaînes de télévision, la BBC et Channel Four, pour relancer la production et permettre l'éclosion de nouveaux talents : Peter Greenaway (Meurtre dans un jardin anglais, 1982) ; Michael Radford (1984 , 1984) ; Mike Leigh (High Hopes, 1988 ; Naked, 1993) ; ou encore Hugh Hudson (les Chariots de feu, 1981), Terry Gilliam (Brazil, 1985), Stephen Frears (les Liaisons dangereuses, 1988), Kenneth Branagh (Henry V, 1989), Neil Jordan (The Crying Game, 1991), Mike Newell (Quatre mariages et un enterrement, 1994), Michael Winterbottom (Jude, 1996). En allant poursuivre leur oeuvre aux États-Unis comme, avant eux, John Boorman, Alan Parker, John Schlesinger..., certains de ces réalisateurs ont pris le risque de laisser, une fois encore, le cinéma britannique exsangue. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Boorman John Branagh Kenneth Frears Stephen Gilliam Terry Greenaway Peter Leigh Mike Parker Alan Les livres Royaume-Uni - Meurtre dans un jardin anglais, de Peter Greenaway (1982), page 4521, volume 8 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Attenborough (sir Richard) Les médias Royaume-Uni - les meilleurs films et acteurs britanniques Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Britanniques (îles) Europe Grande-Bretagne Les médias Royaume-Uni - tableau en bref Royaume-Uni - carte physique Royaume-Uni - carte politique Royaume-Uni - tableau en chiffres Europe - carte politique Les indications bibliographiques J. Leruez, le Système politique britannique depuis 1945, Armand Colin, Paris, 1994. P. Lurbe, le Royaume-Uni aujourd'hui, Hachette, Paris, 1996. A. Maurois, Histoire d'Angleterre, Fayard, 1978 (1937). J. Raimond, la Littérature anglaise, PUF, « Que sais-je ? », Paris, 1993 (1986). V. Riches, l'Économie britannique depuis 1945, La Découverte, Paris, 1992.

« rencontrent dans le Sud-Est), et connaissent des maxima de 2 100 mm sur les massifs écossais. Elles sont très régulières et bien réparties : 165 jours à Londres, plus de 200 sur les massifs montagneux. Le degré d'humidité se traduit aussi par l'importante nébulosité et par la fréquence des brumes et des brouillards. La combinaison de ces phénomènes naturels ( fog ) avec les émissions de fumées ( smoke ) provoqua les célèbres brouillards polluants ( smog ) dans les agglomérations industrielles. Une action énergique des pouvoirs publics, depuis 1956, a permis, en contrôlant l'usage du charbon, de réduire considérablement cette forme de pollution. Le climat varie aussi beaucoup d'une année à une autre. Si l'enneigement durable n'existe que dans les montagnes d'Écosse, des chutes abondantes peuvent perturber, momentanément, les régions plus méridionales. En été, des périodes de sécheresse ne sont pas rares et justifient l'arrosage des cultures. Des pluies exceptionnelles, se conjuguant avec de fortes marées, peuvent entraîner des inondations dans de nombreuses villes côtières. La survenue de vents très violents, au cours des récentes années, a gravement endommagé le patrimoine forestier. Le relief conditionne les contrastes de ce climat généralement très modéré. Les massifs montagneux, aux altitudes modestes (Ben Nevis, 1 343 m ; Snowdon, 1 085 m), sont localisés à l'ouest et au nord, où ils accentuent pluviosité et rigueur hivernale. Constitués de roches anciennes érodées, puis soulevées à plusieurs reprises, ils se présentent généralement sous forme de plateaux aux formes lourdes. Le relief ne prend d'intensité que là où l'érosion glaciaire a laissé sa marque, en particulier dans les vallées profondes, en forme d'auge ( glen , strath ), en Écosse. Celles-ci sont souvent occupées par des lacs, formés en retrait d'un barrage de moraines, comme dans le Lake District, autour du Snowdon au pays de Galles, et en Écosse, dont le littoral est entaillé par de grandes vallées à versants raides, pénétrées par la mer ( loch , firth ). Le reste du territoire est formé de terrains sédimentaires ou fluvio-glaciaires, déterminant des topographies très calmes ( lowlands ) que n'interrompent que des talus calcaires comme ceux des Chiltern Hills, des Cotswold Hills et des Downs en Angleterre. Ainsi, à l'est et au sud de la Grande-Bretagne et en Irlande du Nord, les communications et l'urbanisation ne rencontrent aucun obstacle naturel. Un climat relativement plus sec et ensoleillé y favorise une large gamme d'activités agricoles, s'étendant de la culture des céréales à celle des plantes fourragères. Sur le reste du territoire, le milieu naturel est assez peu favorable. Dans les régions montagneuses ( highlands ), les conditions naturelles ont toujours contraint l'habitat permanent à se maintenir au-dessous de 600 m d'altitude, la forêt ne dépassant guère cette altitude en raison de la violence des vents. Ces territoires quasiment inhabités, couverts de landes et de tourbières et où ne sont pratiqués que l'élevage extensif du mouton et la chasse, couvrent 57 % de l'Écosse, 33 % du pays de Galles et environ 25 % de l'ensemble du Royaume-Uni. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Ben Nevis Cheviot Hills Downs Highlands Lake District loch Lomond (loch) Lowlands Manche Ness (loch) Pennine (chaîne) Snowdon Tamise Les livres Europe - le cap Land's End, en Grande-Bretagne, page 1799, volume 4 Royaume-Uni - le Ben Nevis, en Écosse, page 4497, volume 8 Royaume-Uni - la côte de Cornouailles, page 4497, volume 8 Royaume-Uni - le Firth of Forth, en Écosse, page 4500, volume 8 Royaume-Uni - paysage des Highlands, page 4500, volume 8 »

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