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Traumatismes profonds pour les générations d'hommes qui en furent les acteurs et les victimes, les guerres mondiales resteront comme les événements les plus marquants du XXe siècle.

Publié le 30/10/2013

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Traumatismes profonds pour les générations d'hommes qui en furent les acteurs et les victimes, les guerres mondiales resteront comme les événements les plus marquants du XXe siècle. Face aux millions de morts qu'elles ont causés, face à l'horreur des tranchées et des camps de concentration nazis, les discours nationalistes qui furent à l'origine des deux conflits paraissent rétrospectivement bien dérisoires. Mais c'est aussi de cet abîme de souffrance et d'absurdité qu'a jailli, par deux fois, la volonté de construire une paix durable dans l'harmonie des peuples, vainqueurs et vaincus enfin unis. Les Guerres mondiales sont les deux conflits armés qui ont opposé, entre 1914 et 1918, puis entre 1939 et 1945, un très grand nombre de pays répartis sur tous les continents. Ces deux guerres, par leur ampleur et leur intensité, ont considérablement marqué l'histoire du XXe siècle. La Première Guerre mondiale D'août 1914 à novembre 1918, la « Grande Guerre « impliqua directement ou indirectement, et pour la première fois dans l'histoire, la plupart des nations du monde. Les origines du conflit. L'Europe, qui à l'aube du XXe siècle dominait politiquement, culturellement et économiquement le monde, était en proie à de violentes tensions internationales. Dans une période de véritable « paix armée «, marquée par une exacerbation des nationalismes et par une course aux armements, s'étaient constitués des systèmes d'alliance opposés. Ainsi, la Triple-Alliance, ou Triplice, avait été conclue dès 1882 entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie. La Triple-Entente entre la France, la GrandeBretagne et la Russie résultait de l'alliance franco-russe de 1893, de l'Entente cordiale franco-britannique de 1904 et d'un rapprochement entre la Russie et la GrandeBretagne en 1907. Des rivalités économiques et coloniales opposaient les puissances européennes, notamment la Grande-Bretagne et l'Allemagne, dont les industries navales étaient concurrentes. De même, les crises au sujet du Maroc (1905 et 1911) avaient ranimé l'antagonisme latent que la question de l'Alsace-Lorraine entretenait depuis 1870 entre l'Allemagne et la France. Mais ce furent surtout les problèmes des Balkans qui envenimèrent la crise internationale. Aussi parle-t-on de « poudrière balkanique «. La Russie aspirait en effet à contrôler les détroits de la mer Noire au détriment de l'Empire ottoman déclinant. Elle se posait également en protectrice des Slaves du Sud, notamment ceux du petit royaume de Serbie. Or l'Autriche-Hongrie était particulièrement hostile à ce pays, car l'irrédentisme serbe encourageait le réveil des nationalités dans la double monarchie, qui avait annexé en 1908 la Bosnie-Herzégovine. Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône des Habsbourg, fut assassiné à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. L'Autriche-Hongrie saisit cette occasion pour briser la Serbie. Elle lui adressa, le 23 juillet, un ultimatum outrageant puisqu'elle exigeait une participation de fonctionnaires austro-hongrois à l'enquête sur le complot et « à la suppression du mouvement subversif «. Soutenue par la Russie qui commençait à mobiliser ses troupes, la Serbie refusa. L'Autriche-Hongrie, forte de l'appui allemand, déclara alors la guerre à la Serbie le 28 juillet. L'Allemagne déclara la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3 août ; elle viola la neutralité belge et provoqua ainsi l'engagement de la Grande-Bretagne le 4 août. Toutefois, l'Italie proclama sa neutralité et n'entra pas en guerre aux côtés des Empires centraux. Le conflit initial austro-serbe, élargi en un conflit austro-russe, devint donc, par le jeu des alliances, un conflit européen, puis mondial. L'acceptation générale d'une guerre considérée comme juste par tous les protagonistes révéla l'enracinement des sentiments patriotiques. Elle provoqua également, surtout après l'assassinat de Jean Jaurès (31 juillet 1914), la dislocation de l'Internationale, puisque les députés socialistes votèrent les crédits militaires dans presque tous les pays. En France, à la demande du président Poincaré, deux socialistes, Jules Guesde et Marcel Sembat, entrèrent même dans le gouvernement d'« Union sacrée «. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats alliance - Triple-Alliance Alsace-Lorraine balkaniques (guerres) Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine - Histoire Entente cordiale François-Ferdinand de Habsbourg Jaurès Jean Sarajevo Serbie Serbie - Histoire 1914-1916 : l'échec de la guerre de mouvement. Les Alliés comme les Empires centraux imaginaient une guerre courte, sans implication des civils. L'Allemagne appliqua aussitôt le plan Schlieffen : dans une manoeuvre d'enveloppement par la Belgique, ses troupes déferlèrent jusqu'à la Marne, mais elles furent stoppées par la contre-offensive du général Joffre (bataille de la Marne, septembre 1914). Les adversaires cherchèrent alors à se déborder mutuellement pour s'adosser à la Manche par la « course à la mer «. Malgré des combats acharnés dans les Flandres, aucun ne prit le dessus et, à la fin de 1914, le front se stabilisa sur plus de 800 km, de Dunkerque à la Suisse. Les armées, enterrées dans des tranchées, tentèrent en vain de percer le front adverse (offensives meurtrières de l'Artois, mai-juin 1915, et de Champagne, février et septembre 1915). À l'est, l'armée russe, mal équipée et incomplètement mobilisée, fut écrasée par le maréchal Hindenburg à Tannenberg (27-31 août 1914), puis aux lacs Mazures (810 septembre) en Prusse orientale. Elle réussit cependant, au prix d'un lourd bilan et de la perte de la Pologne et de la Lituanie, à stabiliser le front de la Baltique au Dniepr en 1915. Pour secourir les Russes, la flotte franco-britannique tenta en vain de forcer les détroits des Dardanelles, tenus par l'Empire ottoman qui s'était rallié à l'Allemagne. En mai 1915, l'Italie s'engagea (comme le Japon dès août 1914) auprès de l'Entente, qui lui promettait en échange l'Istrie, la Dalmatie et le Trentin. Mais en septembre 1915, l'intervention de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux, qui lui avaient promis la Macédoine, entraîna l'écrasement de la Serbie. Un corps expéditionnaire francobritannique débarqua alors à Salonique, en Grèce. Aucune de ces batailles n'avait été décisive. En 1916, le général von Falkenhayn, alors chef de l'état-major allemand, décida de provoquer une bataille qui saignerait l'armée française : ce fut l'offensive de Verdun à partir du 21 février 1916. Mais les troupes commandées par le général Pétain résistèrent, et l'offensive déclenchée par le général Foch sur la Somme le 1 er juillet 1916 permit de desserrer la pression sur Verdun. 240 000 soldats français, et autant d'Allemands, périrent sur ce front où 239 bataillons français s'étaient succédé, faisant de l'« enfer de Verdun « la grande épreuve nationale. L'armée russe avait soulagé le front de l'Ouest par l'offensive de Broussilov, mais ne put empêcher l'effondrement de la Roumanie devant les Austro-Hongrois et les Bulgares. Au Proche-Orient, les Britanniques, par l'intermédiaire de Lawrence d'Arabie, tentaient d'affaiblir l'Empire ottoman en dressant contre lui les princes arabes. Dès la fin de 1914, l'échec de la guerre courte avait transformé les données du conflit. La guerre d'usure avait remplacé la guerre de mouvement. Les techniques de combat avaient évolué. Ainsi, les uniformes colorés de 1914 avaient été remplacés par des tenues de camouflage. Les adversaires, terrés dans les tranchées, utilisèrent toutes les ressources de l'artillerie (au départ, seuls les Allemands étaient pourvus de mitrailleuses). Les bombardements par l'aviation, les lance-flammes, les grenades et les gaz asphyxiants furent également employés. En 1916, les chars d'assaut, ou tanks, firent leur apparition. Cette guerre moderne, qui visait à anéantir les forces de l'adversaire, nécessitait la mobilisation des industries. Les économies y étant mal préparées, les États prirent en charge l'organisation des transports, la gestion de la main-d'oeuvre et les problèmes de ravitaillement. Ils tentèrent d'asphyxier économiquement leurs adversaires. Encerclée par un blocus naval, l'Allemagne, très dépendante de ses importations, répliqua par une guerre sous-marine à outrance. L'intervention croissante des États dans l'économie et le renforcement général des pouvoirs exécutifs allèrent de pair avec un développement de la propagande, tant le moral du peuple est important dans une guerre totale. Mais, devant le nombre effrayant des pertes humaines et la précarité des conditions de vie, la propagande patriotique et la censure de l'information visant à mobiliser les esprits ne purent empêcher la lassitude de croître. L'Internationale socialiste tenta alors de se réorganiser. Lors des conférences de Zimmerwald (1915) et de Kienthal (1916), elle défendit les idées de « paix blanche « et, s'opposant à l'Union sacrée, elle prôna le défaitisme révolutionnaire qui devait, selon Lénine, permettre l'avènement d'une société nouvelle. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Dardanelles (les) Falkenhayn (Erich von) Foch Ferdinand Franchet d'Esperey Louis Gallieni Joseph gaz de combat Haig (Douglas, comte) Hindenburg (Paul von Beneckendorff und von) Joffre Joseph Jutland (bataille du) Lawrence Thomas Edward, dit Lawrence d'Arabie Lusitania Marne Marne - Les batailles de la Marne mitrailleuse Pétain Philippe Schlieffen (Alfred, comte von) S omme tank Tannenberg taxis de la Marne tranchée Verdun Verdun - La bataille de Verdun Les livres guerres mondiales - l'ordre de mobilisation générale lancé le 2 août 1914 par la France, page 2266, volume 4 guerres mondiales - couverture d'une revue allemande d'août 1914, page 2266, volume 4 guerres mondiales - fantassins russes partant pour le front en 1914, page 2267, volume 4 guerres mondiales - scène de combat sur l'Yser, page 2267, volume 4 guerres mondiales - la crête des Éparges sur les Côtes de Meuse (Argonne), page 2269, volume 4 guerres mondiales - biplan lors d'un bombardement en 1915, page 2269, volume 4 guerres mondiales - tank britannique, page 2269, volume 4 guerres mondiales - combattants munis de masques à gaz, page 2269, volume 4 tranchée, page 5250, volume 10 Voie sacrée, page 5568, volume 10 Belgique - octobre 1914, le grand exode de la population d'Anvers avant l'entrée des troupes allemandes, page 601, volume 2 L'année 1917 et la victoire alliée. En 1917, le conflit s'élargit encore à d'autres pays. Le 6 avril 1917, les États-Unis, dont les navires marchands étaient menacés par les sous-marins allemands, entrèrent en guerre malgré l'influence des courants isolationnistes. Ils apportèrent à l'Entente leur puissance industrielle et financière et le soutien de leurs troupes. La situation restait pourtant très difficile pour des armées épuisées. L'offensive du général Nivelle au Chemin des Dames (avril 1917) fut un sanglant échec, le front italien fut enfoncé à Caporetto (juillet 1917), et une grave crise morale frappa l'ensemble des armées : désertions en Italie, plus de 230 mutineries en France, auxquelles le général Pétain répondit à la fois par la propagande, l'amélioration de la condition matérielle des soldats et de nombreuses condamnations à mort. La révolte des soldats s'accompagna d'une crise sociale et d'une multiplication des grèves dans les deux camps. Dans le même temps, le pape Benoît XV et le nouvel empereur d'Autriche Charles Ier tentèrent des offres de paix. Dans l'Empire russe, où la désorganisation économique s'ajoutait aux défaites, la révolution menée par Lénine en octobre 1917 triompha. Pour sauver leur pouvoir menacé par l'avancée allemande, les bolcheviks signèrent la paix séparée de BrestLitovsk (3 mars 1918). Si l'équilibre des fronts était ainsi rompu, le camp allié trouva un nouvel élan moral grâce aux États-Unis, dont le président Thomas Woodrow Wilson définit en janvier 1918 « quatorze points «, où il était question de la « guerre du droit « et de la liberté des peuples. Face aux empires autoritaires, les Alliés apparaissaient comme les défenseurs de la démocratie. L'offensive lancée par le général allemand Ludendorff sur la Picardie et la Marne (mars 1918) échoua devant les armées alliées supérieures en hommes et en matériel grâce à l'appui américain, et unifiées sous le commandement de Foch. La France du Nord fut progressivement reconquise, tandis que les Italiens écrasaient les Austro-Hongrois à Vittorio Veneto et que les troupes franco-serbes libéraient la Macédoine. La Bulgarie et la Turquie furent les premières puissances centrales à demander l'armistice. L'Empire austro-hongrois ne résista pas à la défaite militaire. Les proclamations d'indépendance de la Yougoslavie, de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie contraignirent l'empereur Charles Ier à demander un armistice sans conditions (3 novembre) et à abdiquer (4 novembre). En Allemagne, un mouvement insurrectionnel (3 novembre) contraignit l'état-major, qui y était pourtant hostile, à accepter l'idée d'un armistice. Guillaume II abdiqua le 9 novembre. Un gouvernement provisoire signa l'armistice le 11 novembre à Rethondes. La conférence de la paix s'ouvrit à Paris en janvier 1919. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats armistice Brest Caporetto Chemin des Dames États-Unis - Histoire - Les États-Unis, puissance mondiale - La Première Guerre mondiale Foch Ferdinand Guillaume - ALLEMAGNE - Guillaume II Ludendorff Erich Nivelle Georges Robert Pétain Philippe Rethondes Vittorio Veneto Wilson Thomas Woodrow Les livres Foch Ferdinand, page 1941, volume 4 guerres mondiales - prisonniers bulgares à Usküb, page 2270, volume 4 guerres mondiales - la séance du Congrès américain du 2 avril 1917, page 2270, volume 4 guerres mondiales - troupes américaines partant pour l'Europe au printemps 1918, page 2270, volume 4 guerres mondiales - signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces, le 28 juin 1919, page 2271, volume 4 guerres mondiales - le défilé de la victoire, le 14 juillet 1919, page 2271, volume 4 États-Unis - Theodore Roosevelt haranguant les troupes, page 1761, volume 4 Un traumatisme sans précédent. Le bilan humain était très lourd : l'Allemagne et la Russie avaient chacune 2 millions de morts, la France et l'Autriche-Hongrie 1,5 million, la Grande-Bretagne et l'Italie plus de 500 000, sans compter les blessés et les mutilés. L'équilibre démographique en fut fortement et durablement perturbé. L'Europe, endettée et appauvrie, devait reconvertir ses industries, réinsérer les démobilisés, faire face au phénomène nouveau de l'inflation. Elle perdait sa prééminence face aux États-Unis, mais aussi face au Japon qui renforçait sa puissance en Asie et obtenait les anciennes colonies allemandes du Pacifique. Les puissances européennes, dont la guerre avait révélé les divisions et la vulnérabilité, perdirent également beaucoup de leur prestige auprès des peuples colonisés. La Première Guerre mondiale, terminée par les traités de Versailles, de SaintGermain-en-Laye, de Sèvres (qui sera remplacé par celui de Lausanne), de Neuilly et de Trianon, avait entraîné l'effondrement de quatre empires : l'allemand, l'austro-hongrois, le russe, l'ottoman. De nouveaux pays, comme la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie, furent créés. Mais le règlement des conflits territoriaux et le nouvel ordre international qu'instaurèrent les vainqueurs ne pouvaient assurer une paix durable. Ainsi l'Italie n'obtint pas toutes les « terres irrédentes « (Trentin, Trieste, Dalmatie) pour lesquelles elle était entrée en guerre, et l'Allemagne, humiliée et appauvrie, fut amputée de vastes territoires. La guerre avait également modifié les conditions de la vie politique. Un profond malaise social était perceptible, dû à l'érosion des revenus, à l'angoisse suscitée par cette première guerre totale qui avait ravagé des pays entiers et à l'amertume des millions d'« anciens combattants « devant l'inutilité de leur sacrifice. Cette crise aboutit parfois à une remise en cause des régimes qui avaient mené la guerre. Cette contestation prit des formes contradictoires : appel à la violence politique ou volonté de paix à tout prix au détriment du sentiment patriotique, aspirations révolutionnaires sur le modèle internationaliste que proposait la Russie soviétique, ou repli nationaliste sur les frustrations provoquées par le règlement insatisfaisant du conflit. Malgré les espoirs que suscitait la naissance d'une Société des Nations, l'avenir était lourd de tensions politiques, sociales et internationales. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats irrédentisme Lausanne réparations Saint-Germain-en-Laye Scapa Flow sécurité collective Sèvres Sèvres - Le traité de Sèvres Société des Nations (SDN) Trianon Versailles - Versailles après Louis XIV Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Allemagne - Histoire - L'Allemagne de 1914 à 1945 - 1914-1918 et la fin du IIe Reich Autriche - Histoire - L'Autriche des Habsbourg France - Histoire - L'enracinement de la République - La République radicale (1899-1918) Italie - Histoire - La monarchie parlementaire rationnement - Le rationnement dans l'histoire Royaume-Uni - Histoire - De la puissance mondiale au partenaire européen Russie - Histoire - La chute de l'Empire Tirpitz (Alfred von) Vimy Les livres guerres mondiales - les opérations dans l'Europe du Sud-Est, page 2268, volume 4 guerres mondiales - les opérations en Europe occidentale, page 2268, volume 4 armée - effigie d'un fantassin français de la Première Guerre mondiale, page 352, volume 1 La Seconde Guerre mondiale Ce long conflit fut marqué par une violence destructrice sans précédent, par le massacre des populations civiles et par la tentative nazie d'exterminer totalement les peuples juif et tzigane en Europe. La marche à la guerre. Dès le début des années trente, les crises politiques nationales et l'aggravation des tensions internationales révélèrent combien la paix de 1918 portait les germes d'un nouveau conflit mondial. La crise économique et sociale, consécutive aux erreurs du traité de Versailles (1919) et à l'effondrement financier de 1929, les revendications territoriales des pays à régime dictatorial (Italie, Allemagne, Japon) remirent en cause l'esprit de Genève et la sécurité collective que la Société des Nations devait assurer. L'isolement volontaire des États-Unis, la méfiance permanente vis-à-vis de l'URSS et les rivalités franco-britanniques empêchèrent les démocraties de constituer un bloc uni face aux dictatures. Ces dernières se montraient pourtant de plus en plus agressives comme en témoignent les guerres du Japon contre la Chine à partir de 1931, l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie (1935-1936), la guerre d'Espagne (1936-1939) et surtout la succession de provocations de l'Allemagne nazie (remilitarisation de la Rhénanie en 1936, Anschluss avec l'Autriche en 1938). Par les accords de Munich, qui cédaient à l'Allemagne le territoire des Sudètes en Tchécoslovaquie, la France et la GrandeBretagne pensaient à tort faire cesser les exigences d'Adolf Hitler. En effet, à partir de 1939, la tension se durcit en Europe. Après avoir annexé la Tchécoslovaquie (mars 1939) et s'être assurée de la non-agression de l'URSS en cas de conflit à l'Ouest (pacte germano-soviétique d'août 1939), l'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939. Le 3 septembre, la Grande-Bretagne et la France, décidées à tenir leurs engagements vis-à-vis de la Pologne, déclarèrent la guerre à l'Allemagne. Le conflit, qui opposa dans un premier temps les puissances de l'Axe (Allemagne et Italie) à la France et à la Grande-Bretagne, s'étendit rapidement à la Méditerranée, à l'URSS, puis au Pacifique. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Acier (pacte d') Anschluss Axe (puissances de l') Daladier Édouard Franco Bahamonde Francisco Hitler Adolf Lebrun Albert Munich (accords de) Mussolini Benito Pologne - Histoire - La Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale Société des Nations (SDN) Sudètes (Allemands des) Wehrmacht Les livres guerres mondiales - Hitler inspectant le front de Pologne en septembre 1939, page 2273, volume 4 Les victoires de l'Axe (1939-1943). La Pologne, attaquée à l'ouest par les Allemands et à l'est par les Russes, fut écrasée en un mois. Face à cette « guerre éclair «, les Alliés n'opposèrent qu'une stratégie défensive. La France, protégée à l'est par la ligne Maginot, s'enlisa dans la « drôle de guerre «. Après des victoires rapides au Danemark et en Norvège, les Allemands lancèrent le 10 mai 1940 une grande offensive sur le front ouest. Passant par les Ardennes, réputées infranchissables, et envahissant les Pays-Bas et la Belgique, pourtant neutres, des divisions blindées allemandes franchirent la Meuse à Sedan et encerclèrent les Alliés dans la poche de Dunkerque, où l'armée britannique avait décidé de se retirer sans délai. Après avoir semé la terreur par le bombardement des populations civiles en fuite, les Allemands prirent Paris le 14 juin. Le 22 juin, le nouveau gouvernement du maréchal Pétain, jugeant illusoire la poursuite de la lutte, demanda un armistice : les trois quarts nord-ouest du pays restaient occupés, les prisonniers (1,5 million) n'étaient pas libérés et la France devait entretenir l'armée d'occupation. La Grande-Bretagne, isolée, continua seule la guerre. L'utilisation du radar, le courage et l'efficacité de son aviation et, surtout, la ténacité de sa population galvanisée par le Premier ministre Winston Churchill lui permirent de résister aux raids aériens lancés par les Allemands contre des villes sans valeur militaire comme Londres ou Coventry. Pour atteindre la Grande-Bretagne par l'intermédiaire de son empire colonial, les Allemands lancèrent une série d'opérations en Méditerranée à partir du printemps 1941. Sur l'initiative de l'Italie, la Yougoslavie et la Grèce furent envahies. L'Afrikakorps du général Rommel prit le relai des Italiens en Libye. Malgré une opinion publique très isolationniste, le président Roosevelt renonça alors plus nettement à la neutralité américaine. La loi de prêt-bail, promulguée en mars 1941, permit à la Grande-Bretagne, puis à l'URSS, de compter sur la puissance économique des États-Unis pour soutenir leur effort de guerre. Le 22 juin 1941, les Allemands déclenchèrent en effet l'opération Barbarossa, qui prévoyait l'élimination de l'URSS par une campagne militaire rapide. L'effet de surprise, l'extrême mobilité des armées allemandes mais aussi l'impréparation militaire soviétique et la désorganisation de l'état-major par les purges staliniennes entraînèrent un effondrement du front russe. L'ouest de la Russie, l'Ukraine et la Crimée furent rapidement occupés. Mais ni Leningrad ni Moscou ne purent être prises avant l'hiver. Lorsque, le 7 décembre 1941, l'aviation japonaise bombarda le port américain de Pearl Harbor, aux îles Hawaii, la guerre devint véritablement mondiale. En quelques mois, les Japonais se rendirent maîtres du Pacifique oriental, de l'Indonésie et de la Birmanie. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Abrial Jean Marie Charles Afrikakorps Alexander of Tunis (Harold Alexander, premier comte) Angleterre (bataille d') Ardenne Atlantique (charte de l') Atlantique (mur de l') Canaris Wilhelm Churchill (sir Winston) Dunkerque exode Guderian Heinz guerre-éclair Maginot André Pearl Harbor Pétain Philippe prêt-bail (loi du) Rommel Erwin Roosevelt Franklin Delano Rundstedt (Gerd von) Sedan Les livres guerres mondiales - le rembarquement des troupes alliées à Dunkerque, page 2273, volume 4 Rommel Erwin, page 4442, volume 8 Belgique - Mai 1940, la Belgique fut de nouveau envahie par l'armée allemande, page 601, volume 2 États-Unis - l'attaque japonaise sur la base de Pearl Harbor, page 1761, volume 4 France - les troupes allemandes défilant sur l'avenue Foch, à Paris, page 2020, volume 4 Pays-Bas - entrée des troupes allemandes aux Pays-Bas, en mai 1940, page 3770, volume 7 URSS - la lente avancée des divisions blindées allemandes en URSS, en 1941, page 5388, volume 10 L'« ordre nouveau «. En Asie, les forces japonaises, sous prétexte de revanche nationale contre les puissances européennes coloniales et d'établissement d'une sphère de coprospérité asiatique, exploitèrent souvent brutalement les pays occupés. En Europe, seules la Grande-Bretagne et une partie de la Russie échappaient à l'influence allemande. Certains pays, comme l'Italie ou la Roumanie, étaient des alliés déclarés des vainqueurs de la guerre-éclair. D'autres, comme la France du maréchal Pétain, adoptèrent une politique de collaboration. À l'inverse, les chefs politiques ou militaires qui, tel le général de Gaulle, refusaient l'ordre nouveau durent souvent s'exiler à Londres. La capitale britannique devint ainsi le siège de nombreux gouvernements en exil (norvégien, néerlandais, belge, polonais...). Si, d'une manière générale, l'Europe nouvelle fut entièrement organisée au service de l'espace vital germanique et de la machine de guerre nazie, certains pays souffrirent plus que d'autres de l'occupation allemande. Les populations slaves ou grecques en particulier furent victimes, au nom des conceptions racistes des Allemands, d'un pillage systématique et d'une oppression féroce. Dans les limites du grand Reich, un millier de camps de concentration furent organisés pour éliminer les ennemis de l'Allemagne : résistants classés Nacht und Nebel (« Nuit et brouillard «), déportés politiques, Polonais et Russes. D'autres camps furent spécialement destinés à l'extermination immédiate des groupes jugés « nuisibles « par les nazis : Tziganes, homosexuels et, surtout, juifs, victimes de la « solution finale « décrétée à la conférence de Wannsee en janvier 1942. Pris dans des rafles organisées, comme en France, avec l'aide des autorités administratives ou policières (rafle du Vel'd'hiv.), parqués dans des ghettos (Varsovie), les juifs furent conduits dans des wagons à bestiaux vers des centres industriels de la mort : Auschwitz, Maïdenek ou Treblinka. La plupart (entre 4 et 6 millions) périrent dans des chambres à gaz, avant d'être incinérés dans des fours crématoires. Le silence des autorités morales (Vatican, Églises, Croix-Rouge), l'incrédulité puis le fatalisme des Alliés devant les rares témoignages des survivants, mais surtout l'indifférence souvent malveillante des contemporains avaient rendu possible cette tentative de génocide sans précédent. La majorité des populations européennes subit l'occupation avec une hostilité silencieuse et résignée. Une minorité s'engagea dans la collaboration, une autre, dans la résistance. Des fascistes, mais aussi beaucoup d'opportunistes, formèrent des mouvements proallemands, comme la Légion des volontaires français contre le bolchevisme. Ils participèrent à l'effort de guerre allemand ou à la répression nazie. À l'inverse, des réfractaires à l'idéologie hitlérienne ou au Service du travail obligatoire imposé par les occupants, ainsi que les partis communistes à partir de juin 1941 formèrent des groupes de partisans qui s'opposèrent par tous les moyens à l'oppression : envoi de renseignements aux Alliés, sabotage, presse clandestine, maquis. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Auschwitz collaboration concentration (camps de) déportation - 2.HISTOIRE État français Gaulle (Charles André Joseph Marie de) génocide Hitler Adolf Israël - Histoire - La déclaration Balfour et le mandat britannique juin 1940 (appel du 18) national-socialisme Nuit de cristal Occupation Résistance STO (Service du travail obligatoire) Treblinka Vel'd'hiv' Les livres guerres mondiales - affiche française anonyme en faveur des Alliés, page 2266, volume 4 guerres mondiales - la ligne de démarcation à Moulins, page 2274, volume 4 guerres mondiales - le maréchal Pétain, page 2274, volume 4 guerres mondiales - maquisards français, page 2274, volume 4 guerres mondiales - le gouvernement de la France libre en exil à Londres, page 2274, volume 4 guerres mondiales - la « corvée de cadavres « dans un camp de concentration, page 2274, volume 4 La guerre totale jusqu'à la victoire des Alliés. De mieux en mieux organisés et soutenant un effort de guerre gigantesque grâce à une mobilisation des ressources humaines et industrielles, les Alliés parvinrent à rompre l'équilibre des forces à la fin de 1942. Une deuxième offensive allemande atteignit le Caucase pendant l'été 1942, mais échoua devant Stalingrad. Pour la première fois depuis le début de la guerre, une armée allemande capitulait (2 février 1943). Le 8 novembre 1942, les Américains reprirent l'initiative en Afrique du Nord en occupant le Maroc et l'Algérie. Une fois maîtres des côtes méridionales de la Méditerranée, ils débarquèrent en Sicile (juillet 1943), puis en Italie du Sud. Le gouvernement italien du roi Victor-Emmanuel III et du maréchal Badoglio, après avoir révoqué Mussolini, changea alors d'alliance et déclara la guerre à l'Allemagne. Le Reich était désormais assiégé de toutes parts. Dans le Pacifique, grâce à de gigantesques groupes navals d'intervention (les task forces), les Américains développèrent à la fin de 1942 une offensive par sauts-demouton. Après la reconquête de Guadalcanal par le général MacArthur (février 1943), ils avancèrent d'île en île. Enfin, les Alliés organisèrent, sous la direction du général Eisenhower, l'opération Overlord. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, ils débarquèrent des forces considérables sur les côtes normandes. En même temps, l'armée Rouge lança plus de 10 millions d'hommes dans une grande offensive de reconquête. La libération complète de l'Europe fut cependant retardée par la résistance acharnée des armées allemandes. Le 19 avril, Berlin fut occupée par les généraux Joukov et Koniev. Le 30 avril, Hitler se suicida. Le 8 mai 1945, les généraux allemands acceptèrent une capitulation sans conditions. De leur côté, les Japonais continuèrent de résister avec opiniâtreté aux offensives américaines. Les kamikazes se lancèrent dans des opérations suicides contre les navires américains. L'attaque, puis la conquête de la première île de l'archipel japonais, Okinawa, furent longues et meurtrières. Le président Harry Truman, qui avait remplacé Roosevelt, mort le 12 avril 1945, décida d'utiliser alors la bombe atomique. Le 6 août 1945 à Hiroshima, puis le 9 à Nagasaki, l'« éclair tonnerre « fit d'un seul coup des centaines de milliers de morts civils. L'empereur Hiro-Hito imposa alors la paix à son état-major. Le Japon capitula sans conditions le 19 août 1945. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Asie - Histoire - L'Asie contemporaine Badoglio Pietro Bradley Omar Nelson Cassino Dempsey (sir Miles Christopher) Eisenhower Dwight David Guadalcanal Hirohito Hiroshima Italie (campagnes d') Italie (campagnes d') - La campagne d'Italie de 1943-1945 Joukov Gueorgui Konstantinovitch kamikaze Koniev Ivan Stepanovitch Libération MacArthur Douglas Mussolini Benito Nagasaki Normandie Normandie-Niémen Okinawa Pacifique (guerre du) Patch (Alexander McCarrell) Reims Sainte-Mère-Église Stalingrad Stalingrad - La bataille de Stalingrad Stimson Henry Lewis Truman Harry S. Victor-Emmanuel - Victor-Emmanuel III Les médias guerres mondiales - la déclaration de la conférence de Yalta sur l'Europe libérée Truman Harry S Les livres Grèce - partisans grecs communistes pendant la Seconde Guerre mondiale, page 2230, volume 4 guerres mondiales - les offensives alliées en Occident entre 1942 et 1945, page 2272, volume 4 guerres mondiales - la vallée de Cassino après la terrible bataille du mont Cassin, page 2275, volume 4 guerres mondiales - le général de Lattre de Tassigny donnant ses instructions au général américain Milburn, page 2275, volume 4 guerres mondiales - le débarquement de Normandie, page 2275, volume 4 guerres mondiales - le Premier ministre britannique Winston Churchill au QG du général Alexander, page 2275, volume 4 guerres mondiales - les offensives alliées dans le Pacifique entre 1942 et 1945, page 2276, volume 4 guerres mondiales - les trois Grands à Yalta, en Crimée, le 9 février 1945, page 2277, volume 4 guerres mondiales - la IIIe flotte américaine en route vers l'île d'Iwo Jima, page 2277, volume 4 Leclerc (Philippe Marie de Hauteclocque, dit), page 2820, volume 5 Leclerc (Philippe Marie de Hauteclocque, dit), page 2821, volume 5 Berlin - soldats soviétiques plantant leur drapeau sur le Reichstag, page 622, volume 2 France - la libération de Paris (août 1944), page 2020, volume 4 Italie - entrée des armées alliées dans Rome, déclarée « ville ouverte « (4 juin 1944), page 2623, volume 5 Japon - l'explosion nucléaire sur Nagasaki, le 9 août 1945, page 2662, volume 5 Océanie - la bataille de Midway, en juin 1942, page 3521, volume 7 Le monde au sortir de la guerre. Les pertes humaines étaient considérables : près de 55 millions de personnes, civiles ou militaires, périrent. Les destructions matérielles et le désarroi moral provoqués par cette guerre totale causèrent des séquelles durables, même si la reconstruction fut relativement rapide grâce au plan Marshall. Les pays vaincus furent occupés militairement et leurs responsables, jugés à Nuremberg pour leurs crimes contre l'humanité. La victoire contre le nazisme et le fascisme, ainsi que l'entente entre les « Grands « pour organiser une sécurité collective durable et efficace lors des conférences interalliées tenues en 1945 à Yalta puis à Potsdam, suscitèrent d'abord des espoirs. Mais les anciens Alliés se désunirent très vite. Les zones libérées se transformèrent rapidement en zones d'influence ou en États satellites des deux grandes puissances que la Seconde Guerre mondiale avait propulsées au devant de la scène internationale. Les États-Unis et l'URSS rompirent en effet leurs bonnes relations et constituèrent deux blocs antagonistes. Voir aussi guerre froide. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats fascisme guerre froide Marshall George Catlett Nations unies (charte des) nazisme Nuremberg Nuremberg - Le procès de Nuremberg ONU (Organisation des Nations unies) Potsdam Potsdam - La conférence de Potsdam Yalta Yalta - La conférence de Yalta Les livres Stalingrad, page 4883, volume 9 Berlin - la limite du secteur américain, à Berlin-Ouest, page 622, volume 2 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Allemagne - Histoire - L'Allemagne de 1914 à 1945 - Le IIIe Reich (1933-1945) Alliés Autriche - Histoire - La République d'Autriche Belgique - Histoire - Naissance de la Belgique États-Unis - Histoire - Les États-Unis, puissance mondiale - La Seconde Guerre mondiale France - Histoire - Guerre et après-guerre ; croissance et crises - Résistance et collaboration Italie - Histoire - De la montée du fascisme à la Seconde Guerre mondiale Japon - Histoire - Le tournant totalitaire Orchestre rouge Royaume-Uni - Histoire - De la puissance mondiale au partenaire européen URSS - Histoire - Du pacte germano-soviétique à la guerre froide Les médias Leclerc (maréchal) Les livres guerres mondiales - la France en 1940, page 2272, volume 4 guerres mondiales - la situation en Afrique, page 2272, volume 4 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats aviation - L'aviation militaire - Introduction guerre tactique Les indications bibliographiques J.-J. Becker, la France en guerre : 1914-1918. La grande mutation, Complexe, Bruxelles, 1996. M. Ferro, la Grande Guerre (1914-1918), Gallimard, Paris, 1990 (1969). Ph. Masson, Une guerre totale : 1939-1945, Tallandier, Paris, 1990. H. Michel, la Seconde Guerre mondiale, PUF, « Que sais-je ? «, Paris, 1989 (1971). P. Renouvin, la Crise européenne et la Première Guerre mondiale (1904-1918), Librairie Félix Alcan, Paris, 1934 (PUF, 1969). La Seconde Guerre mondiale, Larousse, Paris, 1995.

« Les corrélats alliance - Triple-Alliance Alsace-Lorraine balkaniques (guerres) Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine - Histoire Entente cordiale François-Ferdinand de Habsbourg Jaurès Jean Sarajevo Serbie Serbie - Histoire 1914-1916 : l'échec de la guerre de mouvement. Les Alliés comme les Empires centraux imaginaient une guerre courte, sans implication des civils.

L'Allemagne appliqua aussitôt le plan Schlieffen : dans une manœuvre d'enveloppement par la Belgique, ses troupes déferlèrent jusqu'à la Marne, mais elles furent stoppées par la contre-offensive du général Joffre (bataille de la Marne, septembre 1914).

Les adversaires cherchèrent alors à se déborder mutuellement pour s'adosser à la Manche par la « course à la mer ».

Malgré des combats acharnés dans les Flandres, aucun ne prit le dessus et, à la fin de 1914, le front se stabilisa sur plus de 800 km, de Dunkerque à la Suisse.

Les armées, enterrées dans des tranchées, tentèrent en vain de percer le front adverse (offensives meurtrières de l'Artois, mai-juin 1915, et de Champagne, février et septembre 1915). À l'est, l'armée russe, mal équipée et incomplètement mobilisée, fut écrasée par le maréchal Hindenburg à Tannenberg (27-31 août 1914), puis aux lacs Mazures (8- 10 septembre) en Prusse orientale.

Elle réussit cependant, au prix d'un lourd bilan et de la perte de la Pologne et de la Lituanie, à stabiliser le front de la Baltique au Dniepr en 1915.

Pour secourir les Russes, la flotte franco-britannique tenta en vain de forcer les détroits des Dardanelles, tenus par l'Empire ottoman qui s'était rallié à l'Allemagne.

En mai 1915, l'Italie s'engagea (comme le Japon dès août 1914) auprès de l'Entente, qui lui promettait en échange l'Istrie, la Dalmatie et le Trentin.

Mais en septembre 1915, l'intervention de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux, qui lui avaient promis la Macédoine, entraîna l'écrasement de la Serbie.

Un corps expéditionnaire franco- britannique débarqua alors à Salonique, en Grèce.

Aucune de ces batailles n'avait été décisive. En 1916, le général von Falkenhayn, alors chef de l'état-major allemand, décida de provoquer une bataille qui saignerait l'armée française : ce fut l'offensive de Verdun à partir du 21 février 1916.

Mais les troupes commandées par le général Pétain résistèrent, et l'offensive déclenchée par le général Foch sur la Somme le 1 er juillet 1916 permit de desserrer la pression sur Verdun.

240 000 soldats français, et autant d'Allemands, périrent sur ce front où 239 bataillons français s'étaient succédé, faisant de l'« enfer de Verdun » la grande épreuve nationale.

L'armée russe avait soulagé le front de l'Ouest par l'offensive de Broussilov, mais ne put empêcher l'effondrement de la Roumanie devant les Austro-Hongrois et les Bulgares.

Au Proche-Orient, les Britanniques, par l'intermédiaire de Lawrence d'Arabie, tentaient d'affaiblir l'Empire ottoman en dressant contre lui les princes arabes. Dès la fin de 1914, l'échec de la guerre courte avait transformé les données du conflit.

La guerre d'usure avait remplacé la guerre de mouvement.

Les techniques de combat avaient évolué.

Ainsi, les uniformes colorés de 1914 avaient été remplacés par des tenues de camouflage.

Les adversaires, terrés dans les tranchées, utilisèrent toutes les ressources de l'artillerie (au départ, seuls les Allemands étaient pourvus de mitrailleuses).

Les bombardements par l'aviation, les lance-flammes, les grenades et les gaz asphyxiants furent également employés.

En 1916, les chars d'assaut, ou tanks, firent leur apparition. Cette guerre moderne, qui visait à anéantir les forces de l'adversaire, nécessitait la mobilisation des industries.

Les économies y étant mal préparées, les États prirent en charge l'organisation des transports, la gestion de la main-d'œuvre et les problèmes de ravitaillement.

Ils tentèrent d'asphyxier économiquement leurs adversaires.

Encerclée par un blocus naval, l'Allemagne, très dépendante de ses importations, répliqua par une guerre sous-marine à outrance.. »

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