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ALFRED DE MUSSET : LES NUITS (résumé & analyse)

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musset

le remords s’envolaient ; la bonne souffrance n’était plus qu’un de ces brouillards légers que l’aurore soulève et qu’avec la rosée on voit s’évanouir. Il redevenait le Musset spirituel et même gamin qui rimait la Ballade à la lune. Il écrivait d’aimables comédies, Barberine, le Chandelier, le charmant badinage de Il ne faut jurer de rient etc... Au lieu de l’âpre satire qu’évoque la Nuit de mai, et qui cloue au poteau « le nom sept fois vendu d’un pâle pamphlétaire », ü rédigeait les ironiques et joyeuses calembredaines des deux habitants de La Ferté-sous-jouarre à M. le Directeur de la « Revue des Deux Mondes », ou de Dupont et Durand. Entre temps, ou plus exactement la plupart du temps, il recommençait à courir les bals, les fêtes, la forêt au milieu de la nuit, et « les soupers sur l’herbe à la lueur de torches ». Il commençait à rimerune Nuit de juin :

Muse, quand le blé pousse, il faut être joyeux...

Et après quatre vers il s’en allait chercher d’autres distractions. C’est ce retour ou cette rechute qu’évoque la Nuit d'août. Il l’écrivit dans une crise de délices. Il avait ouvert les fenêtres. La lumière des bougies se jouait parmi les fleurs « qui remplissaient quatre grands vases disposés symétriquement ». La Muse lui montrait le vide des nuits passées loin d’elle, la vanité des plaisirs du monde, les mensonges des amours qu’il poursuit, le danger des passions qui ne laisseront dans son cœur que « d’effroyables restes », grouillant « comme ceux des serpents ». Mais le poète est sourd. Quand une fleur se fane, cherchons celle qui s’ouvre à côté d’elle. Tout meurt, mais tout revit. Consolons-nous d’une joie qui passe par une joie qui naît. « Il faut aimer sans cesse après avoir aimé. »

Mais il ne dépend pas de l’homme d’oublier le passé comme le rosier oublie la rose flétrie. Les « délices» d’une nuit  d’août sont pour Musset une ivresse dont le réveil reste amer. Et ce sont les « effroyables restes » qui remuent à nouveau dans son cœur. La Nuit etoctobre est un de ces remous. On n’est pas très sûr qu’elle soit le rappel du drame qui l’a séparé de George Sand. Bien que trois années seulement eussent passé, Musset avait connu d’autres infidèles. Disons seulement que c’est l’histoire d’une infidélité dont Musset fut, à ce qu il prétend, la victime. Il a souffert d’âpres tourments, si âpres qu’il ne peut s empêcher de les conter à la Muse avec une rancune encore frémissante. Il se croit guéri pourtant ; il veut l’être, retrouver sa force et sa vie. La Muse lui enseigne le pardon et l’espérance.

qui devait le transformer. Ce fut George Sand. Ils s’aimèrent d’abord ou crurent s’aimer. Mais Musset était jeune, avide de plaisirs ; George Sand était orageuse et jalouse. L’amour fut mêlé de bourrasques, puis de tempêtes. Ni les roches et les clairs de lune de la forêt de Fontainebleau, ni l’harmonieuse Italie ne les apaisèrent. Musset s’ennuyait, paressait, buvait. Il tomba malade gravement. George Sand se lassa de lui, le trompa. Bref, Musset quitta seul l’Italie. Il en rapportait « un corps malade, une âme abattue, un cœur en sang ». Mais c’était en même temps un cœur et une âme transformés. « Au premier livre qui me tomba sous la main, je m’aperçus que tout avait changé. Rien du passé n’existait plus, ou, du moins, rien ne se ressemblait. Un monde nouveau m’apparaissait comme si je fusse né de la veille. » Ce monde, c’était celui de la Nouvelle Héloïse, de Werther, des romances, des exaltations et des délires, des \"ivresses divines\" et des tourments de l’enfer; c’est toute la frénésie romantique, c’est l’âme de Don Paez ou de Portia, mais une âme sincère et non plus un divertissement d’écrivain adroit.

 

Longtemps, la plaie fut douloureuse et Musset, d’ailleurs, aimait son mal. Il avait des crises d’apaisement et des rechutes. Il se sauvait aux bains de Bade, et là il buvait, il jouait, il perdait, et ni le jeu ni le plaisir ne l’étourdissaient. En octobre 1834, il rejoignit George Sand. Ils ne se retrouvèrent que pour se torturer et se maudire. Ils eurent enfin le courage de se séparer pour toujours (mars 1835).

 

A travers cette vie tumultueuse, Musset avait oublié la paresse du « lion » insouciant de 1830. Il avait écrit et publié quelques-unes de ses plus grandes œuvres : Lorenzaccio, On ne badine pas avec l'amour, commencé la Confession d'un enfant du siècle... En mai, il publia la Nuit de mai.

 

Elle est, à la fois, un gémissement de souffrance, un chant d’apaisement et d’espérance. Seul, devant sa fenêtre ouverte sur la vallée nocturne, tandis que sa lampe baisse et que l’ombre l’enveloppe, le poète entend la Muse. Elle lui apporte la paix, la force, le génie. Tout le printemps parfume la nuit. Le poète restera-t-il seul à se \"mourir d’amour\" et de souffrance ? Non, il chantera avec la Muse. Toute l’immensité de la poésie s’ouvre devant lui : les paysages d’Écosse, d’Italie, de Grèce, la poésie amoureuse, élégiaque, épique, dramatique, la mélancolie, les troubadours et la romance, la satire. Son génie s’y élancera avec une force nouvelle. La douleur l’a retrempé. « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. » Les grands poètes

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