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NUITS (les) d'Alfred de Musset (analyse détaillée)

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musset

NUITS (les). Cycle de quatre poèmes d'Alfred de Musset (1810-1857), publiés à Paris dans la Revue des Deux Mondes de 1835 à 1837, et en volume dans les Poésies complètes, chez Charpentier en 1840.

Bien que les Nuits ne forment pas à proprement parler un texte - Musset ne les a jamais regroupées en une plaquette autonome -, elles constituent un ensemble homogène tant chronologiquement que formellement ou thé-matiquement. Inspirées par une suite de déceptions amoureuses - la Nuit de mai renvoie à la liaison mouvementée avec George Sand (On ne badine pas avec l'amour et la Confession d'un enfant du siècle), celle de décembre à l'aventure avec Mme Jaubert, celle d'août trouve sa source dans les amours pour la grisette Louise, tandis qu'Aimé d'Alton préside à la version d'octobre -, elles empruntent à l'Anglais Edward Young non seulement leur titre général mais également leur lyrisme déclamatoire.

 

Première en date, la Nuit de mai ( 15 juin 1835) est un dialogue de 202 vers (alexandrins pour la Muse, octosyllabes pour le Poète). Après avoir exhorté par six fois son « paresseux » amant au travail (« Poète, prends ton luth.. »), la Muse lui propose toutes sortes de sujets et de genres po&iques. Mais le Poète préfère se taire « pour écouter parier le cœur ». Alors la Muse, développant l’apologue du «pélican» (v. 153-191), lui suggère de faire de ses propres tourments la matière même de son œuvre. Mais c’est encore en vain : car, répond le Poète, « l’homme n’écrit rien sur le sable / À l'heure où passe l’aquilon ».

 

Avec la Nuit de décembre (Ier décembre 1835), le dialogue tend à devenir monologue : la parole du Poète occupe en effet 198 des 216 vers du poème. Après une longue évocation (v. 1-108, dix-huit sizains octosyllabiques), du Double vêtu de noir «qui [lui] ressemble] comme un frère » et le poursuit depuis toujours, le Poète interroge la Vision (v. 109-198, dix strophes de neuf vers alternant déca- et octosyllabes) : « Qui donc es-tu, spectre de ma jeunesse?» Pour toute réponse, la Vision lui adresse trois sizains octosyllabiques : « Ami, je suis la Solitude. »

 

Retour au dialogue de la Muse et du Poète avec la Nuit d'août ( 15 août 1836), la plus courte des Nuits ( 137 vers). À la Muse qui lui reproche l'oubli de son art (« Hélas ! mon bien-aimé, vous n’êtes plus poète / Rien ne réveille plus votre lyre muette ») et l’interroge sur sa désertion (« Pourquoi [...] / T’enfuis-tu si souvent.. ? / Que t’en vas-tu chercher et que rapportes-tu... ? Que fais-tu loin de moi ? »), le Poète insouciant délivre une profession de foi épicurienne (v. 108-137, six quintils d’alexandrins) : «J’aime, et pour un baiser je donne mon génie. »

 

Dernière du cycle, la Nuit d'octobre ( 15 octobre 1837) est aussi la plus longue (313 vers), la plus dramatisée (elle fut d’ailleurs, la première à être « mise en scène » à la Comédie-Française, dès 1868) et la plus complexe, métri-quement parlant Après avoir convié le Poète à confesser son «mal passé» (v. 1-58), la Muse « consolatrice » l’écoute lui conter « le mal que peut faire une femme » (v. 59-90, alternance de déca et d’octosyllabes) en lui rapportant les circonstances de ce qu’il appelle « une trahison » (v. 1001 -151, alexandrins). Puis s’échauffant progressivement, il en vient à travers une suite de litanies imprécatives («Honte à toi... », v. 162-197, heptasyllabes) à bafouer sa passion d’hier jusqu’à ce que la Muse l’interrompe (« Poète, c’est assez »), l’engage à retrouver la voie de la raison («À défaut du pardon, laisse venir l’oubli ») et à tirer de la douleur matière à élargir son inspiration («L’homme est un apprenti, la douleur est son maître») et sa réflexion (« Comprendrais-tu des deux l’ineffable harmonie... ?»). Convaincu («Tu dis vrai», v. 270), le Poète invite alors la Muse à partager l’avenir : « Maintenant Muse, à nos amours » (v. 270-fm, octosyllabes).

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