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BOSSU (le) de Paul Féval (fiche de lecture et critique)

Publié le 15/10/2018

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lecture

BOSSU (le), aventures de cape et d'épée. Roman de Paul Féval (1816-1887), publié à Paris en feuilleton dans le Siècle du 7 mai au 15 août 1857, et en volume chez Hetzel la même année.

 

Paul Féval, depuis son premier grand succès, les Mystères de Londres en 1844,avait continué à publier sans désemparer. Ses romans étaient en général bien reçus du public ; mais lorsqu'il publia le Bossu en 1857, ce fut tout de suite un triomphe, le plus grand succès romanesque depuis le début du second Empire. Cette vogue, que devait renforcer, quelques années plus tard, l'adaptation théâtrale par Féval, Ani-cet-Bourgeois et Victorien Sardou, ne s'est pas démentie. Longtemps après la création de la pièce (le 8 septembre 1862 au théâtre de la Porte-Saint-Martin) une marque de papier à cigarettes, « le Bossu », porta sur le couvercle de ses boîtes le portrait de Féval, et celui de Mélingue, l'acteur qui avait créé le rôle de Lagardère. Et de nos jours encore le Bossu reste un classique.

 

Nous sommes en 1699, à la fin du règne de Louis XIV. Secrètement, Aurore de Ca/lus a épousé l’homme qu’elle aime, Philippe de Nevers, et en a eu une fille, également prénommée Aurore. Philippe de Gonzague, l’ami de Philippe de Nevers (ils forment, avec Philippe d’Orléans, le futur Régent, un trio d'amis), mais aussi son rival (il convoite la fortune d’Aurore de Caylus), fait assassiner Philippe de Nevers, lorsqu'il vient enlever Aurore, séquestrée par son père. Nevers est secouru au dernier moment par le jeune Lagardère, chevalier de fortune venu pour se battre en duel avec lui, mais qui, en découvrant le guet-apens, passe de son côté. Lagardère ne réussit pas à sauver Nevers, mais marque son assassin à la main, et enlève la fille de Nevers pour la soustraire au misérable. Cette première partie se clôt sur le fameux : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. »

lecture

« avait continué à publier sans désempa­ rer. Ses romans étaient en général bien reçus du public ; mais lorsqu'il publia leBossu en 1857, ce fut tout de suite un triomphe, le plus grand succès roma­ nesque depuis le début du second Empire. Cette vogue, que devait ren­ forcer, quelques années plus tard, l'adaptation théâtrale par Féval, Ani­ cet-Bourgeois et Victorien Sardou, ne s'est pas démentie. Longtemps après la création de la pièce (le 8 septem­ bre 1862 au théâtre de la Porte-Saint­ Martin) une marque de papier à ciga­ rettes, «le Bossu», pùrta sur le cou­ vercle de ses boîtes le portrait de Féval, et celui de Mélingue, l'acteur qui avait créé le· rôle de Lagardère. Et de nos jours encore le Bossu reste un classique. Nous sommes en 1699, à la fin du règne de Louis XIV. Secrètement, Aurore de Caylus a épousé l'homme qu'elle aime, Philippe de Nevers,. et en a eu une fille, également prénom­ mée Aurore. Philippe de Gonzague, l'ami de Phi­ lippe de Never5 (ils forment, avec Philippe d'Orléans, le futur Régent. un trio d'amis), mais aussi son rival (il convoite la fortune d'Aurore de Caylus), fait assassiner Philippe de Nevers, lors­ qu'il vient enlever Aurore, séquestrée par son père. Nevers est secouru au demier moment par le· jeune Lagardère, chevalier de fortune venu pour se battre en duel avec lui, mais qui, en découvrant le guet-apens, passe de son côté. Lagardère ne réussit pas à sauver Nevers, mais marque son assassin à la main, et enlève la fille de Nevers pour la soustraire au misérable. Cette première partie se clôt sur le fameux : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. » La scène se rouvre en 1717, sous la Régence, en pleine spéculation de Law. Après bien des aventures en Espagne, qui nous seront contées rétrospectivement, Lagardère est revenu à Paris, pour rendre Aurore à sa mère et démasquer le meurtrier. Mais la veuve de Nevers, ignorante du crime de Gonzague, a épousé celui-ci, en réser­ vant toutefois pour sa fille, qu'elle espère tou­ jours retrouver, la fortune de Nevers. Gonzague lui a fait croire que Lagardère avait assassiné Nevers et enlevé Aurore dans l'espoir d'une ran­ çon. Pour déjouer ces trames, Lagardère se déguise èn bossu, et réussit à s'introduire dans le milieu de noceurs et d'agioteurs sur lesquels règne Gonzague ; il parvient même à capter la confiance de celui-ci, ce qui lui permet d'anticiper ses manœwres. Gonzague, en effet, a découvert la présence à Paris d'Aurore et de Lagardère ; il cherche à supprimer Aurore et vole les preuves de son identité. De son côté Lagardère est arrêté en tentant de parvenir jusqu'au Régent Il obtient toutefois un jour de sursis, qui lui permet de tirer Aurore des griffes de Gonzague et de la remettre à sa mère. Après quoi il est condamné à mort pour le meurtre de Nevers. Mais l'amour d'Aurore et le soutien de sa mère, tardivement éclairée, lui permettent, en une demière scène dramatique, de se justifier et de démasquer Gon­ zague, qu'il tue en duel grâce à l'invincible « botte de Nevers ». Ëpousant Aurore, Lagardère deviendra duc de Nevers. Il n'y a rien d'étonnant que le Bossu, à la différence de la plupart des romans de Féval, soit devenu un succès théâ­ tral, et, plus tard, cinématographique. En effet c'est certainement, de tous ses romans, celui dont l'action est la plus simple et la plus unifiée, celui aussi qui abonde le plus en coups d'éclat, rehon~ dissements imprévus, retournements de dernier moment, scènes dramati­ ques et pathétiques. Enfin le mani­ chéisme y est plus accentué que dans d'autres romans de Féval; bons et méchants, coupables et innocents sont clairement distingués, même si cer­ tains protagonistes de premier plan (Aurore de Caylus, le Régent) restent un moment ambigus. Le choix de la période de la Régence ' permet à l'auteur de dénoncer avec virulence une société corrompue par l'argent, dénonciation qui prend ici la forme plus précise d'une condamna­ tion de l'agiotage. Cette condamna­ tion, bien sûr, vaut autant, sinon plus, pour le second Empire que pour la Régence, et elle est constante dans l'œuvre de Féval depuis le Fils du Diable (1846); c'est d'ailleurs un thème d'époque, que l'on retrouve aussi bien chez certains théoriciens politiques et »

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