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ÉLECTRE. Pièce en deux actes et en prose de Jean Giraudoux (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

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ÉLECTRE. Pièce en deux actes et en prose de Jean Giraudoux (18821944), créée dans une mise en scène de Louis Jouvet à Paris au théâtre de l'Athénée le 13 mai 1937, et publiée à Paris chez Grasset la même année.

 

Après le succès de La guerre de Troie n'aura pas lieu, l’idée vient à Giraudoux en 1935 ou 1936 d'« épousseter » le

mythe d'Électre que Claudel avait remis dans l'air du temps en traduisant l'Agamemnon d'Eschyle. Les trois grands tragiques grecs - Eschyle, Sophocle et Euripide - ont en effet mis en scène, chacun à sa manière, le destin sanglant de la famille des Atrides : Agamemnon, en immolant sa fille Iphigénie pour permettre le départ de la flotte grecque vers Troie, s'attire la haine de son épouse Clytemnestre qui, aidée par son amant Egisthe, l'assassine à son retour de la guerre. Leur forfait accompli, ils exilent Oreste, le jeune fils du roi. Vingt ans plus tard, Oreste revient venger son père : poussé par sa sœur Électre, il tue Clytemnestre et Égisthe, avant d'être poursuivi par les Erinyes, ou Euménides, terribles déesses de la Vengeance qui châtient les parricides. À la courte version primitive de l'acte I (1936), succède très rapidement la version définitive (janvier 1937) que Giraudoux remaniera peu pendant les répétitions.

 

Par une belle après-midi, deux cortèges se rencontrent devant 1e palais des Atrides : celui du Jardinier venu célébrer ses noces avec Électre et celui dun étranger à qui des petites filles font visiter la ville. Mais le destin menace : ces étranges fillettes, les petites Euménides, ne parient que de sang. Inquiet le juge Théocathodès, flanqué de son épouse écervelée, Agathe, vient dissuader son parent le Jardinier d'une unjon qui serait catastrophique pour la famille car Bectre est une « femme à histoires ». Le régent Égisthe intervient alors pour ordonner le mariage au nom de la raison d’État : lui aussi a peur d’Électre et espère ainsi la neutraliser. Seule Clytemnestre, sa mère, semble un instant apitoyée ; mais devant la haine farouche de sa fille, elle rentre dans le palais en l'abandonnant à son sort : qu’elle épouse donc le Jardinier! Un étranger qui a assisté sans mot dire au débat chasse finalement le fiancé en se faisant reconnaître de la seule Éectre : c'est Oreste! Leurs retrouvailles sont différées par le retour de Clytemnestre qui ne devine pas son fils dans le prétendant inconnu qu'Électre lui jette au visage. Enfin seuls : Électre peut alors se laisser aller à la violence de ses

« sentiments, amour exclusif pour Oreste, haine implacable pou r sa mère et Egisthe. De noweau, Oytemnestre se présente : qui est cet étranger? interroge -t -elle. quand Ëgisthe, du balcon. clame la nowelle : Oreste est à Argos. Cette fois, la reine a compris : elle en appelle à l'amo ur filia l mais c'est la haine d'Ëiectre qui l'emporte : reje­ tée par ses enfants. elle les quitte. Serrés l'un contre l'autre, le frère et la sœur s'endorment dans la nuit noire : comme des sorcières maléfi­ ques apparaissent alors les Euménides. Bles ont grandi : le destin est en marche. Un mendiant mystérieux témoin jusqu'alors silencieux, approwe la jeune fille et annonce qu'el le ira jus­ qu'au bout (Acte 1). Entracte. « Lamento » du Jardinier qui rompt l'illusion scénique pour rappeler au spectateur ce que la pièce ne montre pas, la devise de la vie qui. pour lui, est «Joie et Amour». Au lever du jour. Électre révei lle son frère ; les Euménides qui ont encore grandi viennent le tenter en lui vantant les charmes de la vie et du bonheur. Peine perdue ! La nuit a révélé la véri té à la jeune fille :Agamemnon n'est pas mort acci­ dentellement mais a été assassiné et sa veuve , Clytemnestre, a un amant Interrogée par sa fille sur ce mystérieux amant la reine commence par nier. puis avoue qu'il s'agit d'Égisthe. Ma i s l'ennemi menace Argos ; seul Ëgisthe peut sauver la v ill e à condition d'épouser Clytemnestre et d'être ainsi reconnu comme sowerain légitim e par l'anmée éectre pourtant refuse d'abandon­ ner sa vengeance, même au prix de la ruine de la cité ; la reine crie sa haine pour cet Agamemnon auquel sa fille reste fidèle, et sort avec Ëgisthe pour exhorter l'armée. Le mendiant raconte alors comment le roi des rois a été tué par Égis­ the tand is que son épouse le maintenait, puis, une fois Oreste sorti, comment le fils venge son père en donnant la mort à sa mère et à son amant Tandis que la ville. investie par l'ennemi, agonise et que les Euménides, devenues adultes, s'élancent à la poursuite d'Oreste, Électre se retrouve seule pour avoir tout sacrifié à sa ven­ geance (Acte Il). Si Giraudoux n'intitu le pas sa pièce "tragédie,., il incl ut pourtant dans le " Lamento ,. du Jardinier un e sorte de définition du genre : " On réussit chez les rois les expériences qu i ne réussis­ sent jamais chez les humbles , la haine pure, la colère pure [ ... ]. C'est cela que c'est, la Tragédie, avec ses incestes, ses parricides : de la pureté c'es t-à-dire en somme de l'innocence. » Et de fait on retr ouve dans la pièce tous les poncifs du genre. Aux tragédies grecques, en effet, le dramaturge emprunte en le ren ouvelant le personna ge du men­ diant, forme que prend Zeus pour inspecter incognito les humains, et surtout les Euménides. Avec cette diffé­ ren ce qu'elles sont ici présentes avant J e meurtre : personnifications du des­ tin en marche, elles s'attachent à Ore .ste dès son arrivée à Argos (1, 1). La règle des trois unités est aussi scrupu­ leusement respectée : décor unique , l 'inquiétante façade du palais d'Argos; unité de temps condensée, la plus grande partie de l'acte II se passant de ·nuit et l'action durant environ vingt­ quatre heures . L'histoire enfin de la famille Théocathoclès se trouve suffi . samment rattachée à l'ac tion par Je projet de mariage d'Électre et surtout par le rôle de révélate ur de la vérité que joue Agathe. Comme dans les tragédies classiques aussi, le meurtre n'est pas montré mais raconté par le mendiant avec cependant une éto nnante antici­ pation sur le temps réel. Pourtant, comme à son habitude, l'auteu r transpose l'his toire à sa façon : le mythe d'Électre devient chez lui le " mythe de la vérité '"· Pour naître celle-ci doit d'abord triompher du mensonge et, comme dans une pièce policière, l'héroïne découvre dan s un premier temps que sa " mère a un amant » et que son " père a été tué ,. (II, 3); puis qu e «cet amant est Égis ­ the ,. (Il, 6) ; enfin qui sont les coupa­ bles (II, 8). Mais cette vérité se paie cher et nombreux sont ses ennemis depuis le juge qui affirme que "c'est horrible, un pays où, par la faute du red resseur de torts solitaire, on sent les fantômes, les tués en demi-sommeil, où il n'y a jamais remise pour l es défaillances et les parjures, où irnmi- »

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