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Fiche de lecture: Ennéades de PLOTIN

Publié le 30/11/2009

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Plotin n'a pas organisé lui-même la publication de ses oeuvres. Il avait confié le soin de les conserver et de les faire connaître à l'un de ses disciples : Porphyre. Celui-ci regroupa les cinquante-quatre morceaux légués par son maître en six groupes de neuf morceaux. D'où le titre Ennéades (neuf) qui ne concerne en rien le contenu même de l'oeuvre. La philosophie plotinienne influença les Pères de l'Église et fut tenue en haute estime, au XIXe siècle, par Hegel. L'histoire de la philosophie définit Plotin (v. 205-v. 270) comme un néo-platonicien. Cette qualification est cependant un peu réductrice. Si l'essentiel de l'oeuvre de Plotin consiste bien à reprendre et à réexposer les thèses de Platon, son intérêt ne s'arrête pas là : l'originalité de Plotin est d'intégrer également à sa doctrine des théories aristotéliciennes et stoïciennes.

Dans les Ennéades, Plotin, disciple de Platon, élabore une vision du monde qui sera la base d'une morale de type mystique.

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« Plotin, né en 205 à Lycopolis, en Haute-Égypte, écoute à vingt-huit ans, à Alexandrie, le discours du philosopheplatonicien Ammonios Saccas.

« Voilà l'homme que je cherchais », tel aurait été le dire de Plotin, lors de sarencontre avec Ammonios Saccas.

Vers 245, Plotin part pour Rome, après s'être initié à la sagesse indienne ensuivant l'expédition de l'empereur Gordien III.

Pendant dix ans, l'enseignement de Plotin sera exclusivement oral, puisil se décide à rédiger ses traités, chargeant Porphyre de les corriger et de les publier.

Malade, abandonné de latotalité de ses amis, Plotin meurt près de Naples en 270.

Sa philosophie est accessible dans les Ennéades (six livres de neuf traités). Au sommet, l'Un, pure transcendance : le monde sensible, mais aussi le monde intelligible, ne tiendraient-ils pas leurunité de ce principe auquel notre âme peut s'unir, si elle se purifie suffisamment ? L'Un-Bien, parfait et ineffable, n'apas de nom et nul ne saurait donc exprimer son être par le langage : « [L'Un] est ineffable : quoi que vous disiez, vous direz quelque chose.

Or ce qui est au-delà de toutes choses [...] n'a pas de nom, car ce nom serait autre chose que lui [...].

Comment alors parler de lui ? Nous pouvonsparler de lui, mais non pas l'exprimer lui-même.

Nous n'avons de lui ni connaissance ni pensée [...].

Nous disonsce qu'il n'est pas : nous ne disons pas ce qu'il est » (Plotin, Ennéades, livre V, Belles Lettres, p.

66 sq.). Tout naît et procède de l'Un, premier niveau d'unité que Plotin nomme hypostase, qui signifie aussi principe.

La plus haute émanation de l'Un, c'est l'Intellect, deuxième hypostase, désignant le monde intelligible.

L'Âme ? La troisièmehypostase, correspondant à l'Âme du monde, distribuant l'unité qu'elle porte dans tout le sein du vivant.

Ainsi l'Unapparaît comme un rayonnement involontaire, une source, une illumination, une vibration lumineuse, en quelquesorte, un déploiement spirituel.

L'Un ne serait-il pas la puissance d'où toute création est issue ? Le dernier terme decette procession est représenté par le monde matériel, la matière, forme dégradée de l'Un et son ultime reflet, car très éloigné de sa lumière.

Plotin ne parle-t-il pas de l'obscurité de la matière ? La laideur de notre âme provient d'unmélange avec la matière. L'âme individuelle ne peut-elle se retrouver elle-même ? Quand elle coïncide avec le divin, avec l'Un, elle connaîtl'extase, la plongée dans la contemplation du Bien.

La contemplation est, chez Plotin, la fin de l'action.

Alors sereine,l'âme ne cherche plus rien : il y a identité entre le sujet connaissant et l'objet connu. Avec Plotin, le grand mystique de la fin de l'Antiquité, nous sommes à mille lieues du monde et de l'homme modernes.L'amour du Bien et de l'Un, voilà ce qui anime la philosophie de Plotin : « De l'appel de Plotin, l'homme moderne se défie.

Séduisant comme un chant de Sirène, n'est-il pas trompeur etdangereux ? L'homme moderne craint d'être mystifié [..].

Il refuse le mirage du "spirituel pur".

Il a découvert la forcede la matière, la puissance de tout ce monde inférieur que Plotin considérait comme faible, comme impuissant,comme proche du néant » (Pierre Hadot, Plotin ou la simplicité du regard, Études augustiniennes, p.

157).. »

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