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Fleurs DU mal (les). Recueil poétique de Charles Baudelaire (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

Publié le 24/10/2018

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Fleurs DU mal (les). Recueil poétique de Charles Baudelaire (18211867), publié à Paris chez Poulet-Malassis et de Broise en 1857. Une « Seconde édition augmentée de trente-cinq poèmes nouveaux » est publiée chez les mêmes éditeurs en 1861, et l’édition dite définitive, chez Michel Lévy en 1868.
Le recueil fut l'objet d'un procès en août 1857 pour « offense à la morale religieuse » ainsi qu'à « la morale publique et aux bonnes mœurs ». Baudelaire fut condamné à 300 francs d'amende et à la suppression de six poèmes - qui seront publiés dans le
Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle, à Bruxelles, en 1864, avant d’être repris avec d’autres pièces de circonstance dans les Épaves (Bruxelles, Poulet-Malassis, 1866). Cette œuvre majeure fut lentement mûrie par le poète qui, dès 1840, parle de ses « Fleurs singulières ». Baudelaire avait fait plusieurs fois annoncer dans des revues la parution de son recueil sous les titres suivants : les Lesbiennes puis les Limbes.
Dans sa Correspondance comme dans ses divers projets de Préface aux Fleurs du mal, Baudelaire a toujours exigé de son lecteur potentiel une attention particulière à l'architecture de son recueil. S'il reconnaît que celui-ci est bien le déversoir de toutes ses humeurs et convictions (« Dans ce livre atroce, j'ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion [travestie], toute ma haine... »), il désire que les Fleurs du mal soient perçues comme le fruit d'une exigeante recomposition qui a dessiné un « itinéraire » signifiant là où la vie et l'histoire n'avaient tissé qu'une suite de hasards ou d'incohérences : « Le seul éloge que je sollicite pour ce livre, écrit-il à Vigny en 1861, est qu'on reconnaisse qu'il n'est pas un pur album et qu'il a un commencement et une fin. » En feuilletant l'ouvrage, la perception des étapes de l’itinéraire est d’ailleurs évidente. Répudiant le principe, cher à Musset et à Hugo, de la classification chronologique (vraie ou fausse) des poèmes, Baudelaire a regroupé les siens en six parties qui sont autant de « stations » de sa démarche poétique.


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« à l'unicité de ce vocable anglais qu'il a donné mis­ sion de traduire le pluralisme de ses souffrances morales et physiques.

Il.

«Tableaux parisiens» (poèmes LXXXVI à cm), où la ville, la «fourmillante cité pleine de rêves».

impose à la fois au créateur le miroir multiplié de sa laideur et de son mal et le mirage d'un lieu magique, fantasmatique, où se perdre, c'est aussi se retro uv er.

Ill.

«Le Vin» (poèmes c1v à cvn1), première des grandes tentations de la chair.

Gros rouge des chiffonniers et des assassins, nectar des fem­ mes galantes et des amants, il cristallise les rêves imposteurs de libération et d'anrachement vers le « paradis » perdu.

IV.

«Fleurs du mal » (poèmes CIX à cxvn), autre florilège des vices et « péchés » de la chair, où les « femmes damnées » voisinent avec les Béatrice et les Vénus pour le désespoir d'un être qui n'a jamais trop de courage pour « contem­ pler [son] cœur et [son] corps sans dégoût».

V.

« Révolte» (poèmes CXVIII à cxx), où l'homme, revenu de toutes les tentations et écœuré de toutes les tentatives avortées, s'adonne aux imprécations de l'esprit et aux reniements de l'âme : injures, blasphèmes, suppli­ ques et litanies dédiées à cette autre grande figure de la marginalité et de la déchéance, Satan, « prince de l'exil » et « dieu trahi par le sort».

VI.

« La Mort» (poèmes cxx1 à cxxv1), der­ nier pari, mais peut-être aussi dernière tentation et suprême artifice, où le « pauvre », l'« amant » et l'« artiste» confient au miracle d'un demier «voyage» l'espérance d'une réconciliation et d'un salut.

La linéarité de cet itinéraire des Fleurs du mal ne saurait pourtant mas­ quer deux points essentiels à sa compréhension.

D'une part, et en dépit des six parties mentionnées, le rythme profond du livre est ternaire.

Le premier temps, correspondant à la très longue partie « Spleen et Idéal » (85 poèmes sur 126), est celui du constat, de la description d'un état intenable parce qu'instable, toujours vacillant entre les caprices d'une sensi­ bilité et les exigences d'une intelli­ gence ou d'une âme.

Le deuxième, cor­ respondant aux parties II à V, embrasse tous les « paradis artificiels », depuis les plus innocents jusqu'aux plus pervers, que s'invente l'homme désespéré de ne pouvoir assurer la « maintenance » de l'autre paradis, toujours perdu, tou­ jours dérobé.

Le troisième enfin, qui tient dans la VIe et dernière partie du livre, «la Mort», est celui d'un fragile apaisement conquis par le créateur sur sa détresse au prix d'une très problé­ matique aliénation de tout son être dans l'« inconnu » et le. »

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