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FREUD: Trois essais sur la théorie sexuelle (Résumé & Analyse)

Publié le 17/01/2022

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Bien qu'il ne soit pas un philosophe de profession, l'inventeur de la psychanalyse a produit une oeuvre qui a une portée philosophique considérable. Sa production .est intimement liée à sa vie. Pour situer la place des Trois essais sur la théorie sexuelle, que nous avons choisis, nous allons présenter rapidement la vie de Freud et le mouvement de son oeuvre en signalant ses principaux ouvrages. Freud est né en Moravie (Tchécoslovaquie), à Freiberg, le 6 mai 1856. Il passa sa vie à Vienne, où il vint avec son père à l'âge de cinq ans. Il quitta Vienne en juin 1938 après l'Anschluss nazi et s'installa à Londres, où il mourut en septembre 1939 d'un cancer à la mâchoire.

« actions et institutions par lesquelles notre vie s'éloigne de nos ancêtres animaux et qui servent deux finalités :la protection de l'homme contre la nature et la réglementation des relations des hommes entre eux ».

Dans cetouvrage, Freud réfléchit au mal-être de l'homme face à l'existence et à la « Kultur ».

C'est à la « pulsion demort » que Freud subordonne ce malaise dans la civilisation.Notre choix de présenter les Trois essais vient de leur intérêt aussi bien du point de vue de la théoriepsychanalytique elle-même (texte fondamental et innovateur) que de la méthodologie qui y est à l'oeuvre. Résumé Ce livre expose la théorie freudienne de la sexualité infantile et de la libido.

L'ouvrage est divisé en troisparties.

Le premier essai décrit les « aberrations sexuelles » des adultes.

Le second introduit la notion de «sexualité infantile » comme origine de ces aberrations.

Le troisième porte sur les « métamorphoses de lapuberté », c'est-à-dire le chemin qui conduit à la sexualité adulte.

L'ouvrage s'appuie sur le vocabulaire de lasexologie inventée à cette époque.

Mais Freud, citant de nombreux sexologues (Havelock Ellis, Moll,Hirschfeld), s'en démarque en élaborant sa propre théorie libidinale. I.

Les aberrations sexuelles Freud commence l'ouvrage en partant de la conception populaire de la nature et des propriétés de la sexualitéhumaine.

Celle-ci s'installerait au moment de la puberté en liaison avec les processus de maturationphysiologique ; elle se manifesterait par les phénomènes d'attirance d'un sexe envers l'autre et son but seraitl'union sexuelle ou du moins les actes qui mènent à celle-ci.Or, cette conception ne résiste pas à la réalité.

Dans le sillage de la sexologie de Krafft-Ebing qui avait publiéune Psychopathia sexualis (1899), Freud expose toutes les perversions sexuelles qui se présentent comme des« déviations » de la sexualité dite normale.

Cette organisation, ce classement du champ des perversions parFreud repose sur un principe, sur une conception de la libido sexuelle qui est à la sexualité ce qu'est la faim àl'alimentation.Cependant, Freud utilise le concept de « pulsion », parallèlement à celui de « libido », pour organiser unclassement de ces « aberrations sexuelles ».

Qu'est-ce que la pulsion freudienne ? Il s'agit d'une « pousséepsychique » ayant sa source dans une région du corps et que l'on peut caractériser comme tendue vers un but(la satisfaction qui implique des actions spécifiques) et ayant un objet (moyen par lequel la satisfaction estatteinte), définition qui, dans sa généralité, serait aussi valable pour la notion classique d'« instinct ».

Mais lecaractère propre de la pulsion est justement la diversité de ses sources, de ses objets et de ses buts, quiconduit Freud à subvertir par là même l'instinct sexuel et sa stéréotypie.La description des perversions permet à Freud de montrer que l'objet de la satisfaction (l'autre sexe) peut êtreremplacé par un autre objet (cas de l'homosexualité par exemple) ou répondre à une condition fétichiste (tellecouleur de cheveux, tels défauts physiques...).

La satisfaction peut aussi se chercher en dehors del'accouplement (exhibitionnisme.

voyeurisme, masturbation par exemple) ou se fixer sur des parties du corps quisont normalement « provisoires » (bouche par exemple).Pour Freud, l'étendue de ce champ des perversions caractérisées, la persistance de tendances perverses sous-jacentes au symptôme névrotique, le fait que l'individu normal puisse substituer pendant un certain temps uneperversion au but sexuel normal, ou l'intègre à l'acte sexuel normal sous la forme de plaisir préliminaire,conduisent à l'idée que « la prédisposition aux perversions n'est pas un trait exceptionnel mais elle est unélément de ce que l'on tient pour la constitution normale ».

Laplanche fait remarquer que l'exception — laperversion — finit par emporter la règle avec elle.Une tout autre approche du normal et du pathologique se dessine en matière de sexualité.

En tant queconcept frontière entre le psychique et le somatique, la pulsion subvertit également, comme le fait remarquerAssoun, le dualisme de l'âme et du corps.

La pulsion, moteur de la psyché inconsciente, se délègue dans lepsychisme par le relais des « représentants-représentations ».

Même si Freud ne systématise jamaisphilosophiquement cette relation (Assoun), la psychanalyse peut, à partir de là, étudier le « destin des pulsions».Cet essai se termine par l'idée que l'explication des perversions sexuelles doit se trouver dans l'enfance.

Parceque la conception selon laquelle « les névrosés sont restés à l'état infantile de leur sexualité ou ont étéramenés à cet état commence à se dessiner dans notre esprit, notre intérêt se tournera vers la vie sexuelle del'enfant ».

Freud veut suivre « le jeu des influences qui gouvernent le procès évolutif de la sexualité infantilejusqu'à son aboutissement sous forme de perversion, de névrose ou de vie sexuelle normale ». II.

La sexualité infantile La sexualité ne surgit pas dans la vie du sujet lorsqu'il est en âge de procréer.

Les manifestations sexuellesinfantiles, qui ont déjà été pointées bien avant Freud, ne doivent plus être regardées comme des phénomènesexceptionnels ou des exemples effrayants de dépravation précoce.

Il y a bien une sexualité infantile à l'oeuvredès le début de la vie : «La sexualité infantile apparaît par étayage sur une des fonctions vitales du corps, ellene connaît encore aucun objet sexuel, est autoérotique et son but sexuel est sous la domination d'une zoneérogène.

» Sa négation est une erreur lourde de conséquences puisque c'est à elle, selon Freud, que nousdevons notre ignorance actuelle de la vie sexuelle.

La sexualité de l'adulte est en effet de caractère infantile.Par ce deuxième essai, nous entrons dans un processus régressif.

Les trois caractères dégagés par Freud(étayage, autoérotisme, zone érogène) viennent non seulement spécifier la sexualité infantile mais éclairent lesperversions adultes et marquent définitivement la sexualité humaine en exigeant un élargissement du champ de. »

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