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INGÉNU (L'). Roman de François Marie Arouet, dit Voltaire (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

Publié le 24/10/2018

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voltaire

INGÉNU (L'). Roman de François Marie Arouet, dit Voltaire (16941778), publié «à Utrecht» (probablement à Genève chez Cramer) en 1767.

La première mention de l'Ingénu date du 21 juillet 1767 : « On parle d'un roman intitulé l'Ingénu que j'ai grande envie de lire », écrit ironiquement Voltaire à d'Alembert. « Cette histoire véritable tirée des manuscrits du père Quesnel » est donc pour Voltaire un roman dont il dira à son libraire Cramer qu'il « vaut mieux que Candide en ce qu'il est infiniment plus vraisemblable ». Voltaire multiplie ensuite les désaveux : ce nouveau récit n'avait pas besoin de cette publicité. Les aventures de son Huron furent un grand succès de librairie : nombreuses éditions, suites, adaptations. Une ébauche, conservée à Saint-Pétersbourg, indique les linéaments d'un plan primitif : voyage d'un sauvage en Basse-Bretagne, déconvenue qu'il essuie à Versailles chez frère Le Tellier, mariage du héros qui s'accommode de l'infidélité de sa femme, mort du héros qui instruit en mourant un jésuite et un janséniste. Entre cette esquisse et l'Ingénu, on relève des points communs. Les différences portent sur le rôle de Mlle de Saint-Yves et sur le cadre historique : en plaçant l'action au temps de la révocation de l'édit de Nantes, Voltaire met les jésuites au premier plan. L'Ingénu n'a pas été improvisé, mais longuement mûri.

Le 15 juillet 1689, un jeune Huron débanque en Basse-Bretagne. Accueilli par l’abbé de Kerka-bon et sa sœur, il étonne toute la petite société provinciale (chap. I). On découvre qu’il est le neveu du prieur (2). Après des scènes cocasses, on réussit à le faire baptiser (3-4). L’Ingénu, amoureux de sa marraine Mlle de Saint-Yves, décide de l’épouser malgré l’interdiction religieuse (5-6). Il repousse les Anglais qui attaquent la Bretagne. Il part pour Versailles afin d’y recevoir le prix de ses services (7). En route, il soupe avec des huguenots chassés par la révocation de l’édit de Nantes (8). Il se présente à la cour, mais on conclut de ses manières qu’il n’a pas la tête bien saine. Dénoncé comme ami des protestants par un espion du père La Chaise, confesseur du roi, il est enfermé à la Bastille (9). Dans sa cellule qu’il partage avec un janséniste, le bonhomme Gordon, l’Ingénu développe son génie (10-12). La belle Saint-Yves se rend à Versailles, s’adresse au jésuite le père Tout-à-tous. On lui conseille de demander la grâce du Huron au ministre Saint-Pouange. Éclairé par l’Ingénu, Gordon comprend qu’il s’est rendu malheureux pour des chimères (13-14). M. de Saint-Pouange promet à Mlle de Saint-Yves de lui accorder ce qu’elle demande à condition qu’elle ait pour lui des bontés. Mlle de Saint-Yves résiste à ces propositions. Elle consulte le père Tout-à-tous qui, par des arguties, l’incite à être « utile » à son futur mari. 

voltaire

« Œuvre polémiq ue, l'Ingénu s'en prend à de multipl es abus.

Réquisitoire po liti ­ que, ce r oman dé non ce le règne du bon plaisir , les lettres de cach et et emprisonnem e nts arbitra ir es, ma is aussi les faiblesses d'un pouvoir infiltré pa r un ordre religie ux, miné par des intrigues de cour.

Tous le s élé ments d'un pamphl et con tre les jésui t es, à un e épo qu e où Voltaire a fait im primer à Genève l'hist oire de leur Destruction par d'Alembert , so nt réunis.

Leur lax isme moral est dénoncé d ans une page d'antholog ie dont le comique s'appa rent e à ce rtaines *Provinciales.

Leu r soif de pouvoir est vigo ureus e­ m ent co n damnée.

Ils assurent leur pui ssance grâce au confessionnal et à des espio ns à leu r so lde.

Le tablea u de la Fra nce de la révocation de l'éd it de Na ntes est fort sombre.

Co mme tous les étrangers qu e Je roman françai s a envoyés enquête r en Franc e, les Persa ns de Mont esquieu ou l'Esp io n am éricain (1766), ce Huron d éma sque les abu s d'une sociét é.

Avec son bon sauvag e, Vol taire se rallierait­ il aux thèses rousseauistes? Homme naturel, l' Ing énu déno nce à ju ste titre une religi on artificielle, une politi que abs oluti ste, ma is il doit êtr e policé.

Grâ ce à ses lectures, il est changé de ,, brute en homme ».

Po int de thè se dans ce rom an, mais un en se mble de points de vue qui ne manque pas de cohére nce et qui pe ut faire alterner règlements de comptes et bouff onneries, tab leaux touchants et p o lissonneries, satires bo nhom mes et déno n cia tions indignées.

Après la catastrophe, Voltaire reprend le mode plai s ant en distribuant à ch acun sa récomp ense, même au père Tout-à­ t ous qui a droit à de s boîtes de ch oco­ la t, de café et de sucre candi , mais il laisse son lecteur s'interroge r su r les deux aphorism es cont radictoires des derni ères lignes, celui de Gordo n : «Malheur est bo n à quelqu e chose», et celui de tant d'honnêtes gens ·: ,, Mal ­ heur n'est bon à rien.

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