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L'« Iphigénie » de Racine (analyse détaillée)

Publié le 19/10/2018

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racine

Les emprunts de Racine. — On voit que Racine doit à Euripide non seulement la trame générale, mais les péripéties mêmes qui, tour à tour, sauvent lphigénie ou la rejettent sous le couteau de Calchas. Il a pourtant inventé deux « ressorts et substitué un personnage. Celui qui oppose la nécessité politique à l’amour paternel n’est plus l’oncle d’Iphigénie, Ménélas, mais un étranger, Ulysse. Le mariage d’Iphigénie et d’Achille n’est pas un prétexte forgé de toutes pièces. Les deux jeunes gens s’aiment et sont fiancés. Ainsi, une intrigue d’amour se mêle aux conflits de la politique et du sentiment paternel. Enfin, au dénouement, il n’y a plus de miracle. Racine a trouvé dans Pausanias qu’Hélène avait eu, avant d’épouser Ménélas, une fille. De cette fille il a fait la jalouse Êriphile dont la mort termine la pièce et sauve Iphigénie.

 

Racine a même emprunté à Euripide quelque chose de ses caractères. Il le reconnaît lui-même :«Pour ce qui regarde les passions, je me suis attaché à le suivre plus exactement ; » c’était sans doute par « estime » et « vénération pour les ouvrages de l’antiquité. C’était aussi parce qu’Euripide n’était ni Eschyle plus sublime et plus épique, ni même Sophocle encore tout pénétré de gravité religieuse. Il était, avec des goûts de rhétorique que Racine lui a laissés, plus humain, plus « moderne ». Les passions que Racine lui emprunte étaient plus proches de la vie, moins soumises à la tradition de légende» nationales et sacerdotales. Aussi Racine lui doit-il souvent la peinture « naïve » des âmes, par exemple la souffrance d’Agamemnon :

L'« Iphigénie » de Racine et l'« Iphigénie » d’Euripide. — Nous savons pourquoi Racine a choisi le sujet de Britannicus ; il voulait rivaliser avec Corneille. Nous soupçonnons les raisons qui lui ont fait choisir celui de Bérénice : non pas une ruse de Madame, qui voulait l’opposer à Corneille sur un même sujet (ce n’est qu’une légende), mais le désir de mettre sur la scène ce qu’il avait déjà vanté dans la préface de Britannicus : une « action simple, chargée de peu de matière », très différente des actions « implexes » de Corneille. Après Bérénice, il ne semble plus que des raisons de circonstance aient influé sur ses choix. Il suivit librement son génie, et passa d’un sujet d’invention et de passion comme Bajazet à un sujet de politique et d’histoire comme Mithridate. Iphigénie semble être née pourtant d’une lecture plus attentive d'Euripide. Perrault avait attaqué assez vivement l’Alceste d’Euripide. Racine a protesté dans sa préface, et peut-être a-t-il relu son auteur à cette occasion. Dans tous les cas, il lui a trouvé sans doute, vers 1674, un intérêt renouvelé. Il n’avait consulté son Andromaque que pour ne pas l’imiter. Il suivra de près, au contraire, son Iphigénie (et d’assez près sa Phèdre). Le développement des deux pièces est, en effet, très voisin.

racine

« Agamemnon affive et s'aperçoit q-ue Clytemnestre sa!'t tout.

Imprl· calions de Clytemnestre.

Iphiglnie se plaitJt douument de mourir si feutU:.

A gamem110n est inflexible.

A chille promet de la défendre liontre Ioule l'armk.

Mais elle s'es) résignée ; elle veut mo11rir po11r donner la victoire aux Grecs.

Achille se laisse ébranler par cet orgueil.

Iphigénie marche à la mort.

Un messager vie11t raconter le sacrifice.

Au moment où on allait l'immoler, Iphigénie a dispam, etJlevle par les dieux ; tme b iche a paru sur l'autel à sa place.

L' • Iphigénie • de Racine.

-ANAI.YSB.

-ACTE rer.

- Agamemnon rali011te à A reas ses tourments, le calme qui f'elie11t la flotte grecque à Atllis, l'oracle ; il faut sacrifier Iphiglnie.

Ill' a appelée sous prétexte de luiter so11 mariage avec Achille, à qui elle est fiancée.

Mais il se f'epetJt.

I 1 dotme à A reas u11e lettre qui t'envoie ClytemtJestre et Iphigénie à Myc�nes so11s prétexte q"'Achil/e veld diOérer le mariage.

Ulysse, qui pressent les f'tnJords d'Agamem11on, essaie de t'aQermir sn t'ésol ution et redouble d'insta11us, lorsqu'un messager amwnce l'arrivée de Clytemnestre el d'Iphigénie.

ACTE II.

-A cllil/e est revem1 au camp aprt.ç avoir conquis et pillé Lesbos et rametJé une captive, Ériphile.

Celle-ci, q11'il a confiée à Iphi­ géni e, explique cl sa confidente qu'elle s'est éprise d'Achille violemment.

Ëtonmmetd d'lpltigétJie devant la froideur de sotJ père et l'absetzce d'Achille.

Clytemnestre lui révèle qu'Achille 1'efz1Se de l'épomef'.

Plaintes d' I phigétJie q14i accuse Ériphile de lui avoir pris le camr d'A chille ; elle repousse Achille lorsqtl'il arrive.

Étonnemetll d'Achille qui soHpçomze tm mystè• ·e.

Espoirs d' ÉripiJilc.

ACTE III.

-A gametmwn demamle à Clytem11estre de ne pas accom­ f>agtJer sa fille à l'autel ; il prie, puis ordonue.

Mais Arcas arri11e et révèle qu'on ve11t sacrifier Iphigüzie.

Clytemnestre supplie Achille de la défendre.

Fureur d'A chille.

I phigé11ie essaie m vai11 de ft•stifier sotz père, puis obtient de sotz fiancé qu'avant d'a.gir il lui permette d'implorer A gnmettmo11 .

ACTE IV.

-TatJdis qu' Ér·iphile se réjouit et que Clytemnestre se lammte, Agamemnon arrive tl réclame sa fille.

Il s'aperçoit qu'elle sait tout.

Prière d'IphigétJie.

A gamelll110tl se déclare incapable de la sauver.

Colère d'Achille.

Il défie A gamemnou que l'orgueil enttte dans sa f'éso­ lution de sacrifoer sa fille.

Puis, A ga memnon se repent et tente tm 110t4vel eUort pour la soustraire à Calchas.

1\f ais Ériphile va prévmir le grand prêtre.

ACTE V.

- Iphigénie a été arrêtée par les Grecs tllutinés.

Elle veut mourir pour la gloire de sa patrie et supplie A chille de se t'ésigner.

Elle part vers la morl.

Clylemnestre se désespère de so11 impuissance.

A reas a1tnonce qu'Achille est à l'autel prlt à défendre Iphigénie.

Mais Calchas. »

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