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Lorenzaccio, Musset (résumé & analyse)

Publié le 25/11/2018

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musset

Lorenzaccio

 

George Sand avait composé, à partir de la Storia fiorentina de l’historien italien Varchi (1721), six tableaux regroupés sous le titre : Une conspiration en 1537. Respectant scrupuleusement ces données historiques, Musset créa Lorenzaccio, drame de grande envergure, digne de Shakespeare. Plus de quarante personnages parlants, trente-huit changements de lieu, des intrigues entremêlées donnent à la pièce une telle complexité qu’on ne la représenta qu’en 1896 alors qu’elle avait paru en 1834. La densité, la richesse de l’œuvre suscitent évidemment plusieurs grilles de lecture, mais deux grands axes interprétatifs peuvent être dégagés : le drame personnel, celui du dédoublement et de la quête d’identité, et le drame historique, celui du meurtre du roi. L’un ne se superpose pas à l’autre; l’Histoire n’est pas la toile de fond nécessaire au déroulement d’une destinée individuelle. Des liens étroits se tissent, d’incessants échanges de valeur s’opèrent entre l'Histoire, l’histoire et l’individu.

 

Synopsis. — Plusieurs intrigues se mêlent dans la pièce. Voici la principale :

 

En 1537, le crime et la débauche régnent à Florence, sous la tyrannie du duc Alexandre de Médicis. Lorenzo, cousin du duc, a donné de lui-même l'image d'un homme corrompu, mauvais (Lorenzaccio, le « mauvais Lorenzo ») pour gagner sa confiance, dans le dessein secret de l'assassiner (actes I et II). Il avoue ce projet à Philippe Strozzi, un républicain dont la famille a toujours été l'adversaire du tyran; mais Philippe, malgré l'empoisonnement de sa fille Louise (acte III), ne s'opposera à Alexandre que par la parole. Tandis que Pierre Strozzi, fils de Philippe, tente en vain de prendre la tête d'une armée levée par les bannis de Florence, Lorenzo, après avoir prévenu les opposants au régime, assassine le duc (acte IV). La lâcheté des Florentins et l'incapacité des républicains amènent finalement sur le trône un autre cousin d’Alexandre, Côme de Médicis, soutenu par le pape et Charles Quint. La tête de Lorenzo est mise à prix; il parvient à se réfugier à Venise, mais il y sera poignardé, et le peuple jettera son corps dans la lagune (acte V).

musset

« set créa Lorenzaccio, drame de grande envergure, digne de Shakespeare.

Plus de quarante personnages parlants, trente-huit changements de lieu, des intrigues entremê­ lées donnent à la pièce une telle complexité qu'on ne la représenta qu'en 1896 alors qu'elle avait paru en 1834.

La densité, la richesse de l'œuvre suscitent évidemment plusieurs grilles de lecture, mais deux grands axes inter­ prétatifs peuvent être dégagés : le drame personnel, celui du dédoublement et de la quête d'identité, et le drame historique, celui du meurtre du roi.

L'un ne se superpose pas à 1' autre; l'Histoire n'est pas la toile de fond néces­ saire au déroulement d'une destinée individuelle.

Des liens étroits se tissent, d'incessants échanges de valeur s'opèrent entre l'Histoire, l'histoire et l'individu.

Synopsis.

-Plusieurs intrigues se mêlent dans la pièce.

Voici la principale : En 1537.

le crime et la débauche règnent à Florence.

sous la tyrannie du duc Alexandre de Médicis.

Lorenzo.

cousin du duc, a donné de lui-même l'image d'un homme corrompu, mauvais (Lorenzaccio, le «mauvais Lorenzo») pour gagner sa confiance.

dans le dessein secret de l'as­ sassiner (actes 1 et Il).

Il avoue ce projet à Philippe Strozzi.

un républicain dont la famille a toujours été l'adversaire du tyran; mais Philippe.

malgré l'empoisonnement de sa fille Louise (acte Ill).

ne s'opposera à Alexandre que par la parole.

Tandis que Pierre Strozzi.

fils de Philippe.

tente en vain de prendre la tête d'une armée levée par les bannis de Florence.

Lorenzo.

après avoir prévenu les opposants au régime.

assassine le duc (acte IV).

La lâcheté des Florentins et l'incapacité des républicains amènent finalement sur le trône un autre cousin d'Alexandre.

Côme de Médicis.

sou­ tenu par le pape et Charles Quint.

La tête de Lorenzo est mise à prix; il parvient à se réfugier à Venise.

mais il y sera poignardé.

et le peuple jettera son corps dans la lagune (acte V).

Lorenzo est un héros ambigu : son identité est incer­ taine.

Nom, sexe, caractère, rien en lui ne semble stable.

Il ne devient Lorenzo de Médicis qu'après avoir accom­ pli son acte.

Sa personnalité, double d'un point de vue moral (Lorenzo vertueux et droit s'oppose à Lorenzaccio débauché et fourbe), reste multiple sur d'autres plans : il est aussi Renzo, Renzino, et même Lorenzetta, la femme­ lette, 1' « homme sans épée » qui apparaît au 1er acte habillé en nonne et que George Sand avait surnommé « Castrataccio )>.

Sa quête d'identité ne peut aboutir que grâce à l'action qui s'impose à lui et qu'il veut difficile, glorieuse et efficace.

Il est, dit W.

Moser, «le person­ nage clef de l'opposition dire/faire».

Il s'agit là d'un thème cher à Musset et à sa génération : pour résorber le vide du discours et transcender la débauche et le liberti­ nage, il faut un acte glorieux, tel celui de Byron sacrifiant sa vie à la liberté de la Grèce.

Mais Lorenzo désire aussi s'identifier à des modèles qu'il a choisis dans l'Histoire: Brutus, le meurtrier de César, mais surtout l'autre Bru­ tus, celui qui renversa Tarquin le Superbe et permit l'ins­ tauration de la république à Rome.

Comme Brutus, qu i contrefit longtemps la folie (brutus, en latin, « l'idiot » ), Lorenzo joue un rôle qui, tout en le condamnant au mépris, lui permettra, pense-t-il, de réaliser son projet.

Il a pris « dans un but sublime une route hideuse».

Lorenzo, homme du XVIe siècle empreint de l'exemple antique, est porteur des inquiétudes romantiques.

En lui trois strates historiques se rejoignent, suggérant une His­ toire répétitive et circulaire, mythique.

Le texte suscite d'ailleurs constamment la référence au mythe, antique ou littéraire.

Lorenzo est Oreste ou bien Hamlet assassi­ nant le père usurpateur (le duc Alexandre) pour relever l'honneur de la mère devenue « catin » (la ville de Flo­ rence).

Il incarne aussi l'homme de pierre, le Comman­ deur châtiant le séducteur sacrilège et criminel, le don Juan Alexandre.

Il est. »

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