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Notre-Dame de Paris de Hugo (résumé)

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hugo

Notre-Dame de Paris

 

Très para una : selon le schéma de plusieurs drames de Hugo, l’intrigue de Notre-Dame de Paris fait tourner autour d’Esmeralda le prêtre Frollo, le soldat Phoebus et Quasimodo l’homme de peine. Chacun indexe une forme de l’amour : désir — et ses jalousies, possession — et sa maîtrise, dévouement et contemplation, gratitude, sacrifice, et maladresses désastreuses aussi de l’« amour proprement dit ». Tripartition humaine cohérente avec sa valeur historique : Frollo complète et corrige le symbolisme faustien, replacé au lieu d’où Goethe l’avait extrait : l’Église de la féodalité théocratique; Phoebus reflète la pâle aurore d’un absolutisme royal qu’on voit Louis XI inaugurer; Quasimodo, ancêtre lointain et certain de l’« Homme qui rit », figure les forces et les vertus, mais aussi l’(in)achèvement et les inévitables contresens du légitime souverain futur : le Peuple, encore enfant et muet : Quasimodo infantes geniti.

 

Ce regard de surplomb — l’histoire à vol d’oiseau — scrute l’actualité. Non tant parce que l’anticléricalisme violent des dernières années de la Restauration inspire le roman de 1'« anankè des dogmes», mais parce que Notre-Dame met en perspective la Révolution de Juillet, qui, J. Seebacher l’a démontré, vint en modifier, en cours de rédaction, le plan, l’intrigue, la liste des personnages. Primitivement conçu comme roman historique à la manière de Walter Scott — récit de la résolution des contradictions et de la clôture des conflits —, le livre s’installe finalement, image anticipée de 1830, dans une solution de continuité — ou un chevauchement — historique : entre la persistance d’un Moyen Age caduc et l’ébauche des Temps modernes. Dans cette indécision de l’histoire se posent toutes les questions présentes de la souveraineté et de la nation, de la « constitution de la foule en peuple » et, réciproquement, de sa dégénérescence en « classes dangereuses », de la place de l'individu, sujet de désir, de pouvoir et d’amour au sein d’une société mal sanglée dans les croyances officielles.

« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)Victor Hugo écrivit en moins de six mois ce roman historique qui. publié en 1831, connut un vaste succès. Il ouvrit la voie au romantisme, créant un intérêtpour le style gothique fantaisiste qu'on appela le style troubadour. Il participa également à l'intérêt général pour la cathédrale, particulièrementendommagée par le temps et les hommes, et qui fut restaurée par le fameux V iollet-le-Duc vers 1850.Sur le parvis de Notre-Dame se déroulent les principaux actes de l'histoire d'amour tragique d'une jeune bohémienne, d'un capitaine, d'un être difforme et del'archidiacre de la cathédrale.Contexte Chef-d'oeuvre du romantisme, Notre-Dame de Paris évoque P aris au Moyen Age, avec sa cathédrale, sa C our des miracles, ses mystères et ses monstres.Le roman donne lieu à des descriptions détaillées et élogieuses de la cathédrale et de Paris à vol d'oiseau. Le roman a connu différentes adaptationscinématographiques, dont Notre-Dame de Paris (1923), de Wallace Worskey, avec Lou Chaney, Quasimodo (1939), de William Dieterle, avec CharlesLaughton, Notre-Dame de P aris (1956), de Jean Delannoy, dialogues de Jacques Prévert, avec A nthony Quinn et Gina Lollobrigida, le Bossu de Notre-Dame(1996), dessin animé de Walt Disney. Principaux personnages - Quasimodo, le bossu, être laid et difforme mais fort comme Hercule, sonneur de cloches de Notre-Dame de Paris ;- Esméralda, la bohémienne ;- Phoebus de C hâteaupers, le capitaine des archers ;- Claude Frollo, l'archidiacre de Notre-Dame de P aris ;- Notre-Dame de Paris. Résumé Quasimodo est amoureux en secret de la jolie bohémienne Esméralda. M ais Frollo, archidiacre illuminé, s'intéresse aussi à elle et demande à Quasimodo,son protégé, d'enlever la jeune fille. Esméralda est quant à elle amoureuse du capitaine P hoebus, qui la sauve de l'enlèvement médité par Frollo. Au coursd'un rendez-vous entre les deux jeunes gens, Frollo survient, furieux, et tue Phoebus d'un coup de poignard. La jeune fille se refusant toujours àl'archidiacre, celui-ci l'accuse du meurtre. C ondamnée à mort, Esméralda est sauvée par Quasimodo qui l'emmène dans son refuge, dans les tours de lacathédrale. Mais Frollo réussit à enlever une fois encore la jeune fille, et la fait pendre au gibet de M ontfaucon. Quasimodo tue Frollo et se suicide ensuite.Un mélodrame au Moyen AgeDevant Notre-Dame de P aris, le jour de l'Épiphanie, le peuple célèbre la fête des Fous ; son parodique évêque est Quasimodo, sonneur de Notre-Dame,difforme, borgne et sourd. Des comédiens jouent un mystère de Gringoire ; une bohémienne, Esmeralda, et sa chèvre savante dansent sur la place. Le soir,Quasimodo tente de l'enlever mais elle est sauvée par le capitaine Phœbus de Châteaupers, dont elle s'éprend. Quasimodo est mis au pilori sous lesquolibets. Émue, Esmeralda s'approche pour lui donner à boire. Elle retrouve, plus tard, rougissante, Phœbus. Mais l'homme qui a élevé Quasimodo,l'archidiacre de Notre-Dame, est épris d'elle, et poignarde Phœbus. Esmeralda, trouvée évanouie, est accusée, torturée et condamnée avec sa chevrette àêtre pendue. Sur le gibet surgit Quasimodo qui l'enlève et l'emmène dans la cathédrale, où elle sera intouchable. Mais l'archidiacre concupiscent tente de laforcer, cherche à la faire délivrer par le peuple des truands de Paris. Q uasimodo défend Notre-Dame comme un château fort et, occupé à les repousser, ilperd Esmeralda, emportée par Gringoire et l'archidiacre. Reprise, elle est pendue sous les yeux de Quasimodo, qui pousse son maître du haut de lacathédrale et disparaît. On retrouvera le squelette de cet être, enlacé à celui d'Esmeralda, au gibet de M ontfaucon.L'œuvre monumentaleLe roman de Victor Hugo n'est pas sans présenter une certaine outrance. Le mystère spirituel jouxte la trivialité ; la monstruosité, la grâce et l'innocence ;la vertu, les vices ; les personnages incarnent tout l'un ou tout l'autre des caractères. C ependant, dans cette évocation du passé, un souffle de vie animel'histoire. La cathédrale est un monument vivant non seulement par la foi dont elle est le creuset, mais aussi parce qu'on y retrouve une applicationartistique décelable en chaque infime partie, et une figuration de l'esprit humain, parfois gigantesque et merveilleux, d'autres fois grimaçant et païen. Hugoaffirme ici que « le livre tuera la cathédrale » ou que le « livre de pierre » cédera sa place au livre imprimé. Ne fit-on pas d'Hugo et de son œuvre unmonument ?Notre-Dame de Paris de VICTOR HUGO En 1831, Victor Hugo (1802-1885) a vingt-neuf ans. II écrit Notre-Dame de P aris en cinq mois, à la fois sous l'influence de W. Scott et dans la fascinationde la cathédrale de Paris, bâtie au XII` siècle : « A lors, quiconque naissait poète se faisait architecte » (p. 203). Hugo, lui, tente une transposition littérairede l'architecture. La jeune bohémienne Esmeralda, qui se produit sur la place de Grève où elle danse pour le peuple avec sa chèvre Djali, est aimée du beau, mais inconstant,capitaine Phoebus, chef des archers. Elle est en même temps poursuivie des assiduités d'un inquiétant personnage, C laude Frollo, archidiacre de Notre-Dame, qu'un feu intérieur dévore. Claude Frollo a recueilli et élevé le difforme Quasimodo, carillonneur de la cathédrale, borgne, boiteux, bossu, sourd, que ladérision populaire a élu « pape des fous » : « La grimace était son visage » (p. 75) et « on eût dit un géant brisé et mal ressoudé » (p. 76). C omment ce «singe manqué » (p. 164) qui n'a que vingt ans ne tomberait-il pas amoureux d'Esmeralda, « une fée ou un ange » (p. 88) ?Repoussé par Esmeralda, Claude Frollo, plein de haine et de jalousie, poignarde P hoebus en présence de la jeune fille qui s'évanouit : « A u moment où sesyeux se fermaient, où tout sentiment se dispersait en elle, elle crut sentir s'imprimer sur ses lèvres un attouchement de feu, un baiser plus brûlant que le ferrouge du bourreau » (p. 318). Et c'est au bourreau que la livre cet ardent baiser de Judas : C laude Frollo la laisse accuser du meurtre de Phoebus. En vainQuasimodo diffère-t-il son supplice en lui donnant asile dans Notre-Dame après un enlèvement spectaculaire ; le peuple la réclame et monte à l'assautavec la troupe : « C'était comme une couche de monstres vivants sur les monstres de pierre de la façade » (p. 438). Esmeralda échappe un moment à lafureur de la foule ; une recluse folle la reconnaît miraculeusement, grâce à une amulette, pour sa fille. M ais elle est reprise par les gardes et livrée à lapotence : c'est sous le gibet de M ontfaucon que Quasimodo se laissera mourir, enlacé au cadavre de celle à qui il vouait un amour sans espoir, après avoirprécipité, dans une scène hallucinante, C laude Frollo du haut des tours.• Un récit gothique : Victor Hugo cherche à traduire le pittoresque et le lyrisme du Moyen A ge sous le règne de Louis XI : « C'est une peinture de Paris auquinzième siècle et du quinzième siècle à propos de Paris'. » Et au coeur de Paris, de ses truands, de ses poètes, il y a Notre-Dame (p. 131 et suivantes).La fascination de Victor Hugo est telle que peut-être jamais romancier n'aura créé une telle complicité entre un édifice et un personnage : « A vec le temps,il s'était formé je ne sais quel lien intime qui unissait le sonneur à l'église » (p. 171).En dépit de l'étendue de son érudition, V ictor Hugo parvient-il à ressusciter le Moyen A ge avec la rectitude d'un historien ? O u n'escamote-t-il pas lepassé, même s'il lui donne quelque vraisemblance (p. 439 et suivantes), au profit de sa propre imagination ?• « Une cathédrale de poésie »: Victor Hugo reconnaissait lui-même que le mérite de Notre-Dame de Paris était « d'être une oeuvre d'imagination, decaprice et de fantaisie' ». Le souffle créateur qui anime des descriptions toujours animées par l'action, le symbolisme des personnages, les thèseshumanitaires de l'auteur, sont autant de visions d'un esprit qui emportent ce sujet extravagant dans une tempête de mots et d'images. Cinéma : William Dieterlé, Notre-Dame de Paris (1930). Jean Delannoy, Notre-Dame de Paris (1956). Ballet : Roland P etit, ballet, musique de M arius Constant (1967). Théâtre : Robert Hossein, adaptation scénique (1978). »

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