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POÈMES SATURNIENS. Recueil poétique de Paul Verlaine (résumé et analyse de l'oeuvre)

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POÈMES SATURNIENS. Recueil poétique de Paul Verlaine (1844-1896), publié à Paris chez Alphonse Lemerre en 1866. Onze poèmes avaient auparavant paru en revue : en 1863, \"Monsieur Prudhomme\" dans la Revue du progrès moral; en 1865, \"Dans les bois\"

et \"Nevermore\" dans l'Art, \"Il Bacio\", \"Cauchemar\", \"Sub urbe\", \"Marine\", \"Mon rêve familier\", \"Angoisse\" dans le Parnasse contemporain, \"Nuit du Wal-purgis classique\" et \"Grotesque\" dans la Revue du xixe siècle.

 

Les Poèmes saturniens constituent le premier recueil publié par l'auteur, qui avait tout d'abord songé à l'intituler Poèmes et Sonnets. Les traits dominants de l'esthétique verlainienne - qui culminera dans les Romances sans paroles (1874) avant le retour, avec Sagesse, à des formes poétiques plus conventionnelles - y sont déjà très affirmés. L'ouvrage parut cependant dans l'indifférence générale. Les rares critiques dont il fit l'objet furent dans l'ensemble malveillantes et les Poèmes saturniens restèrent ignorés pendant une vingtaine d'années.

 

Après un poème liminaire qui explique le titre, le recueil s'ouvre sur un long “Prologue\" en alexandrins consacré au poète, à la permanence de son art et au caractère sacré de sa mission : « Le Poëte, l'amour du Beau, voilà sa foi, / L'Azur son étendard, et l'Idéal, sa loi ! » Vient ensuite une première partie, intitulée « Melancholia », que Verlaine avait sans doute songé un moment à isoler pour la publier en plaquette. Elle comporte huit poèmes, dont sept sont des sonnets et figurent parmi les textes les plus fameux du poète, notamment “Nevenmore\", “Après trois ans\", “Lassitude\" et “Mon rêve familier''. La deuxième section, « Eaux fortes », comprend cinq poèmes aux fonmes variées, certains, comme “Cauchemar\" (Il) et “Marine\" (Ill), mêlant divers types de mètres, souvent impairs, confor mément à “l'Art poétique\" que le poète énoncera plus tard (Jadis et Naguère, 1884). La troi sième partie, intitulée « Paysages tristes » et formée de sept poèmes, privilégie, ainsi qu'en témoignent certains titres, les moments de déclin : celui du jour avec “Soleils couchants\" (I), “Crépuscule du soir mystique\" (Il), “l'Heure du berger\" (VI) ; ou bien celui de l'année avec “Chanson d'automne\" (V). La quatrième section, « Caprice », contient cinq poèmes, dont le ton humoristique va de la badinerie galante (“Femme et Chatte\", I) à la satire (“jésuitisme\", Il, “Mon

« sieur Prudhomme", V). Vien t ensu ite une série de douze poèmes dépourvus d'un titre commun et non numér otés, de formes et d'inspir ations di verses, génér alemen t en alexandrins. Le recueil se clôt sur un « Épilo gue ». cons titué de trois poèmes, dans lequel Verlaine dévoile sa concep tion de la création poétique. Le poème liminaire définit en ces ter­ mes l'« influence maligne >> qui préside à la destinée du poète : « Or ceux-là qui sont nés sous le signe SATURNE, 1 Fauve planète, chère aux nécromanciens, 1 Ont entre tous, d'après les grimoires anciens, 1 Bonne part de malheurs et bonne part de bile. 1 L'Imagination, inquiète et débile, 1 Vient rendre nul en eux l'effort de la Raison. » Rien de romantique, toutefois, dans cette fata­ lité . Verlaine souligne avec ironie la distance qui 1� sépare par exemple d'un Lamartine ( « Epilogue », III), et semble plutôt en accord avec l'esthétique par­ nass ienne : « Ce qu'il nous faut à nous les Suprêmes Poëtes 1 [ ... ] À nous qul ciselons les mots comme des coupes 1 Et qui faisons des vers émus très froide­ ment, 1 [ ... ] C'est l'Obstination et c'est la Volonté ! » (ibid. ). L'ironie latente de certains vers invite toutefois à considé­ rer avec circonspection une telle allé­ geance. En réalité, cette poésie ne res­ semble à aucune autre et, en dépit du caractère composite du recueil et de la facture encore conventionnelle de cer­ tains poèmes, les Poèmes saturniens témoi gnent de l'originalité et de la modernité de la voix verlainienne. Cette voix, le po ète la caractérise lui­ même dans "Sérénade" : « Ma voix aigre et fausse. » Privilégiant le déhan­ chement et la rupture, le vers se modèle au rythme des sons plus qu'il ne se plie à la logique du sens et engen­ dre ainsi des harmonies inhabituelles, de surprenants effets de claudication syntaxique. C'est sans doute "Chanson d' auto mne" (« Paysages tristes», V) qui va le plus loin dans cette voie. Asso- nances et allitérations se mêlent pour engendrer un flux lancinant et grin­ çant à la fois. La brièveté des vers scinde la lecture, de multiples pauses retardant l'avènement du sens et lais­ sant le poème dans un constant sus­ pens : « Les sanglots longs 1 Des vio­ lons 1 De l'automne 1 Blessent mon cœur 1 D' une langueur 1 Monotone. » L' angoisse, jamais nommée mais mani­ festée à travers diverses expressions - «T out suffocant », «Je pleure » -est ainsi d'autant plus efficacement communiquée. Univers de la sensation, de l'impres­ sion et du rêve, les Poèmes saturniens procèdent par touches successives plu­ tôt qu'ils n'obéissent à une continuité narrative ou à une logique descriptive, à l'exception de quelques pièces telles que "Nocturne parisien ", "Ma rco", "C ésar Borgia" ou "la Mort de Phi­ lippe Il". Ainsi, dans "Après trois ans" (« Melancholia », III), le paysage d'un ja rdin se constit ue peu à peu mais de meu re morcelé, formé d'élémen ts auton omes que le poème se borne à mettre côte à côte : une « humble ton­ nelle », un «jet d'eau », un «vieux tremble », des «roses », de «grands lys », des »

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