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Romain Gary: Les Racines du ciel (Fiche de lecture)

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Les Racines du ciel évoque la personnalité étrange d'un certain Morel, qui lutte, en Afrique, pour la sauvegarde des éléphants menacés par l'homme. Ce roman de Romain Gary obtiendra le Prix Goncourt en 1956, soutenu par Pierre Mac Orlan et Roland Dorgelès.

« roman. Pendant cinq mois, le réalisateur, John Huston, tourna dans la région de Fort-Lamy avec Trevor Howard,Morel, Juliette Gréco, Minna, Errol Flynn, Forsythe, Orson Welles, Fields, etc. Le 15 octobre 1958, Gary sort furibonddu Palace de New York où se donnait la première de ce film à gros budget : l'auteur s'estimait trahi par un film dechasse et de sport qui s'ouvrait sur un safari mené par Errol Flynn. Il obtint que l'on retirât son nom de l'affiche. Les Racines du ciel évoque la personnalité étrange d'un certain Morel, qui lutte, en Afrique, pour la sauvegarde des éléphants menacés par l'homme. Résumé La civilisation en accusation Qui est Morel? Naguère, plusieurs individus gravitaient autour de ce mystérieux personnage. Ainsi Habib, ce Libanaisherculéen, ce trafiquant d'armes au sourire impavide et son fidèle associé, de Vries, amateur ardent de trophées dechasse. Tous deux disparurent. A Fort-Lamy, Habib avait acheté Le Tchadien, « café-bar-dancing », sur les rives du Cameroun. Il engage Minna, une Allemande. Elle veut s'évader, satisfaire un besoin irrépressible et ineffable. AvecForsythe, un Américain exclu de l'armée, elle signe la pétition que Morel fait passer. Il cherche à faire interdire lachasse en Afrique pour sauvegarder les éléphants. Tous le prennent pour un original atteint de folie douce qui dévalorise les Blancs auprès des tribus indigènes. Morelveut obtenir de la conférence qui se réunira bientôt au Congo qu'elle protège ces troupeaux menacés par la chasse,mais aussi par le déboisement et le défrichement des terres. Pour lui, la lutte contre un progrès meurtrier passe parl'amélioration du niveau de vie africain. Les événements se précipitent : Morel tire sur les chasseurs impénitents qui perpétuent la tradition et les planteursautorisés par la loi à abattre les bêtes qui ravagent leurs terres. Il faut l'arrêter. Paris ne croit pas que la seulesauvegarde des animaux motive cet activiste sans doute acquis au nationalisme. L'autorité française au Tchad letient pour un misanthrope, un « amok » qui renie sa qualité d'homme. L'utilitarisme des démocrates bute contrecette inconnue, cette revendication éperdue de valeurs semblables à l'idée de l'homme que défendait de Gaulle en40. Emue, la presse mondiale fait de lui un écologiste avant la lettre, un idéaliste défendant la cause de l'hommemalgré lui; l'extermination profitable aux seuls trafiquants d'ivoire doit cesser. Les vieux « Africains » soutiennentMorel. Ainsi l'inspecteur des chasses, Laurençot, lance à Schölscher, le commandant lui aussi acquis aux idées deMorel :«... comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et lesplus nobles manifestations de la vie? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eaupour rendre la vie plus belle, et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur ladétente d'une arme automatique. »Soucieux de l'humanité seule, Morel prend le maquis avec le naturaliste danois de renommée mondiale, Peter Qvist,et Waïtari. Cet ancien député des Oulés, ex-étudiant en Sorbonne, dénonce l'ambiguïté de Morel, qui recouvre,d'après lui, les aspirations profondes du peuple africain d'un voile. Waïtari compte se servir de cet illuminé, de ceMorel obstiné à perpétuer sa lutte, pour parvenir à ses fins personnelles : industrialiser son pays. Depuis vingt ans,en vieil Africain, Saint-Denis lutte, lui pour éviter ce colonialisme rampant et défendre l'âme noire. Minna et Forsytheavaient rejoint Morel avec un chargement de munitions. Une entreprise de récupération Au sud du pays, les tam-tams glorifient la légende de Morel. Mais celui-ci commence à être récupéré par Waïtari, quile fait surveiller. Il ne faudrait pas que sa foi candide dans la nature humaine l'incite à se livrer au premier venu etdécouvrir ainsi que son projet ne présente rien de commun avec celui des nationalistes. Or, la publicité qui entoureson expédition doit servir à la propagande africaine ! Waïtari rêve de prendre la tête du mouvement mais,auparavant, il faut être reconnu pour son chef. Il se rend alors à une conférence qui allait se tenir au Soudan, àBandoeng, et devait réunir les peuples colonisés. Le gouverneur envoie Schölscher ratisser le territoire Oulé.La presse répand des bruits confus : il faut éradiquer la révolte, supprimer le mouvement nationaliste et s'emparerde Morel, manifestement un agent du Kominform. Or, Waïtari se trouve au Soudan. Quant à Morel, il n'a rien decommun avec un agent secret. Enfin, les Oulés ressentent la situation comme une véritable castration : on leurdéfend de chasser les éléphants et, cependant, leurs rites d'initiation exigent le sacrifice de la virilité despachydermes. Les jeunes Oulés imaginent que Morel combat pour leur cause et lui manifestent un grandenthousiasme. Mais il est prêt à se rendre, comme il l'affirme à l'administrateur Herbier, contre l'interdiction de lachasse à l'éléphant et la protection des espèces animales en Afrique. Nul n'imagine donc les motivations réelles deMorel : tous se forgent de lui une image idéale, résultante de leurs projections personnelles.Au camp de concentration, en Allemagne, Morel avait résisté au désespoir grâce à Robert, qui donnait vie à unefemme imaginaire, sorte de garant de leur intégrité physique, intellectuelle et morale. Les nazis ne pouvaient « tuer» cette fable qui définissait l'espace de leur liberté intérieure. Mis en cellule pendant un mois, Robert en sortit latête pleine d'éléphants. Ils lui avaient donné la force de survivre et il donna son secret à ses compagnons. Or, à sonimmense désarroi, Morel reconnaît alors Robert : c'est Duparc, ce colon exploiteur dont il fit brûler la plantation.Habib se rit de lui avec le cynisme de l'homme d'expérience. Morel souffre d'un excès d'idéalisme; sa foi dans lanoblesse de l'homme en fait un étranger parmi les siens. Libéré par les Américains, il avait commencé par lutter pourla protection des chiens; mais, bientôt, cela ne lui avait pas suffi : il fallait retrouver « les racines du ciel » de »

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