gran_oral_hggsp journalisme
Publié le 29/03/2026
Extrait du document
«
Durant le Moyen-Age, les moines copistes avaient pour fonction de recopier et d’enluminer
les livres, leur donnant un rôle central dans la transmission du savoir, rôle qui sera remis en cause
par l’invention de l’imprimerie par Gutenberg vers 1450.
Ainsi, au cours de l’Histoire, les
différentes révolutions techniques et technologiques n’ont cessé de transformer les modalités
d’accès et de transmission du savoir et de l’information, et, aujourd’hui, c’est désormais le métier
de journaliste qui semble être remis en cause par le développement fulgurant des NTIC.
Nous pouvons d’abord définir le journalisme comme l’ activité professionnelle qui a pour
objet l’information quotidienne ou périodique du public par la communication des nouvelles et leur
commentaire, dans la presse écrite ou les divers autres moyens de communication.
De plus, on
entend par « nouvelles technologies de l’information et de la communication » ou NTIC l’ensemble
des outils comprenant l’informatique et la télécommunication permettant de produire et diffuser des
données numériques.
Enfin, la technologie est l’application pratique d’une science dans les
domaines de la recherche et de l’ingénierie.
Dans ce contexte, nous pouvons nous demander en quoi les récentes avancées
technologiques remettent en cause le statut de journaliste et son schéma traditionnel de
l’information ?
Nous verrons tout d’abord que la technologie entre en concurrence avec le journalisme,
notamment à travers la remise en cause du schéma traditionnel de l’information.
Puis, nous
observerons que l’intervention humaine reste nécessaire pour une bonne utilisation de ces moyens
technologiques dans le domaine de l’information.
Le 15 janvier 2009 est une date marquante, et ce, à deux égards.
D’abord, parce qu’un
Airbus A320 a été forcé d’amerrir d’urgence sur l’Hudson suite à une collision avec un groupe
d’oiseaux.
Heureusement, et presque miraculeusement, aucune victime n’a été à déplorer.
Mais, cet
évènement en a déclenché un autre, car le premier à diffuser cette nouvelle n’était pas un journaliste
ni un média traditionnel, mais Janis Krum, un américain de 23 ans, qui a partagé le premier une
photo de l’accident sur Twitter.
Cela a conduit à un bouleversement du schéma traditionnel de
l’information.
En effet, avant cette date, les journalistes étaient des « gatekeepers », c’est-à-dire des
intermédiaires qui gèrent l’accès des informations au public en choisissant ou non de les médiatiser.
La diffusion de l’information suivait donc une logique verticale, avec, en haut, les journalistes
détenteurs de l’information, la diffusant vers le public, présent dans la partie inférieure du schéma.
Avec Twitter et les réseaux sociaux, cette logique devient horizontale car ce sont les particuliers qui
transmettent désormais l’information à d’autres particuliers.
Cette logique horizontale a pris une
ampleur importante car, selon l’article Les 15-34 ans et leurs différents moyens d’information, écrit
par Thierry Wojciak et publié en 2018 sur CBnews, 71 % des 15-34 ans utilisent quotidiennement
les réseaux sociaux comme moyens d’information, ces derniers dépassant d’ailleurs largement le
second moyen le plus utilisé, à savoir les journaux télévisés qui ne sont consultés quotidiennement
que par 39 % des 15-34 ans.
Ainsi, le statut du journaliste a été profondément remis en question par
l’émergence de cette diffusion horizontale de l’information, favorisée par les réseaux sociaux.
Mais, aujourd’hui, ce n’est plus seulement le rôle du journaliste, mais l’existence du métier
de journaliste qui est remise en cause, notamment par l’émergence de l’intelligence artificielle.
Définissons d’abord l’intelligence artificielle comme un ensemble de propriétés de certains
systèmes informatiques très évolués, qui les rapprochent du cerveau humain.
L’intelligence
artificielle est aujourd’hui une actualité brûlante au vu des récentes avancées dans le domaine,
notamment avec la mise en ligne de ChatGPT le 30 novembre 2022.
Pour ce qui est du journalisme,
des médias expérimentent déjà l’utilisation de l’intelligence artificielle afin de se débarrasser de
contraintes matérielles.
En effet, certaines chaînes télévisées développent des avatars numériques
pour présenter certains programmes télévisés.
Dès 2021, Kuwait News avait développé une
animatrice virtuelle Fedha, pour présenter un bulletin d'information sur le compte Twitter de la
chaîne.
On peut également citer Jade, présentatrice virtuelle de la météo sur la chaîne suisse M Le
Média, ou encore la chaîne Channel 1.AI, qui est réalisée et est entièrement présentée par des
avatars générés virtuellement.
Ces avatars présentent d’énormes avantages car ils ne demandent pas
d’augmentation de salaire, ne font pas grèves, font tout ce qu’on leur dit quand on leur dit, ne
dorment jamais, ne se blessent jamais, etc.
De plus, l’IA peut aussi rédiger un grand nombre
d’articles.
Par exemple, en mars 2015 – avant ChatGPT – le journal Le Monde avait utilisé une IA
de la société Syllabs pour rédiger 36 000 articles couvrant les résultats des élections
départementales de chaque commune, grâce aux données du ministère de l’Intérieur.
Les
journalistes humains semblent peser bien peu face à cette concurrence démesurée.
D’ailleurs, selon
une étude menée en septembre 2024 par l’agence Oxygen, 62 % des journalistes sondés estiment
que l’IA pourrait nuire à l’éthique journalistique et....
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