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La Tunisie D'invasion en invasion, jusqu'à l'indépendance (Travaux Personnels Encadrés – HISTOIRE & CIVILISATION)

Publié le 30/04/2016

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tunisie

En 1590, la province tunisienne s'émancipe de la tutelle directe d'Istanbul et se dote d'un gouvernement autonome. Celui-ci est dirigé par

 

le dey sous la dynastie des Muradides, fondée par Murad l“, qui règne de 1612 à 1631. Sous la dynastie suivante des Husaynides, fondée par Husayn ibn-Ali, qui règne de 1705 à 1740, le dey est remplacé au pouvoir par le bey.

 

La Tunisie jouit alors d'une grande autonomie par rapport à l'Empire ottoman, tout en se plaçant sous sa protection. Le pays connaît une relative stabilité politique et un incontestable essor économique, nourri en grande partie par la piraterie.

fondation de Carthage Destruction de Carthage Invasion des Vandales Reconquête  byzantine Début de la conquête arabe Domination des chiites fatimides Règne des Hafsides Conquête  ottomane Protectorat  français Indépendance et présidence de Bourguiba Destitution de Bourguiba et présidence de Ben Ali

tunisie

« DES 0nOMANS AUX BEYS • En 1590 , la province tunisienne s'émancipe de la tutelle directe d'Istanbul et se dote d'un gouvernement autonome .

Celui-ci est dirigé par le dey sous la dynastie des Muradides , fondée par Murad 1" , qui règne de 1612 à 1631.

Sous la dynastie suivante des Husaynides , fondée par Husayn ibn-Ali , qui règne de 1705 à 1740, le dey est remplacé au pouvoir par le bey.

·la Tunisie jouit alors d 'une grande autonomie par rapport à l'Empire ottoman , tout en se plaçant sous sa protection .

le pays connaît une relative stabilité politique et un incontestable essor économique, nourri en grande partie par la piraterie .

UN ÉTAT AU BORD DE LA FAIUITE • Mais au début du X IX ' siècle, les marines européennes, lassées de devoir monnayer leur tranquillité en Méditerranée aux États barbaresques , dont la Régence de Tunis, décident d'unir leurs forces pour venir à bout de la piraterie qu'ils neutralisent définitivement.

• la disparition des revenus de la piraterie force le gouvernement tunisien à contracter d'importants emprunts.

Ses principaux créanciers sont la France , l'Italie et le Royaume­ Uni.

Bientôt , chacun de ces pays convoite le pays au bord de la faillite .

LE PROTECTORAT FRANÇAIS • En 1880 , deux ans après s'être vue octroyé des droits part iculiers sur le territoire par le traité de· Berlin, la France intervient en Tunisie sous prétexte d e mater la rébellion des montagnards Kroumirs, une tribu berbère .

• Cette expédition punitive débouche , le 12 mai 1881 , sur la signature du traité du Bardo par le bey Muhammad as-Sadiq, dont l'état-major doit se soumettre.

le traité instaure le protectorat français, en autorisant la France à occuper le pays " en vue du rétablissement de l'ordre et de la sécurité de la frontière et du littoral » .

• le traité est complété par la convention de la Marsa , signée le 8 juin 1883 par les deux pays, qui reconnaît officiellement l 'existence du beylicat tout en imposant l'administration directe française .

L'INSTAURATION D'UN RÉGIME COLONIAL • À partir de 1884, le pays est gouverné de Tuni s par un résident général, Paul Cambon, qui confisque progressivement tous les pouvoirs du bey, confiné à un rôle symbolique.

les ministres tunisiens sont remplacés par des directeurs techniques français .

• En quelques décennies, quelque 4 ooo familles de colons français s'établissent dans la région côtière du nord du pays (sur 850 ooo ha).

l'objectif est aussi d'équilibrer la forte présence de colons italiens.

• les cultures agricoles destinées à l'exportation (céréales, oliviers, vignes) sont favorisées ; les mines de zinc, de phosphates , de fer et de plomb valorisées .

le réseau routier, les installations portuaires (Bizerte, Tunis , Sfax) et le chemin de fer connaissent un développement sans précédent.

la création de nombreuses entreprises permet en outre un certain essor économique du pays .

les grandes villes, au premier rang desquelles Tunis, se développent.

le développement économique ne profite qu'à la puissance coloniale, les Tunisiens étant exclus de la gestion des affaires de leur pays .

D'où la montée du nationalisme .

L'tMERGENCE DES MOUVEMENTS NATIONALISTES • C'est l'élite intellectuelle, sensibilisée aux idéaux démocratiques européens et influencée par le nationalisme arabe, qui s'organise la première .

Ali Bach Ham ba et Hedi Star fondent dès 1907 le parti des Jeune s-Tunisiens .

• De 1914 à 1921 , les autorités françaises imposent l'état d'urgence.

De nombreux leaders nationalistes sont arrêtés et la presse anticolonialiste interdite.

Pourtant dès 1920, plusieurs chefs nationalistes s'unissent pour former un second parti , le Destour -« Constitution », en arabe - qui prône , pour la première fois, l ' idée d'indépendance .

• En 1934 , une scission au sein de ce parti entraîne la naissance d 'un nouveau mouvement, le Néo -Destour , dirigé par Habib Bourguiba (1903- 2000}, qui réunit les nationali stes libéraux et laïques , favorables à une ouverture sur l'Occident.

• Trois ans plus tard , de sanglantes émeutes se produisent à Tunis et provoquent l'interdiction de ce nouveau parti et l'arresta tion de ses chefs .

En 1938 , l'état de siège est proclamé .

LA MARCHE VERS L'INDÉPENDANCE • Durant la Seconde Guerre mondiale , les « néo-destouriens » poursuivent leur action en faveur de l'indépendance et amplifient leur mouvement en établissant un réseau de cellules politiques sur l'ensemble du territoire .

• Dès son accession au trône, en 1942 , Moncel bey leur apporte son soutien, faisant de la monarchie tunisienne , jusque-là soumise au pouvoir colonial, un symbole de résistance nationale.

Destitué , Moncel bey est exilé.

lamine bey (1943-1957 }, son successeur , surnommé le« bey destourien »,forme en 1950 un gouvernement auquel participe le secrétaire général du Néo-Destour.

• Mais les atermoiements de Paris face à l'exigence d'autonomie des Tunisiens encourage Habib Bourguiba à organiser la résistance armée.

Celui-ci est arrêté en janvier 1952 , emprisonné puis assigné à résidence en France .

la mobilisation nationaliste reprend de plus belle : grèves et émeutes réprimés par l'armée se succèdent.

• En 1954 , Pierre Mendès France, le nouveau président du Conseil, • le 20 mars 1956 , le traité du Bardo est abrogé et l'indépendance de la Tunisie reconnue .

• Les premières élections législatives organisées le 25 mars 1956 , donnent 95 % des suffrages au Néo-Destour.

Fort de cette large victoire, Habib Bourguiba , élu président de la première Assemblée nationale tunisienne puis nommé Premier ministre, écarte du pouvoir lamine bey ainsi que son principal opposant, Ben Youssef .

LA RÉPUBLIQUE TUNISIENNE • Habib Bourguiba proclame , le 25 juillet 1957 , la République tunisienne dont il devient le premier président la Con stitut ion, promulgu ée le 1 " juin 1959, instaure un régime présidentiel.

LES ANNÉES BOURGUIBA • la politique étrangère de Bourguiba se veut modérée : il entretient avec la France des relations étroites, malgré quelques incidents parfois graves, comme le bombardement d'une base du FLN algérien en territoire tunisien , à Sakiet-Sidi-Youssef, en 1958, ou les combats de 1961 à Bizerte, dernière base militaire française en Tunisie .

Il se tourne également vers le reste du Maghreb et le Proche-Orient arabe, encourageant une coopération économique et politique accrue.

• la Tunisie se rapproche ainsi de l'Égypte , normalise ses relations avec le Maroc et résout le contentieux frontalier avec l 'Algérie .

• Elle apporte en outre son soutien, en 1965 et 1966, à la création du Comité permanent consultatif du Maghreb qui préfigure l'Union du Maghreb Arabe (UMA}.

• Cette politique panarabe de Bourguiba est toutefois jugée trop modérée par les autres nations arabes qui lui reprochent notamment sa position mesurée vis-à-vis d 'Israël.

la Tunisie accueille pourtant en août 1982 les dirigeants de l'Organisation de libération de la Palestine chassés de Beyrouth .

le 1" octobre 1985, l'aviation israélienne bombarde le quartier général de I'OLP à Tunis, faisant soixante morts .

• Sur le plan intérieur , le président Bourguiba mène, dès son accession au pouvoir, une politique qui se veut à la fois moderniste (laïcisation de l'enseignement promulgation du Code du statut personnel avec interdiction de la polygamie et déclaration de l'éga lité entre les hommes et les femmes .

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), libérale (reconnais sance des libertés fondamentales) et socialiste (réforme agraire, développement planifié) .

Mais l'étatisation trop poussée de l'économie durant les années 1960 conduit à l'échec et à une nouvelle orientation , plus libérale .

·Durant les année s 1970 , le président Bourguiba exerce un pouvoir de plus en plus personnel et autoritaire.

Il obtient, en mar s 1975 , de se faire nommer prés ident à vie.

• Dans les années 1980, la contestation s'accroit.

le 26 janvier 1980 , des Tunisiens venus de Libye et aidés par Tripoli font une tentative de coup de force à Gafsa.

En décembre 1983, l'augmentation du prix du pain provoque de violentes émeutes qui sont réprimées par l'arm ée.

Dans le même temps , l'islamisme se développe à travers le pays .

·Alors que l'opposition marxiste menée par l'Union générale des travailleurs tuni siens (UGTT) est jugulée sans trop de difficultés , l'essor du fondamentalisme musulman se heurte à une répression musclée illustrée par l'exécution de plusieurs meneurs en 1987 ; les relations diplomatiques avec l'Iran sont rompues.

L'APRÈS-BOURGUIBA: L'hE BEN Au • Le 7 novembre 1987, le président Bourguiba, agé alors de 84 ans, est déclaré " médicalement empêché » et destitué .

• Il est remplacé, conformément à la Constitution , par son Premier ministre, le général Zine ei-Abidine Ben Ali.

• Avec ce dernier s'ouvre, dans un premier temps , une période de détente : la présidence de la République à vie est supprimée, le Code du statut personnel renforcé et la scolarité obligatoire garantie à tous les enfants de 6 à 16 ans.

• Parallèlemen~ le nouveau président engage vis-à-vis des islamistes une politique plus conciliante , s'attachant dans un premier temps à canaliser leurs reproches concernant la laïcité à outrance du régime.

Zine ei-Abidine Ben Ali encourage ainsi l'arabisation de l 'enseignement et le développement d'un islam d 'État : le contrôle des mosquées est instauré, la télévision publique diffuse les appels à la prière .

• le multipartisme est autoris é et les islamistes modé rés sont invités à participer aux élections législatives d'avril 1989 et aux élections municipales de juin 1990 , les premiers scrutins libres que connaît le pays .

Très vite, les islamiste s, regroupés au sein du parti En-Nahda (« Renaissance »), apparaissent comme la principale force d'opposition, au point que le président Ben Ali se ravise et interdit cette formation , faisant arrêter ses membres les plus actifs.

• Réélu en mars 1994 pour un mandat de cinq ans, avec 99,9 % des suffrages, le président Ben Ali poursuit sa politique répressive à l'encontre des islamistes, mais limite les réformes structurelles.

Il se consacre au décollage économique du pays et à une meilleure redistribution des revenus , avec succès.

Les résultats sont spectaculaires : le revenu par habitant double en dix ans, l'espérance de vie augmen te de cinq ans et le taux de mort a lit é infantile est divisé par deux.

• Mais le régime se rend coupable de graves manquements aux droits de l'homme , dénoncé s par les organisations internationales : arrestations arbitraire s, retraits de passeport , contrôle de la p resse , musellement de l'opposition non autorisée.

• En octobre 1999, le président Ben Ali est réélu avec 99,44 % des suffrages.

la Constitution en vigueur ne lui permettant pas de briguer un quatrième mandat en 2004, le chef de l'État soumet alors à référendum un projet de réforme constitutionnelle qui autorise le renouvellement sans limite des cand idatures à la présidence et repousse de 70 à 75 ans l'age limite pour se présent er.

le scrutin organisé en mai 2002 est un véritable plébiscite pour le chef de l 'État : 99,6 % de oui.

• l'autoritarisme du régime et la situatio n des droits de l'homme pourraient se révéler un obstacle à un accord d'associat ion entre la Tunisie et l'Union européenne et à la marche vers un partenariat euroméditerranéen .. »

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