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TPE: En quoi le roman Germinal de Zola permet-il de connaître les situations sociales des classes de cette époque ?

Publié le 28/08/2012

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Associations d'entraide et de secours mutuels à l'origine, les syndicats sont apparus en France au XIXe siècle. Héritiers des associations de résistance ouvrière, des mutuelles et des associations fraternelles, les syndicats vont se développer pour défendre les intérêts communs des ouvriers (hausse des salaires, meilleures conditions de travail…). Jusqu'aux années 1880, le mouvement syndical ouvrier français se met en place très lentement, car les difficultés sont très nombreuses (loi le chapelier, attitude répressive des autorités et du patronat…). Les chambres syndicales sont sous la menace permanente d'interdiction ; en 1872, le Cercle de l'union syndicale de Paris est dissous et, en 1877, il en est de même pour les chambres syndicales lyonnaises. Malgré cela, le mouvement syndical s’amplifie sur la même période ; un rapport de police dénombre 182 syndicats rassemblant 31700 adhérents en 1876. Quatre ans plus tard, les chiffres sont respectivement de 478 et 64000. A partir de 1880, plus de 50 % des grèves sont organisées, c'est-à-dire non spontanées, et les syndicats y jouent un rôle grandissant. En France, par exemple, à partir de 1887, les syndicats se manifestent dans 30 à 40 % des conflits contre 10 à 15 % entre 1871 et 1876 C’est dans ce contexte que la loi Waldeck-Rousseau, du nom du ministre de l'intérieur libéral de l’époque, est votée le 21 mars 1884. Elle est la première à autoriser les syndicats en France, en abrogeant la loi Le Chapelier. Elle vise tous les groupements professionnels et non les seuls syndicats de salariés

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« «Quel dîner, grand dieu! Une soupe à la tortue, du filet de chevreuil à la confiture de groseilles, d'excellents poissons, du pudding à la Nesselrod, du fricandeau detortue, des mayonnaises, des olives pour dessert auprès des raisins.

Ce menu-là manquait à la Gastronomie! ».

Les Grégoire gâtent leur fille autant qu'ils le peuvent tout d'abord parce qu'ils n'en ont qu'une et parce qu'ils ont tout leur temps et leur argent, étant de simple rentiers.Leur vie consistait à prendre du bon temps et s'assurer de l'éducation de leur enfant.

Les Grégoire pouvaient se permettre de se lever tard et s'occupaient comme ilsle pouvaient la journée en lisant, écoutant la radio ou la musique, ou s'occupant les mains et attribuant des tâches aux domestiques: « Chaque matin, il aimait àdonner un coup d'œil à la Piolaine […]», «Lui, avait pris un journal; elle, tricotait un grand couvre-pieds de laine» Ils s'octroient des petits plaisirs quand ils en ontenvie parce que c'est si facile de vivre simplement lorsqu'on en a les moyens: «[…] si vous faisiez la brioche ce matin, puisque la pâte est prête.

Mademoiselle ne selèvera pas avant une demi-heure, et elle en mangerait avec son chocolat […]».

Cécile fait du piano et étudie la littérature.

Aussi, les bourgeois organisent des bals,des estaminets, des diners entre eux : « […] sur mille maisons, il y avait plus de cinq cents cabarets».

Les hommes peuvent aussi chasser même lorsqu'ils travaillentcar ils rentrent relativement tôt à leur demeure.

Ils sont attachés au sens de la famille et souhaitent avant tout épargner.

Les loisirs et l'éducation sont la seuleoccupation des enfants et des femmes issus de la bourgeoisie.

Chez les Deneulin, Lucie chante tandis que Jeanne peint.

Madame Hennebeau, elle, s'occupe enorganisant des déjeuners ou des sorties.

Zola a bien représenté à travers cette femme le comportement des dames de la haute bourgeoisie.

En effet, MadameHennebeau reste capricieuse et ne se satisfait jamais du luxe dans lequel elle vit.

Ces manières sont le fruit d'une certaine éducation que recevaient les filles de lahaute bourgeoisie: «J'ai reçu vendredi ta bonne lettre; j'y ai lu avec plaisir le succès de ma fille Céline, mais je commence à craindre que notre jeune personne ne devienne tropmondaine.

Elle pleure pour qu'on la conduise au spectacle à 7 ans! Que fera-t-elle donc quand elle en aura 17! Jardin des fleurs, casino d'été, jardin zoologique, jardinbotanique, concert, comédie, ballets, vaudevilles, tout connaitre a 7 ans, quelle éducation avancée! Avoir fréquenté les belles sociétés de Paris et de Bruxelles, avoirfait la pluie et le beau temps dans ces deux capitales, quels succès enregistrés! […]»Lettre de L.Motte-Bossut, industriel roubaisien, à sa femme à Bruxelles, le 24 septembre 1854.Enfin, ces individus peuvent se permettent de partir en vacances.

Ils vont à la mer ou à la campagne où ils ont souvent une deuxième maison. Les femmes sont richement vêtues de soie, fourrure pour les manteaux, taffetas et lins pour d'élégantes robes.

Dans Germinal, Madame Hennebeau est assez coquetteet représente bien les bourgeoises du 19ème siècle: « […] sa toilette de soie bronze, drapée d'une mante de velours noir».

Les hommes sont souvent en costumes etredingotes et portent des chapeaux.

Ils se soignent aussi: «Le monsieur décoré et la dame en manteau de fourrure […]». B) La classe moyenne La classe moyenne évolue et se distingue des ouvriers par leur mode de vie et leurs vêtements.

Cette dernière classe sociale n'a guère de revenus plus élevés que laplupart des ouvriers mais elle va, par l'intermédiaire de l'éducation et l'école, monter les échelons sur l'échelle sociale.

Ils cherchent absolument à se détacher desclasses populaires et tentent d'adopter des modes de vie qui se rapprochent le plus de celui des bourgeois.

Elle est constituée des petits entrepreneurs et commerçants,ingénieurs et professions libérales.

Elle évolue considérablement au cours du 19ème siècle.

Elles sont appelées « middle class » en Angleterre et « couches nouvelles» en France.

Aussi, elle était le principal électorat des partis extrémistes pendant la troisième République.

La nouvelle organisation du travail est favorable à l'emploid'ingénieurs, de cadres ou simple employés.

L'Etat élargit ses actions en créant de nouveaux emplois dans l'éducation avec l'école obligatoire en 1881 par Jules ferry.Le développement des chemins de fer demande aussi beaucoup de main d'œuvre.

S'ils ne sont pas souvent mieux payer que les ouvriers, ils ont pour avantages d'avoirune vie stable et certains avantages comme une retraite relativement raisonnable et les congés payés qui ne sont obligatoires qu'en 1936 en France.Dans Germinal, il s'agit de Maigrat: il est commerçant à Montsou où il vend de tout.

Il n'accordera pas de crédit pendant les grèves c'est pour cela que les mineurs sevengeront de lui lorsque la révolte éclatera.

Notons que son nom est composé des mots « maigre » et « gras ».

On peut supposer que les bourgeois et les gens derevenus modestes se nourrissent du travail des ouvriers, ici des mineurs.

Maigrat vit dans une petite maison juste à coté de l'hôtel des Hennebeau.

On retrouve bienl'envie des classes moyenne de se rapprocher des classes bourgeoises. C) La classe ouvrière Entre 1860 et 1880, on compte 7.5 millions de paysans.

Pendant que certains cultivent des terres rentables et font des bénéfices plus ou moins importants, d'autreshabitants des régions plus isolées s'auto subsistent.L'artisanat devient de plus en plus difficile à cause de la concurrence des industriels qui vendent les mêmes produits pour moins cher.

Les ouvriers à domicile, eux,occupent leurs propres ateliers.

S'ils sont propriétaires de leurs outils, ce sont toujours les grands fabricants qui leur fournissent la matière première et ils vendentleurs produits à un faible coût.

Aussi, ils ont besoin de main d'œuvre de par leur accroissement et embauchent beaucoup d'hommes, femmes et même enfants : lamajorité des ouvriers sont salariés dans de petites usines de moins de 10 salariés au 19ème siècle.

C'est seulement une petite partie de la classe ouvrière qui estdécrite dans Germinal : les mineurs.

Etienne Lantier est le personnage principal.

On le connaissait déjà dans L'assommoir où il était le fils de Gervaise et AugusteLantier.

Renvoyé de son travail où il était mécanicien dans les chemins de fer, pour avoir donné une gifle à son patron.

Il est célibataire et ne doit subvenir qu'à sespropres besoins mais étant au chômage, il souffre autant que les autres familles de mineurs dans le besoin.

L'histoire s'ouvre sur ce personnage et c'est une assezbonne idée car il rappelle le taux de chômage touchant la population active qui était de 5 à 15%.

On distingue aussi les Maheu, dont le père est un des personnagesprincipaux.

Cette famille est représentative des mineurs de cette époque : ils travaillent à la mine depuis 5 générations.

Elle comporte 10 personnes.

Le père,Toussaint Maheu, la femme, La Maheude, le grand père, Vincent Maheu, surnommé Bonnemort (appelé ainsi car ayant survécu à trois accidents dans les mines) puisdes trois enfants, Zacharie, Catherine, Jeanlin, Alzire, Léonore, Henri et Estelle qui est encore un bébé.

Tout ce monde vit dans une seule maison appelée coroncomposée d'une pièce principale et d'une chambre.

Les Levacque sont les voisins des Maheu et ont deux enfants, dont une fille qui élève ses propres enfants chezeux.

Les Pierron qui ont une fille et vivent avec la mère de la Pierrone, la Brûlé.

Enfin, Chaval et les Mouques pour terminer. Zola décrit les corons à l'intérieur et à l'extérieur ainsi que celui des ouvriers en général au 19ème siècle : «Quatre heures sonnèrent au coucou de la salle du rez-de-chaussée […]», «[…] la chambre, carrée, à deux fenêtres, que trois lits emplissaient.

Il y avait une armoire, une table, deux chaises de vieux noyer […] ».

Il s'agit dela maison des Maheu, famille relativement nombreuse.

Les corons sont tous identiques à l'extérieur, quelque soit le nombre de personnes qui y vivent : « Jesympathise avec le vieux Maheu dit Bonnemort.

Il propose de me loger.

J'accepte.

Nous avançons côte à côte sans un mot.

Il apparait alors dans la plaine rase unalignement triste et morne de maisons : c'est le coron.

En longue file, deux rangs de maisons collées dos à dos.

Un petit trottoir de brique.

De l'autre côté de la rue desjardins sales, plantés d'arbustes maigres, sans allée tracée, très peu cultivés.

Des puits communs, des lieux communs… pas de séparations, quelques clôtures…Traînant ici et là quelques vieux baquets et vieux ustensiles crasseux.

».

Ici, l'écrivain décrit la monotonie des corons, s'étant avant l'écriture de son roman, rendu àAnzin au nord de la France pour visiter les corons, les mines et partager ainsi les sentiments des mineurs de l'époque pour les interpréter justement dans Germinal.

Ilélabore des plans avant de commencer à écrire ; les corons dans le livre illustrent très bien la réalité :Si certaines familles comme les Maheu vivent dans des maisons pauvrement aménagées, sans éléments décoratifs mais uniquement utiles, d'autres comme les Pierronsoignent leur intérieur car ils le peuvent : « […] une maison si nettement tenue, qu'on se serait miré dans les casseroles».Du côté de l'alimentation, les mineurs ne sont pas plus gâtés notamment en période de grève.

En effet, Zola se rend à Anzin au moment ou douze mille mineurs sesont mis en grève pour une durée de près de 2 mois.

L'alimentation représente la part la plus importante dans les dépenses d'une famille ouvrière.

Pourtant lesouvriers n'ont pas du pain tous les jours.

Zola insiste particulièrement sur ce point.

En effet plusieurs fois dans le roman, on prend pour référence le pain pour traduirela pauvreté des mineurs :« – On n'a pas de la viande tous les jours.– Encore si l'on avait du pain !– C'est vrai, si l'on avait du pain seulement ! » « – Au moins si l'on mangeait du pain à sa suffisance ! Répéta pour la troisième fois Etienne, sans transition apparente.. »

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