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Commentaire de document : La Lettre à tous les Français

Publié le 04/04/2015

Extrait du document

 

J'achève un septennat qui, pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, a connu l'alternance, c'est-à-dire la changement de majorité parlementaire, et ce à deux reprises, dont l'une, en 1986, aurait pu déboucher sur une crise grave. Tout en m'inclinant, comme c'était mon devoir, devant la volonté populaire, j'ai maintenu, grâce à votre confiance, l'autorité de ma fonction. C'est de cette confiance que je me réclame aujourd'hui pour que nous tirions ensemble la leçon de ces événements. Je pense et j'espère que, quelles que soient les majorités futures, on en retournera ni au président « absolu « des débuts de la Ve République, maître en fait de tous les pouvoirs, ni au président « soliveau «** de la IV' République, qui n'en avait aucun.

(—)

L'intérêt de la démocratie, comme l'intérêt de la France, est que le président élu au suffrage universel soit à la fois responsable et arbitre. Responsable de la route à suivre par la nation quand sa sécurité et sa place dans le monde sont en jeu, responsable des grandes orienta­tions de la politique extérieure et de la défense du pays. De 1981 à 1988, j'ai appliqué cette règle en dépit des obstacles qui m'ont été opposés ces dernières années. Élu de nouveau à la magistrature suprême, c'est dans ce sens que je l'interpréterai.

 

Mais le président de la République, gardien des institutions, assure aussi, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l'État. (...)

4 — En utilisant la qualificatif « absolu « pour désigner les pouvoirs du président au début de la Ve République, François Mitterrand ne fait que rappeler la façon dont le créateur de la Ve République exer­çait les pouvoirs du président de la République. De Gaulle bénéficia pratiquement toujours d'une majorité écrasante à l'Assemblée natio­nale, qui lui permettait un pouvoir sans partage. À l'inverse sous la IV' République, le président de la République avait très peu de pou­voirs, d'où l'utilisation du mot « soliveau « pour caractériser ses pou­voirs. La IV' République était un régime qui donnait la réalité du pouvoir à l'Assemblée nationale. Le véritable chef de l'exécutif n'était pas le président de la République, mais le chef du gouvernement qui avait pour titre celui de président du Conseil.

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