TH2/CH1/HIST/T : LA FIN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET LES DÉBUTS D’UN NOUVEL ORDRE MONDIAL
Publié le 15/06/2026
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TH2/CH1/HIST/T : LA FIN DE LA
SECONDE GUERRE MONDIALE ET LES
DÉBUTS D’UN NOUVEL ORDRE MONDIAL
Introduction
•En 1945, les capitulations de l’Allemagne et du Japon sont
rendues possibles par l’alliance militaire et diplomatique des
États-Unis et de l’URSS notamment.
Mais l’ampleur des pertes
humaines et des destructions matérielles liées à la guerre sont
absolument colossales.
•Les puissances victorieuses espèrent faire de l’année 1945 le
début d’une nouvel ordre mondial (expression désignant l’état
des relations internationales, fondées sur la paix, la sécurité et
la prospérité).
La création de la BIRD et du FMI en 1944 puis de
l’ONU en 1945 témoigne de cet espoir.
•Cependant, l’alliance entre les États-Unis et l’URSS se fissure
et leur rivalité idéologique débouche sur la Guerre froide (conflit
idéologique et indirect entre les États-Unis et l’URSS) à partir
de 1947.
•Problématique : Pourquoi la fin de la Seconde Guerre
mondiale ne se traduit-elle pas par l’établissement de la
paix immédiate ?
I.
Au sortir de la guerre, un monde
meurtri
A.
Un très lourd bilan matériel
•Les dégâts matériels liés à la Seconde Guerre mondiale sont
considérables.
En Europe comme en Asie, les villes sont des
champs de ruines.
Elles ont été les premières cibles des
bombardements : en Allemagne, Berlin a perdu la moitié de ses
logements ; au Japon, Hiroshima a été rasée sur un rayon de 2
kilomètres ; en Pologne, Varsovie est détruite à 85%...
•Les économies sont exsangues.
Les infrastructures de
transport et de production sont endommagées : en URSS, 54%
des lignes de chemin de fer sont hors d’usage et 50 à 70% des
logements ont été détruits.
Les économies tournent au ralenti :
dans presque tous les pays, le PIB de 1945 est inférieur à celui
de 1939 (moins 22% en URSS)
•Seuls les États-Unis, qui sont épargnés par les destructions,
sont les grands vainqueurs économiques de cette guerre : ils
voient leur production industrielle doubler entre 1939 et 1945
pour soutenir l’effort de guerre (production d’armes et
d’armements).
B.
Des dizaines de millions de morts
•La Seconde Guerre mondiale entraîne un choc
démographique : avec un bilan compris entre 50 et 70 millions
de morts, la Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus
meurtrier de l’histoire de l’humanité, dont 62% sont des civils.
La politique génocidaire nazie a coûté la vie à 6 millions de
Juifs, soit près de 40% de la communauté juive mondiale.
•Les populations sont touchées par des famines à cause des
prélèvements et des destructions.
Un million de Japonais sont
morts de faim en 1945-1946.
Le rationnement (limitation de la
vente et de l’achat de nourriture par un système de tickets)
dure généralement jusqu’en 1950.
•Des déplacements de population ont lieu.
Des millions de
déportés et de travailleurs forcés rentrent chez eux à la fin de
la guerre.
Les flux de populations s’accentuent avec le
changement de tracé de certaines frontières.
Au printemps
1945, cinq millions de déplacés (civils qui se trouvent en 1945
en dehors de leur pays d’origine) sont recensés dans la seule
Allemagne.
C.
Un traumatisme de grande ampleur
•La guerre génère des traumatismes.
Entre août 1944 et
janvier 1945, les Soviétiques, les Anglais et les Américains
libèrent les camps de concentration et les centres de mise à
mort.
Même si des informations circulent dès 1942, la
médiatisation des camps nazis crée un véritable choc moral : à
leur retour, rares sont les rescapés qui témoignent.
•Bien que les Japonais et les Américains taisent les
conséquences des bombardements atomiques, le nombre de
morts (compris entre 150 000 et 250 000 personnes) et le
développement des cancers et des leucémies soulèvent l’effroi :
quelques voix, comme le philosophe français Albert Camus,
dénoncent l’usage de l’arme atomique et à partir de 1949, un
mouvement pacifiste voit le jour, réclamant l’interdiction des
bombes atomiques.
•Après la guerre, le procès de Nuremberg (novembre 1945octobre 1946) juge 22 criminels de guerre nazis, dont Hermann
Goering, le Ministre de l’aviation.
Pour la première fois, les
notions de génocide (destruction programmée, méthodique et
systématique, totale ou partielle, d’un groupe en raison de son
origine, de sa religion ou de son appartenance ethnique) et de
crime contre l’humanité (violence généralisée ou systématique
contre une population civile)apparaissent et sont définies.
Trois
accusés sont acquittés, douze sont condamnés à mort et
pendus, les autres sont emprisonnés.
•Les Alliés lancent aussi la dénazification (politique mise en
œuvre par les Alliés en Allemagne à partir de 1945 consistant à
épurer la société allemande du nazisme) de l’Allemagne à partir
de 1945 mais il s’agit d’une opération difficile.
De nombreux
dirigeants nazis ont pu fuir le pays (comme Klaus Barbie, le
chef de la Gestapo de Lyon de 1943 à 1944), d’autres ne sont
pas inquiétés ou continuent même à exercer des fonctions
politiques (comme Kurt Kiesinger, membre du parti nazi dès
1933, qui est chancelier de RFA entre 1966 et 1969).
•Au Japon, les Américains organisent le procès de Tokyo (mai
1946-novembre 1948).
Vingt-huit militaires et ministres, dont
le général Tojo, l’ex-Premier ministre, sont jugés pour crimes
contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Tous les accusés sont déclarés coupables : 7 ont été
condamnés à mort et pendus ; les autres sont condamnés à de
la prison.
II.
Un nouvel ordre mondial
A.
Empêcher le retour de la guerre
•La volonté de favoriser une paix durable est un désir précoce.
Esquissée dès août 1941 avec la Charte de l’Atlantique signée
par Roosevelt et Churchill, l’Organisation des Nations unies est
officiellement fondée le 26 juin 1945 à la conférence de San
Francisco.
Sa charte de fondation énonce ses objectifs :
maintenir la paix et étendre la démocratie sur la planète.
•L’ONU ne souhaite pas refaire l’erreur de la Société des
Nations (SDN).
La SDN fonctionnait à l’unanimité et était
souvent paralysée.
Pour éviter cela, il est décidé que les cinq
vainqueurs de la guerre (URSS, États-Unis, Royaume-Uni,
Chine et France) soient membres permanents du Conseil de
sécurité et disposent d’un droit de veto sur les décisions.
•Les États membres s’engagent à respecter le principe de
l’égalité entre nations et à unir leurs forces pour maintenir la
paix et la sécurité collective (système qui veut assurer une paix
durable par une solidarité active entre les États qui garantissent
mutuellement leur indépendance).
B.
Reconstruire les économies
•Afin de reconstruire le système financier mondial, deux
modèles s’opposent.
Dès 1942, le britannique John Meynard
Keynes et l’américain Harry White sont mandatés pour réformer
le système.
Tous les deux veulent une banque mondiale mais
Keynes souhaite favoriser la croissance économique avec une
monnaie internationale (le bancor) alors que White veut
stabiliser les taux de change (prix d’une monnaie par rapport à
une autre) avec un fonds spécial.
•Les accords de Bretton Woods sont signés en juillet 1944,
après de longues négociations entre les 44 pays alliés.
Une
Banque internationale pour la reconstruction et le
développement (BIRD) voit le jour et le Fonds monétaire
international (FMI) est créé afin d’assurer la stabilité du
système financier mondial.
Les accords sont très favorables aux
États-Unis puisque seul le dollar est convertible en or (en 1945,
les États-Unis détiennent deux tiers du stock mondial d’or) et
parce que le siège de la BIRD et du FMI sont implantés à
Washington.
•La croissance économique repart rapidement après-guerre
grâce à la reconstruction, au nouvel élan donné aux échanges
commerciaux et aux aides financières versées par les ÉtatsUnis (plan Marshall en 1947 en Europe de l’Ouest et plan Dodge
en 1949 au Japon) : elle atteint des niveaux élevés (+5% par
an dans les pays d’Europe, +9% par an au Japon).
Dans les
pays occidentaux, le PIB brut par habitant double entre 1945 et
1960.
C.Protéger les populations
•À la fin de la guerre, l’idée d’une généralisation de la
protection sociale fait surface.
L’État-providence (forme
politique dans laquelle l’État intervient dans le domaine social
et économique pour garantir le bien-être de ses citoyens) est
expérimenté par le chancelier allemand Bismarck dans les
années 1880, avec un système d’assurances sociales pour les
ouvriers puis dans les pays scandinaves lors de la crise des
années 1930.
En 1941, l’article 5 de la Charte de l’Atlantique en
fait un moyen de la paix.
•En novembre 1942, paraît au Royaume-Uni le rapport
Beveridge du nom de l’économiste britannique William
Beveridge qui l’a rédigé :il y définit le Welfare State (expression
signifiant État-providence en anglais) et propose que ce-dernier
ne se limite pas à redistribuer des richesses mais qu’il mette les
populations à l’abri des risques et du besoin.
Après la guerre,
les démocraties occidentales adoptent ce modèle, avec des
variantes nationales.
Les lois sociales se multiplient : création
de la Sécurité sociale en France en 1945, loi sur la « retraite du
peuple » en Suède en 1946, loi sur la santé au Royaume-Uni en
1948...
Point de passage et d’ouverture 1 : «15 mars
1944 : le programme du CNR »
•Rédigé le 15 mars 1944, le programme du Conseil national de
la Résistance constitue le fondement de l’État-providence en
France.
Il propose....
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