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Chapitre III de Germinie Lacerteux, les frères Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870) de Goncourt

Publié le 17/01/2013

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BELHADJ-KACEM pour le vendredi 14 Déc. Sofiane Commentaire de texte n°1 Le texte soumis à notre étude est extrait du chapitre III de Germinie Lacerteux, une oeuvre naturaliste écrite par les frères Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870) de Goncourt. La première publication fut en janvier 1865 dans la Bibliographie de la France, quatre ans avant leur dernier livre en commun, Jules étant mort cinq ans après la parution de Germinie Lacerteux. Edmond continuera seul sa vie d'écrivain. Les deux écrivains, dans cet extrait, nous parlent d'une petite fille de quatorze ans dont le nom est celui du titre du roman : Germinie lacerteux, qui est abusée sexuellement et qui garde le silence. Elle est envoyée en ville pour subvenir aux besoins de sa famille campagnarde et pauvre. Le thème principal étant l'abus, nous allons nous poser la question, en quoi le portrait de la déchéance de Germinie Lacerteux, révèle-t-il la dimension naturaliste du roman ? Pour y répondre, nous verrons d'abord le calvaire d'une jeune provinciale, puis nous étudierons le portrait d'une victime avant d'analyser le naturalisme noir des Goncourt. *** Travaillant dans un bar, en tant que serveuse, Germinie est en contacte continu avec des clients qui sont pour la plus grande majorité voir même pour l'intégralité des hommes. Mais ces hommes, à la vue d'une jeune pet...

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« terreur qui ne partira jamais. Ils l’utilisent comme d’un jouet sans penser réellement au mal qu’ils lui font subir, pensants que ce ne sont que des plaisanteries. Germinie a à faire à des gens dont le pitoyable comportement est pire à celui d’un animal. Comme nous avons pu le voir avec la relation des garçons de café et du maître de l’établissement avec la souffrance de Germinie, le texte commence à nous parler de plusieurs femmes et le lecteur s’attend à ce que ces femmes prennent conscience de l’abus vécu par cette jeune fille mais malheureusement, ce ne sera pas le cas. Parmi ces femmes, nous aurons les sœurs de Germinie et la femme du maître de l’établissement. Contrairement à ce que le déroulement du texte nous laisse penser, la femme du maître n protégera pas Germinie mais au contraire, pour renforcé cette image de petite fille naïve, pauvre et sans défense, l’utilisera à ses fins personnelles comme « porter ses lettres à ses amants » (l. 22-23). Ses sœurs sont tout aussi cruelles car leur relation du sang voudrait qu’elles lui viennent en aide mais elles ne l’écoutent pas et vont même à faire l’opposer des réclamations de leur sœur, « une semaine, ses sœurs furent obligées de la ramener de force au café » (l. 32). Ces incompréhensions confortent la vision de la prison dans laquelle est enfermée Germinie. Nous verrons que Germinie à tout d’un portrait d’une victime. * Au début de cet extrait, nous avons le narrateur qui nous présente péjorativement Germinie. Il nous la décrit de telle sorte à créer en nous un sentiment à la fois de dégout, et de pitié envers elle. Puis au fur et a mesure du texte, cette petite fille maigre, sale, pauvre et mal vêtue devient adulte. La logique du lecteur le pousse à croire qu’elle va s’enjoliver, prendre des formes mais hélas, même si elle prend « un peu de chair au corps, un peu de couleurs aux joues » (l.15), ce ne sera pas le cas. Comme si cela ne suffisait pas pour rendre Germinie repoussante physiquement repoussante aux yeux du lecteur, les écrivains vont la faire passer de l’état de petite fille maigre à l’état de jeune femme grosse, sans s’arrêter et voir même passer par le juste milieu. Germinie est donc assez répulsive. C’est aussi une fille moralement bouleversée car elle ne peut s’épanouir dans un milieu qui, pour quelqu’un de l’extérieur, n’est qu’un bar, mais qui pour elle représente un véritable enfer. C’est une « petite fillette sauvage ? ne sachant rien, l’air malingre et opprimé, peureuse et ombrageuse » (l.5-6). Elle est dite sauvage, serte de par son style vestimentaire, mais aussi de sa provenance de la campagne et qui aurait du mal à s’adapter à la ville. Elle est aussi opprimé, peureuse et ombrageuse car elle est soumise à de « lâches plaisanteries » (l.4) et de « mystifications cruelles » (l.4) soit des paroles et des actes qui ne sont pas de son âge et qui bloquent son évolution. »

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