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Commentaire de texte: MADAME BOVARY, Portrait de Catherine Leroux (scène des comices)

Publié le 16/11/2011

Extrait du document

bovary

c. tous les officiels avec leurs habits noirs et leurs croix - et peut-être aussi les badauds - gratifiés par le narrateur de «bourgeois épanouis «, sans doute gras et rouges, satisfaits d'accorder ainsi généreusement, paternellement, une médaille d'argent à cette pauvre femme qu'ils ont exploitée pendant plus d'un demi-siècle. Flaubert fait effectivement de cette femme un symbole: «Ainsi se tenait, devant ces bourgeois épanouis, ce demisiècle de servitude. « (souligner la métonymie: passage de l'individuel, la vieille femme, au symbole « demi-siècle de servitude «). Elle devrait être la mauvaise conscience des bourgeois, mais ils se dédouanent de leur responsabilité, et s'enorgueillissent même, en lui remettant une breloque. Conclusion: Nous avons vu comment l'auteur, en partant de l'observation d'un témoin anonyme, met en scène un type social victime d'une société bourgeoise bien pensante. Flaubert ne se limite pas à « photographier« le réel; il lui donne sens en concentrant les effets. Le contraste est violent ici entre les « bourgeois épanouis« et cette vieille serve ~ « ratatinée «, abrutie par ces mêmes bourgeois.

bovary

« mutisme et leur placidité.

» Mais si Flaubert accuse ainsi les traits (exagération probable dela réalité), c'est afin de mieux faire ressortir le contraste avec les «bourgeois ». III.

portée satirique de l'extrait: Flaubert brosse ce portrait pathétique dans une intentionsatirique .

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Il en fait un portrait pathétique: souligne sa vulnérabilité, sa faiblesse, sonusure; il recourt à des expressions témoignant de la sollicitude du narrateur à son égard«comme pour présenter d'elles-mêmes l'humble témoignage de tant de souffrances subies»,« ses pauvres vêtements» ; mais il dresse moins le tableau d'un individu que d'un type.Son intention apparaît clairement dans la phrase de conclusion de ce portrait: « Ainsi setenait, devant ces bourgeois épanouis, ce demi-siècle de servitude.

» Catherine Lerouxsymbolise la servitude.

« Cinquante quatre ans de bons et loyaux services dans la mêmeferme » - on perçoit l'ironie de l'auteur dans l'expression« bons et loyaux services»: il fautlire en effet «54 ans d'exploitation », depuis le plus jeune âge donc, condamnée à faire lestravaux les plus durs, les plus rebutants, jour après jour (pas de week-ends ni de congésalors, il faut s'occuper des animaux sept jours sur sept): 54 ans sans considération, sans rienpour lui ouvrir l'esprit, ni lectures, ni voyages ...

Comment s'étonner alors de cet êtrerabougri, mi-humain mi animal? Les bourgeois peuvent être épanouis, cette petite vieille estun modèle du genre pour eux .

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La satire se perçoit dans la mise en scène des autrespersonnages: a.

le maire, dont l'attitude méprisante est soulignée «Est-elle sourde? » ; ils'impatiente, craignant sans doute que par ses hésitations la vieille femme gâche lacérémonie « Enfin y est-elle? », et bondit de son siège dans un comportement qui manquede dignité.

Remarquer que le narrateur le désigne uniquem=s, par son patronyme, guèreflatteur « Tuvache ».

b.

le Conseiller, dont les paroles mielleuses «vénérable Catherine-Nicaise-Élisabeth Leroux» sont insupportables en pareilles circonstances et dont le ton«paternel» trahit le sentiment de supériorité; c.

tous les officiels avec leurs habits noirs etleurs croix - et peut-être aussi les badauds - gratifiés par le narrateur de «bourgeoisépanouis », sans doute gras et rouges, satisfaits d'accorder ainsi généreusement,paternellement, une médaille d'argent à cette pauvre femme qu'ils ont exploitée pendantplus d'un demi-siècle.

Flaubert fait effectivement de cette femme un symbole: «Ainsi setenait, devant ces bourgeois épanouis, ce demisiècle de servitude.

» (souligner lamétonymie: passage de l'individuel, la vieille femme, au symbole « demi-siècle de servitude»).

Elle devrait être la mauvaise conscience des bourgeois, mais ils se dédouanent de leurresponsabilité, et s'enorgueillissent même, en lui remettant une breloque. Conclusion: Nous avons vu comment l'auteur, en partant de l'observation d'un témoinanonyme, met en scène un type social victime d'une société bourgeoise bien pensante.Flaubert ne se limite pas à « photographier» le réel; il lui donne sens en concentrant leseffets.

Le contraste est violent ici entre les « bourgeois épanouis» et cette vieille serve ~ «ratatinée », abrutie par ces mêmes bourgeois.. »

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