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Commentaire : Le dîner de Turin, Les Confessions, Rousseau

Publié le 27/01/2026

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« Introduction : Le dîner de Turin Dans Les Confessions, œuvre autobiographique de Jean-Jacques Rousseau, publiée en 1782, l’écrivain retrace les événements marquants de sa vie en mêlant narration, introspection et réflexion sociale. L’extrait intitulé sous le nom du « dîner de Turin » nous plonge à une époque où le jeune Rousseau, encore valais au service du comte de Gouvon, assiste à un dîner où se Mlle de Breil, la petite-fille du comte, dont il est épris en silence.

La distance sociale qui les sépare semble interdire tout rapprochement, mais un événement inattendu, un grand dîner mondain, lui offre l’occasion inespérée de faire valoir son mérite.

C’est au détour d’une leçon d’étymologie, prodiguée avec assurance devant une assemblée de nobles, que Rousseau parvient à s’illustrer. Nous verrons comment Rousseau met-il en scène, à travers cet épisode, le triomphe symbolique du mérite sur la hiérarchie sociale ? Nous verrons d’abord en quoi cette scène constitue pour le jeune Rousseau une expérience nouvelle et opportune, avant d’analyser son triomphe par la parole, puis de montrer qu’il s’agit d’un moment aussi intense que fugitif, porteur d’une vérité plus amère sur la condition du domestique. Axes : -​ -​ -​ Une expérience nouvelle et favorable au valais Le triomphe par la parole Un moment de bonheur passager Une expérience nouvelle et favorable au valais 1.

Découverte d’un grand dîner mondain pour le valet Rousseau 1ère phrase indique le contexte de l’expérience nouvelle qu’est un grand dîner mondain et ses coutumes : « pour la première fois, je vis avec beaucoup d'étonnement le maître d'hôtel servir l'épée au côté et le chapeau sur la tête » ●​ Champ lexical du dîner et de la noblesse : « un grand dîner », « le maître d'hôtel », « la tapisserie », « les armoiries », « la maison de Solar », « les Piémontais », « le vieux comte de Gouvon » → Cadre aristocratique, univers codé et hiérarchisé ●​ Indication temporelle : « pour la première fois » → Souligne le décalage du personnage avec le milieu qu’il découvre, exprime son inexpérience face à ces coutumes aristocratiques ●​ Phrase avec groupe prépositionnel : « je vis avec beaucoup d'étonnement le maître d’hôtel servir l’épée au côté et le chapeau sur la tête » et « avec beaucoup d’étonnement » → Exprime sa surprise, son incrédulité face à cet évènement inhabituel, révélant une distance sociale 2.

Expérience qui se rélève favorable Rôle du hasard ●​ Locution adverbiale : « Par hasard, on vint à parler de la devise de la maison de Solar, qui était sur la tapisserie avec les armoiries » → Valeur d’un heureux concours de circonstances, favorable à Rousseau ●​ Phrase avec conjonction de coordination : « le vieux Comte allait répondre, mais ayant jeté les yeux sur moi, il vit que je souriais sans oser rien dire : il m'ordonna de parler » → Intervention décisive de Rousseau facilitée par une interruption opportune. Succession de hasards heureux / Enchaînement des circonstances, ce qui permet de mettre en valeur Rousseau Le triomphe par la parole 3.

La convergence des regards vers le valet / Les regards ●​ Champ lexical du regard avec les verbes de perception visuelle (voir, regarder, …) : « Le vieux comte […] ayant jeté les yeux sur moi, il vit » ; « Tout le monde me regardait et se regardait » ; « Mlle de Breil […] daigna me jeter un second regard » → Le regard devient un vecteur de reconnaissance sociale, il révèle les qualités de Rousseau, il devient visible aux yeux de tous qui en principe est invisible par sa fonction → Progression dans l’intensité et le prestige des regards : d’abord celui du comte, puis ceux de toute l’assemblée, enfin celui de Mlle de Breil.

→ Cette gradation marque l’ascension symbolique du valet dans la scène, revalorisé par l’attention croissante qu’il suscite 4.

Renversement des positions / des rôles Une série d’inversions ●​ Au début : Rousseau, valet, est surpris par les codes de l’aristocratie et n’ose pas prendre la parole → « je vis avec beaucoup d’étonnement le maître d’hôtel servir l'épée au côté et le chapeau sur la tête » et « je souriais sans oser rien dire » ●​ À la fin : ce sont les nobles qui sont étonnés par le valet (inversion du regard) et qui sont muets d’admiration → « Tout le monde me regardait et se regardait sans rien dire […] On ne vit de la vie un pareil étonnement » (Hyperbole) Ces inversions stylistiques suggèrent le renversement de l’ordre social (valet / aristocratie) et la revanche de Rousseau.

Il passe de l’invisibilité à la reconnaissance. Renversement du regard social : Regard différent de celle qui l’admire ●​ Rousseau admire Mlle de Breil comme le souligne la phrase → « Mais ce qui me flatta davantage fut de voir clairement sur le visage de Mlle de Breil un air de satisfaction ». ●​ Mais celle-ci le dédaigne → « Cette personne si dédaigneuse daigna me jeter un second regard qui valait tout au moins le premier » ●​ Mais après son intervention, elle le regarde sous un nouvel angle et s’interrese même à lui car elle lui demande de la servir → « Quelques minutes après, Mlle de Breil, levant derechef les yeux sur moi, me pria, d'un ton de voix aussi timide qu'affable, de lui donner à boire.

» 5.

Le pouvoir de la parole / Une parole savante ●​ Nombreuses négations et verbes d’opinions lorsqu’il s’exprime (croire, paraisser) : « Alors je dis que je ne croyais pas que le t fût de trop » et « qu'ainsi la devise ne me paraissait pas dire » → Il a un.... »

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