Expériences médiatiques au XIXème siècle
Publié le 27/03/2026
Extrait du document
«
Quand la littérature inventait le journalisme : expériences médiatiques au début
du XIXe
SEANCE 1
INTRO
Pour parler de l’histoire du journalisme, on doit passer par l’histoire de la littérature.
Tous les
premiers journalistes en France étaient des écrivains.
(Le mot journaliste n’est apparu dans les
dicos qu’à la fin du XIXe).
Avant, on ne les appelait pas journalistes mais « écrivains de
journal » ou « hommes de lettres » soit publiciste (pas au sens d’aujourd’hui, mais jusqu’au
milieu du XXe siècle, c’est qlq1 qui publie).
Il n’y a pas en France de grand écrivain au XIXe siècle qui n’ait pas été journaliste.
Tous ont
été journalistes.
A part un : Flaubert.
50% des poèmes des fleurs du mal sont parus dans les journaux par exemple.
Donc pourquoi les écrivains ont été journalistes ?
Le journalisme est devenu pour les écrivains une ressource financière.
Dans des
périodes où les livres se vendaient très mal, c’était un plus.
Balzac a passé sa vie à chercher de
l’argent.
Dans son quotidien, c’était une fashion victim, un dépensier compulsif : « je tiens à
la fashion », Balzac.
Qu’est-ce que ça a changé au journalisme en France que la presse soit fabriquée par des
écrivains ? Quelles sont les conséquences pour les journaux de cette contribution des
écrivains ?
On compte parler de la presse moderne.
Le premier journal en France a été créé au
XVIIe siècle.
Il s’appelle La Gazette, lancé par T.
Renaudot (ce qui a donné le prix
littéraire).
Justement, jusqu’au XIXe, on dit que les journaux constituent la presse
ancienne, caractérisée par trois traits :
Presse censurée, sous contrôle politique, ce qui en modifie le contenu.
La
Gazette était sous contrôle du roi par exemple.
Cette presse était très chère, et donc peu diffusée et réservée à une élite, à un
rectorat très restreint bourgeois ou aristocratique.
(Aussi lié à un pb
d’analphabétisme).
Cette presse ancienne ne parle pas de politique (déjà parce qu’elle est
censurée) et parle de tout sauf d’actualité politique.
D’autres formes
d’actualités : avancées scientifiques (Le journal des savants), dernières
parutions littéraires, actualités culturelles (critiques musicales, théâtrales… ex :
Diderot qui écrivait des critiques de tableaux).
La presse moderne est donc née après la Révolution française.
AUX FONDEMENTS DU JOURNALISME MODERNE, LA REVOLUTION FRANCAISE
La Rev.
Fr s’est faite par les journaux mais aussi pour les journaux.
Il y a un avant et après
Rev Fr.
On peut considérer que la presse a joué un rôle capital dans le processus
révolutionnaire.
On peut retracer l’histoire de la Rev Fr à travers les journaux, qui s’organise
en trois temps :
Les prémices de la Rev Fr (1788-1789)
Les journées révolutionnaires (1789)
L’héritage pour la presse de la révolution
D’une manière générale, le moment révolutionnaire représente pour la France une bascule
d’un régime du secret à un régime de la transparence.
Revendication tjrs en vigueur aujourd’hui : transparence de la vie publique.
(a donné
aussi une loi récente des années 2000).
Cette transparence fait partie de la def de la
démocratie.
Un régime démocratique est un régime dans lequel le peuple a le pouvoir
et a accès aux informations qui le concernent parce que ce droit à l’information est ce
qui lui permet d’exercer son pouvoir de citoyen.
Aujourd’hui, il existe un impératif qui s’impose à l’Etat, qui est l’ouverture des données
publiques (on a accès à un site qui s’appelle Datagouv).
1) Les prémices
En début juillet 1788, la Fr va très mal.
Crise économique et financière, famines, révoltes.
Pour résoudre ces crises, le roi Louis XVI décide, sous la pression de son ministre des
Finances, de consulter le pays.
Il organise cette consultation sous la forme des Etats
Généraux.
Il annonce que, en 1789, seront réunis les Etats Généraux pour Réformer Les
Finances Royales (nom complet).
On donne au pays un an pour répondre à cette consultation.
Rédaction des cahiers de Doléances qui seront remis lors des E.
G de printemps 89.
Ceci est un déclic qui va transformer la presse, qui va mobiliser l’opinion, faire
connaître à l’ensemble du pays que les citoyens sont appelés à rédiger ces cahiers.
Ainsi, la censure est réduite pour informer les citoyens par la presse de l’actualité.
EFFET IMMEDIAT : des centaines de journaux vont se créer.
Des nouveaux journaux qui
profitent de cette brèche pour prendre la parole.
Explosion.
On voit apparaître des dizaines de
pamphlets, des centaines de brochures et des journaux.
Premier âge d’or de la presse.
On n’avait jamais vu cet essor auparavant, en une si
courte période et pour traiter d’actualité politique.
DEUXIEME CONSEQUENCE : Dans les cahiers de doléances, alors que les citoyens sont
consultés sur les Finances, on voit revenir une revendication attendue qui va être répétée un
peu partout : la liberté de la presse.
Le peuple a pris conscience de cette nécessité de
s’exprimer et de s’informer dans l’espace publique.
Premier pas vers un nouveau type de
journalisme qui parle politique et qui s’adresse à tous les citoyens.
Tout s’accélère en 1789.
2) Printemps et Eté 1789
Ce sont les premiers pas d’un journalisme d’actualité qui va être contemporain de la réunion
des Etats Généraux du 5 mai 1789.
Le roi Louis XVI va promulguer à cette occasion une
circulaire qui autorise formellement la création de nouveaux journaux pour rendre compte des
Etats Généraux.
Les journaux donc rendent compte « en se bordant aux faits dont ils pourront
se procurer la connaissance exacte sans se permettre aucune réflexion ni commentaire ».
Ces
mots définissent le journalisme d’information (restituer les faits sans commentaire)
Encourage la création de nouveaux journaux.
Ce qui change de la première période
c’est que les journaux qui se créent après mai 1789 vont être des journaux quotidiens.
En janvier 1789 : 1 seul journal quotidien : le journal de Paris, journal en français
fabriqué en Hollande pour éviter la censure.
En décembre 89 : il y en a 24 car :
o Accélération du tempo politique
o Démocratisation de l’évènement politique qui concerne plus de monde : il faut
que l’info politique circule plus largement et plus souvent.
Entre cette période : entre 140 et 190 journaux, pas tous quotidiens et qui n’ont pas
tous survécu = frénésie de création de journaux.
Août 1789 : pour la première fois, texte de lois qui rend nécessaire pour le bon
fonctionnement de la démocratie, l’instauration de la liberté d’expression.
Les Etats Généraux deviennent l’Assemblée Générale constituante qui doit écrire la
Constitution du nouveau régime de la république.
Cette ANC décide de voter au
préalable un texte qui donnera les grands principes de cette Constitution : la DDHC
(discutée entre le 20 et le 26 août 89).
Dedans, un article sur la liberté d’expression
(art.
11)
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de
l’Homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus
de cette liberté dans les cas prévus par la loi ».
Cet article de loi est fondateur par l’articulation entre l’H et le citoyen.
L’article a deux
parties : avant et après « ; ».
o D’abord les droits de l’H = celui-ci est un droit inaliénable.
C’est un droit
civique contrairement aux droits naturels : on peut en être privé.
La liberté
d’expression ressort de ces deux droits.
On voit là l’héritage de la philosophie
des lumières et de leur Encyclopédie.
Ils considèrent que tous les hommes
naissent libres et égaux en droit et que le savoir est également partagé entre les
individus.
On doit éclairer les citoyens en diffusant le savoir.
o La deuxième partie est un droit du citoyen qui peut être retiré et qui est pensé
dans une limite nationale (ne concerne que le citoyen français, par comme la
DU de 1948).
Même s’il y a une limite à la liberté d’expression.
Pour « écrire,
publier », ce sont des expressions publiques.
La loi du 29 juillet 1881 sur
l’expression publique régule la liberté de s’exprimer en public.
Mais par quoi doit-on limiter la liberté ? « Dans les cas prévus par la loi ».
Le contexte
rappelons-le, est qu’il n’y a pas encore de loi (car pas encore de constitution).
Les
élections prévues par la Constitutions désigneront des représentants qui écriront ces
lois.
On donne aux futurs législateurs cette responsabilité.
Cette solution est une façon de faire de cette liberté un pilier démocratique.
On
considère que ce droit c’est quelque chose qui rend possible le vivre ensemble et
l’instauration d’un espace publique.
Les limites définies doivent être le résultat d’une
discussion démocratique de la loi.
Ce régime de liberté d’expression ne va durer que qlqs mois.
Dès automne, à cause des
troubles politiques, on va réécrire l’article 11.
On va davantage préciser la liste des cas où on
limite cette liberté.
Cet article va rester une référence pour toutes les normes du journalisme
en exerçant une influence....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓
Liens utiles
- les femmes du XIXème siècle
- La poésie du XIXème au XXIème siècle
- Paris Haussamannien, comment Paris s'est-elle tranformée au XIXème siècle ?
- L'histoire de la mode au XIXème siècle à Paris
- Les héritages du Syndicalisme français au XIXe I Les héritages du XIXème siècle La première définition du syndicalisme En 1900 le fait syndical est présent dans tous les pays d'Europe .