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Explication Linéaire Zone d'Apollinaire

Publié le 21/02/2022

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pronom adverbial « y » dans « y passent », « y gémit », « y aboie ». Les deux derniers vers, vers 23 et 24 reviennent à la « rue industrielle » et la situent dans le XVIIème arrondissement comme l’indiquent les repères géographiques précis « entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes ». - Ce qui intéresse le poète errant est d’énumérer les activités humaines liées au monde urbain moderne. Le champ lexical du monde du travail est omniprésent : « les directeurs les ouvriers et les belles sténodactylographes ». La réalité parisienne des industries est largement retranscrite dans tous les détails, comme la « sirène » des machines, la « cloche » qui rythme les moments de la journée, et toutes les « enseignes » qui décorent le paysage urbain des noms des entreprises ou de leurs slogans publicitaires. - Le vers 18 décrit la routine de la journée accentuée par « le matin par trois fois » vers 19 et « vers midi » vers 20. Mais cette apparente monotonie n’a rien de pénible, elle sonne, à l’inverse comme un rythme presque musical. On peut le lire dans le vers 19 « Le matin par trois fois la sirène y gémit » où l’alexandrin est mimétique de ce rythme régulier par sa structure 3+3+3+3. -Ce rythme musical ennoblit la « rue industrielle » que renforce la presque oxymore de ce vers 23, dans la collusion de « grâce » et « industrielle ». Elle est révélatrice de toute la poésie qu’Apollinaire se plaît à lire dans une ville moderne ainsi que de toute la musique qui enchante ses oreilles ou exprime la souffrance de l’amant délaissé. - Dès le vers 16, la rue est assimilée à un instrument de musique : « du soleil elle était le clairon ». Cette métaphore est mise en évidence par l’antéposition du complément du nom « du soleil », qui favorise la résonnance du « clairon » en fin de vers, elle-même redoublée par la rime avec « nom ». -Au vers 19, le poète évoque « la sirène » qui « gémit », la « cloche rageuse » qui « aboie », et les affiches qui « à la façon des perroquets criaillent ». Les références à la musique et au bruit métamorphosent cet espace urbain. La « sirène » des usines, par la personnification du verbe « gémir », devient la sirène mythologique qui attire les marins. De la même manière, l’adjectif « rageuse » personnifie la « cloche ». Par l’évocation de la rage, il la transforme en un chien qui « aboie ». Enfin, les « enseignes » et les « plaques », à l’origine inanimées et silencieuses, deviennent sonores puisqu’elles « criaillent » comme des « perroquets ». Ainsi, toutes les caractéristiques industrielles de cette rue sont métamorphosées par l’écriture poétique qui donne à entendre un chant urbain sous la forme d’une

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« Explication linéaire 1 : Zone Introduction « Zone » est l’un des derniers poèmes écrit par Guillaume Apollinaire dans l’été 1912 à la suite de sa rupture avec Marie Laurencin.

Il est d’abord publié en décembre 1912 dans la revue Les Soirées de Paris et porte le titre « Cri ».

Au moment de la mise sous presse du recueil Alcools qui s’étend sur une quinzaine d’années, de 1898 à 1913, Apollinaire a l’idée d’adopter le titre « Zone », de placer le poème en tête du recueil et de supprimer la ponctuation.

Ces modifications soudaines affichent une revendication de modernité et une esthétique nouvelle. A travers une forme poétique en apparence irrégulière en raison de vers libres isolés ou regroupés en strophes, Apollinaire évoque librement ses déambulations dans un Paris contemporain où il se remémore des souvenirs d’enfance et tente d’échapper à sa mélancolie.

Même si l’usage de la versification paraît déroutant, le poète ne renonce pas complètement à la tradition.

On peut se demander en quoi ce poème liminaire d’Alcools célèbre une modernité particulière, mêlant tradition et innovation.

Nous étudierons les 24 premiers vers de « Zone ».

Dans un premier mouvement, des vers 1 à 10, nous serons sensibles à l’esprit de revendication de la modernité qui ouvre le poème.

Dans un second mouvement, des vers 11 à 14, nous analyserons la présence d’une nouvelle poésie dans la ville.

Enfin dans un troisième mouvement, des vers 15 à 24, nous montrerons que l’espace urbain donne lieu à une inspiration poétique qui transfigure le quotidien. Lecture de l’extrait de « Zone » Veillez à respecter la diérèse au v.1 sur « anci/en » pour faire entendre l’alexandrin.

Alors que le poète exprime sa lassitude du monde ancien, il a recours à un vers classique ! I/ Premier mouvement : La revendication de la modernité du vers 1 au vers 10 v.1 “A la fin tu es las Les trois premiers vers du poème surprennent aussi bien par leur forme, leur de ce monde ancien” disposition que par les expressions et images qu’ils mettent en œuvre. -Les monostiches 1 et 3 qui ouvrent le poème expriment un sentiment de v.3 « Tu en as assez lassitude par rapport au « monde ancien » v.1 explicité par « l’antiquité de vivre dans grecque et romaine » au v.3.

Cette lassitude du « monde ancien » est l’antiquité grecque et d’autant plus déroutante qu’elle s’exprime dans un vers en apparence romaine » classique, l’alexandrin, selon que le lecteur souligne à la fin du vers la diérèse dans « an-c-i-en ».

A travers cette ambiguïté formelle, soumise à l’interprétation du lecteur, le poète revendique un renouveau poétique qui 1. »

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