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François Mauriac écrit dans Thérèse Desqueyroux : Les ragots de Saint-Clair (1) ne touchent qu'aux apparences : les cœurs ne se découvrent jamais. On parle beaucoup, aujourd'hui, de la solitude à la ville. N'en existe-t-il pas une aussi terrible à la campagne ? Quelles formes prend-elle ? Ne peut-elle cependant avoir ses richesses dans une vie comme la nôtre : pourquoi ?

Publié le 08/04/2011

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François Mauriac écrit dans Thérèse Desqueyroux : Les ragots de Saint-Clair (1) ne touchent qu'aux apparences : les cœurs ne se découvrent jamais. On parle beaucoup, aujourd'hui, de la solitude à la ville. N'en existe-t-il pas une aussi terrible à la campagne ? Quelles formes prend-elle ? Ne peut-elle cependant avoir ses richesses dans une vie comme la nôtre : pourquoi ?    (1) Petite ville des Landes.    REMARQUES    Dans l'introduction, définir les différentes sortes de solitude : imposée, angoissante/choisie, permet l'épanouissement personnel. Se demander si ces aspects contradictoires ne sont pas liés au cadre de vie (ville/campagne).    Pour le plan du développement il suffit de suivre le libellé du sujet :    1) Solitude à la ville.    2) Solitude à la campagne.    3) Les richesses de la solitude dans une vie comme la nôtre.    Dans la conclusion, faire le bilan des grandes idées du développement puis donner son opinion personnelle sur la valeur de la solitude à la campagne.

« Il est possible d'objecter que ces considérations s'appliquent à une certaine densité humaine et que la vie ruraleéchappe en partie à ce type d'isolement.

Encore que la campagne ne soit pas un « désert » et qu'elle sous-entendetoute une organisation sociale, il faut reconnaître que la solitude y procède moins de l'action des autres que de leurabsence.

La faible densité de l'habitat isole concrètement l'homme.

Certes, les moyens de communication existent,mais ils ne constituent qu'une échappée hors du quotidien.

Le choix des relations en est limité et l'homme retrouvealors le cercle trop restreint de ses connaissances.

Il faut reconnaître qu'une des causes du dépeuplement descampagnes se trouve dans le manque de communication que les jeunes ressentent souvent avec acuité.Montherlant remarque : « Rester seul, délibérément, dans une société où chaque jour davantage votre intérêtévident est de vous agréger, c'est cette forme d'héroïsme que je vous convie ici de saluer ».

Beaucoup ne résistentpas à l'appel de la cité et ne font pas preuve de cet « héroïsme ».

En ce sens, la petite ville et le monde ruralproprement dit rencontrent des problèmes assez voisins à ceci près qu'à la campagne la pression de la vie sociale sefait moins sentir et que l'homme a alors la possibilité de retrouver lui-même, sans haine. * * * A l'inverse de la ville, la campagne prive l'homme de nombreuses communications, mais du moins ne lui dérobe-t-ellepas sa solitude.

Sa première fonction, un peu négative, il est vrai, est d'abord de le protéger du « monde ».

L'imagedu hâvre, de l'asile est fréquent : « Mon cœur est en repos, mon âme est en silence Le bruit lointain du mondeexpire en arrivant » écrit Lamartine dans Le Vallon. Il s'agit ici d'échapper au monde.

A la lettre, c'est ce que fait, à l'Ermitage, Rousseau qui fuit les importuns.

En cesens la solitude à la campagne offre la possibilité de s'abstraire d'une époque dominée par les rapports de masse quipoussent l'homme à communiquer mais sans lui permettre des échanges réellement féconds, qui le rejettent dans lasolitude mais l'empêchent d'en jouir. L'imagination se développe alors et engendre toutes sortes d'images.

Chateaubriand sent qu'il a le pouvoir de « créerdes mondes » et Rousseau peuple sa solitude d'êtres selon son cœur.

C'est un monde idéal qui se trouve ainsiélaboré.

Loin de toute sollicitation extérieure, le solitaire peut s'adonner à la rêverie.

Il éprouve alors la jouissance «de sa propre existence », sentiment « dépouillé de toute autre affectation ».

Une vie collective détourne l'homme decette sorte de rencontre avec lui-même et de l'euphorie qui en découle. Cette sensation pure peut se tourner en méditation.

Chateaubriand dans Le Voyage en Amérique face à la naturevierge retrouve la présence du sacré : « dans ces régions sauvages l'âme se plaît à s'enfoncer au bord des lacs etdes fleuves, et pour ainsi dire à se trouver seule devant Dieu ».

La sensation de puissance qui en résulte conduitl'homme à découvrir sa propre grandeur : « On se suffit à soi-même comme Dieu ».

Maître de lui-même, il ressentpleinement sa liberté.

Il resterait à se demander si cette impression n'est pas la forme d'un accord retrouvé avecsoi, la nature et les autres, sous une forme idéalisée.

La solitude ne serait plus le moyen d'oublier le monde tel qu'ilest mais de le retrouver enfin unifié.. »

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