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GIRARDIN Émile de : sa vie et son oeuvre

Publié le 13/12/2018

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GIRARDIN Émile de (1806-1881). Journaliste et patron de presse, il fut une personnalité de son temps. Né à Paris, il est le fils d’une femme mariée et du général A. de Girardin dont il finira par prendre le nom (cf. Emile, 1828, un premier essai littéraire et autobiographique). Il débute par des emplois auprès de la Maison du roi et chez un agent de change. Au moment où éclate la Révolution de 1830, il a déjà fondé deux journaux (le Voleur, 1828, et la Mode, 1829, patronné par la duchesse de Berry), sans parler de ceux auxquels il collabore. Mais c’est sous la monarchie de Juillet qu’il va donner sa pleine mesure avec, pour commencer, le Journal des connaissances utiles (1831) qui atteint les 130000 abonnés.
 
Homme de presse, il est naturellement tenté par la politique : il est élu député et lance la Presse en 1836. La formule choisie est nouvelle : il s’agit de faire un journal peu cher et à grand tirage qui utilisera toutes les ressources de la publicité, des annonces et du feuilleton. C’est un succès : on trouve dans la Presse des signatures célèbres (Balzac, Dumas, Gautier, Hugo, Sand, Scribe, E. Sue...) et le journal a un poids considérable sur l’opinion et la « majorité silencieuse » de l’époque.


« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)ÉMILE DE GIRARDIN ( 1806-1881)Dans le premier numéro de la Presse, le 16 juin 1836, Emile de Girardin, son fondateur, né à Paris le 22 juin 1806,exposait sa conception du journal et écrivait : «Le produit des annonces étant en raison du nombre des abonnés, ilfaut réduire le prix de l'abonnement à sa plus extrême limite pour élever le chiffre des abonnés à sa plus hautepuissance.

C'est aux annonces à payer le journal.» Cette conception, qui trouve aujourd'hui son écho, paraissait, àl'époque, une idée «burlesque à force d'être hardie», et, pour certains, aux limites de l'honnêteté.Ce fut un trait de génie, encore que Girardin ne fit que mettre en pratique une idée dans l'air depuis des années etexploitée, mais à une petite échelle, par certains journaux anglais.

Lui-même avait, en 1831, remis un mémoire àCasimir Perier sur la possibilité d'une presse à bon marché, donc démocratique.

Car, en 1836, l'abonnement auxquotidiens politiques parisiens — une vingtaine groupant 70 000 abonnés — est uniformément de 80 francs par an,ce qui représente quarante journées de travail d'un ouvrier moyen.

La lecture des journaux reste un privilègearistocratique.

En lançant la Presse à 40 francs, suivi immédiatement par Dutacq avec le Siècle, Girardin mettaitl'information, y compris la politique, à la portée d'un nombre bien plus grand de citoyens.

On comprend d'autantmoins la clameur de protestation qui s'éleva dans les autres journaux, même libéraux.

Elle fut à l'origine du duel (22juillet 1836) au cours duquel Girardin, blessé lui-même, tua Armand Carrel.Devant le succès de la Presse et du Siècle, les autres journaux, peu à peu, adoptèrent la formule et, en 1846, lenombre des abonnés aux journaux parisiens avait presque triplé.

Girardin n'avait d'ailleurs pas apporté qu'unerévolution dans le financement du journal.

Il fit de la Presse un quotidien vivant, ne contenant pas que de la grandeinformation politique, mais aussi des échos, telles les lettres parisiennes du «Vicomte de Launay» que Delphine deGirardin écrivit jusqu'en septembre 1848, des feuilletons très suivis, avec des auteurs ayant nom Balzac, Sue,Dumas, une revue de presse importante et variée.

Sa «révolution» contribua grandement à la formation de l'opinionen France.

Girardin dirigea la Presse jusqu'en 1866, lança alors la Liberté à 10 centimes, puis, en 1872, le PetitJournal.

Il fut député en 1834, 1849, 1877.

D'opinion politique modérée, ce précurseur de la presse moderne à grandtirage soutint d'une façon générale tous les pouvoirs en place ou les courants majoritaires, mais lutta toujours pourla liberté de la presse.

Il mourut à Paris le 27 avril 1881.. »

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