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Jean Giono (1895-1970) LE HUSSARD SUR LE TOIT

Publié le 05/02/2013

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giono

Vous ferez de ce texte un commentaire composé en montrant par exemple comment, dans cette progression du héros sous la chaleur méditerranéenne, l'intensité et la variété des sensations animent et transfigurent le réel.

 

Au tout début du récit, Angelo, qui vient d'Italie, traverse à cheval,

en plein été, la Haute-Provence ...

Sur les talus brûlés jusqu'à l'os quelques chardons blancs cliquetaient

au passage comme si la terre métallique frémissait à la ronde sous les

sabots du cheval. Il n'y avait que ce petit bruit de vertèbre, très craquant

malgré le bruit du pas assourdi par la poussière et un silence si total que la

s présence des grands arbres muets devenait presque irréelle. La selle était

brûlante. Le mouvement des sangles faisait mousser de l'écume. La bête

suçait son mors et, de temps en temps, se râclait le gosier en secouant la

tête. La montée régulière de la chaleur bourdonnait comme d'une chaufferie

impitoyablement bourrée de charbon. Le tronc des chênes craquait.

IO Dans le sous-bois sec et nu comme un parquet d'église, inondé de cette

lumière blanche sans éclat mais qui aveuglait par sa pulvérulence1

, la

marche du cheval faisait tourner lentement de longs rayons noirs. La route

qui serpentait à coups de reins de plus en plus raides pour se hisser à travers

de vieux rochers couverts de lichens blancs frappait parfois de la tête

1 s du côté du soleil. Alors, dans le ciel de craie s'ouvrait une sorte de gouffre

d'une phosphorescence inouïe d'où soufflait une haleine de four et de

fièvre, visqueuse, dont on voyait trembler le gluant et le gras. Les arbres

énormes disparaissaient dans cet éblouissement ; de grands quartiers de

forêts engloutis dans la lumière n'apparaissaient plus que comme de

20 vagues feuillages de cendre, sans contours, vagues formes presque transparentes

et que la chaleur recouvrait brusquement d'un lent remous de

viscosités luisantes. Puis la route tournait vers l'ouest et, soudain rétrécie

à la dimension du chemin muletier qu'elle était devenue, elle était pressée

d'arbres violents et vifs aux troncs soutenus de piliers d'or, aux branches

25 tordues par des tiges d'or crépitantes, aux feuilles immobiles toutes dorées

comme de petits miroirs sertis de minces filets d'or qui en épousaient tous

les contours.

giono

« Vous ferez de ce texte un commentaire composé en montrant par exemple comment, dans cette progression du héros sous la chaleur méditerranéenne, l'intensité et la variété des sensations animent et transfigurent le réel.

Corrigés PRÉPARER LE COMMENTAIRE COMPOSÉ L'auteur •La vie (1895-1970) D'origine modeste il a cependant une enfance heureuse.

Il est très attaché à la Provence, souvent cadre de ses romans.

Il participe à la guerre de 14-18 et devient un pacifiste incondition­ nel.

Ce pacifisme et surtout son idéologie du retour à la terre lui vaudront d'être emprisonné comme collaborateur après la guerre de 45.

• L'œuvre La trilogie de Pan Colline (1928) Un de Baumugnes (l 929) Regain (1930) Le Grand Troupeau ( 1931) Le Chant du monde ( 1934) Que ma joie demeure (1935) Le Hussard sur le toit (1951) raconte l'histoire d'un jeune colonel de hussards qui veut rejoindre son frère de lait à Manosque et se trouve être le témoin d'une épidémie de choléra.

• Thèmes de l 'œuvre Dénonciation de la guerre et de ses massacres.

Harmonie entre l'homme et la nature (bonheur de la vie simple).

Hymne à la nature.

La solidarité entre les hommes, le partage.

• Caractéristiques de l'écriture Lyrisme : expression « chantée » de sentiments personnels.

Les nombreuses métaphores et comparaisons présentent un monde souvent métamorphosé.

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